Mardi 19 août 2008
J’ai été retenu par une horde d’amateurs de musique classique qui m’ont agrafé violement à mon fauteuil. J’ai du attendre la fin du récital pour monter sur la scène et sauter dans le piano. Mais ce n’était plus qu’un simple piano a queue avec des cordes dans la caisse, le passage s’était refermé derrière elle. Il ne me restait plus qu’à rentrer chez moi et reprendre le court de ma vie. En chemin j’ai posté ma déclaration d’impôt. J’ai rejoins ma barricade de solitude au sixième étage et j’ai allumé mon ordinateur. Pas de mail, tous mes amis sont plus ou moins en vacances, pas de messages sur le répondeur, hors mis ma mère qui avait téléphoné sur le fixe avant de me joindre sur mon portable quand Prudence faisait la classe à ses amants éplorés… Prudence, elle s’appelle Prudence, quel joli prénom. Quand pourrais-je te rejoindre ? Par quel chemin ? L’idée d’aller ouvrir tous les pianos de la ville m’abandonna très vite, j’étais obligé d’attendre que se soit elle qui se montre à nouveau, mais à l’heure qu’il est elle devait déjà jeter son dévolu sur un autre que moi, la distance est cruelle, mais elle rend lucide. A quoi bon rêver, nous n’avons même pas échangé un baiser et si le baiser avait eu lieu, que se serait-il passé de plus ? Au mieux nous aurions partagé une nuit, et alors ? A quoi bon une nuit, si la tendresse se change en fuite ? Je rêve trop ma vie, alors forcément, quand ma vie commence à ressembler à un rêve, tout m’échappe. Je n’ai qu’à me contenter de ma normalité, elle n’est pas si triste dans le fond, je suis bien entouré, il m’arrive d’être drôle, je suis plutôt de bonne compagnie, je suis un mec sympa. Oui, un mec sympa, c’est ce que disent les filles qui me plaisent, celles qui me trouvent tellement formidable qu’elles supplieraient presque mon amitié. Je prends l’amitié, c’est une forme de tendresse comme une autre, c’est déjà ça. Mes sentiments, c’est trop fort pour elle, ou ce n’est pas le moment, ou mon ventre est un peu trop gros, qu’importe. Mais Prudence, elle m’a regardé comme si j’étais son prince charmant, comme si elle me connaissait au delà des apparences, comme si j’étais son rêve, elle m’a regardé avec amour. Au prix de quelques claques c’est vrai, mais ça en valait la peine. Elle à un sacré coup de soufflet en tout cas, je dois avoir la joue bien rouge !

Je suis allé dans la salle de bain contempler les dégâts mais en lieu est place de la rougeur attendue il y avait comme des craquelures. Pris de panique je me suis collé contre le miroir pour observer ce phénomène cutané inconnue. Pas de doute, j’étais en train de m’effriter et à force de me palper, des écailles de peaux ont commencées à tomber. J’ai attrapé une bouteille d’alcool à quatre vingt dix dans le placard et sans réfléchir, je m’en suis aspergé le visage. Trente seconde plus tard, tout mon visage commençait à craquer et à pleuvoir des bouts de peaux sur le carrelage. Je me suis mis à pleurer, terrorisé avant de me rendre compte que, malgré l’aspect visuel déroutant, je ne ressentais aucune douleur. C’était étonnant de constater que ces fissures en moi se creusaient sans aucune sensation, même pas la moindre démangeaison, alors j’ai accéléré le processus et je me suis intégralement épluché la tête. C’était comme une mue, sous ma vieille carapace j’avais fais peau neuve et quelle peau ! Plus douce, plus fraîche, les traits plus fins, les surplus de graisses envolés, les rides effacées, les yeux décernés, j’étais agréable à regarder, joli comme un cœur, à croquer ! C’était incroyable et terriblement excitant, je me suis déshabillé et j’ai continué à tirer sur les rubans de mon écorce le long de mon corps, comme une momie qu’on désembaume. Mon surplus de bide infâme avait disparu, je redevenais maigre comme à vingt ans, ça ne m’avait pas poussé des muscles, mais j’étais assez bien foutu, les épaules pas trop basse, les bras et les jambes pas trop fins, pas un adonis, mais un gars bien proportionné, sans excès de chair, sans courbe de travers, c’était plus qu’émouvant. Il fallait que je sorte tester ma jeunesse retrouvée dans un bar ou une boîte, oser inviter une jolie fille à accepter un verre ou une danse. Mais il y avait un problème de taille, je n’avais plus rien à me mettre et sortir enveloppé dans un sac de pomme de terre n’encouragerais pas mon sex appeal à s’exprimer. Il était trop tard pour sonner chez un voisin pour emprunter un costume et puis autant rester discret pour l’instant, cette transformation subite paraîtrait louche. Je suis allé me coucher avec une sérénité neuve.

Au petit matin, j’ai enfilé un survêtement et j’ai couru jusqu’au centre dans un magasin de fringues. Je suis passé chez le coiffeur pour changer de tête afin de me faire passer pour mon petit frère puis je me suis posé à une terrasse de café. Désormais tout était possible. C’était le week-end, le temps était magnifique, j’étais beau et fringuant, quelle belle journée en perspective. Des jeunes filles par millier, les jambes nues en  bord de robes, envahiraient bientôt mon espace visuel… Je suis rentré chez moi à quatre pattes à cinq heures du matin, ivre mort, semi gerbant et surtout bredouille. J’avais omis un détail, juste un tout petit détail, je pouvais ressembler physiquement à toute les stars de cinéma les plus sexy réuni en un seul corps, ça n’estomperait pas pour autant ce qui freine tous mes élans, mon éternelle et maladive timidité. Une fois, juste une fois… Oui, il y a eu une fois, seulement une… En y repensant c’est vraiment la seule fois… J’ai beau fouiller ma mémoire, il n’y a eu que cette fois-là… Une fois ma timidité s’est envolée, comme par magie. J’étais au club 29 et j’ai sauté dans un piano… Prudence… Prudence !

(à suivre…)


B+
Par B+ - Publié dans : Ecritoire
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Lundi 11 août 2008
Ma tête s’est mise à tourner sur elle-même comme un tourniquet pendant trente bonnes secondes. Quand mon regard s’est stabilisé, elle était toujours en face de moi, mais nous n’étions plus dans la même pièce. Elle semblait connaître l’endroit et ne s’y sentait visiblement pas à l’aise. C’était un espace étroit, une chambre de petite fille ; des frises de petits lapins ornaient les plinthes, le lit en face de moi était recouvert de lapins en peluche, les portes de l’armoire étaient gavés de bas reliefs représentant des lapins, sur la table de nuit, le réveil et la lampe étaient en forme de lapins, le lapin étaient décliné sous tous les possibles jusqu’à l’étouffement. Ma chanteuse était paniquée.

-    Ça va ? Je peux peut-être vous aider, vous êtes toute pâle…

Elle ne faisait plus attention à moi, les lapins semblaient la tourmenter au plus haut point.

-    C’est vrai que la décoration n’est pas d’un goût exquis, mais bon, ils sont plutôt mignons non ?

Ses yeux étaient au bord des larmes, la panique commençait à monter.

-    Peut-être devrions-nous sortir d’ici, l’endroit vous embarrasse un brin on dirait, mademoiselle ? Quel est votre prénom en fait, moi c’est…

Elle s’est ressaisi d’un coup et m’a assenée une deuxième gifle monumentale !

Ma tête s’est mise à tourner sur elle-même comme un tourniquet pendant trente bonnes secondes. Quand mon regard s’est stabilisé, elle était toujours en face de moi, mais nous n’étions plus dans la même pièce. Elle était déjà venue ici, c’était familier. Moi, je nageais dans l’inconnu. C’était une salle de musique, au tableau des portées étaient dessinées à la craie, il y avait une dizaine de pupitres éparpillés autour d’un piano droit et des portraits imposants de Mozart, Beethoven et Schubert étaient punaisés sur les murs. Ma chanteuse était angoissée. Je m’apprêtais à recevoir ma gifle quand la porte s’ouvrit et qu’une jeune femme, chignon et tailleur entra.

-    Ah vous voilà enfin ! Vous avez vu l’heure ? Qu’est-ce que vous attendez pour vous mettre au piano ?
-    Oui madame.

Elle s’installa à contrecœur devant l’instrument et souleva le couvercle avec tristesse.

-    Vous avez bien travaillé vos exercices j’espère, montrez-moi ça !
-    Oui madame.

Ses doigts tremblants entamèrent une suite de gammes. Elle peinait à jouer et trébuchait régulièrement sur une fausse note.

-    Je vois que vous n’avez pas travaillé du tout ! Quand cesserez-vous de flâner et de papillonner au lieu de vous concentrer sur vos devoirs ?
-    Pardon madame.
-    Pardon madame ? On dit : « je vous prie de bien vouloir m’excuser », on impose pas son pardon comme une évidence. Mais non, je n’excuse pas la flagornerie mademoiselle, ce n’est pas en rêvassant que vous obtiendrez des résultats.
-    Oui madame.

Elle tira de sa manche une longue règle en bois.

-    Reprenez ! Et ne vous trompez plus.
-    Oui madame.

Elle repris, mais trois notes à peine esquissées, elle trébuchait à nouveau sur une fausse note. Un bruit sec s’abattit sur ses doigts. Elle hurla de douleur.

-    Reprenez !
-    Oui madame.

A plusieurs reprises elle trébucha et la règle s’écrasa. Je ne pouvais plus tolérer de la voir ainsi maltraité, je me suis approché d’elle.

-    Giflez-moi !

Ma tête s’est mise à tourner sur elle-même comme un tourniquet pendant trente bonnes secondes. Quand mon regard s’est stabilisé, elle était toujours en face de moi, mais nous n’étions plus dans la même pièce. C’était une cuisine avec un poêle sur lequel crépitait une bouilloire, une grande table en chêne s’allongeait le long des tomettes usées, une soupière sur un napperon trônait en son centre et tout au bout, seule sur une chaise, une femme d’une quarantaine d’année pleurait. Ma chanteuse se mua de nostalgie et se dirigea vers elle. Elle posa doucement un bras sur son épaule et lui caressa le dos avec tendresse. La femme continuait à pleurer. Ma chanteuse me lança un regard, comme pour me dire de détourner les yeux, mais elle n’insista pas, elle me laissa à mon rôle de témoin et pris la femme dans ses bras, abandonnée de toute pudeur, elle l’étreignit et pleura à son tour. Leurs mains se joignirent et se serrèrent. Au bout de quelques minutes elle lâcha son étreinte, sécha ses larmes et revînt paisiblement vers moi. Elle m’accorda encore quelques secondes de répit, puis son bras pris de l’élan.

Ma tête s’est mise à tourner sur elle-même comme un tourniquet pendant trente bonnes secondes. Quand mon regard s’est stabilisé, elle était toujours en face de moi, mais nous n’étions plus dans la même pièce. D’ailleurs nous n’étions plus dans une pièce, nous étions sur une plage sous un ciel grisâtre où les vagues touillaient l’océan avec fougue. Une fois de plus, le lieu ne la laissa pas indifférente, mais elle avait l’air soulagée cette fois. Un sourire osa troubler son visage d’un trait de lumière et elle marcha en direction de la mer. Elle fouilla le sable et ramassa quelques petits bouts de verres polis par le ressac qu’elle me montra d’un geste riant. Elle semblait réellement émue d’être ici et l’émotion lui délia la langue. Curieusement, même si je sentais que je n’étais pas son interlocuteur véritable, j’avais l’impression qu’elle s’adressait à moi.

-    Regarde ! Deux rouges et un bleu ! Les bleus sont très rares. Tu te rends comptes, si on trouve cinq bleus on pourra les échanger contre un abricotier. On le plantera ici, tu vois ? On restera assis là en attendant, on mangera des étoiles de mer et une fois le printemps arrivé on cueillera les fleurs sur les branches. Avec un kilo de fleurs d’abricotier on pourra avoir un chapeau. Avec de la patience  un peu d’agilité et beaucoup d’entraînement on finira bien par arriver à attraper trois ou quatre colombes dans le fond du chapeau… Trois suffiront. Tu imagines ? Trois colombes se serait vraiment le bonheur ! On les mettra dans des bouteilles (oui il faudra prévoir de ramasser beaucoup de bouts de verres polis transparents et des algues pour fabriquer de la colle) et on les jettera à la mer. Il faudra peut-être plusieurs semaines, mais une réponse cheminera par les vagues, si tout se passe bien, une bouteille de bière de bohème nous parviendra. Comme je suis heureuse ! Après nous resteront là à attendre la saison des sirènes et à la première éclose nous lui offriront la bière de bohème, pour nous remercier elle nous apprendra une chanson. Il faudra nager jusqu’au rocher là bas, tu vois ? Là chaque soir tu m’accompagneras avec une conque et je chanterais le chant de sirène. Normalement ça devrait aller assez vite, un bateau sera vite piégée par la mélodie et viendra s’échouer à nos pieds. Il faudra plonger pour récupérer un sextant, mais ne t’inquiète pas, je nage très bien, tu pourras m’attendre sur le rocher. Enfin grâce au sextant, nous trouverons ta latitude et ma longitude sur le sable, et au croisement de nos lignes d’horizon, nous pourrons nous embrasser.

Elle s’est approchée de moi avec les lèvres légèrements mordues, les yeux incroyables de vivacités et je me suis mis à rougir bêtement. Mais il n’y eu pas de baiser, juste une gifle de plus.

Ma tête s’est mise à tourner sur elle-même comme un tourniquet pendant trente bonnes secondes. Quand mon regard s’est stabilisé, elle était toujours en face de moi, mais nous n’étions plus sur la plage. Nous étions au point exact de notre rencontre, au club 29, en train d’interrompre un concert de Maurice Ravel  sous une pluie de sifflements hostiles. Elle m’avait ramené à ma réalité, elle sur la scène, moi dans le public dans la solitude de ma chaise. Mais elle me souriait pleinement. Faisant abstractions des cris qui nous assaillaient de colère elle me lança timidement.

-    Prudence.
-    Heu… Oui, je ferais attention, je…
-    Non. Prudence, je m’appelle Prudence.

Et elle sauta dans le piano à queue.

(à suivre...)


B+
Par B+ - Publié dans : Ecritoire
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Jeudi 7 août 2008
Il fait chaud, moite et je dégouline sur ma chaise comme une glace à la chair. Même si vous êtes tous parti en vacances et que vous ne lirez jamais ce post au bon moment, parce que le lire en plein milieu d’une tempête de neige au beau milieu de l’hiver ça va vous faire perdre le fil de mon état corporel, c’est pas parce que vous avez quinze couches de pulls, une canadienne et trois polaires sur le dos qu’il faut vous méprendre, ce billet à été rédigé un jour de moiteur lourde à tendance poisseuse avec option transpiration à grosses gouttes et puis si vous étiez inscrit à ma newsletter vous seriez informé au jour le jour de mes nouveaux post, comme ça au lieu de passer par ici tous les six mois ironiquement en vous disant « est-ce que ce gros fainéant à écrit quelque chose depuis la saint Glinglin ?» en vous inscrivant vous connaîtriez exactement la date précise de la saint Glinglin et au moins vous ne seriez pas en train de crever de froid pendant que je meurt de chaud ! Bon après si vous aimez les contrastes climatiques, c’est comme vous voulez, mais ne vous étonnez pas d’avoir froid quand j’ai chaud ! Donc donc donc…

El Paladar.

La semaine dernière j’étais à l’Escalme, mon bar de prédilection avec mon ami P, J et Ben. Nous fêtions gaiement un événement relatif à un travail que nous avons mené en commun J et moi sous la direction de l’ami P. Passé quelques verres (raisonnablement hein, je suis raisonnable en ce moment ! Non mais mon père lit mon blog alors j’édulcore un tantinet !), la faim commençait à nous tirailler et aucun d’entre nous n’avait envie de manger à l’Escalme (où on mange très bien soit dit en passant, je vous conseil fortement d’aller y bruncher un dimanche, c’est Gargantuesque). Bref l’ami P suggéra alors de nous emmener à El Paladar, restaurant Cubain de la rue de la fontaine au roi. Suggestion validée par l’ensemble d’entre nous. Une fois sur place et confortablement installé nous avons commandé un pichet de Mojito, parce qu’à El Paladar on sert le Mojito au pichet ! (Je passerais sous silence le nombre de pichets que nous avons bu). Puis le patron est venu nous voir, il était particulièrement en forme et pour cause il était ivre au possible ! Mais attention il avait une excellente raison d’être ivre. Donc il vient nous voir, puis il nous dit : « aujourd’hui, c’est mon anniversaire, la bouffe, c’est gratuit ! ». Si si je vous jure ! Et à El Paladar, on mange excellemment bien. On s’est même pris deux tournées de repas c’est dire ! Un jeune homme s’est retrouvé à notre table et nous avons lié connaissance, une belle rencontre, un garçon passionné de cinéma, alors forcément on a discuté tous les deux pendant deux heures, c’était bien chouette. El Paladar, une excellente adresse que je vous conseil fortement, le repas n’est certes pas gratuit tous les soirs, mais en temps normal ce n’est vraiment pas très cher et c’est vraiment très bon, et le Mojito coule à flot !

Brazil 2.

Il y a quelques années j’achetais quasiment tous les magazines de cinéma, sauf le plus con et le plus sérieux (studio et les cahiers) et encore ça m’arrivait de temps à autre. Aujourd’hui je n’en lit plus que deux : Mad Movies et Brazil. Mais c’est de Brazil dont je vais vous parler. La première fois que j’ai acheté ce magazine c’était il y a quelques années, depuis il a subit quelques mutations, s’est retrouvé couplé avec le magazine de rock « crossroads » (c’est la même équipe de journalistes en gros)  a disparu, puis réapparu en septembre ou octobre dernier sous le nom de Brazil 2. A l’époque de Brazil 1, outre le ton général, je découvrais ou re découvrais (parce que plus jeune je ne faisais pas attention à qui écrivait dans Starfix ou Mad) l’immense Christophe Lemaire (pas le styliste hein !), par l’intermédiaire d’une rubrique géniale : « les carnets d’un cinéphageuh » où Christophe Lemaire ressortait ses notes critiques faites sur les films vu dans sa jeunesse et les confrontaient à une nouvelle critique toute neuve. Un grand moment de l’histoire du journalisme cinématographique, car Christophe Lemaire quand il avait dix huit ans ne hantait pas la cinémathèque en guettant une rétrospective Bergman ou Tarkovski mais écumait tous les cinémas de quartier de Paris à la recherche du bon gros Z qui tâche, du cinéma bis, du bon gros cinoche d’exploitation que Tarantino nous a remis au goût du jour il y a quelques années. Lemaire c’est un peu l’encyclopédie vivante du cinéma à lettre sde X à Z avec un saut temporelle par la série B, mais son appétit et sa curiosité lui on garanti une culture alternative éloquente en matière de cinéma consensuel, rassurez-vous, je suis certain que « les fraises sauvages » et « le miroir » n’ont aucun secret pour lui ! Je ne connais pas tout son parcourt professionnel, mais c’est une entité journalistique vibrante qui est passé par pleins de magazines et autre fanzines dédiés au cinéma. Il me fait rire, je vénère son style, son humour, mais pas que, l’année dernière, son intervention dans le numéro anniversaire de Mad Movies m’avait fait monter les larmes aux yeux. Oui je suis fan, j’assume ! Faut dire que Christophe Lemaire est un excessif, un passionné, alors forcément, ça me plait. Bref tout ça pour vous signaler que le numéro de Brazil 2 de cet été est particulièrement génial et notamment la rubrique « 50 films divers pour bien passer l’été » où l’équipe de Brazil commente 50 de leurs films préférés à voir et à revoir de « Pandora » d’Albert Lewin à « Brazil » de Terry Gillian bien sûr, en passant par « Harold et Maud » d’Hal Hashby, « Mauvais sang » de Leos carax ou encore « Le choc des Titans » de Desmond Davis ou « Merci la vie » de Bertrand Blier. Bref Brazil un magazine éclectique, sans concession, sans langue de bois, plein de verve et d’humour, de mauvaise foi assumée, courrez acheter ce numéro d’été pour vous laisser convaincre, c'est quatre euros cinquante de bonheur pur !

La sériephilie, c’est grave, docteur ?
Le blog de série de Martin Winckler pour le site « toutlecine.com ».


Bon, Martin Winckler est une de mes idoles immortelle. Martin Winckler à longtemps été médecin avant de devenir l’écrivain célébré de « La vacation », « La maladie de Sachs » et « Les trois médecins » les trois livres consacrés à Bruno Sachs son double littéraire. Martin Winckler à écrit des polars (dans la collection « le poulpe » par exemple), des essaie de médecine, des blogs autobiographiques qui sont devenu des livres (les magnifiques « Légendes » et « Plumes d’Ange »). Martin Winckler à tenu des chroniques sur France Inter mais aussi Arte Radio. Mais Martin Winckler est aussi réputé pour être un éternel sérievore, passion qu’il a décliné sous forme de conférences de participation à des magazine (comme Mad Movies) et naturellement de livres collectifs. Martin Winckler, quand est-ce que vous dormez !? C’est le premier auteur qui m’a décomplexé de mon amour pour les série américaines, rendant possible le fait d’assumer cette sous culture comme une culture au contraire aussi sérieuse et passionnante que le cinéma par exemple. En une phrase il a balayé avec sa caution « écrivain véritable qui fait des vrais livres sérieux » ma honte de vénérer une série telle que Buffy qu’aujourd’hui je revendique et porte au nue partout ou je passes ! Ce genre de phrase : « J’ai détesté Buffy contre les vampires tant que je n’ai vu que des extraits en VF sur M6, et je me suis mis à l’adorer quand j’ai commencé (brièvement) à en voir des épisodes en VO sur Série Club. Là, je me suis rendu compte à quel point on sabote certaines séries en France. Depuis, j’ai vu l’intégrale de Buffy et celle d’Angel en DVD, et je suis heureux d’avoir pu goûter à ces deux chefs-d’œuvre avant de devenir un (trop) vieux con. J’ai même le sentiment qu’elles m’ont aidé – et m’aident encore – à ne pas vieillir trop vite. » Voilà qui est bien  dit ! Non mais ! Bref, si vous aimez les séries télé comme moi, allez jeter un œil sur ce blog ici :
La sériephilie, c’est grave, docteur ? et si vous voulez découvrir un peu plus Martin Winckler allez faire un tour ici : Wincler’s Webzine ou encore lisez ou re lisez « Legendes » ou « La maladie de Sachs » ou encore « Les trois médecins » (j’adore ce livre qui se sert de la structure narrative des « trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas  pour raconter le quotidien et l’apprentissage de Bruno Sachs dans une faculté de médecine ). Faites vous plaisir !

Voilà voilà.

Bon l’orage gronde, la pluie tombe, je vous abandonne pour aujourd’hui.

B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Mardi 29 juillet 2008

Oui je vous entends déjà crier au délit de narcissisme, péché d’orgueil et compagnie, car vous qui êtes passé par ici cet après midi avez sûrement remarqué le petit player incrusté dans la colonne de droite de mon blog. Tout de suite vous vous êtes dit, il nous prends pour des cons, comme si on avait pas déjà écorché nos oreilles en allant cliquer sur son myspace suite au post dédié, comme si on avait pas vu qu’il s’était mis en lien, le fourbe, au milieu de ses amis +, voilà qu’il nous oblige à entendre sa voix chevrotante pendant qu’on fait déjà l’effort de le lire ! Houlà meuh non, oh vous alors, comme vous y allez ! Certes ce n’est point innocent de ma part de vous faire souffrir cette redondance sonore, mais je vous assure qu’il y a une explication que je vais m’empresser de vous communiquer, car la communication est la clé de notre monde contemporain et qu’on est bien content de le savoir !

En fait voilà, je suis gourmand, oui j’avoue, c’est terrible mais c’est comme ça. Tout est de la faute de myspace.com qui me brime et me frustre le vilain, en me contraignant à ne pouvoir mettre que six morceaux en ligne, d’accord je ne vais pas pleurer parce qu’avant c’était quatre et gnagnagna le progrès, tralalala l’évolution, pouêt pouêt le clown et que c’est très bien comme ça et patati et patata… Seulement je m’insurge contre moi monsieur, je me rebelle haut et fort, je proteste même, je manifeste dans ma salle de bain en faisant couler le robinet très fort, je saute à cloche pied sur mon lit, je boude sous mon bureau, je colle des tracts sur le mur de ma chambre, bref j’agit ! N’écoutant que mon courage j’ai saisi mon téléphone et appelé mon ami Mr Morel pour qu’il m’explique comment il avait fait pour mettre un player sur son blog ! Parce qu’en matière d’html de css et autre configuration internétique il faut bien l’admettre, je suis un noob. C’est pour ça que je me suis adressé à la crème de l’informatique moderne qui était en train de se faire du mal au bord d’une piscine, le pauvre ! Mr Morel m’ayant expliqué la chose, je me suis empressé d’appliquer son savoir à mon blog.  Mais reprenons le fil du pourquoi du comment avant de nous perdre dans des considérations techniques.

Donc myspace est limité à six morceaux, ce qui est déjà bien j’en convient, j’en convient d’autant mieux que les plus attentifs d’entres vous ne manqueront pas de faire remarquer que de toute façon, des morceaux je n’en ai que six ! Mais c’est là qu’intervient la nuance, car figurez-vous que je ne compte pas me restreindre à six morceaux, et non ! Et ce n’est certainement pas myspace qui va mettre un frein à ma créativité frénétique, ça non ! Donc j’ai utilisé ce savant subterfuge pour permettre à tous mes morceaux d’être toujours écoutables une fois remplacés par une nouvelle chanson sur myspace. Le subterfuge du player made in deezer.com. Ainsi si par malheur vous êtes peiné parce que j’ai enlevé un morceau que vous aimez (si si il y a des gens qui aime bien !) et bien vous pourrez toujours venir l’écouter ici même. Avant que mon ami P ne sorte son pistolet et me crible de noob dans la face, contrairement à myspace, ici je ne vous impose pas l’écoute, personne ne vous oblige à appuyer sur play, ce blog peut rester un espace silencieux, vous pouvez continuer à écouter Carla Bruni pendant que vous me lisez sans être parasité par ma voix caverneuse !

Bon après, deezer.com ils font des player très bien mais il y a encore quelques bugs, tout dépend du navigateur que vous utilisez, par exemple sur Safari et Internet Explorer j’ai réussi à faire disparaître les horribles barres de défilements horizontales et verticales qui me narguent toujours sur Firefox. En revanche, c’est peut être une impression, mais on dirait que ça charge plus vite sur Firefox, par contre des fois ça esquisse le début d’un morceau puis ça zappe sur un autre, bref c’est tout cafouilleux de partout, mais je suis sur que ça va aller en s’améliorant et gnagnagna le progrès, tralalala l’évolution, pouêt pouêt le clown et que c’est très bien comme ça et patati et patata…

Mais ouais !


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Mercredi 23 juillet 2008
J’écoute rarement la radio, je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça, j’ai des périodes, parfois ça me prends j’ai envie, mais ce n’est pas une nécessité ponctuelle. Je dois être ce qu’on appelle communément un enfant de la télé, bien que la télé ait perdu son droit à l’image il y a plus d’un an dans mon appartement, mais bon vu ce que je me goinfre comme séries télé en tout genre, même si c’est par le biais d’autres support, ça reste de la télé. Pendant des années j’ai acheté Télérama, puis j’ai arrêté, lassé sans doute, je les empilait sans les lire, ça n’avait plus de sens. Ce week-end j’étais chez des amis dans le Jura et je me suis retrouvé nez à nez avec un Télérama, ça faisait longtemps, c’était pas désagréable, c’est un des rares journal à retranscrire les programmes radio et c’est comme ça que j’ai découvert l’existence de ce dont je vais vous parler. Vous avez vu, je cite patiemment mes sources, qu’est-ce que je suis bien éduqué ! En fait ça va me servir d’alibi, parce que j’ai un ami la semaine dernière qui m’a récité dans tous les sens et en travers sa haine profonde de France Inter, je ne voudrais pas qu’il croit que je collabore, parce que l’émission dont je vais vous parler est diffusé sur France Inter. Mais au vu du titre de mon article, vous vous doutez bien que je ne vais pas être très expansif sur la radio elle-même.

Hors donc, figurez-vous ladies & gentlemen, noobz & roxxor, amis & ennemis de France Inter, que sur les ondes de la dite radio tous les samedi à 16h05 depuis le 28 juin et tout l’été durant, Dominick Martinot-Lagarde nous fait voyager une heure en compagnie de Jacques Higelin. Oui c’est une excellente nouvelle, parce qu’une heure entière à écouter Higelin nous raconter son enfance, sa carrière, ponctué de témoignages des gens qui l’ont côtoyé, croyez-moi ça vaut le détour. Même si aujourd’hui à l’ère de Youtube et de Myspace, Higelin n’est certainement pas la valeur montante de la scène musicale française, il serait négligent de contourner tout ce qu’il a apporté à la liberté musicale aujourd’hui acquise.  Ce n’est pas à l’approche de ses soixante huit printemps que Jacquot va donner un coup de pied dans la fourmilière, mais longtemps il continuera à trimballer sa curiosité et son rire généreux sur notre paysage sonore. Il ne s ‘agit pas d’un témoignage de fin de carrière, celle qui éteindra Higelin est sans doute comme moi, beaucoup trop ému pour gâcher cette joie de vivre communicative d’un coup de faux. L’éternel tête en l’air va zig-zaguer encore longtemps sa dégaine d’elfe ébouriffé de désir, ses doigts de criquet vont chatouiller encore longtemps les pianos de l'envie, je ne l’espère pas, je le sais, c’est tout.

Pourtant entre Jacques et moi, ça avait plutôt mal commencé. Je devais avoir onze ou douze ans et mes investissements musicaux de l’époque se résumaient à une compilation du top 50 où cohabitaient Madonna et Peter Gabriel entre autre chose. Mon tube de l’année, c’était « La isla bonita » que je me passais en boucle sur mon walkman dans le bus sur le trajet de l’école. Je n’avais pas encore le goût des choses qui sortent de l’ordinaire et d’ailleurs je n’aspirais qu’à une chose : être ordinaire, avoir le même sweet que tout le monde, le même sac à la mode, le même jean, etc… Mais mes efforts de mimétisme étaient voués à l’échec, avec mes cheveux long, j’étais de toute façon juste « la tapette ». Pas sportif, pas play boy, la tapette dessinait et rêvait de normalité dans son coin à ce paradoxe près que je n’étais pas près à me couper les cheveux pour me fondre totalement dans le moule. Bien sur j’ai fini par craquer et supplié ma mère de me tailler cette tignasse féminisante mais à regret. Une fois avec le bon sweet, le bon sac, le bon jean et la bonne coupe en brosse une évidence s’imposait, ça ne me rendait pas plus heureux. Bref passons, je ferais mon autobiographie passé la soixantaine plutôt ! A cette époque je fouillais un peu dans les cassettes de mon père, j’essayais pour voir, je lui demandais conseil et il me refourguait toujours des trucs ignobles ! C’est comme ça que l’album « Caviar pour les autres » à atterri dans mon walkman pour en être éjecté six notes plus tard. Quelle horreur ! Aaaaaah ! Mais c’est naze Higelin ! Hop aux oubliettes le père Higelin, poubelle beurk ! Avec un fond d’honnêteté compatissante envers le morveux inculte que j’étais, j’admet que « Caviar… » n’est pas forcément le disque le plus évident pour découvrir Higelin.

Une ou deux années passèrent, je ne sais plus bien ce que j’écoutais à l’époque, les Beatles sans doute, nous étions en vacances avec mon père à Sault, un village dans le Lubéron avec sa compagne du moment Elisabeth et sa fille Claire. Grace à Claire, j’ai découvert Renaud (mais c’est hors sujet) et je dois à Elisabeth ma deuxième tentative Higelinesque. C’était une amoureuse d’Higelin, c’était d’ailleurs et c’est sans doute toujours une amoureuse de la chanson française, nous nous sommes recroisés bien des années plus tard lorsque moi-même je faisais des concerts. Désireuse de me faire partager sa passion pour Higelin elle m’a tendu « Alertez les bébés » que je me suis empressé d’enfouir dans mon walkman impatient envoûté par la description qu’elle m’en avait faite. J’aimais beaucoup Elisabeth, je l’aime toujours beaucoup même si ça fait bien longtemps que je ne l’ai vu, j’étais confiant. Aaaaaaaaaah ! Mais c’est inaudible ! J’étais tombé pile poile sur le morceau titre « Alertez les bébés » et ce que j’érige aujourd’hui au rang de chef d’œuvre intemporel, de model de chanson ultime et parfaite m’apparaissait à l’époque comme la pire bouillie sonore jamais vomit sur un disque ! Petit con va !

J’aurais du en rester là. Mais j’étais curieux. Quelques années plus tard je suis revenu tout seul vers le tas de cassettes de mon père au rayon « Higelin », j’ai écarté tout de suite « Champagne pour tout le monde… » dont la pochette indiquait clairement une filiation avec « Caviar pour les autres » souvenir encore tenace et pénible et j’ai inséré « Crabouif » dans mon walkman. Là, une voix d’enfant qui fait le couillon (Arthur H n’avait pas encore mué !) attise ma curiosité et dés le premier morceau « I love the Queen » je suis sous le charme, à « Tiens, j’ai dit tiens » je cris au génie, arrivé à « Je suis mort qui, qui dit mieux » je suis en larme, bouleversé et le serait à jamais à l’écoute de cette chanson magnifique et unique en son genre. Higelin n’allait plus me quitter.

Plus tard, chez mon copain Thomas à Sisteron je suis tombé sur une cassette sobrement intitulée « inédits 70 » dont je ne me suis jamais tout à fait remis. Cet enregistrement est longtemps resté un mystère pour moi car dans le commerce je ne trouvais pas les mêmes versions des « inédits 70 » que celles de la cassette. Naturellement c’était les versions de la cassette que je préférais. En fait il existe deux disques différents et je ne sais pas lequel est antérieur à l’autre : « Higelin, inédits 70 » et « Higelin, inédits 70 remasterisé » c’est la deuxième la bonne, les chansons semblent plus libres, plus aériennes. Tout ça pour dire que « Nini » troisième chanson du disque à longtemps été pour moi un modèle de chanson  exalté comme je les aimes. Jacques qui susurre « je t’aime » avec une fougue telle que j’en tremble encore. Higelin m’a donné envie de chanter. (Maintenant que vous connaissez le responsable, vous savez ou adresser vos plaintes !)

Voilà, j’ai préféré vous parler de mon amour pour Higelin à travers ces petites anecdotes plutôt que de vous vanter l’homme terriblement attachant, cet amoureux toujours sur le fil, amoureux de tout, curieux de tout, cet indescriptible animal sautillant en fait. Il y a une phrase de Jacques A Bertrand dans son essaie biographique sobrement intitulé « Higelin » qui dit : «  Quand Higelin entre dans un trois étoiles, le restaurant perd une étoile mais change de galaxie », ça résume pas mal de chose. J’espère que tout ça poussera votre curiosité à balader votre souris du côté du site de France Inter où les quatre premières émissions sont toujours disponibles à l’écoute. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le musicien, on ne peut pas ne pas aimer l’homme. J’avais emmené à un concert d’Higelin des amis qui n’aimaient pas, ils en sont ressortis avec un sourire incroyable. Higelin sur une scène c’est indescriptible et surtout, on est sur qu’un soir sur l’autre, ce ne sera jamais pareil. J’aurais tant et tant à dire sur Higelin, mais il vaut mieux aller l’écouter raconter sa vie tendrement à la radio, c’est passionnant et passionné, c’est magique.

Hop le lien :
Jacques... Jacques Higelin.


A très vite (oui bon oui je sais mais bon !)


B+
Par B+ - Publié dans : Musique
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Vendredi 11 juillet 2008
Elle marchait vers moi, elle semblait chercher quelque chose sous ses pas. Elle, la maîtresse aux mille amants éplorés, la voyageuse de piano, celle qui avait conduit mon errance en ces lieux improbables. Elle marchait vers moi et lorsqu’elle me vît, à ma plus grande surprise elle ne pris pas la fuite mais poussa un long soupir de soulagement.

-    Ha Astor vous voilà ! Qu’est-ce que vous faites, ça fait une heure que je vous cherche partout ?

Etrangement, elle me confondait avec quelqu’un d’autre, ce n’était pourtant pas la première fois que nous échangions un regard. J’ai joué le jeu, j’avais peur qu’elle ne prenne la tangente à nouveau, enfin je pouvais  profiter de sa pleine beauté au plus près de ses yeux.

-    Mais Astor ? Vous n’avez pas votre bandonéon avec vous !
-    Je… Heu… Non, effectivement, haha suis-je bête où donc avais-je la tête quand…
-    Ce n’est pas possible Astor, courrez vite le chercher, nous sommes attendu !
-    Oui bien sur, je file, je cours, je vole !

Mais filer, courir, voler dans quelle direction ? Je suis resté bêtement planté devant elle jusqu'à ce que d’agacement elle pointe une direction en hurlant : « Allez ! ». J’ai suivi son doigt qui menaçait le chemin le plus à gauche et j’ai couru. J’ai couru aussi vite que je pouvais, il n’était pas question de la décevoir, maintenant que nous étions aux prémices du dialogue je ne devais plus perdre une syllabe. Cinq cent mètre plus loin, j’étais devant une grande maison. Sans perdre une minute j’ai franchi la porte et me suis retrouvé dans un long couloir. Je l’ai arpenté  un moment sans en venir à bout, tous les deux mètres de chaque côté il y avait une porte, des dizaines de portes, peut-être des centaines, le couloir était sans fin. Pris de panique j’en ai franchi une au hasard. J’ai déboulé dans une pièce sombre dont on ne distinguait pas les angles, une bougie faisait trembler une lumière sur une chaise dans un coin, je me suis approché, le bandonéon était négligemment posé dessus. La chance était de mon côté, c’était un bon présage, j’allais pouvoir définitivement attirer l’attention de ma beauté fugueuse, c’était évident le ciel s’en était mêlé, l’entretenir de mes sentiments n’était plus qu’un détail. Mais je réalisais en empoignant le bandonéon qu’elle attendait peut-être du véritable Astor qu’il l’accompagne lors d’un récital et bien évidemment je n’étais pas capable d’en extraire une mélodie, à la limite si ça avait été une guitare, j’aurais pu faire illusion, j’entends par là que j’aurais su dans quelle sens la tenir, mais un bandonéon ! Il fallait que je retrouve Astor et qu’il reprenne sa place avant qu’elle ne comprenne qu’un imposteur avait essayé de l’abuser. J’étais perdu et si Astor était lui-même perdu quelque part derrière une des mille portes du couloir je n'étais pas près de ranimer mon pouvoir de séduction. J’allais ressortir discrètement et faire mine de ne pas avoir mis la main sur l’instrument lorsqu’elle est entrée dans la pièce. Elle s’est approché de moi souriante, m'a fait un signe de la tête et s'est dirigée vers la pénombre. Aussitôt la pièce entière s'est éclairée.

Une nuée d’applaudissement m'a secoué d’un spasme de terreur, nous étions sur une scène devant des centaines de spectateur, hélas il n’y avait pas l’ombre d’un piano pour s’échapper. Elle m'a refait un signe de tête et a commençé à chanter.

            Quiero emborrachar mi corazon
            para olvidar un loco amor …


Elle s'est tue, s'est tournée vers moi et m'a lancé un regard insistant.

            Quiero emborrachar mi corazon
            para olvidar un loco amor …


C’était le regard de trop, de la colère montait sur son front, il fallait que j’admette publiquement la supercherie. En essayant de reposer le bandonéon il  a échappé un soupir en note grave.  Soulagée, elle s'est remise à chanter et comme par magie, mes doigts ont manipulé les touches comme si je connaissais le morceau par cœur.

            Quiero emborrachar mi corazon
            para olvidar un loco amor …
            que mas que amor es un sufrir...
            Y aqui vengo para eso,
            a borrar antiguos besos
            en los besos de otras bocas.

            Si su amor fue flor de un dia,
            por que causa es siempre mia
            esta cruel preocupacion.
            Quiero, por los dos, mi copa alzar
            para olvidar mi obstinacion,
            y mas la vuelvo a recordar.

           Nostalgias : de escuchar su risa loca
           y sentir junto a mi boca
           como un fuego su respiracion...
           Angustias
           de sentirme abandonado
           y sentir que otro a su lado
           pronto, pronto le hablara de amor... *

Tout le public s’est levé d’un coup et des couples se sont formés au hasard. C’était incroyable, tandis que je m’étonnais de mon âme argentine subite, tandis que la voix de la belle tremblait les murs d’émotions, toute la salle dansait le tango. Je jouais, je jouais pour elle, je jouais à la perfection une musique inconnue sur un instrument improbable, j’étais magnifique, elle ne pouvait pas ne pas s’en apercevoir.

Nous avons joué pendant deux heures, à la fin du récital, nous étions sous une avalanche de fleurs et son sourire grimpait mon cœur jusqu’au ciel. J’étais le plus heureux des hommes, moi qui ne me soupçonnais aucun talent, j’étais en un tournemain devenu un bandonéoniste virtuose, si on m’avait dit plus tôt qu’il suffisait d’être amoureux pour devenir musicien, j’en aurais maîtrisé des instruments ! C’est alors que m’est venu l’idée saugrenue de songer à une chanson et allez savoir pourquoi, moi qui avait commencé l’aventure avec Maurice Ravel, c’est « Whole lotta love » de Led Zeppelin qui s’est incrusté dans ma tête et a peine mes pensées traversées, je commençais à le jouer. « Whole lotta love » au bandonéon ce n’était pas forcément très judicieux comme arrangement, si peu adéquat d’ailleurs que l’assemblée a été prise d’une terreur quasi instantanée. Je ne pouvais pas m’arrêter, mes doigts étaient condamnés à appuyer chaque mesure jusqu’à la fin du morceau. Ca hurlait, ça criait, ça courraient dans tous les sens en cherchant la sortie, ça se bousculait sur la porte, les plus impatients sautaient par les fenêtres, c’était l’émeute. Le passage orgasmique du morceau était certes une abomination au bandonéon mais de là à pousser les gens à se piétiner, ils y allaient un peu fort. J’étais au bord d’en rire jusqu'à ce que j‘entrevois le visage de ma chanteuse.

Au dernier claquement de porte elle m’a claqué une gifle monumentale.

(à suivre…)


B+


*Je veux soûler mon cœur,
 Pour éteindre un amour fou
 Qui plus qu’amour est une douleur ;
 Je viens ici pour ça,
 Pour effacer de vieux baisers
 Sous les baisers d’une autre bouche…

 Si son amour a été la fleur d’un jour
 Pourquoi est-ce que je souffre encore
 De ce tourment cruel ?
 Je veux lever mon verre pour nous deux,
 Pour oublier mon obsession ;
 Mais elle revient encore et toujours.

 Nostalgies : écouter son rire fou,
 Et sentir tout contre ma bouche,
 Comme un feu, sa respiration ;
 Et l’angoisse : me sentir abandonné,
 Et penser qu’un autre, près d’elle,
 Vite, très vite, lui parlera d’amour. (...)

 Texte d'Enrique Cadicamo sur une musique de Juan Carlos Cobian.
 Traduction d’Henri Deluy.
Par B+ - Publié dans : Ecritoire
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Mercredi 9 juillet 2008
S’il y en a parmi vous qui surveillez de temps à autre la fleuraison d’un nouvel article sur mon blog, il se trouve que moi, après chaque livraison, je guettes frénétiquement le moindre petit commentaire de votre part. Certes en ce moment je suis moins régulier qu’aux premières heures de notre rencontre, mais je refuse d’être le seul à accuser les reproches, parce que vous aussi vous êtes de plus en plus absent. N’y  a t-il plus aucun pixel crochu entre nous ? Doit-on planifier un échange les premiers samedi du mois ? Ou est-ce tout simplement la fin ?

J’aime bien me gratouiller le blog le soir sur mon bureau, je ne vais pas dire le contraire, je pu l’auto satisfaction satisfaite une fois que j’ai fini de tripoter mon clavier,  ce serait malhonnête de prétendre le contraire, j’ai l’orgueil humide et la verve détendue une fois mon billet giclé sur la toile. Mais, même si j’apprécie à sa juste valeur ce plaisir solitaire, il y a toujours un moment, après coup ou l’on se sent un peu bête, abandonnée là avec le désir évaporé dans le vide. Alors avalé dans un songe on espère que cette prose inutile sera la dernière et que bientôt un écho vibrera au loin et ramènera quelques mots d’un regard extérieur. Parce que bloguer c’est bon, mais à plusieurs c’est meilleur !

Non pas que je sois nostalgique du temps où je me faisait traiter de noob à chaque post, mais un peu quand même ! Je doit être un peu vieille France, mais j’aime quand ça communique, j’aime quand il y a de la vie, alors même un petit « noob » de temps en temps bin ça fait du bien. Parce que l’indifférence ça fait toujours un peu triste. Parce que finalement si c’est pour écrire dans mon coin et garder tout pour moi, autant éviter de l’imprimer sur un espace public. Ce n’est pas une complainte, c’est juste que j’aime le bruit des mots d’autrui et que ça me manque.

Sans doute ma prose vous laisse souvent perplexe par son inepte platitude et vous préférez vous taire que de me vexer, c’est tout à votre honneur, mais je n’ai jamais prétendu à la littérature avec un grand L et toute remarque positive ou négative n’est qu’un prétexte à échanger, d’autant que j’ai toujours répondu aux commentaires postés.

Peut-être tout simplement vous n’osez pas ? Et bien osez ! Faites vous plaisir, lâchez du verbe, raisonnez des consonnes, roulez du R, huez du Hou, riez du Ha, cognez des lettres entre elles pour faire du feu, raturez, criez, hurlez, mais allez-y lâchez tout !

Peut-être que vous ne vous sentez pas chez vous ? Et bien imposez-vous, faites vous une place le temps d’une phrase, transformez-moi ce blog en forum, en feu d’artifice, faites jaillir un peu de vous au milieu, remontez un souffle, une virgule, une parenthèse, une rature, une tâche, montrez-vous !

Non parce que j’étouffe dans ce silence, je ne pourrais pas continuer éternellement à jeter des bouteilles à la mer en guettant après chaque vague une réponse jusqu'à en devenir fou,  j’aurais ouvert un site de sexy rencontres bien avant ça !

Et puis déjà que je parle souvent tout seul, si je commence à radoter par écrit ça  ne va pas le faire !

Bon allez, ça va bien se passer !

B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Mardi 8 juillet 2008
Forcément à force de ressortir mon corps du placard pour aller voir jouer mes vieux amis dans des salles de concerts, j’ai re choppé la vilaine maladie de la chansonnette galopante ! Du coup je suis allé faire mumuse sur myspace où j’ai cloué quelques morceaux nouveaux sur le mur du web. N’ayant pas peur du ridicule je me paie même le luxe de vous l’annoncer et même que je vais vous mettre le lien ! Hop ! Mon myspace à moi que j’ai !

Haha ça cogne grave le iench qui drop myspace ! C’est l’apothéose graphique, le summum de la beauté faite page web et tellement pratique à configurer qu’on a vraiment envie de passer la nuit à tout modifier pour que ce soit encore plus moche que vilain ! C’est tout ce qu’on demande à un site communautaire finalement, une interface conviviale, une facilité d’optimisation déconcertante pour un résultat toujours optimum ! Haha ça déchire la toile à grand coup de galette au beurre myspace ! Mais ne boudons pas notre plaisir, on ne crée pas un compte myspace pour jouer les apprentis graphistes non, on le crée parce qu’on veut faire parti des 237751101 amis et des poussières de Tom ! Parce que être l’ami de Tom ça n’a pas de prix, ça non. Un type qui a autant d’amis c’est forcément un type formidable, un gars sympa comme tout, le genre de gars sur qui on peut compter, Tom on peut l’appeler à n’importe quelle heure de la nuit c’est sur, c’est Tom quoi ! Haha sacré Tom, on s’en est payé des tranches de rigolades, toujours la blague au bord des lèvres haha ce bon vieux Tom !

Je me suis myspacisé donc. Bon d’accord, je suis désolé, le tube de l’été ce ne sera pas pour cette année, c’est pas sur mes chansons que vous rencontrerez votre moitié dans une discothèque à Antibes, mais bon dés que je me met au gros son je vous fait signe promit ! Pour l’instant c’est du bidouillage approximatif, je cherche, je tâtonne, je triture dans tous les sens, c’est à vocation évolutive, c’est du concentré de « on verra bien » mais c’est déjà ça. J’exerce ma veine créative au lieu de la tailler !

Avec tout ça, il va falloir que je jongle de la bloggouillesphère à la myspacesphère en essayant d’en abandonner aucune au profit de l’autre, ça va pas être simple, mais ça va bien se passer.

Allez  à tout bientôt ici ou sur myspace.


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Samedi 5 juillet 2008
Hier soir j’ai traîné de force mon ami M (il est tellement dévoué à la cause de son travail que j’ai du aller le chercher dans son bureau où il s’était enchaîné à son ordinateur) au Limonaire, petit bistro resto chanson du 9ème arrondissement. Ce qui vraisemblablement était un calvaire pour mon ami M (non mais il ne voulait pas me donner la clé de la chaîne j’ai du trouver une scie à métaux pour en venir à bout) était une grande joie pour moi. Non seulement j’allais enfin voir Jeanne Garraud et en prime mon ami Reno Bistan en concert. Ce n’est certainement pas la mine usée par la dévotion travailleuse de mon ami M qui allait gâcher ma joie, oh il pouvait bien me faire ses yeux de cocker neurasthénique, qu’il le veuille ou non il cesserait toute activité rémunérée sur le champ pour m’accompagner. J’ai bien tenté d’appuyer sur la corde affective en lui rappelant qu’autrefois lui aussi il était chanteur et que ça lui aurait fait plaisir que ses amis viennent l’écouter, mais il a beau faire toujours plus jeune que son âge, dans sa tête les rêves de paillettes ont vieillit et se sont changés en désir de possession matériel, piscine, jacuzzi, villa, yacht, jet privé et tutti quanti… Ah il est loin le temps ou il participait à la finale inter régional des sosies de Jean Jacques Goldman ; sa Gibson ne le fait plus trop saigner ! J’ai du céder et lui promettre qu’on irait faire un tour au Virgin des Grands Boulevard pour qu’il puisse user sa CB sur une avalanche de DVD avant d’aller au Limonaire. A 20h30, après avoir retourné tout Virgin, nous y étions enfin !

Je n’étais jamais venu au Limonaire et j’ai été particulièrement séduit par le lieu. C’est une des choses que j’aime le plus à Paris : le temps de traverser une rue on peut glisser d’un monde à l’autre sans s’en rendre compte. A deux pas des Grands Boulevards, là où l’agitation brûle, au cœur de la citée Bergère, on traverse une arche et on se retrouve dans une rue aux allures de cour isolée où se tient paisiblement une terrasse pleines de gens souriants. La bise à l’ami Reno et nous demandons à une des charmantes serveuses si nous pouvons manger dehors. Tout a l’air pris mais elle nous installe à une table où un monsieur tout seul accepte notre présence. Nous faisons alors connaissance avec David, juriste américain qui travaille pour une entreprise nucléaire Française, de passage à Paris pour le boulot et véritable amoureux de la France (il habite dans la banlieue de Washington, c’est à dire à 400 km de DC !). Ce n’est pas tous les jours qu’on croise un américain nucléaire dans un bistro à chanson ! Passé un excellent gaspacho et un délicieux confit de porc aux petits légumes, passé des choses et d’autres et des bribes de discutions à droite à gauche, passé le sourire radieux de notre serveuse, le Limonaire va pouvoir se transformer. La formule est simple, le Limonaire est un restaurant, mais à 22h00, le service s’arrête et ça devient un lieu d’écoute, un lieu de concert. Ce soir il y aura trois artistes qui se succéderont sur scène : Sabine Drabowitch, mon ami Reno Bistan et Jeanne Garraud.

Je n’ai pas été touché par Sabine Drabowitch, mais je n’ai rien de désagréable à dire sur son travail, elle vit pleinement ses chansons et sa sincérité est palpable. A la fin de son set, mon ami Reno est arrivé sur scène avec son petit accordéon et sa guitare…

Flash back : Avant de s’appeler Reno Bistan, Reno s’appelait Renaud Pierre, nom et prénom qui figure d’ailleurs toujours à son état civil pour ce que j’en sais ! Renaud était le chanteur auteur compositeur d’un groupe Croix Roussiens (pas Lyonnais hein, Croix Roussiens !), le groupe Bistanclaque. Oui j’ai déjà évoqué ce nom dans mon article sur
Martin et ses antécédents*, le monde est petit ! J’ai du assister à toutes les modulations et transformations de Bistanclaque depuis tant d’année que j’aurais du mal à compter (il y a eu Bistanclaque 2, Bistanclaque 3, Bistanclaque 4, puis Bistanclaque 3 bis, Bistanclaque 2 bis et enfin Reno Bistan, Bistan one quoi !), de l’enregistrement du premier album « Pan ! » (Où j’ai poussé quelques chœurs sur le tube de l’époque « bienvenue à la Croix Rousse »), en passant par la naissance du festival des nuits de la pierre bleue (festival dont il faudra que je parle un jour, mais cette année je l’ai encore raté lamentablement), en passant par l’enregistrement de l’album de mon groupe de l’époque « La petite bande » (où Renaud m’avait prêté sa voix pour un duo et ses musiciens pour quelques chansons), en passant par de nombreux concerts partagés, de nombreuses parties de coinches, des rires, des larmes, des engueulades, des joies, de bonheur, en passant par leur dernier et magnifique album « longtemps nous nous sommes couchés tard… » (dont j’ai réalisé la pochette et n’en déplaise à ses détracteur, j’en suis très fier !), jusqu’à la séparation du groupe lors du deuxième tour des élections présidentielle de 2007 (il n’y a aucun lien de causes à effet, mais le dernier concert de Bistanclaque que j’ai vu de ma vie s’est terminé par une victoire de Sarkozy, c’est dire si c’était un triste jour !). Bref, je pourrais presque écrire un roman sur Bistanclaque en toute modestie ! Les Bistanclaque séparés, Renaud à décidé de poursuivre l’aventure en solo et il a bien fait.

Bien que je connaisse son répertoire par cœur, Reno Bistan m’a profondément ému ce soir. C’est la première fois que je le voyais seul sur scène et cette solitude lui va bien. Renaud a toujours été très attaché à la tradition orale, à la mémoire des langues, au principe de partage simple entre convive d’une musique à voyager. Il a un don pour rendre unique un instant de partage avec le public et libéré des contraintes de groupes et de son, a capela avec sa guitare ou son accordéon, l’échange est instantané. Qu’il raconte ses amours contrariés avec la distance de l’autodérision où qu’il sème une graine de mémoire (il sait combien j’aime «
l’ancienne » sans doute sa plus belle chanson) ou une pincée d’acidité il nous touche instantanément.  Bien sur, je manque un tantinet d’objectivité, je suis et aime son travail depuis tant d’années que je ne vais certainement pas en dire du mal, ou alors en privé en face de lui, personne n’est parfait et personne n’écrit des chef d’œuvres à tous les coups, mais justement, je pourrais être usé de les avoir trop écouté ces chansons et il n’en est rien. Ce soir je les ais entendu comme la première fois, attendri avec un rire au bord des yeux. Il revêt enfin un véritable habit de troubadour du présent, colporteur d’histoires nécessaires, résistant de l’oralité, poète tout simplement. Alors qu’il continu à transformer ses doutes en chansons et qu’elle nous parviennent vite.

Un petit tour sur son myspace pour vous faire une idée :
Reno Bistan en espérant qu'il ajoute bientôt d'autres enregistrements.

Puis Jeanne Garraud est arrivée…

Flash back : Je l’ai découverte lors des derniers concerts de mon ami Martin à Lyon où elle partageait la scène avec lui offrant à « histoire en forme d’infini » quelques duos inédits impressionnants. Pour en avoir fait l’expérience, je vous assure que chanter en duo avec Martin sur une scène n’est pas forcément de tout repos, c’est qu’il prend de la place le Martin ! Jeanne était arrivée à une sorte d’osmose quasi parfaite et j’ai encore des tremblements en pensant à leur duo canonique sur « Jean misère » à tel point que je suis retourné voir le spectacle une deuxième fois (ce n'est pas tout à fait vrai si on considère le nombre de fois où j’ai vu ce spectacle dans ma vie, une deuxième fois avec Jeanne donc !). Ce deuxième soir, il y avait la percussionniste de Jeanne, Vanessa Garcia sur scène avec eux et c’est une sacré musicienne. C’est dire si j’étais impatient de voir le duo Jeanne Vanessa sur scène avec leur propre répertoire.

Il y a quelque chose d’instantanément acquit chez Jeanne Garraud lorsqu’elle monte sur une scène, sa beauté simple et son sourire sincère qui illumine d’un regard. Quand elle a demandé à l’assemblée : « Est-ce que quelqu’un comprend quelque chose à l’amour ? », j’avais envie que ses yeux cherchent un bout de réponse dans les miens ! Non, je ne vais pas me faire tatouer « JG » sur le cœur, il n’y aura pas de poster de Jeanne Garraud au dessus de mon lit, ce ne sera pas une icône pop à fantasmer, je sais que je m’emballe pour un oui ou pour un non mais les frissons qui me parcourt à sa vue son clairement dans un rapport de spectateur à artiste. Ce que sa voix chante, les mots qui nous parviennent, la musique qui les danse, sont les coups de pinceau du tableau qu’elle nous présente : sa présence lumineuse. Mais le tableau serait inachevé sans les touches de couleur qu’apporte Vanessa Garcia aux compositions.  Ses percussions sont d’un autre monde, d’une autre saveur et elles soulèvent le phrasé de Jeanne avec une subtilité rare. Il y a quelque chose de magique dans son jeu, elle aussi vibre d’une présence lumineuse à tel point qu’il est difficile de les imaginer l’une sans l’autre, les voir jouer dos contre dos Jeanne au piano, Vanessa à la batterie est une douce image poétique de complicité et de partage échangé avec le public tendrement.

Allez poser une oreille par ici :
Jeanne Garraud personnellement je suis fou de "Boulevard" et de "La vie nous malmène".

J’ai passé une excellente soirée et s’il y en a qui ne savent pas trop quoi faire ce soir, réjouissez-vous, le Limonaire propose exactement la même affiche, samedi 5 juillet à 22h00 (Le Limonaire, 21 rue Bergère 75009 Paris, métro Grand Boulevard) et si vous arrivez plus tôt, vous pourrez profiter des qualités gastronomiques du lieu.

Bon j’ai été très bavard et vous me direz ce n’est que justice après une semaine de silence, mais en ce moment je suis investi dans un boulot qui me tiens à cœur et je n’ai pas le courage d’écrire en sortant du bureau, mais bon je ne suis pas non plus accroc à mon travail comme mon incurable ami M !

Allez bon week-end et belle soirée à ceux qui pousseront la curiosité jusqu’au Limonaire.


B+

* Au joie ! Sur son myspace :
Martin & ses antécedents Martin à eu l'excellente idée de mettre à l'écoute l'intro du concert à l'Arbresle "Comme un chien" dont je vous parlait il y a peu. Oui Martin, je fais clairement parti des émus !
Par B+ - Publié dans : Musique
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Lundi 30 juin 2008






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