Jeudi 30 octobre 2008
Certaines personnes m’ont récemment fait don d’inhumanité. Comme je suis un rien masochiste, j’ai accepté ce cadeau avec joie et m’en suis délecté un temps. Je dois
être trop vieux pour prendre ça trop à cœur finalement, parce que heureusement, ça m’a glissé dessus, non sans douleur, mais glissé quand même. Cette introduction n’a pas pour but de me rependre
sur mes erreurs de jugements, il est des croisements qu’on sait périlleux mais dans lesquels ont prends un malin plaisir à s’engouffrer par goût du risque. J’en étais arrivé à une vision
simpliste, tout ce que je redoute dans l’interprétation de l’humain d’ailleurs, moi qui dis toujours que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, j’ai fini par me faire gagner par la destruction
un instant. Alors je me disais, œil pour œil, dent pour dent, il y a les gens gentils et les gens méchants, les gens méchants finiront par crever tout seul, les gens gentils s’en sortirons, non
sans encombre et finiront par vivre une forme de bonheur, ou deviendront méchants. Le côté obscur de la force ! Le bien et le mal, oui, cette histoire là, simpliste et éternelle. Mais à
l’inhumanité j’oppose fièrement mon humanisme fragile et bancal, oui il est plus facile d’avoir de l’assurance dans la destruction que dans la construction. Je ne suis pas en route vers la
simplicité, mais je sais que ma route sera belle, c’est l’essentiel. Alors oui, actuellement je suis fatigué de ce que je viens de vivre, épuisé et déçu, mais je garde le cap vers la lumière.
Vous l’avez compris, c’est bêtement un rendez-vous manqué avec quelqu’un, une histoire d’amour sans amour, la banalité des corps qui s’usent. Mais assez parlé de moi.
J’ai été tiré ce soir de mon « stand by » par mon ami Reno Bistan. Un coup de fil de dernière urgence pour un remplacement d’ami qui devait l’accompagner ce soir. En temps normal, les appels tardif pour être dans un lieu précis dans l’heure qui suit, je décline poliment en prétextant je ne sais quelle solitude propice à je ne sais quelle inspiration ou je ne sais quelle volonté de glander devant mon ordi à videogamer ou serietéléiser. «Il y a André Minvielle ce soir, tu veux venir avec moi ?». En commençant à préparer mon «non» ferme, j’ai eu la clairvoyance de demander : «c’est ou ?». Il m’a répondu : «au Limonaire, j’ai réservé pour deux personnes pour manger etc…». Je vous ai déjà parlé du Limonaire, ce petit resto chanson où il fait bon vivre, je vous en ai parlé d’ailleurs à propos de mon ami Reno Bistan lorsqu’il s’y produisait. André Minvielle au Limonaire ! Non mais est-ce qu’il y en a qui se rendent bien compte de la chance que j’ai eu ce soir à 19h15 d’avoir une telle proposition ? Pour vous donner un ordre d’idée, le Limonaire, plein à craquer, je ne sais pas si on peut faire tenir soixante personnes, c’est tout petit. André Minvielle là tout près ce soir oui c’est possible. Il y a un con en moi qui aurait dit non il y a deux ans en période post rupture, mais là faut pas déconner ! André Minvielle quoi ! J’ai donc dit oui. Je me suis emmitouflé dans mes vêtements d’hiver, j’ai sauté dans le métro et à 20h15 j’étais au Limonaire. J’annonce que je suis avec Reno Bistan et je me retrouve à une table au pied de la scène ! On a naturellement très bien mangé (on mange très bien au Limonaire je l’ai déjà dit) et vers 22h00 des myriades de gens sont venu s’engouffrer dans la salle, assis par terre et moi, chanceux parmi les chanceux, j’étais toujours confortablement assis en face de la scène, bientôt à deux mètre d’André Minvielle !
C’est un des chanteurs colporteur de musique inattendus le plus atypique et le plus humain qui soit. C’est la passerelle vibrante entre tous les genres de chants populaires de la musique traditionnelle à la chanson en passant par le jazz et pourtant il fait du Minvielle, de la vocalchimie comme il s’appélationne ! Il vient de la France d’en bas à gauche, de Pau à Toulouse en passant par Uzeste où il a participé activement aux plus belles heures du festival d’Uzeste musical. Il a longtemps été la voix de la compagnie Lubat de Gasconha, groupe protémultéiforme de Bernard Lubat. C’est un passeur d’onomatopées hors paire, un tambouilleur de mots unique, c’est un peu un des parrains spirituel de toute une mouvance en mouvement perpétuel de musiciens de tout horizon communicatif. C’est le chanteur humaniste par excellence, excusez du peu ! Tout ce que vous pourrez entendre sur ses disques n’égalera jamais la magie qu’il est capable de soulever sur une scène. Ce soir, il était tout seul, un micro, une pédale de boucle, quelques percussions et nous voilà parti pour un voyage hors les mots, hors chant, hors champs, hors temps, hors normes, hors bord, mais dirigé à l’intérieur du corps, du cœur au rythme, le « tempo des cerises » comme il dit ! Il faut une sacrée force d’ « émouvance » pour chanter sans filet, j’entends quasiment à capella, avec un sourire agrandi à l’infini, des chansons où la place des mots est ailleurs, par delà la syntaxe, un flot de sons qui transpire des sensations au delà du sens. J’étais aux larmes par moment tellement le partage était palpable, être ému hors des phrases qui bavardent et qui s’écoutent chuchoter du verbe, c’est pas rien. André Minvielle est un magicien vocal, un troubadour dans le sens noble, un transgresseur de monde.
Cette vidéo ne suffira pas à vous faire partager l’essence du bonhomme, mais elle m’a fait rire, alors je vous la colle là hop !
André Minvielle, chanson la langue
Et puis tiens je vous mets à l’écoute cette valse magnifique sur une musique de Marc Perrone qui me bouleverse tout particulièrement. Elle me bouleverse parce qu’elle raconte un peu ce qu’est Marc Perrone et que j’ai l’image de cet homme incroyable qui continu à monter sur scène sur son fauteuil roulant avec son accordéon diatonique et qui joue avec un bonheur tel que l’amour ça doit ressembler un peu à ça. Marc Perrone, un autre humaniste hors paire.
Voilà, je vais faire un peu l’adolescent et citer pour finir ce célèbre poème de Boris Vian :
« Je veux une vie en forme d'arête sur une assiette bleue (…) »
Oui, ce serait pas si mal…
B+
Ps : Rando, merci pour la grippe révisionnelle ! (private joke).
Ps 2 : Merci à toi Renaud surtout, pour tout.
J’ai été tiré ce soir de mon « stand by » par mon ami Reno Bistan. Un coup de fil de dernière urgence pour un remplacement d’ami qui devait l’accompagner ce soir. En temps normal, les appels tardif pour être dans un lieu précis dans l’heure qui suit, je décline poliment en prétextant je ne sais quelle solitude propice à je ne sais quelle inspiration ou je ne sais quelle volonté de glander devant mon ordi à videogamer ou serietéléiser. «Il y a André Minvielle ce soir, tu veux venir avec moi ?». En commençant à préparer mon «non» ferme, j’ai eu la clairvoyance de demander : «c’est ou ?». Il m’a répondu : «au Limonaire, j’ai réservé pour deux personnes pour manger etc…». Je vous ai déjà parlé du Limonaire, ce petit resto chanson où il fait bon vivre, je vous en ai parlé d’ailleurs à propos de mon ami Reno Bistan lorsqu’il s’y produisait. André Minvielle au Limonaire ! Non mais est-ce qu’il y en a qui se rendent bien compte de la chance que j’ai eu ce soir à 19h15 d’avoir une telle proposition ? Pour vous donner un ordre d’idée, le Limonaire, plein à craquer, je ne sais pas si on peut faire tenir soixante personnes, c’est tout petit. André Minvielle là tout près ce soir oui c’est possible. Il y a un con en moi qui aurait dit non il y a deux ans en période post rupture, mais là faut pas déconner ! André Minvielle quoi ! J’ai donc dit oui. Je me suis emmitouflé dans mes vêtements d’hiver, j’ai sauté dans le métro et à 20h15 j’étais au Limonaire. J’annonce que je suis avec Reno Bistan et je me retrouve à une table au pied de la scène ! On a naturellement très bien mangé (on mange très bien au Limonaire je l’ai déjà dit) et vers 22h00 des myriades de gens sont venu s’engouffrer dans la salle, assis par terre et moi, chanceux parmi les chanceux, j’étais toujours confortablement assis en face de la scène, bientôt à deux mètre d’André Minvielle !
C’est un des chanteurs colporteur de musique inattendus le plus atypique et le plus humain qui soit. C’est la passerelle vibrante entre tous les genres de chants populaires de la musique traditionnelle à la chanson en passant par le jazz et pourtant il fait du Minvielle, de la vocalchimie comme il s’appélationne ! Il vient de la France d’en bas à gauche, de Pau à Toulouse en passant par Uzeste où il a participé activement aux plus belles heures du festival d’Uzeste musical. Il a longtemps été la voix de la compagnie Lubat de Gasconha, groupe protémultéiforme de Bernard Lubat. C’est un passeur d’onomatopées hors paire, un tambouilleur de mots unique, c’est un peu un des parrains spirituel de toute une mouvance en mouvement perpétuel de musiciens de tout horizon communicatif. C’est le chanteur humaniste par excellence, excusez du peu ! Tout ce que vous pourrez entendre sur ses disques n’égalera jamais la magie qu’il est capable de soulever sur une scène. Ce soir, il était tout seul, un micro, une pédale de boucle, quelques percussions et nous voilà parti pour un voyage hors les mots, hors chant, hors champs, hors temps, hors normes, hors bord, mais dirigé à l’intérieur du corps, du cœur au rythme, le « tempo des cerises » comme il dit ! Il faut une sacrée force d’ « émouvance » pour chanter sans filet, j’entends quasiment à capella, avec un sourire agrandi à l’infini, des chansons où la place des mots est ailleurs, par delà la syntaxe, un flot de sons qui transpire des sensations au delà du sens. J’étais aux larmes par moment tellement le partage était palpable, être ému hors des phrases qui bavardent et qui s’écoutent chuchoter du verbe, c’est pas rien. André Minvielle est un magicien vocal, un troubadour dans le sens noble, un transgresseur de monde.
Cette vidéo ne suffira pas à vous faire partager l’essence du bonhomme, mais elle m’a fait rire, alors je vous la colle là hop !
André Minvielle, chanson la langue
Et puis tiens je vous mets à l’écoute cette valse magnifique sur une musique de Marc Perrone qui me bouleverse tout particulièrement. Elle me bouleverse parce qu’elle raconte un peu ce qu’est Marc Perrone et que j’ai l’image de cet homme incroyable qui continu à monter sur scène sur son fauteuil roulant avec son accordéon diatonique et qui joue avec un bonheur tel que l’amour ça doit ressembler un peu à ça. Marc Perrone, un autre humaniste hors paire.
Voilà, je vais faire un peu l’adolescent et citer pour finir ce célèbre poème de Boris Vian :
« Je veux une vie en forme d'arête sur une assiette bleue (…) »
Oui, ce serait pas si mal…
B+
Ps : Rando, merci pour la grippe révisionnelle ! (private joke).
Ps 2 : Merci à toi Renaud surtout, pour tout.
Par B+
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Publié dans : Musique
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Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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