Jeudi 30 octobre 2008
Certaines personnes m’ont récemment fait don d’inhumanité. Comme je suis un rien masochiste, j’ai accepté ce cadeau avec joie et m’en suis délecté un temps. Je dois être trop vieux pour prendre ça trop à cœur finalement, parce que heureusement, ça m’a glissé dessus, non sans douleur, mais glissé quand même. Cette introduction n’a pas pour but de me rependre sur mes erreurs de jugements, il est des croisements qu’on sait périlleux mais dans lesquels ont prends un malin plaisir à s’engouffrer par goût du risque. J’en étais arrivé à une vision simpliste, tout ce que je redoute dans l’interprétation de l’humain d’ailleurs, moi qui dis toujours que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, j’ai fini par me faire gagner par la destruction un instant. Alors je me disais, œil pour œil, dent pour dent, il y a les gens gentils et les gens méchants, les gens méchants finiront par crever tout seul, les gens gentils s’en sortirons, non sans encombre et finiront par vivre une forme de bonheur, ou deviendront méchants. Le côté obscur de la force ! Le bien et le mal, oui, cette histoire là, simpliste et éternelle. Mais à l’inhumanité j’oppose fièrement mon humanisme fragile et bancal, oui il est plus facile d’avoir de l’assurance dans la destruction que dans la construction. Je ne suis pas en route vers la simplicité, mais je sais que ma route sera belle, c’est l’essentiel. Alors oui, actuellement je suis fatigué de ce que je viens de vivre, épuisé et déçu, mais je garde le cap vers la lumière. Vous l’avez compris, c’est bêtement un rendez-vous manqué avec quelqu’un, une histoire d’amour sans amour, la banalité des corps qui s’usent. Mais assez parlé de moi.

J’ai été tiré ce soir de mon « stand by » par mon ami Reno Bistan. Un coup de fil de dernière urgence pour un remplacement d’ami qui devait l’accompagner ce soir. En temps normal, les appels tardif pour être dans un lieu précis dans l’heure qui suit, je décline poliment en prétextant je ne sais quelle solitude propice à je ne sais quelle inspiration ou je ne sais quelle volonté de glander devant mon ordi à videogamer ou serietéléiser.  «Il y a André Minvielle ce soir, tu veux venir avec moi ?». En commençant à préparer mon «non» ferme, j’ai eu la clairvoyance de demander : «c’est ou ?». Il m’a répondu : «au Limonaire, j’ai réservé pour deux personnes pour manger etc…». Je vous ai déjà parlé du Limonaire, ce petit resto chanson où il fait bon vivre, je vous en ai parlé d’ailleurs à propos de mon ami Reno Bistan lorsqu’il s’y produisait. André Minvielle au Limonaire ! Non mais est-ce qu’il y en a qui se rendent bien compte de la chance que j’ai eu ce soir à 19h15 d’avoir une telle proposition ? Pour vous donner un ordre d’idée, le Limonaire, plein à craquer, je ne sais pas si on peut faire tenir soixante personnes, c’est tout petit. André Minvielle là tout près ce soir oui c’est possible. Il y a un con en moi qui aurait dit non il y a deux ans en période post rupture, mais là faut pas déconner ! André Minvielle quoi ! J’ai donc dit oui. Je me suis emmitouflé dans mes vêtements d’hiver, j’ai sauté dans le métro et à 20h15 j’étais au Limonaire. J’annonce que je suis avec Reno Bistan et je me retrouve à une table au pied de la scène ! On a naturellement très bien mangé (on mange très bien au Limonaire je l’ai déjà dit) et vers 22h00 des myriades de gens sont venu s’engouffrer dans la salle, assis par terre et moi, chanceux parmi les chanceux, j’étais toujours confortablement assis en face de la scène, bientôt à deux mètre d’André Minvielle !

C’est un des chanteurs colporteur de musique inattendus le plus atypique et le plus humain qui soit. C’est la passerelle vibrante entre tous les genres de chants populaires de la musique traditionnelle à la chanson en passant par le jazz et pourtant il fait du Minvielle, de la vocalchimie comme il s’appélationne ! Il vient de la France d’en bas à gauche, de Pau à Toulouse en passant par Uzeste où il a participé activement aux plus belles heures du festival d’Uzeste musical. Il a longtemps été la voix de la compagnie Lubat de Gasconha, groupe protémultéiforme de Bernard Lubat. C’est un passeur d’onomatopées hors paire, un tambouilleur de mots unique, c’est un peu un des parrains spirituel de toute une mouvance en mouvement perpétuel de musiciens de tout horizon communicatif. C’est le chanteur humaniste par excellence, excusez du peu ! Tout ce que vous pourrez entendre sur ses disques n’égalera jamais la magie qu’il est capable de soulever sur une scène. Ce soir, il était tout seul, un micro, une pédale de boucle, quelques percussions et nous voilà parti pour un voyage hors les mots, hors chant, hors champs, hors temps, hors normes, hors bord, mais dirigé à l’intérieur du corps, du cœur au rythme, le « tempo des cerises » comme il dit ! Il faut une sacrée force d’ « émouvance » pour chanter sans filet, j’entends quasiment à capella, avec un sourire agrandi à l’infini, des chansons où la place des mots est ailleurs, par delà la syntaxe, un flot de sons qui transpire des sensations au delà du sens. J’étais aux larmes par moment tellement le partage était palpable, être ému hors des phrases qui bavardent et qui s’écoutent chuchoter du verbe, c’est pas rien. André Minvielle est un magicien vocal, un troubadour dans le sens noble, un transgresseur de monde.

Cette vidéo ne suffira pas à vous faire partager l’essence du bonhomme, mais elle m’a fait rire, alors je vous la colle là hop !


André Minvielle, chanson la langue

Et puis tiens je vous mets à l’écoute cette valse magnifique sur une musique de Marc Perrone qui me bouleverse tout particulièrement. Elle me bouleverse parce qu’elle raconte un peu ce qu’est Marc Perrone et que j’ai l’image de cet homme incroyable qui continu à monter sur scène sur son fauteuil roulant avec son accordéon diatonique et qui joue avec un bonheur tel que l’amour ça doit ressembler un peu à ça. Marc Perrone, un autre humaniste hors paire.


Voilà, je vais faire un peu l’adolescent et citer pour finir ce célèbre poème de Boris Vian :
« Je veux une vie en forme d'arête sur une assiette bleue (…) »
Oui, ce serait pas si mal…

B+

Ps : Rando, merci pour la grippe révisionnelle ! (private joke).
Ps 2 : Merci à toi Renaud surtout, pour tout.
Par B+ - Publié dans : Musique - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Samedi 25 octobre 2008
Vous mettrez ça sur le manque de sommeil si ça vous chante. Oui il est 7h30 du matin et j’ai dormi quatre heures, disons que je voulais voir à quoi ressemblait mon quartier à  7h00 du matin, l’agitation folle autour du tabac et de la boulangerie, le jour pas encore levé, la joie simple et belle d’une matinée d’automne, pourquoi ne pas profiter pleinement de cette subite impossibilité de dormir à 5h25, à quoi bon traîner dans mon lit encore et encore quand je peux rentabiliser tout ce temps libre au tout début du week-end ! Une fois devant mon café et ma chocolatine, comme chaque matin, depuis mercredi, je m’offre un petit épisode de « 30 rock » pour bien commencer la journée. Peut-être même que quand j’aurais fini d’écrire je m’en offrirais un deuxième tiens ! Non je ne vais pas vous faire l’apologie de « 30 rock », non pas que cette série soit indigne d’une apologie, loin de là, mais tout simplement parce que j’en suis à peine à l’épisode 7 de la saison 1 et que j’ai quelques wagons de retard si on prends en considération que le premier épisode de la saison 3 sera diffusé au Etats Unis en fin de semaine prochaine, je suis légèrement en décalage avec l’actualité de ce show et de toute façon, ça fait un moment que les spécialistes en séries de tout poils en ont vantés les mérites. Bref avec 7 épisodes au compteur, c’est un peu court pour faire une critique constructive. Pourquoi j’en parle alors si c’est pour ne pas en parler ? J’y viens, j’y viens…

Certains vous diront que le meilleur teen movie de tous les temps est « Breakfast Club » de John Hughes (ce qui est tout a fait honorable), d’autres ne jureront que par « American College » de John Landis, (je ne sais pas je l’ai jamais vu), les accrocs à Patrick Dempsey citerons « Can’t buy me love » de Steve Rash comme leur film de chevet (je l’ai vu il y a très longtemps, j’en garde un souvenir sympathique… Quand je dis très longtemps, je l’ai vu en Angleterre lors d’un échange scolaire, je devais avoir 13 ou 14 ans, je risque de trouver le film pénible sans doute à la revoyure !), les gens de ma génération voueront un culte à « Pump Up de volume » d’Allan Moyle (oui celui-là il fait partie de ma collection privé quand même !) Il y a les adorateurs de « Clueless » d’Amy Heckerling (non mais s’il n’y avait pas Brittany Murphy je ne pourrais pas justifier le fait de posséder ce nanar inepte), les plus jeunes ne connaissent de l’appellation teen movie que le faussement trash « American Pie » (il ne faut pas bouder son plaisir, c’est parfois drôle quand même et puis il y a Alyson Hannigan) et toutes ses suites et pâles copies. Après on appelle teen movie un peu ce qu’on veut, mais pour moi « Grease » ou « Cry Baby » sont des comédies musicales avant d’être des teen movie, on peut classer aussi « La fureur de vivre » de Nicholas Ray (Haaaaaaa Nathalie Wooooooooood !!!!!!!!) dans la colonne, mais c’est un drame, j’aime mieux laisser la marque « teen movie » aux comédies. J’ai volontairement cité que des films américains, parce que pour moi un teen movie c’est surtout ce même décor fixe de campus ou de lycée, avec ce même terrain de foot, ce même bus jaune, les pom pom girls, le héro un peu loser, l’excitation du bal de promo, etc… Bref, pour moi, le meilleur teen movie de tous les temps est, à l’unanimité avec moi-même, « Mean Girls » de Mark Waters et croyez-moi, des teen movies j’en ai vu !

-    Mais de quoi de quoi ? Quel est le rapport entre « 30 rock » et « Mean girls » c’est pas parce que t’as pas dormi que tu vas radoter du coq à l’âne comme une brouette asmatique dis donc B+ ! Arrête de nous prendre pour des gobeurs de prose à deux balles, on a une vie nous, on a pas que ça à foutre que de lire tes soliloqueries zig zaguantes !

-    Tss tss lecteur de peu de foi ! Bien sûr qu’il y a un rapport, vous avez pas vu le titre de mon billet ou quoi ? Bande de noobz ! Oui Tina Fey ! Parfaitement !

-    Quoi Tina Fey, attends je la googleIse ! Bin oué elle joue dans « Mean Girls » et dans « 30 rock » super ! C’était pas la peine de tomber du lit pour nous faire ce genre de passerelle douteuse.

-    Tss tss lecteur de peu de foi ! Elle ne se contente pas de jouer dans les deux, elle a écrit les deux ! Nuance !


Oui, Tina Fey, l’immense, la drolatique Tina Fey à non seulement écrit le meilleur teen movie de tous les temps mais à créé, écrit et produit une des séries les plus drôle du moment, parce que « 30 rock » c’est vraiment, mais alors vraiment très drôle. En plus d’avoir une plume redoutable d’ironie elle se paie le luxe d’être une comédienne excellente. Voilà, je voulais juste vous dire ça, comme ça, gratuitement, hop, lalala, et oui Tina Fey, c’est tout, juste pour parler de Tina Fey, écrire son nom plein de fois, Tina Fey, Tina Fey, dire à quel point je la trouve géniale, drôle, vivante, sexy, Tina Fey, talentueuse et tout et tout, Tina Feysque en fait ! Tina Fey, Tina Fey, Tina Fey ! Oui j'y ai fait ! (pardon... Je sors).

-    Ouais c'est ça, retourne te coucher B+, le matin ça n’a pas été conçu en pensant à toi !

-    Bin non, là je vais regarder l’épisode 8 de « 30 rock » na !


Allez bon week-end !


B+
Par B+ - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 24 octobre 2008
Je suis un exalté, je m’emballe pour un oui pour un non, c’est comme ça. Je pensais que ce n’était pas si grave, je pensais que ça ne regardait que moi, que j’étais bien comme j’étais, que voilà quoi on est dans un pays libre et cætera, que ça n’aurait pas de conséquences dramatiques sur le cours de mon existence, que je pouvais décider sans que ça monte un papillon en tornade que telle ou telle chose avait le droit à l’appellation « chef d’œuvre intemporel de la nuit de toutes les aurores intersidérale de l’univers » sans que ça puisse influer sur la tranquillité mentale d’autrui, je savais qu’un certain charisme m’enveloppait parfois de cette force de conviction incroyable, mais j’étais loin d’imaginer de convaincre quelqu’un jusqu’à sa destruction. A l’heure ou je vous écris, les policiers n’ont pas encore retrouvé son corps, mais d’ici demain matin, ils seront sur mon palier, c’est sûr, les preuves les conduiront indubitablement à mon domicile.

Je ne cherchais que le réconfort de l’amitié, un brin de sociabilité pour m’adapter en société, pour ne pas être trop seul… Oui je sais, l’argument est maigre comparé à mon acte ignoble, mais je suis bien obligé de remonter aux origines du mal pour tenter de me justifier, même si ça peut paraître odieux de me servir de ce blog pour expier mon crime, de vous prendre à témoin lâchement pour me soulever un semblant de conscience, mais c’est la suite logique, il faut que je m’épanche de mots pour me soulager. Certes j’aurais tout le temps de vomir des suppliques et des regrets une fois enfermé entre quatre murs, je ne mérite sans doute pas le répit de pouvoir vous parler une dernière fois, je suis désolé pour tout ceux que ça va choquer, mais je suis comme ça, bavard jusqu’au bout… Hahaha !

Hahaha ! Non je ne regrette rien en fait, c’était tellement jouissif ! A vous je vous épargne les salades que je vais servir aux flics, laissez-moi me délecter en toute impudeur de cette déchéance programmée !

Alors voilà, toutes ses années, pour combler le creux en moi, je me suis entouré d’amis, je les ais séduits avec mon rire vertigineux et les ais ferré un par un avec ma disponibilité totale. Je suis un monstre je sais. Aujourd’hui, cette couverture d’amis ne cachera pas mon ignominie, mais avant de vous raconter ce qu’il s’est passé, il faut bien comprendre que je suis un détraqué, même si c’est la première fois que la mort valide mon œuvre, ce n’était pas la première victime de mon amitié, loin de la. Il s’appelait M, c’était mon ami M et je l’ai tué.

L’amitié est un processus de destruction très lent, il faut savoir attendre le bon moment. Une fois que parmi tous nos amis on a choisi la cible parfaite, il faut avoir encore la patience de l’emmener doucement à sa perte. Comment je m’y suis pris ? Je l’ai conditionné très jeune, j’ai profité de l’expérience de mon âge pour l’influencer calmement. Bien sûr au début il a résisté, mais je l’ai achevé le jour de son anniversaire avec la complicité de mon ami P. Nous lui avons offert alors les deux premiers coffrets de sa future agonie : Buffy contre les vampires saison 1 et Buffy contre les vampires saison 2. On offre pas Buffy comme ça sans une préparation psychologique de plusieurs années, il faut y aller tout doux, proposer un certain détachement, oser au détour d’une conversation entre deux Casanis : « tu sais il y une série sympa, c’est Buffy contre les vampires ». Il ne faut pas se démonter quand il nous rit au nez, il faut profiter du présent, car dés lors la proie à une patte dans le filet et il n’est pas prêt de s’en défaire. Il faut revenir à la charge au fil du temps en montant en exaltation jusqu'à ce que la proie, des années après, pris dans l’émotion simple d’une nouvelle tournée de Casanis associe définitivement les mots « Buffy » et « chef d’œuvre ». Et alors, en plein boum de la mode des séries américaines, une fois qu’il est de notoriété publique que certaines séries sont des bijoux plus impressionnants qu’un grand film il faut y aller à fond : « Buffy à été un des précurseur de la série moderne, c’est une des plus belle métaphore jamais réalisé sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte, c’est en terme de réalisation et d’écriture une tuerie sans nom et aucune autre série dans sa catégorie ne lui est jamais arrivée à la cheville depuis ». Avec des arguments et un vocabulaire ampoulé singeant l’intelligentsia cinématographique tout est possible ! Il n’est toujours pas prêt ? Il ne vous croit pas ? Ce n’est pas grave, maintenant il faut qu’il pense qu’il a fait le chemin tout seul. Le jour de son anniversaire, lui offrir les deux premières saisons donc.

Après ça va prendre encore quelque mois avant qu’il n’ose toucher à son cadeau empoisonné, mais il va le faire, oui il l’a fait.  J’ai du mal à raconter la suite, tout pétris de remords que je suis… C’est dur… Même si je voulais lui faire du mal… Vous comprenez c’est dans ma nature de détruire… Je m’étais pris d’affection pour lui… Une si belle victime… Hahaha ! Ses coups de téléphones désespérés au milieu de la nuit « Non mais Angel là il va… Non ne me dis pas ! Ne me spoile pas ! Je suis désespéré ! Si ! Dis moi si Angel… Et Buffy ! Non pas ça ! Ne me dis pas ça ! ». Hahaha ! Ses mails de plus en plus noir : « Personne ne veux plus me parler depuis que je cris partout que Buffy est une série géniale ! » Hahaha ! Les journées à camper devant ma porte en attendant mon retour pour que je lui prête la suite, suite que je lui ai naturellement fournit au compte goûte, dvd après dvd. Hahaha !

Il ne sortait plus de chez lui sauf pour venir chercher sa dose, il ne mangeait plus, écrivait des chansons sur les vampires, s’est brouillé avec tout son entourage et ce qui devait arrivé est arrivé. A l’ultime épisode de la saison sept il s’est planté un pieu dans le cœur !

J’aurais pu faire durer encore un peu en lui disant que je possédais sur mes étagères la saison 8 en comics books écrite par Joss Whedon himself, mais je ne suis pas un monstre à ce point !


B+
Par B+ - Publié dans : Séries Télé - Communauté : Series World
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Jeudi 16 octobre 2008
On est souvent vachard en amour, avec le temps on se met à l’épreuve et on fini un jour ou l’autre par douter de l’autre, c’est banal, c’est comme ça, je suis bassement humain et j’ai douté de toi. Je t’avais placé tellement haut, j’avais presque dédié un autel à ton nom dans mon cœur, tu m’étais devenu tellement indispensable, tu étais tellement essentiel, tu me nourrissais tant, ça ne pouvait pas durer, il fallait que je brise cette dépendance d’une manière ou d’une autre. Je n’ai même pas eu besoin de me torturer les méninges, je n’ai pas eu besoin de te salir, tu m’as offert sur un plateau l’instrument de ma déception. Naturellement j’ai plongé droit dedans et me suis délecté de te trouver si en dessous de toi, si faible. Quelle chose d'horrible que ce rapport de force inversé, est-ce ça aimer, chercher à rabaisser l’autre pour exister ? Je ne crois pas, mais j’étais dans la confusion et j’ai profité de cet élan de force nouveau pour t’enfoncer et t’écraser bêtement. Je me suis vautré comme une princesse dans cette nouvelle sensation, tu m’avais déçu, c’était trop beau pour être vrai, il fallait que je le cri sur tous les toits, il fallait que j’affirme mon indépendance et que je traîne béatement ton erreur dans la boue. Mais aujourd’hui  je me rends compte que j’avais tort, je me suis laissé emporté par la fougue et l’orgueil, mais j’avais tort. Il n’y avait rien de décevant, tu ne faisais que tester ma fidélité et tu m’as prouvé une fois de plus que tu es bien le demi dieu vivant que je vénère follement. Pardon Alan Ball d’avoir douté de toi.

Oui, c’était au milieu de l’été, ça faisait longtemps que j’attendais, plus de deux ans, depuis l’annonce faite par HBO que  tu  signais  chez eux pour une  nouvelle série, plus de deux ans et enfin, enfin je  pouvais  visionner  le  pilote de «True Blood». Ce que j’ai vu alors ne m’a pas plu, ça allait trop vite, les personnages étaient sur exposés, caricaturaux, la débauche sexuelle me semblait gratuite et vaine, je ne comprenais pas comment quelque chose d’aussi inepte avait pu sortir de ta plume. Mais cette semaine j’ai dépassé mes craintes et j’ai regardé la suite.

Alors, pour être tout à fait honnête, je ne suis pas au degrés d’addiction et de fascination auquel tu m’avais habitué avec « Six Feet Under », non, pas encore, mais je commence à prendre un drôle de plaisir avec cette nouvelle série et les personnages sont en train d’imprimer un chemin de connivence dans mes émotions et puis, même s’il s’agit de l’adaptation d’une série de roman à l’écriture douteuse, la tienne d’écriture arrive sans peine à s’en démarquer. On imagine bien que ta fidélité à l’intrigue originelle de Charlaine Harris commence déjà à décliner, on sent bien que le fil de sa mythologie vampirique ne te sers que d’arrière plan feuilletonant, une intrigue de roman de gare pour servir au mieux tes obsessions, parmi elles : les inégalités raciales et sexuelles et le racisme et la discrimination qui en découle. Le droit à la normalité dans un monde happé par la mort.

J’essaie de faire un résumé pour mon blog, tu me diras si ça te vas comme ça : « l’action de « True Blood » se déroule dans l’ambiance moite de la Nouvelle Orléans. Des japonais ont mis au point un sang synthétique le « True Blood » qui permet au vampires de s’intégrer à notre société humaine. Bien sur tout le monde ne voit pas cette intégration d’un très bon œil et ce des deux côtés, humain ou vampire. On suit la vie de Sookie Stockhaouse jeune serveuse télépathe (oui elle peut lire dans les pensées, ça à l’air tiré par les cheveux, mais dés le deuxième épisode ça semble naturel et essentiel à la caractérisation du personnage) qui après avoir sauvé la vie d’un vampire, Bill Compton commence à éprouver des sentiments pour lui (elle ne peux pas entendre les pensées des vampires et ça la repose de ne plus avoir du vacarme dans sa tête en sa présence). Bill était en danger car, inversement des codes des histoires de vampire, ici les vampires sont traqués pour leur sang qui est une drogue rare aux effets aphrodisiaques incroyable, entre autre. Voilà pour le point de départ de l’intrigue principale, mais d’autres pistes narratives se déroulent en parallèles, je vous en laisse la surprise. »

La seule chose qui me gêne un peu pour le moment, c’est qu’en voulant parler de dérive sexuelle, les portraits féminins que tu dessines sont un peu trop extrêmes pour le moment, hors mis le personnage de Tara qui est un très beau personnage en devenir, les femmes sont soit vierges immaculés naïves et pures soit des salopes intégrales qui ne rêvent que de se faire sauter par des vampires, qui sont semblerait-il de super coup ! Bon, on sait que la sphère féminine n’est pas ta spécialité et d’ailleurs ton goût prononcé pour les hommes est clairement affiché dans la série. Pour l’instant soit la sexualité est bestiale, soit elle est inexistante, j’espère que le contrepoint du personnage de Tara permettra de rendre tout ça un peu plus subtile sexuellement parlant, puisque le sexe semble être un des moteur principaux de l’intrigue.

Voilà Alan, ma confiance en toi est toute renouvelée, j’attends la suite des aventures de Sookie avec impatience, excuse moi encore d’avoir honteusement douté de toi. Je t’interdis de me faire croire à nouveau que tu puisses me décevoir d’une quelquonque manière, je te l’interdis !

Je t’embrasse Alan, merci d’exister, merci.

Tendrement.

B+


Ps : Et merci pour la référence à Buffy, ça m’a particulièrement touché, mais tu le sais.
Par B+ - Publié dans : Séries Télé - Communauté : Series World
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Mercredi 15 octobre 2008
Juste un tout petit peu de publicité comme ça en passant très vite. Pas de quoi en faire des tartines, c’est juste qu’il faut bien essayer de se vendre un peu alors voilà.

Ce vendredi 17 octobre, je ferais un petit concert de chansons à Lyon au Sixième continent (51 rue St Michel 69007 métro Saxe Gambetta) en première partie de Largo. Je serais pour l’occasion accompagné de David Mansot à l’harmonica et ça me fait vraiment un plaisir immense qu’il ait pu se libérer pour jouer avec moi. Mais vraiment !


L’entrée est à 3 et 5 euros et c’est à 20h30.

Si vous habitez à Tokyo, se sera pour une prochaine fois !

Et un énorme merci à Reno Bistan pour m'avoir proposé cette date.

Voilà voilà

B+

Par B+ - Publié dans : Musique
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Mercredi 15 octobre 2008
Allez ça faisait un bail, maintenant que la rentrée est bien consommé, il est temps de se faire un bon vieux petit bilan série comme on les aimes ! Juste un petit état des lieux des suites que j’ai pris le temps de commencer à regarder, je ne me suis pas encore lancé en quête de nouveauté, du fait que je n’ai pas très envie de faire de la consommation feuilletonesque à outrance en ce moment, mais ne vous inquiétez pas, ça va revenir. Je vais essayer de ne pas spoiler et me contenter d’un bilan d’impression global. J’ai vu le début des nouvelles saisons de cinq séries à succès américaines : Prison Break saison 4, Heroes saison 3, Dexter saison 3, Californication saison 2 et How I met your mother saison 4. Que du populaire donc, pas le petit truc qui craque et qu’on se regarde en spectateur privilégié le soir seul dans sa chambre en se disant comme c’est dommage que personne ne connaisse cette série géniale ! Non, du classique, de l’efficace, du bien fait et bien sur du génial. Parce que parmi ces cinq produits reconnus, ceux qui devaient décevoir sont décevants, ceux dont on attendait beaucoup donnent encore plus, ceux qui nous ont jamais déçu continus a ne pas nous décevoir. Bon je ne vais pas faire durer le suspense des évidences, c’est partie !

On attendait plus rien de Prison Break et on avait raison ! La seule chose qui persiste dans cette série, c’est le plaisir coupable de se détendre devant un truc regardable en checkant ses mails, avec suffisamment de rebondissements et d’action pour nous réveiller de temps à autres, même si on sait qu’on aura oublié ce qu’on vient de mater cinq minutes plus tard. Les personnages sont devenus au fil des saisons tellement invraisemblables et incohérents, voir inconsistants ou mièvres, qu’on se demande encore ce qu’on leur trouve. Certains recours scénaristiques sont tellement tirés par les lèvres qu’on est poli de ne pas bailler. Bref pas de prison cette année, cette année c’est l’année de tous les possibles, c’est l’année où on lorgne du côté de mission impossible. Alors oui il y a un nouveau méchant il est noir et il est très vilain bouh ! Oui certains personnages qui étaient devenus des sous fifres de seconde zone la saison précédente reprennent un peu du poil de la bête, oui oui certes, mais bon, pas de quoi s’affoler non plus, enfin voilà quoi ça se regarde mais si vous avez mieux à faire, ne vous privez pas !

Hahaha Heroes saison 3, hahaha ! Ah ça c’est sur, ils s’étaient pris une telle déculotté d’audience l’année dernière avec leur pensum chiant et mou que cette année les scénaristes ont mis le paquet. Et que ça pète dans tous les sens et que ça voyage dans le temps et que les gentils sont méchants et que ça zape d’un pays à une époque, d’un perso à l’autre en trente seconde et que c’est incompréhensible et plein d’incohésions dans la structure narrative mais on ne s’inquiète pas parce que d’ici une poignée d’épisodes il y en aura un qui pètera encore plus et qui reliera tous les fils entre eux ! Bref, je ne sais pas comment les cerveaux préparés au coca cola vont réussir à digérer cette masse d’information à deux cent à l’heure dans les rétines. Mais bon pourquoi pas. En gros Heroes c’est la même routine pour le spectateur et pour les scénaristes. Les personnages qu’ils en ont marre d’écrire nous emmerdes autant qu’eux. Heureusement grâce à la grande loterie de la caméra, d’un plan à l’autre on peut avoir la chance de voir évoluer un personnage qui nous intéresse ! Mais il y a tellement de personnages, c’est un tel fourre tout, qu’il va finir par arriver un moment ou plus aucun personnage ne va nous intéresser.

Dexter. Bin c’est Dexter. Dexter c’est en ce qui me concerne la plus belle série de ses dernières années et vu comme la saison 3 est partie, ce n’est pas encore cette année que ça va changer. Forcément ça met toujours un petit moment à s’installer, mais les personnages sont tellement forts, Michael C Hall est tellement incroyable et les autres comédiens aussi, qu’il n’y a rien à faire, c’est génial. C’est Dexter quoi ! Je n’ai vu que deux épisodes, pas encore de quoi vraiment se faire une idée précise, mais ça s’annonce très très très bien.

On s’est tous posé la question à la fin de la saison 1 de Californication, vu comment ça se termine, de comment ils allaient faire pour se renouveler. Bin ne vous posez plus de question, les créateurs de Californication sont très forts ! Bien sur, la série repose sur la performance complètement déjanté de David Duchovny, mais quel délice. J’étais content de le retrouver ce bon vieux Hank Moody, ça commence très fort, là aussi je n’ai vu que deux épisodes, mais je suis confiant, ça drop le iench, ouais trop ! Californication saison 2, ça casse la gueule !

Bon et mon chouchou pour finir, le démarrage de la saison 4 de How I met your mother est tout simplement incroyablement drôle. Le deuxième épisode instantanément culte de chez culte, un monument d’hilarité non stop, un Marshall show comme on les aime. Il est sur qu’avec le temps, comme pour Friends (faudrait d’ailleurs arrêter de les comparer systématiquement à Friends, ils méritent amplement leur autonomie) l’attachement aux personnages depuis plusieurs saisons y est pour beaucoup, c’est comme de retrouver des amis. Et puis Barney ! Ah Barney, l’immense Neil Patrick Harris, il a réussi à me faire pleurer ! Oui Barney, celui qui fait plus pleurer de rire qu’autre chose est en train de jouer avec mes émotions !!! Dingue !

Bon voilà, c’était juste comme ça pour papoter un peu, frapper mon clavier du bout des doigts, certes pas de la prose de la plus haute importance, pas de drame, pas de vie, mais j’aime bien aussi dés fois parler platement de ces petites sucreries télévisuelles dont je suis tellement friand.

Allez à un de ces quatre !

B+
Par B+ - Publié dans : Séries Télé
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Dimanche 12 octobre 2008
Le soir dit, je me suis rendu au club 29, je n’y croyais plus, mais gardais, comme dans un pli de rêve, l’espoir minuscule de retrouver Prudence à l’endroit où je l’avais rencontré. J’avais déjà essayé le piano du cabaret, mais peut être que je n’avais pas essayé assez fort et de toute manière, même si je ne savais pas ce que Louis Boguin et ses invités attendaient exactement de moi, si je ne savais pas ce qu’ils imaginaient que j’allais faire avec, c’est le seul piano qu’il me serait possible d’approcher avant longtemps. Je n’avais rien à perdre. Lorsque j’ai présenté à l’ouvreuse le carton d’invitation que m’avait laissé Louis Boguin elle a suffoqué un sourire et m’a fait un geste coloré de ses doigts peints pour m’inviter à la suivre. Elle m’a emmené devant un grand rideau rouge et m’a demandé de patienter un instant. Elle a glissé sa silhouette nonchalante entre deux pans de velours pourpre et s’est penchée en avant laissant à ses fesses quelques secondes pour me saluer rondement. Elle s’est redressé et m’a tendu, en suffoquant à nouveau un sourire, un collier avec une clé et un petit paréo représentant une toile de Gauguin.

-    Les cabines sont par ici, sur la droite.
-    Les cabines ?
-    Oui pour déposer tous vos vêtements.
-    Tous mes vêtements ?
-    Oui c’est soirée décontractée ce soir.
-    Ah oui, c’est très décontracté !
-    Vous pouvez couvrir votre pudeur avec le paréo.

J’ai déplié la chose, ça mesurait cinquante centimètre à tout casser.

-    Oui, le paréo, très joli, j’aime beaucoup Gauguin, merci, mais vous savez, une feuille de vigne aurait suffit !

Elle a suffoqué un sourire qui s’est presque pouffé en rire. Je ne sais pas pourquoi, en temps normal j’aurais rebroussé chemin, la folie de l’espoir sans doute, mais j’ai joué le jeu. Je me suis mis à poil dans une cabine et me suis recouvert  d’un « Et l’or de leur corps » de Paul Gauguin à demi transparent. On aurait pu rêver meilleur musée pour une toile de maître ! Je suis ressorti dans ma tenue décontractée et la demoiselle aux sourires suffoqués m’a fait pénétrer derrière le rideau.

Le club 29 était transformé en musée de chair. Des Vermeer, des Cézanne, des Goya, des Blake, des Arcimboldo, des Picasso et même des Dubuffet se promenaient librement sous une paire de seins ou un torse velu. Il y en avait pour tous les goûts, des gros des maigres, des belles, des moches, certain portait bien Van Gogh, d’autre jurait un peu avec Botticelli. Au milieu de tout ces tableaux impudiques je l’ai aperçu, surmontant négligemment de son buste imbécile une forêt de Max Ernst, il était là, pavanant sa tête suffisante entre deux beautés idiotes qui buvaient ses paroles ineptes comme deux dindes assoiffées. Lui, Anatole Patamole Balamole !!! J’ai bondit au travers de la pièce abandonnant Gauguin dans mon élan. Nu comme un monstre enragé je me suis jeté sur lui. Hystérique je l’ai attrapé par le cou.

-    Dis moi comment on y retourne !
-    Monsieur mais lâchez-moi, qu’est-ce qui vous prends !
-    Montre moi par où il faut passer !
-    Je ne comprends rien, s’il vous plaît, un peu de tenu.
-    Je sais que tu mens sale théâtreux de merde, montre moi le passage où je jure que je t’étrangle.

Un Renoir gorille m’a agrippé les épaules et m’a violemment plaqué contre le sol vite secondé par Giacometti armoire à glace et Bacon patibulaire, pour me bloquer les bras et les jambes. Toutes les toiles avaient retrouvées leur immobilité. Le silence muséographique n’était troublé que par mes grognements. La voix de Louis Boguin est alors intervenu.

-    Ce n’est rien, ce n’est rien, chers amis, chères amies, ne vous inquiétez pas, tout va rentrer dans l’ordre. C’est juste que monsieur Chuchotte s’impatiente.

A la prononcée de mon nom, toute l’assemblée à poussé un soupir de soulagement. Vraisemblablement, j’étais l’attraction de la soirée.

-    Monsieur Chuchotte enfin, en voilà de drôle de manière, je comprends votre excitation, nous tous ici attendions ce moment avec impatience pour nous dénuder totalement ? Coquin que vous êtes !

A ces mots, des centaines d’œuvres d’arts sont tombées froissées sur le sol.

-    Monsieur Chuchotte, je vous prie de m’excuser, personne ne m’avait prévenu que vous étiez déjà parmi nous. Je suis vraiment confus, je comprends bien dans quel désarroi vous vous êtes retrouvé, mais ne vous inquiétez plus.

Il a fait signe aux trois costauds de me lâcher et ils en ont aussitôt profité pour se délester du poids de leurs tableaux. Ils avaient tous les trois des bites d’éléphants et je me suis senti un peu en trop dans la composition de l’espace.

-    Monsieur Chuchotte, regardez ! Il est là ! Il vous attend ! Il est tout à vous ! Faites nous rêver monsieur Chuchotte ! Faites nous peur ! Soyez au comble de votre perversité ! Lâchez-vous ! Faites nous jouir !

La foule s’est écartée et sur l’estrade, mon ouvreuse aux sourires suffoqués, désormais aussi décontracté que moi, a soulevé le grand drap qui recouvrait le piano. Je me suis avancé lentement, fébrilement, en priant, en suppliant dans ma tête, je n’osais détourner mon regard de l’instrument, il y avait une excitation générale telle que sans les voire je pouvais presque sentir les seins darder et les pénis se tendre, j’ai posé ma main tremblante sur le couvercle, je l’ai soulevé et un murmure quasi orgasmique est monté dans le club, je l’ai ouvert en grand et les respirations alentours sont devenu oppressantes de désir et… Miracle ! Le passage était ouvert. J’ai hurlé.

-    Prudence !

Mon cri a provoqué quelques évanouissements, sans doute je les avais mené malgré moi vers des zones de plaisirs insurmontables !

De toutes mes forces, j’ai sauté. Prudence ! Prudence ! J’arrive !

(à suivre...)


B+
Par B+ - Publié dans : Ecritoire - Communauté : L'art et la manière
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Vendredi 10 octobre 2008
Non mais faites pas la gueule ! C'était juste un post pour faire mumuse avec l'actualité boursière hein ! Pouêt pouêt avec les mots ! C'est tout, c'est rien ! Je vais pas me pendre là !!!! Je suis pas au top de la forme c'est sur, mais je ne suis pas en train d'escalader le pic des désillusions, je suis certes dans une sacrée merde financièrement, ce qui à tendance à me mettre légèrement à plat, mais ça va hein ! Y'a pas mort d'homme ! J'en ai marre des kangourous, des pélicans, des ours, des canards, des autruches et de tout le zoo, je suis hyper à laboure dans mon travail parce que je suis un noob qui va devoir taffer tout le week-end, mais si j'allais si mal que ça je ne  prendrais pas la peine de vous l'écrire ! Allons allons ! La vie est belle, les oiseaux brillent, le soleil chante (comme dirait mon ami Mike) et ça va bien se passer !


J'ai la poisse c'est tout, c'est rien la poisse, ça pègue un peu, pas de quoi en faire un fromage !!!

Bon allez je retourne dessiner des bouches qui font la gueule sur cette saloperie de singe ! Mais  vous, vous arrêtez de faire la gueule hein !!??

Non mais hé ! Ho !!!!


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Vendredi 10 octobre 2008
Ce vendredi matin, à l’ouverture de mes yeux, alors que je me croyais à l’abri de la dépression, je me suis effondré. C’est la crise, j’en accuse les prémices depuis plusieurs jours, je savais que ça finirait par m’atteindre, j’ai essayé de prévenir le krach, mais je le savais irrémédiable. Tout à commencé avec une mauvaise manipulation de sentiments qui à eu des répercutions catastrophiques sur le cours de l’amour, là où en temps normal une injection d’optimisme suffirait à renforcer l’action et à remettre le cœur à flot, rien n’a pu redresser la situation et ce fut la dégringolade. Depuis c’est la panique, chaque cellule de mon cerveau lutte pour engager un processus de revalorisation de moi, mais tout est descendu si vite, si bas, que je ne vois pas comment je vais me relever. Si la crise était contenu dans ma tête, la fierté aurait pu l’absorber en deux temps trois mouvements, seulement voilà, le cœur à été touché et de là ça a commencé à paralyser les sensations dans tous les secteurs organiques du ventre à la gorge. Les émotions sont à la dérive, tout le système immunitaire est en phase de dérèglement, c’est le chaos. On peut pour se rassurer, noter que seul les départements concernés par l’amour sont touchés, mais pour combien de temps ? Il serait alarmant de penser qu’une contamination à plus grande échelle est en marche, mais je recommande une prudence accrue, même s’il n’y a pas de précédent historique d’une telle ampleur, le pire est à envisager.

Les petits porteurs de tendresse éphémère n’ont pas à s’inquiéter pour le moment. Tant qu’il n’y a pas d’amour, le danger est écarté. De la même manière, tous les échanges motivés uniquement par le charnel, sont pour l’instant immunisés. En revanche, si par malheur un sentiment se glisse dans la transaction, se sera la chute inéluctable. Une solution serait de racheter tous les sentiments à la baisse avant explosion, mais ça demanderait une aide extérieur considérable et sept cent milliard de renforts amicaux ne suffiraient pas à tout absorber. D’autant qu’à long terme, ça mènerait à une privatisation de l’amour, ce qui à l’heure de l’individualisme à outrance, serait une catastrophe  sans nom. Pourquoi s’inquiéter de ça alors que tout est au plus mal ? Parce que malgré tout, même en constatant dans cet extrême que l’amour ne sauvera pas mon monde, j’ai envie de continuer, sinon d’y croire, de le savoir libre, libre du regard d’autrui, libre de tout jugement, libre d’exister simplement.

Alors voilà, j’attends que la crise se résorbe, les yeux fixés sur les prompteurs du temps, je guette un signe, j’espère un indice à la hausse, je me contenterai de deux pour cent de confiance pour renflouer l’action, agir même à un pourcentage moindre, c’est déjà agir. Je suis inquiet, la lumière est faible en bord d’horizon, l’amour à entrainé dans sa chute d’autres valeurs et toute idée de reconstruction est proscrite tant que la destruction n’a pas terminé sa marche vicieuse. J’attends, ça va passer, il faut que ça passe, sans quoi mon monde ne se relèvera jamais et se serait tout de même dommage. Etre courageux, être fort, oui bien sûr, mais seul c’est tellement difficile que parfois ça semble impossible. Heureusement pour moi, j’ai beaucoup plus investi dans la solitude que dans l’amour ces dernières années, à défaut de mener au bonheur, ça garantira la survie. En revanche, toujours aucune montée de larme en perspective, cette mauvaise manipulation de sentiment aura décidemment eu de curieuses répercutions sur tout mon être.


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 9 octobre 2008
Il y a des jours, on à beau dire on à beau faire, il faut savoir se rendre à l’évidence, on à la poisse. En ce moment, à bien y regarder, tout va mal, amour, santé, argent, tout dégringole dans une longue et lente chute. Mais c’est dans les détails du quotidien que ça prends toute sa saveur, par exemple ce matin, un ami de passage hébergé pour la nuit s’est naturellement barré avec mes clés à l’autre bout de Paris en rendez-vous ultra important (bref il est pas encore revenu) et me voilà coincé chez moi comme un con et je vous passe le détail des conséquences sur mon organisme de ne pas pouvoir accéder à mes chiottes (oui les WC sont sur le pallier fermés à clé !), sans parler des courses que j’ai à faire puisque mon ami Reno vient déjeuner. J’adore. Avec la chance que j’ai, même s’il sort de réparation, mon ordi va surement me refaire une crise d’autisme et ça tomberait hyper bien, parce que justement là j’en ai vraiment besoin, vu que j’ai l’immense joie d’être en train de corriger soixante dix personnages pour une série d’animation. (Oui je travaille dans l’animation à mes heures perdues !) Evidemment, en dehors de ma bloggouillasse matinale, je n’arrive pas à écrire depuis que je suis rentré à Paris, se serait trop simple ! Malgré tout, je ne vais pas énumérer toutes les cochonneries qui me tombent dessus depuis trois jours, à quoi bon se plaindre, c’est la vie ; malgré tout, je suis relativement serein. C’est presque inquiétant comme tout me glisse dessus comme de rien, j’arrive pas tout à fait à en rire, mais ça ne me fait pas pleurer pour autant, je crois que j’attends gentiment le coup de grâce, je ne sais pas encore comment il va se matérialiser, mais la poisse est suffisamment imaginative pour me le faire bien gras mitonné aux petits oignons, je suis sur que je vais apprécier la chose à sa juste valeur ! Comme j’adore les surprises, je ne vais pas faire de pronostiques.

Bon, il y a quand même du positif, sinon je serais au bord de la dépression incapable même de gratouiller mon blog. L’événement de la plus haute importance, c’est que enfin, après plus d’un an à dormir dans son étui, neuve et brillante, j’ai emmené ma guitare électrique à régler. Si ! Je me suis dit qu’il était temps que je me serve de cette guitare et que j’abandonne un peu ma vieille classique. Elle était fausse et injouable, ce soir si tout va bien, elle sonnera comme une princesse écarlate. Tout ça tombe plutôt bien puisque j’ai rencontré une chanteuse qui m’a demandé de l’accompagner. Je lui ai bien dit que je n’étais certainement pas la bonne personne vu mes maigres capacités d’instrumentiste, mais en même temps, pourquoi pas essayer, on verra bien, puis ça me changera les idées de me fondre dans l’univers de quelqu’un d’autre, surtout que là, je ne pouvais pas imaginer plus éloigné de moi musicalement, elle chante en anglais dans un style pop mélodique. On ne s’emballe pas, la curiosité et mon temps libre font que j’ai envie d’essayer, mais rien n’est encore fait. J’ai emmené ma guitare à régler donc et je ne me priverais pas de dire que les gens de « Music Système » à Pigalle sont vraiment adorables. Quel plaisir de rentrer dans un magasin à Paris, d’être accueilli avec des sourires, une écoute attentive et tendre et de ne pas se sentir en position de consommateur stupide et inculte. J’attends le résultat, mais je suis sur qu’il sera à la hauteur de mes espérances. Oui je sais ça à l’air de rien ce petit instant souriant, mais je vous assure qu’en période de poisse, ça vous réconcilie un peu avec l’humanité. Oh mais regardez ! C’est ti pas vrai que c’est pas possible ! Même qu’il y a du soleil dehors ! Paris ne fait pas grise mine ce matin, c’est surement un signe ! N’exagérons pas, à moins de me construire un abri anti tuile, je ne vois pas comment je pourrais interrompre d’un rayon de soleil la malédiction poisseuse en marche ! A défaut de pouvoir aller au chiotte, je suis sur que d’ici la fin de la semaine la cuvette des WC d’une quelquonque station en orbite va venir s’écraser sur le toit de mon appartement ! Ah mon portable sonne, je sens que mes clés reviennent vers moi en taxi, est-ce un signe de lumière ?

Bon allez, trêve de défaitisme, mes clés sont revenu, le soleil brille, je vais préparer tranquillement le repas et profiter au mieux de cette belle journée. Il suffit maintenant hop hop hop B+ le monde est en marche il est temps de s’envoler !

B+ parviendra t-il à écraser la poisse sous ses talons comme une flaque de mouche sous les sabots d’un troupeaux de vache normande ? Bonne question !


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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