Jeudi 26 juin 2008
Le temps de la naviguée j’ai tenté de communiquer avec Lorie, la plus ancienne comédienne de la troupe, mais elle était plutôt avare de parole et semblait prendre de haut toutes les questions de politesses basiques que je lui adressais. Je n’ai pas insisté, d’autant que je commençais sérieusement à grelotter tout trempé que j’étais. Anatole Patamole Balamole s’inquiéta subitement de mon état et ordonna à l’assemblée de me sécher sur le champ arguant qu’un spectateur toussotant allait déconcentrer le déroulement de sa pièce. Tous se mirent à me souffler dessus bruyamment. Comme la méthode me semblait dérisoire, j’osa suggérer que des vêtement secs seraient plus efficace, mais Anatole lança un signe de dédain exaspéré. Lorsque que je fit remarquer qu’ils feraient mieux d’économiser leur souffle pour le spectacle, il me lança un regard noir et me hurla au visage : « nous sommes des professionnels môssieur, il n’est pas encore arrivé le jour où le vent manquera dans nos poumons, ça fait des années que nous portons nos voix de village en village et croyez-moi, les mots ne sont jamais sorti frêles de nos ventres, les syllabes ont toujours cognés haut et fort aux oreilles des spectateurs, ce n’est certainement pas une petite séance de séchage qui va nous  essouffler ! » J’ai du me résoudre à me faire souffler dessus tout le trajet durant.

Sur la terre ferme j’étais plus trempé que jamais, Dorian l’éclairagiste-acteur-costumier de la troupe suggéra que la meilleure façon de me sécher était que je cours le plus vite possible. Anatole m’ordonna de courir et de courir très vite car en vingt ans de carrière jamais l’humidité d’un spectateur ne l’avait empêché de commencer à l’heure. Je m’exécuta et tourna en rond autour de la troupe pendant quinze bonnes minutes. Mélangé d’eau et de sueur j’étais encore plus trempé. « Qu’on lui installe un fauteuil au soleil » déclara Anatole Patamole Balamole. Tous levèrent les yeux au ciel et constatèrent que le temps ne serait pas clément quand à mon essorage. Dorian décida de me placer sous un projecteur et l’affaire fut réglée. J’allais devenir le spectateur le plus éclairé de toute l’histoire du théâtre ! Le spectacle commença. "Mesdames et messieur, tout de suite devant vous,
"L'amour comme un chant de coquelicots piétinés par la peur" pièce en 64 actes en monosyllabes d'Anatole Patamole Balamole, votre humble serviteur". Que dire de la pièce ? Au delà de la chaleur accablante qui me douchait en continue, au delà de l’inconfort extrême dont je jouissais joyeusement, au delà de la solitude particulière qui m’empêchait de quitter mon siège discrètement, au delà de tout ça, je me demandais comment il était possible, même dans les conditions les meilleures de supporter ce flot ininterrompu de sonorités plates. Sans doute, mêlé à une véritable foule, accompagné de quelques amis, j’aurais pu en rire, mais là isolé au milieu des rangées de fauteuils vides, je déprimais. Cette petite dépression eu le mérite d’éloigner mon attention de la scène et mon esprit commença à vagabonder loin de tout ça.

Anatole Patamole Balamole sauta hors de la scène et se précipita vers moi en hurlant :

-    Arrêtez tout ! Dorian noir ! Rideau ! Stop ! C’est un scandale ! En vingt ans de carrière je n’ai jamais vu un   tel  j’en foutre ! Comment osez-vous ?
-    Heu… Pardon ?
-    Vous n’écoutiez pas ! Ne faites pas l’innocent, j’ai bien vu que vous n’écoutiez pas !
-    Excusez-moi oui, j’ai eu un petit moment de flottement…
-    Un petit moment de flottement. Ça  fait cinq minutes que vous avez cessé de suivre le déroulement du spectacle !
-    Non non, à peine quelques secondes je vous assure, j’ai l’air un peu absent comme ça, mais j’étais très concentré.
-    Menteur !
-    Mais enfin…
-    Allez-y, racontez-moi ce qu’il se passait avant que j’interrompes.


Il faudrait une maîtrise en langue n’importequoitesque pour pouvoir lire entre les lignes du charabia monosyllabique d’Anatole Patamole Balamole et je du me résigner à lui soutenir un silence poli.

-    Je le savais ! Plouc ! Mufle ! Bâtard ! Imbécile ! Vous êtes la honte du spectatorat ! Honte sur vous, j’aurais du m’en douter en vous pêchant avec votre air de péon asthmatique, vos yeux globuleux d’arrogance, votre nez de poulpe circoncis, vos joues de cafard lunatique, vos sourcils de camion frigorifique, votre cou de lunette de chiotte, vos oreilles de plaine à sauterelle, vos cheveux de rhume des foins, vos épaules de… Haaaaaa ! Je perds mon temps, tout en vous transpire l’inculture ! Inutile de persister à instruire un porc de votre espèce.
-    Je…
-    Silence porcidé ! La culture ne daigne pas salir son ouïe au remugle nauséabond de ton langage préhistorique, retourne cogner des silex au fond de ta grotte erreur de la nature !


Inutile d’insister, du choc de nos vérités n’aboutirait pas l’amour. Ils plièrent bagages, démontèrent la scène et reprirent la route sans se retourner. Néanmoins, j’étais sec, le projecteur avait fait effet, j’avais soif, mais j’étais sec. J’étais de nouveau seul, mais cette fois-ci, j’étais à l’air libre et plusieurs possibilités de chemins s’offraient à moi. Restait à déterminer quel serait le chemin le plus court vers un café dans ce curieux pays. Une envie de Perrier tranche commençait à me narguer.  En marchant un peu, je me retrouvais à un carrefour où cinq sentiers se croisaient. Il n’y avait aucune pancarte. Soudain, au lointain sur l’embranchement le plus à gauche, j’entendis un bruit de pas.

(à suivre…)


B+
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Mardi 24 juin 2008
Alerté par l’excellent blog du monde.fr « le monde des séries » je me suis procuré illico presto le préair (pilote en preview) de « True blood » la nouvelle série d’Alan Ball, créateur de l’indispensable « Six feet Under ». Voilà bientôt plus de deux ans que je guettais la moindre image de ce show dont j’attendais évidemment beaucoup, sans doute trop. Je suis sorti de la vision de ce pilote un rien décontenancé pour ne pas dire profondément déçu par ce que j’ai vu. C’est drôle parce qu’il y a une semaine, pour ne pas laisser mon ami C seul fasse à la tristesse profonde qui allait bientôt le submerger, j’ai re regardé avec lui le final de « Six feet Under ». J’ai du retenir un peu mes larmes pour faire bonne figure, mais bon ni lui ni moi ne faisions les malins. Il y a à peine 10 minute, sur le site « le monde des séries », je suis  tombé sur un article intitulé « cinq vidéos inoubliables » qui commence par « Peut-être la plus belle* » ce fameux final de « Six feet under » et… A peine Claire démarrait la voiture, à peine la musique commençait, à peine la silhouette de Nate apparaissait dans le rétro viseur que je fondais en larme. Alan Ball a marqué l’histoire de la télévision à jamais avec cette fin unique et sublime et personne ne viendra me contredire à ce sujet (enfin bon dans ce monde de noobz il faut se méfier quand même !). Forcément quand on a placé la barre si haut, ce n’est pas facile de se dépasser.

Lorsque j’ai appris il y a deux ou trois ans qu’Alan Ball avait pour projet d’adapter une série de roman de gare qui parlent de vampires, je me suis aussitôt procuré le premier livre. Mon libraire m’a regardé d’un œil inquisiteur quand je lui ai commandé cet ouvrage de la collection « Amour Mystère » de « J’ai lu » ! La chose s’appelle en français « la communauté du sud », le premier tome est sobrement intitulé « Quand le danger rôde », tout un programme ! L’auteur se prénomme Charlaine Harris et le quatrième de couverture annonce la couleur : « Moi, Sookie Stackhouse, j’ai un faible pour les vampires. Et à la Nouvelle-Orléans, ce n’est pas ça qui manque. Le mien a débarqué dans le bar où je travaille un samedi soir. Comme j’ai la faculté de lire dans les pensées d’autrui, j’ai vite compris qu’il avait de gros ennuis : des chasseurs de vampires lui tendaient un traquenard (…) » Houlalala embrouille ratatouille dans le bayou ! Les plus incultes d’entre vous me narguerons en disant : « bin c’est pas plus con que Buffy ce truc ! » mais la seule comparaison possible avec l’éternelle et magnifique Buffy est la présence de vampires, point. Donc j’ai commencé à lire cette chose et il faut bien admettre que c’est illisible. Je n’ai pas insisté et ça moisi sur mon étagère depuis. Confiant, je me suis dit qu’Alan Ball allait tirer cette bouillie ignoble vers le haut sans trop de problème. Je ne dis pas qu’il n’y arrivera pas, mais pour l’instant, ce que j’ai vu, n’est pas plus encourageant que ce que j’ai lu !

Il ya tout de même un bon point de départ dans les romans et dans la série, un renversement des codes du vampire. Ici les vampires, grâce au « True Blood », un sang synthétique, se sont inséré dans la société et vivent quasi normalement parmi les hommes. Seulement, le sang de vampire est devenue une denrée très recherchée, une sorte de drogue très prisée dans les milieu underground et de chasseur, le vampire devient chassé, ironie du sort, pour son sang. C’est un bon point de départ, mais pour l’instant ce  n’est qu’un prétexte narratif comme un autre, l’action du pilote se focalisant essentiellement sur la mise en place des personnages, mise en place qui paraît pour le moment fort maladroite. C’est donc l’histoire de Sookie Stackhouse, serveuse télépathe tête à claques dans un bouge de la Nouvelle-Orléans, la mention « tête à claques » tiens surtout à l’interprétation tout en nuance (pardonnez l’ironie !) d’Anna Paquin. Qu’est-ce qu’Alan Ball à apporté à ce que j’ai péniblement supporté sur le papier ? Un casting de comédiens qui brillent par leur totale absence de charisme avec option « sur-jeu » en prime et des scènes de cul à gogo… Mouais, un cocktail de cul et de mort c’est ça la marque Alan Ball ? C’est moite la Nouvelle-Orléan et les hommes et les vampires ont tous la braguette facile ça on le capte bien, l’ambiance ploucs transpirants au bord des marécages est très réussi !

Maintenant, ce n’est qu’un pilote, peut-être qu’il faut attendre quelques épisodes pour se faire réellement une idée et il est certain que le nom d’Alan Ball est synonyme d’impatience, alors forcément, avec l’impatience pointe souvent la déception. J’ai envie de dire, attendons la diffusion (prévu pour octobre sur HBO) pour se faire une idée moins biaisé de cette nouvelle série. J’ai envie de dire ça, mais malgré tout, j’ai très peur et mon excitation est légèrement redescendue. Je sais c’est vilain d’accueillir si froidement la nouvelle création de l’auteur qui m’aura le plus ébloui télévisuellement ces dernières années, c’est très vilain et j’espère que l’avenir me donnera tort. Je le souhaite sincèrement.

B+

* J'ai mis en lien le blog du monde, mais ne regardez surtout pas la vidéo du final de "Six feet under" si vous n'avez pas fini ou encore vu l'intégralité de la série, se serait un crime !
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Lundi 23 juin 2008
Oui bin oui, j’ai trainouillé pour vous pondre la fin de ma critique sérielle de l’année écoulée, ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais en ce moment allez comprendre pourquoi, j’ai énormément de boulot et quand je suis enfin chez moi, mes neurones ont du mal à s’organiser pour taper des phrases, alors qu’ils arrivent très bien à allumer la console de jeu ou le lecteur de dvd… Curieux non ? Mais au prix d’un effort incommensurable, je me décide à vous livrer mes derniers tests télévisuels. Bon allez hop, je vous donne tout ça plus ou moins dans le désordre en essayant au passage de vous éclairer un tantinet sur le contenu de la chose, mais dans la joie !

Attention on commence avec du lourd ! De l’ultra lourd même ! Houlalala que c’est lourd dis donc ! Non mais vous allez voir, tout est dans le titre :

Terminator : The Sarah Connors Chronicles.

C’est dans ces moments là qu’on regrette qu’en 1984 la ville de Los Angeles ait eu plusieurs Sarah Connors sur son bottin, parce que Schwarzy aurait butté la bonne du premier coup, on aurait évité ça. Bon du coup on aurait pas eu droit à "T2" et ça c’est vrai que ça aurait été dommage, toutefois, sans "T2" on aurait pas eu "T3 " et ça, ça aurait été moins grave et cerise sur le gâteau on aurait pu s’épargner la série interstice entre "T2 "et "T3" : "The Sarah Connors Chronicles" ! Bon mais puisque personne ne veut se donner la peine d’envoyer un robot tueur dans le temps assassiner James Cameron, parce que tout bien réfléchit, tout est de sa faute, bin on va se cogner une deuxième saison de cette bouse télévisuelle sans nom. Je vous le dit tout de suite, vu le courage qu’il m’a fallut pour ingurgité cette purée nauséabonde jusqu’à la fin de la saison 1, pour la 2, faudra pas compter sur moi. Maso ? Non, pervers ! Oui il y a au moins une chose à sauver dans cette série, que tout fan inconditionnel de Joss Whedon ne peut pas nier, la présence de Summer Glau au générique dans le rôle du cyborg (cyborg qui s’appelle Cameron… Mmm étrange !) chargé de protéger le jeune John Connors. Summer Glau pour mémoire, jouait le rôle de l’étrange River Tam dans « Firefly » la sublime série
de Joss Whedon injustement avorté par la Fox . Mais les connexions avec Joss s’arrête là. "The Sarah Connors Chronicles", c’est mou, c’est nul, on s’en fout, c’est plein d’incohérence avec les films d’origines, ça se passe de nos jours par la grâce d’un saut dans le temps injustifié, c’est… Haaaaa j’arrête de parler de cette daube aberrante et sans intérêt ! Voilà point.

Private practice.

Il y avait tout de même une chose qui me plaisait dans Grey’s Anatomy, le docteur Addison Montgomery-Sheperd interprété par la sublime Kate Walsh (Aaaaahhhhh… Kate !). Forcément l’annonce d’un spin off de Grey’s Anatomy sonnait pour moi le glas de la série mère, car sans Addison, l’hôpital de Seattle n’est plus du tout le même, vraiment plus le même… crrrrrr égorger Méredith Grey…xttttxxxxcrrrzzzz… Lui exploser la tronche… La défigurer à coup de ponceuse électrique… Pardon. Tristement, Addison sans Méredith, sans Derek, sans Mark, Izzie, Alex, Cristina etc… Bin ça le fait pas non plus. On se contrefiche de cette histoire de clinique privée en Californie et des histoires de cul qui vont avec, je m’en suis tellement contrefichu d’ailleurs que j’ai arrêté au bout de trois épisodes… Mince ! Si ça se trouve ça devient génial au quatrième épisode ! Miséricorde, malheur, malédiction… Bah tant pis.

Flight of the conchords.

Là j’adore, je suis fan, tellement fan que j’ai acheté le disque, c’est tellement bon.
«Flight of the conchords» est une série atypique qu’il serait difficile de décrire, le plus simple est de taper « Flight of the conchords » sur Youtube et de vous faire une idée par vous même. Vous tomberez forcément sur une des nombreuses chansons décalées de Bret et Jemaine, une de ces innombrables chansons qui rythme les épisodes de ces deux anti héros du quotidien. En gros «Flight of the conchords» est un groupe de musique de Nouvelle Zélande composé de Bret McKenzie et Jemaine Clement deux gros loosers à la petite semaine, la série raconte leur vie de musiciens sans le sou fraîchement débarqué au USA. Honnêtement, c'est parfois inégal, certains épisodes sont nettement moins bons, mais considérant l’ensemble, je suis ultra fan de la mort qui tue sa mère dans le gouffre de l’infini sidéral de l’enfer ! Oui madame !

Californication.

Bon cette série à fait un gros buzz, je pense que tous ceux qui s’intéressent aux séries américaines l’ont déjà vu et ça ne sert à rien que j’essaie de vous la vendre, vous êtes comme moi, vous attendez la saison deux avec impatience. On a lu partout à quel point David Duchovny était génial dans le rôle d’un écrivain cynique et alcoolique qui baise tout ce qui bouge, et c’est vrai, il l’est. On a lu partout que l’image de Fox Mulder était en train de se décoller de sa peau au profit de celle de Hank Moody, et c’est vrai, sauf que ce noob revient cet été dans « X-Files 2, le film de la suite du film et de la série qui a plus de dix ans ! » allez comprendre ! La saison 2 de Californication a intérêt à être à la hauteur, sinon il est reparti pour 10 ans de Fox Mulder sur l’épiderme ! Mais bon Fox Moody c’est bien aussi, le jour il traque les adolescentes délurées et la nuit les aliens en petite culotte en se torchant au whisky cooool. Bref, nous on veut pas Ducho.v.n.i, on veut Bukovny !

Breaking Bad.

Voilà, j’ai gardé le meilleur pour la fin. Sept épisodes seulement, une toute petite première saison pour une grande série en devenir. Walter White est prof de chimie dans un lycée minable, le soir il fait des heures dans un « Wash and go » pour arrondir les fins de mois, sa femme est enceinte et son fils aîné est handicapé. Jusqu’ici tout va bien, c’est pas l’extase c’est sur, mais ça va, la famille est aimante et soudé. Le jour de ses 50 ans il apprend qu’il a un cancer des poumons et qu’il lui reste tout juste un ou deux ans à vivre dans le meilleur des cas. Dés lors il commence à débloquer grave et n’a plus qu’une idée en tête, se faire le maximum de tune pour mettre sa famille à l’abris du besoin après sa mort. Du coup, vu ses talents de chimistes il décide, aidé par un ancien élève dealer à la petite semaine, de fabriquer du crack ! Bien sûr, les ennuis commencent… C’est une excellente série, un tantinet glauque je vous l’accorde, certaine scène sont à la limite du soutenable pour un show télé, mais c’est du grand art. Bryan Cranston qui joue le rôle de Walter est tout simplement extraordinaire, la réalisation et les dialogues sont au diapason, c’est ma série de l’année, je ne vous en dit pas plus, c’est a voir absolument.


Ouf ! C’est finit ! Putain de bilan sériel que je pensais écrire en un seul article, naïf que j’étais ! Trois plombes plus tard, j’espère vous avoir apporté un soutien psychologique sans faille pour apaiser votre soif télévisuelle pathologique, pour ceux qui auraient besoin de soins intensifs, je reçois sur rendez-vous à mon cabinet !

Allez les noobz, je vous laisse, je vais me bouffer un petit DVD.


B+
Par B+ - Publié dans : Séries Télé
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Samedi 21 juin 2008
Afin que vous puissiez comprendre le calvaire que va subir le héro de "Je vais vous  parler d'une fille " dans le chapitre 3, je vous livre en extrait les 5 premiers actes de "L’amour comme un champ de coquelicots piétiné par la peur" d’ Anatole Patamole Balamole. 5 actes devraient suffir pour vous faire une idée et puis de toute façon, pour des questions de droits je ne vais pas pouvoir en copier plus.

Bonne lecture.

B+


L’amour comme un champ de coquelicots piétiné par la peur

d’ Anatole Patamole Balamole.

Pièce en 64 actes en monosyllabe

Personnages :

Il
Elle
Lui
Fa
Do
Sol
Mi

Acte 1

Le porte manteau n’est pas sur la scène.


Elle : Oh mais ah mais oui !
Il : Mais ouais mais ouais !
Elle : Si si !
Il : Mais ouais mais trop ouais !
Elle : Oui mais bon.
Il : Bon ?
Elle : Oui !
Il : Ha ?
Elle : Oui !
Il : Mais ?
Elle : Oui ?
Il : Non, rien !
Elle : Bon.
Il : Mais ouais !

Une jonque chinoise accoste sur la baie. Lui entre.


Lui : Oh !
Elle : Où ?
Il : Hein ?
Lui : Là !
Elle : Ah oui !
Il : Mais ouais !

Noir.

Acte 2

Au soleil c’est la guerre, à l’ombre c’est pas pareil.


Fa : Han ! Han ! Han !
Do : Ho !
Sol : Ha !
Mi : Hou !
Fa : Bon.
Do : Ho !
Sol : Ha !
Mi : Hou !
Fa : Vous vous oui ?
Do : Nous nous non !
Fa : Et toi ?
Sol : Moi moi non !
Fa : Et toi ?
Mi : Je je non.
Fa : Bon.
Do : Ho !
Sol : Ha !
Mi : Hou !

La bourse dégringole c’est désagréable il pleut des valeurs.


Fa : Ah bon tu nous vous je non ni nous ni ils ni eux ni quand ni là ni où ?
Sol : Ni a ni en ni ni.
Do : Ni ! Ni ! Ni !
Mi : Ni moi ni toi ni elle ni ni !
Fa : Bon, tant pis.
Do : Bin oui.
Sol : Oui.
Mi : Oui !

Noir.

Acte 3

Lui : Il ne nous en là tu oui mais non tu vois et pas à pas ça se dit et oui. Non pas que pas mais bon oui c’est non si oui n’est pas oui. Oui et oui font non. Non sans oui c’est pas mi non ni mi oui c’est non c’est tout. Oui oui mais bon. Si c’est non c’est non c’est tout. Pas moins non que oui par oui moins c’est sur ! Si mon non n’est pas oui mon nom est Lui, si. Je suis Lui c’est oui. Oh oui je suis Lui c’est bon. Non je ne suis pas Il, Il est un con, Il veut Elle mais Elle est a moi. Elle est à moi point !  Elle est en moi, Elle ne  veut pas Il, Elle me veut moi, c’est ça oui.

Il : Lui ne nous en là tu oui mais non tu vois et pas à pas ça se dit et oui. Non pas que pas mais bon non c’est oui si non n’est pas non. Non et non font oui. Oui sans non c’est pas mi oui ni mi non c’est non c’est tout. Non non mais bon. Si c’est oui c’est oui c’est tout. Pas moins oui que non par non moins c’est sur ! Si mon oui n’est pas non mon nom est Il, si. Je suis Il c’est oui. Oh oui je suis Il c’est bon. Non je ne suis pas Lui,  Lui est un con, Lui veut Elle mais Elle est a moi. Elle est à moi point !  Elle est en moi, Elle ne  veut pas Lui, Elle me veut moi, c’est ça oui.

Elle : Mais ouais, mais trop ouais !

Noir.

Acte 4

Les coquelicots chante dans la nuit, Fa Do Sol et Mi les accompagnent.


FaDoSolMi : La la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la la…
Fa : La.
Do : La.
Sol : La.
Mi : La.

Solo de coquelicots.

Noir.

Acte 5

Elle se contemple dans un miroir cassé, Elle est toute défragmentée et s’interroge sur la condition humaine d’une trentenaire sans enfant et sans chat.

Elle : Qui je est ? Quoi je moi ? Quand je où ? Où je quand ? Et qui je quoi ? Qui je quoi quand je où ? Quand je quoi si je qui ? Qui-je ? Quoi-je ? Quand-je ? Où-je ? Que me qui ? Qui me que ? Quoi que je je quoi ! Quand qui ne ? Ne quoi où ? Je je. Oui, je je. Je je qui ? Je je quoi ? Je je quand ? Je je où ? Que je quand, que je quoi, que je où, que je que, c’est là que je oui. Là ? Je ne sais, mais je oui va… Je oui va bon ? Non ! Je non va bon, je non va bon trop ! Trop va pas bon je c’est pas bon. Qui je est ? Je est moi pas va bon. Pas va bon moi je est c’est pas bon. Ya pas bon, pas bon du tout. Moi pas bon.

Il et Lui : Mais ouais ! Mais trop ouais !

Noir.


(...)






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Samedi 21 juin 2008
J’ai revu “Across the univers”, j’ai regardé tous les bonus des deux dvd, je me sent bien… Oui… Tellement bien…

Julie Taymor je t’aime. Mon amour est tel que je suis à deux doigts de dépasser mon allergie à Elton John (pire, Elton John traduit en français !) pour aller voir “Le roi lion” à Mogador. Il faut dire qu’il y a beau y avoir le tampon Disney et les musiques du film d’origine, d’après les quelques vidéos que j’ai vu, le spectacle porte clairement l’empreinte de ta multiplicité artistique incroyable. En même temps tu as non seulement mis en scène le spectacle, mais aussi créé les costumes, participé à la création des masques et à une partie de l’écriture. Julie est-ce que tu dors la nuit ? Après c’était en 1997, peut-être que depuis le spectacle à évolué et de traduction en traduction perdu sans doute de son âme originel. Enfin il n’y a pas beaucoup de metteur en scène qui ont un spectacle qui tourne depuis plus de dix ans ! Julie je t’aime, il faut que je revois “Frida” que j’avais regardé à l’époque sans m’attacher profondément à l’univers pictural que tu avais adapté des tableaux de Frida Kahlo, mes yeux étaient détournés par les formes affriolantes de Salma Hayek, je te promet que je vais aiguiser mes sens à la prochaine vision. Julie, il faut que je vois ton premier film “Titus”, Julie je veux tout voir, les opéras, les pièces, les téléfilms, tout ce qui porte ton parfum. Julie, merci pour “Across the univers”.

Elliot Goldenthal je t’aime. Je ne sais pas comment tu as accompli ce miracle musical qui consiste à tordre les Beatles pour te ranger à peine un cran au dessous des oeuvres originales, mais tu l’as fait. C’est vrai que le casting y est pour beaucoup, que tous les comédiens-chanteurs sont formidables d’authenticité et de personnalité, mais le travail de respect et de joie que tu as fournis est sans nom, c’est sublime. Il n’y a qu’à voir la mine enjoué de tes musiciens lors des répétitions pour s’en convaincre. Elliot bravo je suis aux anges à chaque nouvelle écoute, je frisonne sur “I want you”, je jubile sur “Come together”, je pleure sur “Blackbird”, c’est magnifique.

Evan Rachel Wood je t’aime. Une fraction de seconde je viens de te voir chanter “If I fell” a capella accompagné au piano, une fraction de seconde de bonheur. Je viens d’éplucher plus d’une heure de making of à l’affût de ta joie de participer à cette aventure cinématographique hors norme et j’ai été comblé. Evan j’aime ta voix, j’aime ton rire, que dire de tes yeux ? Je pourrais crier au chef d’oeuvre pour n’importe quel navet dans lequel tu as joué, j’aurais la mauvaise foi lumineuse d’être irradié par ta simple présence. Toi tu ne feras pas comme Zooey tu n’iras pas tourner avec le plus mauvais réalisateur du monde, non tu ne feras jamais ça, c’est pas possible. Encore à propos de “If I fell” (de toute façon il va me falloir des années pour me remettre de cette version, Mc Cartney devrait te baiser les pieds, mais bon il me semble que c’est Lennon qui l’a écrite cette chanson alors on va dire que j’ai rien dit, parce que faut pas pousser, si John était vivant, je lui demanderais pas de te baiser les pieds tout de même !), cette seconde à la fin de la chanson, après le baiser, cette seconde follement dans les bras de Jim Sturgess, cette seconde indescriptible de tendresse, cette seconde pure… Aaaaaaaah j’en tremble ! Evan…

Jim Sturgess, Joe Anderson, Dana Fuchs, Martin Luther et T.V. Carpio je vous aiment et je vous souhaitent à tous une belle carrière, mais je ne suis pas inquiet, vous êtes l’âme de ce film et on sent que vous vous êtes impliqués totalement dans sa fabrication avec passion. Pardonnez-moi, mais je ne peux pas vous aimer individuellement comme Evan, ce n’est pas possible, mais je vous assure que je suis plein d’amour quand même !

Je pourrais aussi étaler mon amour pour le chorégraphe, le chef opérateur et tous les techniciens qui ont rendu la chose possible, je pourrais fondre en évoquant l’équipe éditoriale qui a réalisé ne serait-ce que ce dvd aux bonus réjouissants, de nos jours un dvd qui répond au delà de nos attentes c’est tellement rare, je pourrais être plein d’amour éternellement mais se serais quand même dommage que je ne râle plus, alors je vais m’arrêter là avant d’être encore plus excessif que l’excés, plus plus que plus quoi ! Je vais simplement conclure par  : “Across the univers” une comédie musicale qui parle des années soixante par le prisme des chansons des Beatles, un film magnifique, à voir et à revoir (mais bon si vous n'aimez pas les Beatles ça va pas le faire c’est sur !) sans modération.

A très vite.


B+
Par B+ - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 20 juin 2008
Oui je sais, ça fait dix jours que j’ai pas bloggouillé et là, maintenant que je reprends mon clavier, je le fais pour râler, c’est mal ! Mais c’est de la faute à mon ami P qui réponds jamais au téléphone, vociférer sur son répondeur n’a pas été suffisant pour me calmer, il faut que j’éructe, j’explose, je crache ma bave quelque part… Bah tiens ça tombe bien j’ai un blog !

Il y a déjà un moment que j’avais eu vent de cet improbable projet d’une suite au chef d’oeuvre de Neil Marshall “The descent”, qui restera peut-être d’ailleurs son seul chef d’oeuvre parce qu’entre nous, “Dog soldiers” c’était sympathique mais qui est allé voir “Doomsday” à part la rédaction de Mad Movie (canard que je continue à acheter par nostalgie mais qui n’a plus la saveur et le piquant qui le caractérisait autrefois et qui commence sérieusement à m’inquiéter quand à sa non objectivité et ses critiques à la tête du client, parce que non, Roger Avary n’est pas un génie, Neil Gaiman un peu plus déjà, et le scénario de "Beowulf", le film très laid aux mouvements de caméra impressionnants de Robert Zemeckis, est loin d’être une révolution, sans vouloir faire mon pédant littéraire, il y a plus d’idée dans deux pages du Roland furieux d’Arioste que dans deux heures de ce métrage poussif, bref… Je m’égare d'autant que c'est en lisant leur news sur leur site que je viens de découvrir le pot au rose source de mon râlage, c'est que je les aime bien quand même à Mad Movie, c'est une histoire d'amour de bientôt vingt ans, ça compte vous savez vingt ans, ils s'en passe des choses en vingt ans d'une vie bordel... Houlà je m'égare de plus en plus !) ? Oui, une suite à “The descent” !!!!! Pardon, je vais spoiler, mais bon le film date de 2005, si vous l’avez pas vu c’est bien dommage pour vous parce que s’il y avait un seul film d’horreur à voir ces dernières années ce n’est certainement pas “Saw 4” ! “The descent 2” ???????? Non mais comment que quoi que où mais bordel ! Quand j’ai vu la news il y a quelque mois, je me suis dit, bon c’est les producteurs qui veulent se faire du blé et qui se refont une team spéléo toute neuve à zigouiller au fond d’une grotte, on ne peut pas lutter, c’est la loi du dollar… A la limite que Marshal cautionne, il aurait tord de se laisser pomper sans palper au passage, mais que nenni !!!! Le casting rempile ! Hein ? Je comprends pas, c’est un film de zombie ? Le docteur Herbert West était en vadrouille au fond de la grotte et les a réanimés avec sa grosse seringue verte ? Heu… Tout le film était un rêve, en fait tout va bien et “The descent 2” ressemblera à un remake de “Mary Poppins” ? Eh bien non, je viens de découvrir l’abominable, que dis-je, l’exécrable vérité.

“The descent” est un film anglais. Un jour un con, qu’on appellera “notre ami le con” à vu “The descent” lors d’un festival ou à une projection privé qu’importe. Par le plus grand des hasard notre ami le con, qu’on appellera NALC pour aller plus vite, travaillait pour un distributeur américain dont je préfère ne pas chercher le nom. NALC s’est dit : “tiens et si j’achetais ce film formidable pour le montrer à mes compatriotes américain !” Ce qu’il fit avec ses autres amis cons de la boîte de distribution. NALC organisa alors un grand brainstorming de cons dans la salle de réunion de sa boîte pour réfléchir à la pertinence de la campagne de publicité qui accompagnerait la distribution du film sur le territoire américain. C’est à ce moment là qu’un con parmi les cons déclara subitement :” non mais quand même, la fin du film elle fini trop mal quand ça se termine non ?”. Il y eut un grand silence de cons dans la pièce jusqu’à ce que NALC annonce avec un sourire de connard satisfait “Non mais la fin on va pas la faire terminer comme elle finit là, on va couper au moment où elle sort de la grotte vivante, trop c’est pas un rêve, trop elle est trop pas morte en fait, trop youpi quoi !” le tout emballé sous une fanfare d’acclamations de cons. Heureusement qu’il y a des cons pour empêcher le public américain de se sentir trop con à la vision d’un film intelligent !


Donc voilà, les américains qui ont vu “The descent” n’ont pas vu la vraie sublime fin du film et pire que tout, ils en re réclame ! Du coup hop le pitch de la mort qui tue “Sarah accompagne les flics sur les lieus du drame !” C’est sur elle a que ça à foutre Sarah ! Ah mais je suis bête, c’est vrai que pour les américains elle n’a pas subit de traumatisme, en fait elle est trop contente d’y retourner puisqu’elle est vivante !!!!! Vivement “The descent 3 “ qui se passera sur un toboggan !

Bon voilà j’ai râlé, ça va mieux. Allez il est temps de reprendre ce blog qui est en perdition depuis dix jours, c’est quoi ce bordel de silence dediou ! C’est qu’il faut que je fasse la troisième partie de mon bilan seriel et les dix autres chapitres de “Je vais vous parler d’une filles” hop hop hop au boulot !

Bon week-end à tous.

B+
Par B+ - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 12 juin 2008
La réalité comme une sonnerie de téléphone portable vînt me secouer. C’était ma mère. Oui, c’est vrai ça faisait plus de quinze jours que je n’avais pas donné de nouvelles, mais en même temps la nouveauté n’était pas le motif le plus insistant dans ma vie. Alors je me suis appliqué à la tenir informé de la normalité parfaite de mon existence, un lent couloir en ligne droite où les portes sur les côtés ne s’ouvrent jamais. Rien de particulièrement triste, rien de particulièrement gaie, une vie sans surprise. Tout en abreuvant ma mère de ma banalité je me rendais compte que j’étais parfaitement réveillé. Je n’étais pas flottant entre deux rêves. J’étais dans l’ « ici », sans aucun doute possible, dans le présent réel. Les gens autour de moi n’étaient pas les silhouettes connues d’un lieu récurent de mon quotidien, mais bel et bien une classe d’hommes en pleurs. Je comprenais que j’avais concrètement (dans une concrétude au-delà du concret même !) poursuivi une fille en sautant dans un piano et la fille venait de constater ma présence avec horreur. Le coup de fil de ma mère l’avait interrompu et imprimée une peur sans nom sur son visage. Elle disparut en courant derrière la porte. Je te rappelle plus tard, j’ai raccroché ma mère. En me lançant de nouveau après la chanteuse, mon corps fit « splotch » ! La salle de classe était en train de se remplir des larmes des amants déchus et j’avais de l’eau jusqu’à la taille. Naturellement les deux portes étaient de nouveaux fermés à clé. Quelques minutes plus tard le niveau était tellement monté, que mes compagnons coulaient les uns après les autres, résignés à disparaître avec la mort de leur amour. Un à un ils sombraient tandis que je m’efforçais de flotter sur leurs larmes. Seulement le niveau de l’eau atteindrait bientôt le plafond. C’était tout moi, incapable de vivre une histoire d’amour j’allais me noyer dans les peines de cœur d’autrui ! À l’instant critique, une porte céda sous la pression et je fus aspiré avec l’eau du bain.

J’étais désormais au milieu d’un l’océan à ciel ouvert, flottant péniblement sans la moindre parcelle de terre en vue. J’éprouvais une fatigue telle que mon corps ne pourrait pas nager des kilomètres d’inconnu. Je fis la planche et je commençai à penser à toutes les choses sympathiques qui pourraient m’arriver dans cette situation : requin, requin blanc, grand requin blanc, requin rouge, requin orange, requin vert, requin arc-en-ciel, requin tigre, requin chat, requin chien, requin papillon, requin scolopendre, requin cafard, requin morpion, requin-marteau, requin perceuse, requin tronçonneuse, requin agrafeuse, requin, requin, requinquin… Mais l’ombre qui se profilait à l’horizon n’était pas celle d’un squale affamé, mais la silhouette voguante d’un petit bateau. À bord de l’embarcation il y avait sept personnes, trois femmes et quatre hommes tous outrageusement maquillés et perruqués. Les femmes étaient dans de grandes robes comme on devait en porter à la cour de Versailles et les hommes plus simplement en blanc rehaussé d’un gilet de couleur. Ils m’accostèrent et le plus hardi d’entre eux me salua avec fougue.

- Bonjour, monsieur. Je me présente, Anatole Patamole Balamole. Mes compagnons et moi-même donnerons une représentation ce soir sur la grande place et nous sommes parti en ce bel après-midi ensoleillé à la pêche aux spectateurs. Accepteriez-vous de mordre à notre hameçon ou d’échoir dans nos filets afin d’avoir la chance de voir jouer devant vos yeux ébahi « L’amour comme un champ de coquelicots piétiné par la peur » pièce en soixante-quatre actes en monosyllabe dont je suis modestement l’auteur et le metteur en scène ?
- Du moment que vous vous produisez sur la terre ferme, je suis prêt à entendre n’importe quoi !
- Pardon monsieur, mais je ne vous permets pas de comparer « l’amour comme un champ de coquelicots  piétiné par la peur » avec n’importe quoi. Sachez qu’il s’agit du fruit de plusieurs années de travail acharné de création et de doute. Je ne fais pas partie de ses parasites qui tirent le théâtre vers le bas en prétextant le mouvement et le progrès pour justifier l’absence de texte, non monsieur, je rends au théâtre ses lettres de noblesse en en faisant un espace d’oralité concret et croyez-moi, sur les dix heures que dure la représentation, il n’y a aucun temps mort, pas une seconde sans une ligne de dialogue. Je n’ai pas peur des mots moi monsieur !
- Excusez-moi, je ne voulais pas vous vexer, je suis persuadé que votre sincérité n’a d’égal que le nombre de mots de votre pièce et je serais ravis de l’entendre de bout en bout du moment où vous m’emmenez dans un endroit sec.


Je ne sais pas si j’ai su flatter convenablement son ego, mais l’instant d’après je me retrouvais hissé sur le bateau en route vraisemblablement pour ce qui allait sans doute devenir le pire souvenir théâtral de ma vie.

(à suivre…)


B+
Par B+ - Publié dans : Ecritoire
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Lundi 9 juin 2008
Comme tous les vendredi soir, je me suis rendu au club 29, petite salle de concert de Léopard ville que j’affectionne tout particulièrement. C’est  un chapiteau en velours rouge au milieu d’un grand hangar à l’intérieur d’une usine désaffectée, une sorte de cabaret ; les tables sont des tonneaux habillés de nappes en taffetas ocre, encerclées de fauteuils Louis XV patinés or. L’atmosphère est confortable et la clientèle aussi discrète que silencieuse. C’est le seul endroit que je connaisse où l’on peut siroter une bière de bohème et regarder un concert de musique de chambre en jouissant d’un parfait anonymat. Je me suis installé devant la scène et j’ai feuilleté le programme de la soirée. « Trio pour violon, violoncelle et piano » de Maurice Ravel, belle ouverture, j’ai refermé la brochure pour garder la surprise. La présence de quatre pupitres à droite du piano était un bon présage, il y aurait des pièces pour quatuor ; de toute manière, ici, je n’étais jamais déçu. Noir. Deux serveurs sont entrés avec des plateaux remplis de loupiotes pour les déposer sur chaque table. Quelques raclures de gorges et autres toussotements plus tard, la scène s’est dévoilé sur trois musiciens, un pianiste, un violoniste et un violoncelliste. Ils se sont fait un signe de tête et à l’issue d’une grande inspiration, la musique de Ravel a expiré lentement jusqu’à nous. Au milieu du deuxième mouvement, je suis tombé amoureux. Une jeune femme brune dans une robe noire à surgit du fond de la scène en chantant. Ce n’était pas au programme et les musiciens semblaient aussi surpris que le public, mais ils continuaient à jouer. Elle chantait autre chose, autre part, autrement. Un chant ancien, comme arraché à la mémoire du lieu, un chant ouvrier. Ravel ne pouvant souffrir cette dissonance plus longtemps, les musiciens se sont interrompus brusquement. Coupée dans son élan par ce silence soudain, elle s’est tue à son tour et s’est mise à me fixer étrangement. Excusez-moi monsieur, auriez-vous l’heure ? Dans un murmure d’hostilité, comme si j’étais responsable du désordre, je me suis levé pour saisir mon portable au fond de ma poche. Des centaines d’yeux braqués de colère me dévisageaient, en train de rallumer mon téléphone. Un râle d’onomatopées haineuses s’est répandu lorsque le jingle de l’opérateur a résonné ses notes vulgaires. 21h23, j’ai dit, sous la huée générale. Prise de panique, elle s’est précipitée vers le piano, a ouvert le couvercle en grand et a plongé à l’intérieur. Je n’avais pas le choix, avant qu’une pluie de tomates véreuses s’abatte sur moi, j’ai sauté sur la scène, soulevé le couvercle du piano et j’ai plongé à mon tour.

Il faudrait que j’arrête de me laisser porter par mes émotions comme ça. Il faudrait que je résiste aux tremblements qui me dansent à la vue d’une jolie fille. Ça m’éviterait de me retrouver dans ce genre de situation. Je suis en train de tomber. Je tombe depuis cinq bonnes minutes. La tombée semble infinie, mais je suis confiant, comme ma vie ne défile pas, je ne chute pas vers la mort. J’ai même le temps de défiler tout autre chose que des souvenirs, je me surprends à songer à ma déclaration d’impôt qu’il faudrait que je pense à envoyer avant minuit. Je vérifie si je n’ai pas perdu l’enveloppe en sautant dans le piano, mais elle est toujours là, pliée dans la poche intérieure de ma veste. Je ne sais pas quand l’attraction terrestre va échouer mon corps, mais je m’inquiète d’où elle va l’atterrir et surtout, de la présence d’une boîte aux lettres à ce point d’arrivée. J’ai heurté le sol au bout de quinze minutes sans ressentir le moindre choc. Je me suis retrouvé dans une grande pièce sans fenêtre, comme dans une école, avec des rangées de tables et de chaises individuelles dominées par un bureau sur une estrade. Il y avait deux portes à chaque extrémité, une derrière le bureau, une au fond de la classe. J’ai grimpé sur l’estrade pour franchir la première, fermée. J’ai traversé la pièce pour franchir la deuxième, fermée. J’étais enfermée. Les serrures ! Il y avait peut-être une clé quelque part. J’ai commencé par fouiller le tiroir du bureau. Des règles, des compas, des craies, pas de clé. Je suis passé à l’inspection des tables, mais elles étaient toutes vides, ici et là traînait un cahier vierge ou un livre d’algèbre, mais pas de clé. Je suis remonté vers la porte du haut, j’ai pris un compas au passage et essayé de triturer la serrure. Je me suis bien énervé sur la poignée de la porte, la pointe du compas a cassé, la serrure n’a pas cédé. J’ai tenté d’enfoncer la porte, mais je ne suis parvenu qu’à me défoncer l’épaule.

Il y a eu un cliquetis derrière moi au fond de la classe, la porte s’est ouverte et une vingtaine d’hommes en costume cravate sont entrés en file indienne. J’allais en profiter pour m’échapper quand j’ai entendu l’autre porte s’ouvrir. C’était elle, la chanteuse. Elle s’est installée sur l’estrade, à la place du professeur tandis que tous les élèves se sont assis calmement. Je les ai imités et me suis posé dans un coin pour la contempler discrètement. Etait-elle plus belle ? Elle portait un jean et un chemisier à fleur oui, elle était plus belle, plus belle parce que je prenais enfin le temps de l’admirer. D’un regard d’un seul, elle a figé l’assistance. Elle a sorti une feuille de sa poche et à appelé un prénom. Jacques. Tout le monde était suspendu à ses lèvres. Jacques, c’est fini. Je ne t’aime plus. Je te quitte. Au milieu de la classe, un homme s’est mis à pleurer. Pleurer très fort, à grosses gouttes. Personne n’a eu un geste vers lui, tous étaient figés sur le visage de celle que je découvrais, pour mon plus grand bonheur, nouvellement célibataire. J’entrevoyais l’espoir d’avoir la possibilité de la courtiser… Un jour… Peut-être… Mais… Sylvain. Elle appela un autre homme sur le même ton. Sylvain, c’est fini. Je ne t’aime plus. Je te quitte. Sylvain s’est mis à pleurer très fort, à grosses gouttes. Marc. Marc, c’est fini. Je ne t’aime plus. Je te quitte. Marc, à grosses gouttes. Pierre. Pierre, c’est fini. Je ne t’aime plus. Je te quitte. Pierre, gouttes. Puis Léopold, Francis, Michel, Arnaud, toute la classe goutte à goutte commençait à s’égoutter sur le plancher.

(à suivre…)


B+
Par B+ - Publié dans : Ecritoire
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Vendredi 6 juin 2008
Chose promise chose due, voici la suite de mes impressions sérielles de l’année écoulée, où nous nous intéresseront exclusivement aux nouveautés de la saison 2007-2008. Il va de soit que je n’ai pas vu un quart du tiers de tout ce que les chaînes américaines ont pu proposer, mais je crois que ça va aller pour cette année hein ! Bon allez hop, je vous donne tout ça plus ou moins dans le désordre en essayant au passage de vous éclairer un tantinet sur le contenu de la chose.

Dirty sexy money.

Bon… J’ai commencé à regarder cette série pour une seule raison, la présence de Peter Krause au générique. Oui Peter Krause le Nate de “Six feet under” ! C’était d’autant plus alléchant sur le papier qu’il donne la réplique à l’immense Donald Sutherland. De quoi ça parle ? Bin d’une famille ultra richissime genre la famille Hilton avec ses problèmes de famille hyper riche avec des gosses irresponsables qui n’ont aucun sens de la valeur des choses et qui passent plus de temps en une de la presse people qu’à faire un vrai travail mais que quand même se serait moral que des fois ils fassent semblant de savoir comment ça se gagne l’argent un peu comme les pauvres, mais ils ne connaissent pas de pauvres qui gagnent moins de 10000 dollars par mois alors c’est pas facile. Mais heureusement ! Halleluia ! Peter Krause devient leur avocat, mais bon au début il voulait pas parce que son père était leur avocat et qu’il a passé son enfance à ne jamais voire son papa (hou c’est triste !) et qu’il s’était juré de ne jamais travailler pour eux (les gens qui sont hyper riches), mais finalement il accepte parce que son papa qu’il a pas beaucoup vu dans sa vie (ça va vous suivez ?), bin il meurt dans des circonstances terribles qu’en fait il se pourrait bien qu’elles soient douteuses (damned !), du coup il va pouvoir enquêter. Donc il devient leur avocat et il fait des trucs d’avocats pour riches genre organiser des grosses méga teufs sur le pont de Brooklyn ! Ouééééé trop bien ! Bref c’est bien naze, c’est mou et on se fiche bien de leur problèmes, mais alors complètement. Nate reviiiiiiiiiens !!!!!!

Damage.

Continuons dans les avocateries. Glenn Close est une méchante avocate manipulatrice et machiavélique, gniark gniark gniark et elle veut un manteau en peau de dal… heu pardon… Glenn Close elle est avocate mais elle est surtout méchante et manipulatrice et machiavélique mais elle cache trop bien son jeu, dès fois on pourrait presque croire qu’elle est trop sympa la Glenn Close alors qu’en fait non, elle est méchante, manipulatrice, machiavélique et avocate. Elle est sur une grosse affaire, elle veut faire tomber un vilain patron qui a volé ses employés, parce qu’elle a beau être méchante, manipulatrice et machiavélique, elle est avocate quand même et elle est du côté des gentils ! En face d’elle nous retrouvons une jeune avocate idéaliste, naïve, fleur bleu et tout et tout et la série va être le terrain de leur long (très long, longuet, peut être même infini allez savoir pour combien de saisons on va en bouffer) affrontement. C’est un peu comme “Le diable s’habille en Prada” avec Glenn Close déguisé en Meryl Streep et machine (je sais plus comment elle s’appelle et j’ai la flemme de chercher sur internet) déguisé en Anne Hathaway, (franchement la directrice de casting devait l’avoir surligné dans son cahier des charges tellement c’est flagrant) mais avec du sang et des morts. Houbé ! Honnêtement, c’est pas trop mal, très convenu, mais ça se laisse regarder et on s’en échappe difficilement avant le dénouement du fait des sempiternels cliffhanger de fin d’épisodes. Si vous avez trouvé que “Le diable s’habille en Prada” manquait de cadavres et d'avocats, cette série est faite pour vous !

Reaper.

A propos de diable, voici l’histoire de Sam qui, le jour de ses 22 ans, apprends que ses parents ont vendu son âme au diable avant sa naissance. Sam se retrouve malgré lui chasseur de prime pour le diable. Muni d’un conteneur à âme (qui peut être un grille pain ou une balle de tennis par exemple) Sam, flanqué de ses deux nerds d’amis traque les démons échappés des enfers. Bien sur pour corser un peu, Sam est amoureux de la charmante Andie à qui il a bien du mal à déclarer sa flamme. Raconté comme ça, ça à l’air nul, mais moi j’adore ! C’est souvent drôle, c’est souvent con, c’est du pure divertissement, mais une dynamique mythologique se met en place au fil des épisodes rendant le tout fort sympathique. C’est pas un chef d’oeuvre, mais c’est une bonne sucrerie dans la catégorie détente. Vous avez vu ça, quand je n'écrits pas pour démonter le truc, j'ai tout de suite plus de mal à convaincre que c'est bien, dingue !

Chuck.

Dans le même genre que Reaper, le héros Chuck, est un nerd ou un geek (je m’y perd) bref un mec qui passe sa vie dans les ordinateurs et qui d’ailleurs la gagne en les réparants. Comme dans Reaper, Chuck bosse dans un grand magasin (oui Sam bosse dans un grand magasin je ne vous l’avais pas précisé) et son meilleur ami est un bon gros looser sympatique comme on les aimes (comme sam, sauf que lui il est plus fort parce qu’il à deux amis loosers !). Par une astuce scénaristique hors du commun dont je vous laisse la surprise, Chuck se retrouve avec l’intégralités des informations de la NSA et de la CIA dans son cerveau ! Bin oui mais bon fallait bien un pitch ! Il se retrouve donc sous la protection d’un gros bourrin de la NSA et d’une blondasse sur-bonne de la CIA dont il tombe instantanément amoureux et moi aussi ! C’est divertissant, drôle par moment, mais en dehors du plaisir pervers de regarder des espionnes sexy se balancer des mandales en levant les jambes très haut, ça tourne vite en rond. Contrairement à Reaper l’histoire n’évolue pas beaucoup au fil de la saison et on a vite l’impression de voire tout le temps le même shéma. Voilà ça a le charme d'un  bonne série des années quatre-vingts genre Mac Gyver ou Code Quantum ou on pouvait zapper dix épisodes sans perdre le fil. Mais personnellement je préfère les séries feuilletonantes. Chacun ses goûts.

Pushing daisies.

Impossible de vous raconter le pitch sans passer pour un fou ! Bon j’essaie. C’est l’histoire de Ned qui a le pouvoir de ressusciter les morts en les touchants. Seulement, s’il touche le mort qu’il vient de ressusciter une seconde fois, il le re tue définitivement. C’est pas fini ! S’il laisse le mort ressuscité vivre plus d’une minute, quelqu’un d’autre à proximité meurt à sa place ! C’est pas facile à porter comme don hein ! Du coup Ned est pâtissier ! Oui, logique ! Il peut transformer une fraise pourrit en super fraise rien qu’en la touchant et faire une méga tarte aux fraises, (faut juste qu’il n’en mange pas lui parce que dans sa bouche ça aurait un goût de tarte au fraises pourris) par contre à chaque fois qu’il ressuscite une fraise c’est potentiellement une banane qui meurt et c’est pas sympa. En plus d’être un strawberry re-animator et un bananas killer, Ned se sert de son don pour résoudre des énigmes criminelles pour un détective privé, et oui, pratique, il n’a qu’à demander au maccabé qui l’a occis. Tout est pour le mieux (si on fait l’impasse sur cet horrible génocide de banane que la production passe sous silence) jusqu’au jour ou le cadavre à interroger est son amour d’enfance. Du coup il ne la retouche pas et ne la re-tue pas et ils s’aiment comme des fous sans pouvoir se toucher, youpi ! Une vraie publicité pour Platon ! Tout ça nous est raconté en voix off dans un décorum quelque part entre Tim Burton et Amélie Poulain. On aime ou on aime pas, mais moi je sais toujours pas si j’aime ou pas, je sais que je n'avais jamais envie d’y retourner, mais une fois que j’y étais, je m’y sentais bien, allez comprendre. Une chose est sur, cette série ne ressemble à aucune autre mais est-ce vraiment un bon argument ?

Bon allez, je commence à en avoir marre d'écrire cet article et vous de le lire donc hop j’arrête là pour aujourd’hui et donc, il y aura une troisième partie ! Ouééééééé ! Vous êtes contents hein ! Dites le que vous êtes contents ! Parce qu’il me reste encore des séries à chroniquer et ça va chroniquer sec moi j’vous l’dit !

Allez à plus dans l’bus !


B+
Par B+ - Publié dans : Séries Télé
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Mercredi 4 juin 2008
Ma guitare a des migraines tous les jours depuis plus d’un mois, ça commence à être louche. Je n’ai pas non plus des besoins immenses, deux ou trois fois par jour par tranche de 10 à 20 mn, rien d’extraordinaire, mais en ce moment c’est niet, à peine je la prends sur mes genoux qu’elle commence à avoir mal quelque part. Au début j’étais confiant et je lui ai suggéré d’aller consulter, mais comme elle déteste aller chez le luthier se faire regarder l’intérieur de la rosace elle m’a dit que ce n’était pas grave et que ça allait passer. Mais ça ne passe pas. Je ne peux plus la toucher sans qu’elle me sorte cinquante excuses pour m’empêcher de l’accorder, elle refuse les préliminaires c’est pas bon. Alors je me gratte tout seul et je commence sérieusement à songer à la tromper avec ma basse. Oui je sais, c’est pas comme ça que ça va s’arranger, mais mettez vous à ma place, vous arriveriez à tenir plus d’un mois sans lui effleurer ne serais-ce que le dos ?

J’ai essayé de l’amadouer avec des cadeaux, de nouvelles cordes, une nouvelle housse, un sillet tout neuf, des médiators à la vanille et à la fraise, mais c’est toujours le même refrain. Une fois elle s’est laissée faire, rien qu’une fois. J’y suis allé calmement en masquant mon impatience, je l’ai installé sur mes jambes en lui chuchotant des mots doux, lentement j’ai commencé à lui titiller les mécaniques en pinçant légèrement une corde pour que le LA frisonne de plaisir. Elle s’est laissé accorder comme avant et sa respiration commençait à monter une gamme de désir. Mais je ne sais pas ce qui m’a pris, au lieu d’y aller Bossa, soft et langoureux je me suis excité à grand coup de Ska sur un MI majeur et elle s’est mise à crier, je lui faisais mal, tellement mal que je lui ai pété deux cordes. Autant dire que je prolongeais ma peine d’au moins une semaine. A force je me suis demandé si elle n’était pas lassé de ma manière de faire depuis le temps, peut-être qu’un peu de nouveauté la rendrait câline à nouveaux. Mais je suis tellement en manque que j’en deviens furieusement bourrin et au rayon nouveauté on ne peut pas dire que j’ai énormément innové. Je l’ai prise par surprise sans préliminaire en lui grattant direct un mauvais zouc crasseux, bin ça lui a pas plu, mais alors pas plu du tout ! En ce moment, on en est au stade ou on se dit à peine bonjour au petit déjeuner.

J’en peux plus. C’est d’autant plus une torture que mon ami Tof loge souvent à la maison à cause de son travail. Chez moi, c’est pas bien grand et surtout c’est mal insonorisé et la nuit, pendant que ma belle me tourne le dos superbement, j’entends Tof fricoter avec sa clarinette avec virtuosité. Toute la nuit ils improvisent et il n’y a pas à dire, ils connaissent la musique ! Il faut dire qu’il a trouvé une clarinette en or. Ils ne se disputent jamais, ils vivent chacun leur vie sans jalouser l’autre de quoi que se soit. Mais Tof, c’est un musicien, un vrai. Il a étudié les bases depuis sa tendre enfance et il sait comment rendre un instrument heureux. Il peut bien faire les pires conneries à côté, rien n’entachera  jamais son bonheur tant il maîtrise parfaitement l’harmonie. Moi je ne suis qu’un amateur, comme j’ai de l’imagination j’arrive à faire croire que je suis bon, mais je suis un imposteur et ma guitare me le fait bien sentir en ce moment. Je les soupçonne de faire des trucs à trois dans mon dos, ça expliquerait qu’elle ne veuille plus de moi, un virtuose et une clarinette, je peux difficilement la combler après ça. Va falloir que je fasse le ménage dans mes amitiés tiens ! Traître ! Moi qui te considérais comme mon frère !

Demain j’irais traîner à Pigalle. Je sais c’est pathétique d’aller à Pigalle gratter une guitare d’occasion dans une cabine sordide, mais il faut bien que le corps exulte ! Si quelqu’un à une solution, si quelqu’un peut m’aider à retrouver un rythme régulier dans nos rapports, si ce quelqu’un existe, qu’il se manifeste, je vous en supplie, je suis au bord du gouffre là, j’en suis au point d’acheter des partitions de Francis Cabrel pour essayer d’attirer son attention, sauvez-moi !


B+
Par B+ - Publié dans : Musique
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