04/ Schizoïde.

Publié le par B+

Quand j’ai commencé la rédaction de cette « mémoire enchantée », je sortais d’une longue période de « non faire » et je me suis laissé porter par le flot des souvenirs consciencieusement et tranquillement. C’est assez pratique d’avoir la construction d’un projet d’écriture induite par le projet lui-même. Il m’a simplement suffit de dérouler les années de 2009 à 1989 en notant les souvenirs importants, simple oui mais un peu douloureux, certains événements sont remontés et avec le recul ça a failli virer à l’analyse de chaine de réactions, genre effet papillon rétroactif à coup de « et si j’avais pas fait ça je n’en serais pas là aujourd’hui » ! Mais en réalisant les enregistrements des reprises, le « faire » a pris le dessus sur toutes les failles nostalgiques. Un phénomène curieux que la réappropriation, je pensais donner un nouveau souffle à mes vieilleries musicales mais ce sont les chansons qui m’ont redonné du souffle.


Je regarde les longues colonnes de souvenirs des premiers chapitres et quelque chose me gène : tout ce texte et en bas une toute petite case pour jouer la chanson. C’est complètement disproportionné si on compare le temps passé à écrire et le temps passé sur les enregistrements. C’est vrai qu’au départ je pensais juste m’affranchir de cette tâche musicale le plus simplement, voix, guitare et basta, quelque chose de léger, vite fait, une illustration sonore en bas de la page sans plus. Mais je me suis pris au jeu du bidouillage et j’essaie de faire quelque chose de différent à chaque nouveau morceau et c’est drôle parce que je me revois des années en arrière faire de même des jours durant avec le quatre-pistes de François, sans vraiment en maîtriser toute la technologie, à gratter la matière sonore de façon complètement naïve. Je suis de nouveau tout naïf devant l’outil, sauf que la technologie à évolué et le résultat est nettement plus satisfaisant. En tout cas j’essaie d’améliorer mes enregistrements de jour en jour, mais il y aura surement des « couacs », car vous l’avez sans doute remarqué je ne suis pas un technicien du son ! Peu importe, j’apprends, je tâtonne, je cherche, je tournicote les boutons et les effets dans tous les sens et ça finira bien par sonner ! C’est finalement comme ça que je suis venu à la chanson, ce n’était pas un rêve en suspens depuis ma plus tendre enfance, non c’est arrivé par hasard en déconnant et c’est resté parce que c’était amusant, et d’amusant c’est devenu un mode d’expression auquel je suis aujourd’hui encore attaché. Donc oui, beaucoup de texte et un tout petit rectangle pour jouer la chanson, c’est embêtant, mais à moins de mettre chaque chanson en vidéo (ce qui prendrait beaucoup de temps et d’imagination pour ne pas se répéter) je ne vois pas comment rendre la mise en page de la chanson plus attractive. Si vous avez des idées…


Oui bon, je raconte tout ça un peu pour m’excuser de ne pas pouvoir tenir le rythme de deux chansons par semaine que je m’étais fixé, mais c’est que c’est bien de ne pas passer mes journées à ne faire que ça et puis plus c’est rare meilleur c’est !


Revenons à nos chansons.


Passé les premières frasques musicales avec François, il est difficile d’établir une chronologie fidèle de la suite, alors avant de raconter, on va simplement mettre la pièce dans le jukebox à remonter le temps et déployer la chanson. Nous sommes quelque part en 1990 et l’aventure « Schizoïde » a commencé.

 


Amour physique et mathématique

Schizoïde.

« Amour physique et mathématique» 1990.

Texte : Balthazar Chapuis. Musique : Cédric Mallet

 

Intello rabougri caché derrière ses lunettes

Inconditionné à vie des maths et d’la physique

Unité de mesure le cœur dans une éprouvette

Elle l’aime, ce n’est pas algébrique

 

Refrain :

L’amour n’est pas mathématique

Laissez-le donc aux romantiques

Ce n’est pas une formule chimique

Laissez rêver les artistes !

 

Elle est fiancée du bon dieu, des arts et littérature

Cœur ouvert, sociable, aimée de tout le monde

Les idées claires, la tête pleine, sans rature

Elle attend dans ses bras que son cœur fonde

 

Refrain 

 

Rament les amoureux d’amour gratis

Remplissent chacun leur cœur de différences

Hypocrisie grandissante, bonheur factice

Allez savoir à quoi ils pensent

 

Refrain 

 

Elle a déchiré le cahier de mathématiques

Brûlé celui de sciences physiques

Elle lui a dit « je t’aime mon amour »

Elle lui a dit « je t’aime mon amour »

Elle lui a dit, il l’a giflée,

Elle est partie, il s’est mis à pleurer.

 

J’ai beaucoup d’affection pour cette chanson. Premièrement parce que c’est une des rares chansons dont la musique à été composée par Cédric, deuxièmement parce qu’elle est pas trop mal construite et surtout c’est la première chanson de  « Schizoïde » qu’on a enregistré à plus de deux ! Car fidèles aux méthodes rodées par les « Bellegardians’ Angels » et les « Others Bellegardians’ » un « album » de « Schizoïde » s’enregistrait à l’époque en une après-midi ou une soirée avec une guitare, deux trois accessoires et un tas de textes souvent rédigés pendant mes heures de classes dans les matières qui ne me passionnaient guère, comme les maths et la physique par exemple ! Sur l’enregistrement original on peut clairement entendre François au piano, Cédric à la guitare et aux chœurs et moi même chantant presque juste pour une fois ! Sur la cassette album de l’époque, c’est d’ailleurs un des rares morceaux enregistré à plusieurs, voire le seul, si on exclut l’improvisation barbare au titre évocateur « Dégradé d’Humeurs Maladives », le reste des titres ayant été capturé lors d’une soirée avec Tristan à la guitare, à Vaulx-en-Velin, chez son père (souvent absent, heureusement pour ses oreilles !).


A ses débuts « Schizoïde » était donc composé de François au piano, Tristan à la guitare et parfois au chant, Cédric à la guitare et aux chœurs, moi-même au chant et Camille qui ne jouait d’aucun instrument mais qui était toujours là ! Un an plus tard nous serions rejoins par Nelly à la clarinette. Je reviendrai sur chacune de ces personnalités colorées dans des chapitres dédiés. D’ailleurs « Amour physique et mathématique » aurait dû à l’origine être un chapitre dédié à Cédric, mais étant donné qu’elle est la première chanson en trio du groupe, elle était toute indiquée pour présenter « Schizoïde ».


Je ne sais plus très bien comment tout ça à commencé, mais je me souviens qu’on était une bande de potes, enfin que Cédric, Camille, Tristan et François étaient une bande de potes et que François m’a introduit. Plus tard, ils ont parlé de monter un groupe et je me suis imposé comme auteur puis chanteur. Puis un jour on s’est retrouvés avec Tristan tous les deux chez son père autour d’un magnéto à cassettes avec la précieuse touche « rec ». C’est cette première soirée qui a motivé la suite de ce qui allait finalement s’appeler « Schizoïde ». C’est moi qui avais trouvé le nom, on écoutait énormément Hubert Félix Thiéfaine a l’époque (vous verrez par la suite que son influence est palpable sur mes textes) et j’ai décalqué ce mot sans bien en comprendre le sens dans la chanson « Droïde song » de l’album « Eros über alles ». Voici l’extrait concerné :


Droïde, droïde

Machine humanoïde aux chromosomes hybrides

Droïde, droïde

Carlingue anthropoïde, cœur en celluloïd

Droïde, droïde

Regard polaroïd, schizoïde et bifide

Droïde, droïde

Rêvant d’astéroïdes acides et translucides

Libres… Attirés par le vide.

 

Ainsi naquit « Schizoïde », hurlant et vociférant à grands coups de grattouillages frénétiques et de pianocotements hystériques, un cri primal s’élevant dans un brouhaha de matière brute , un apocalypse sonore qui durera plus de quatre ans. C’est dire si on va avoir le temps de décortiquer la chose en chanson !!!

 

Pour en revenir à « Amour physique et mathématique », je pense que la chanson se passe de commentaire, tant de limpidité quant au propos force le respect ! J’étais depuis longtemps destiné à la voie des arts et des lettres et je brandissais fièrement ce blason du bout de mon pénible orgueil adolescent ! Le 21ème siècle serait artistique ou ne serait pas !!! Mais ouais !

 

04/ Amour physique et mathématique


Comme une minuscule tache d’encre, un tout petit player en bas d’une grosse masse de texte va vous jouer ma version 2009 de cet hymne aux émotions et à l’inspiration !

 

Sans doute à la semaine prochaine pour une nouvelle chanson.

 

 

B+

Publié dans Mémoire enchantée

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N
<br /> euh... j'peux dire un truc... ta voix un peu loin un peu noyée... entendre mieux les mots... ou alors ARTICULE MERDE! bisou<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Moi j'en ai un !!! comme cadeau d'anniv ou Noël !!! mais faudra venir le chercher. Bises<br /> <br /> <br />
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B
<br /> va en trouver un de magnéto à K7 pourri aujourd'hui !<br /> <br /> <br />
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K
<br /> Et moi je préfèrerais que B+ ré-enregistre les morceaux sur un trucs à cassette avec un bouton REC. Même conditions, 20 ans plus tard, ça c'est la classe. On vit une drôle d'époque, le numérique<br /> est un truc de vieux, le retour sur tes jeunes années seraient tellement plus funky dans le salon des parents de tes potes, avec ton magnéto à K7 pourries.<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Je ne te cache pas que tu m'as terriblement manqué sur ce coup là !<br /> <br /> <br />
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