Marianne.

Publié le par B+

Notice explicative, histoire de bavarder un peu avant le grand "copier coller" !


"Marianne" est une nouvelle que j'ai écrite il y a plusieurs années. Je l'ai donné à lire à très peu de personnes  et je l'ai longtemps gardé en attente. Je voulais à l'époque écrire plusieurs nouvelles en écho avec celle-ci. Mais en avançant sur ce projet, les autres textes étaient trop tristes , tristes de ces choses qu'on écrit quand on est mal et qu'il vaut mieux ne jamais faire lire à personne. Je n'ai plus envie de garder cette nouvelle au fond de la cave, alors je la publie ici, comme pour la libérer de la pression que j'ai posé sur ses épaules depuis tant de temps et surtout, parce que finalement, elle se suffit à elle-même.

 

Bon c'est un peu plus long que d'habitude, mais avec une tisane ça passe tout seul !!!

Marianne, soit la bienvenue sur la blogouillesphère !!

 

 

 

 

Marianne.


Je suis sorti de la chambre doucement. Je voulais profiter de cette première journée pleinement, je voulais prendre mon café en regardant le soleil se lever. Il fallait commencer en même temps que le jour, c’était symbolique, peut-être stupide, mais j’en avais envie. J’ai mis à chauffer ma vieille cafetière italienne et je suis allé surveiller le ciel. Si Marianne s’était levée avant moi, elle nous aurait fait un immonde jus de chaussette électrique ! Je suis méchant, elle l’aime comme ça, c’est tout. Ce n'est pas aujourd’hui qu’on va changer nos vieilles habitudes. Quoique ? En fait, c’est aujourd’hui qu’il va falloir trouver de nouvelles habitudes ! Ça va lui faire bizarre de m’avoir dans les pattes toute la journée. Mais je vais m’occuper, je ne vais pas la gêner, il y a tant de choses à faire. Il y a le jardin. On pourrait planter d’autres arbres. J’irais à la pépinière tout à l’heure. J’en profiterais pour passer au magasin de bricolage, il faut changer cette tondeuse et puis les volets, ils commencent à s’écailler, j’achèterais de la peinture, orange ! Pour changer. Ça suffit tout ce bleu ! Ma vieille complice en aluminium s’est mise à gargouiller dans la cuisine, j’ai coupé le feu, je me suis servi un bol et je suis allé me poser sur la terrasse. C’était parfait. J’ai flâné encore un peu, le temps d’une cigarette. J’ai écrit un mot à Marianne sur l’ardoise du frigo et je suis parti à la boulangerie.

 

C’est mon premier jour de retraite. C’est un peu étrange de se dire qu’une vie est passée, que celle qui reste va filer encore plus vite et que, finalement, je n’ai pas eut le temps de penser à faire autre chose. Je ne regrettes rien, c’est justement ça que je trouve curieux, de ne rien regretter, de m’être senti bien. Pourtant j’ai égaré quelques rêves en traversant, mais rien ne me pèse. Je ne me sent pas aigri, je n’ai pas de culpabilité envers moi-même ou envers ma femme. Nous n’avons pas eut d’enfants c’est vrai, je ne pouvais pas en avoir, mais Marianne est restée et elle est heureuse je crois. Nous avions réfléchit à l’adoption, mais elle s’est résigné, calmement, sans tristesse. Elle m’a dit un jour qu’elle ne voulait pas d’un enfant qui nous rappellerait que nous ne pouvions pas en avoir. C’était juste pour me signifier C'est pas grave, je t’aime. Nous sommes restés complices toutes ces années, petit à petit nous n’éprouvions plus le besoin de nous entourer d’amis, petit à petit nous nous sommes entourés simplement de nos bras, de nos baisers, de nos caresses, de cette tendresse folle qui nous étreints. De toute façon, à soixante trois ans il n’y a pas de raison d’être mélancolique, ils nous reste une vie, c’est beaucoup une vie ! Je suis rentré souriant avec ma baguette et mes croissants. De belles journées se profilaient.

 

Qui êtes vous ? Qu’est-ce que vous faites là ? Une bohémienne était en train de piller mon potager. C’est une propriété privé ici ! Vous n’avez rien à faire là ! Partez ou j’appelle la police ! Elle m’a regardé avec une mine désolée, pas triste, désolée, comme un petit animal qui s’excuse d’avoir fait une bêtise. Elle a reposée par terre les légumes qu’elle avait glané et est partie sans rien dire, avec sa mine désolée comme un sourire gêné. Je grognais encore dans ma tête l’air têtu de la propriété, de l’insécurité et toute sa symphonie aliénante quand j’ai vu son petit tas de légumes. Je me suis senti confus. Quatre courgettes et trois tomates à moitié grignotés par les vers. Sur leurs pieds, mes courgettes et mes tomates étaient toujours fièrement dressés, elle avait juste ramassés celles que j’aurais de toute façon laissés, elle n’avait pas touché aux plants. Quand même elle était entrée chez moi de force ! A bien y regarder, ma pauvre clôture en ruine, ce n’était pas vraiment dissuasif. Ce n’est pas une raison, s’il y a un potager, c’est qu’il appartient à quelqu’un, ça tombe sous le sens qu’on est sur un terrain privé ! Je pourrais peut-être… Non ! Tu ne vas pas commencer à nourrir tous les égarés ! Que va dire Marianne ? Ça va l’empêcher de dormir, elle va avoir peur qu’une armée de gitans viennent assaillir la maison ! J’ai regardé au loin la fenêtre de notre chambre, j’ai ramassé le petit tas de légumes et j’ai courus après la jeune fille. En lui tendant les légumes, je me suis senti encore plus confus. Pardon, j’aurais pu en cueillir des neufs, je veux dire des beaux, ceux-là sont tout misérables, c’est à peine s’il sont comestibles… Elle a sourit évidemment, j’avais l’air bêta avec mes légumes pourris. C’est tellement gentil de votre part, elle m’a dit. Mais non, ne vous inquiétez pas, ceux-la iront très bien. Je suis resté muet. Elle m’a dévisagé avec un regard très doux, sont sourire s’est agrandit, elle avait une expression de reconnaissance incroyable, incroyable pour une poignée de légumes gâtés. C’est à moi de vous demander pardon, elle a ajouté. Je n’aurais pas du me servir, je ne voulais pas vous voler, juste prendre ce que vous n’utilisez pas… Je ne l’ai pas laissé continuer. Non, mais ce n’est pas grave, j’ai largement assez de légumes pour vous en donner un peu, si vous voulez, je ne sais pas, repassez dans quelques jours, il y aura des salades, je vous donnerais des radis et puis des haricots, vous aimez les haricots ? Si elle ne m’avait pas arrêté, je lui aurais récité mon potager. Vous êtes très gentil monsieur, vraiment, mais je ne veux pas abuser, je ne veux plus vous embêter, merci, merci beaucoup. Et elle est partie lentement.

 

J’ai cuisiné. Toute la matinée. Il fallait que ce soit parfait. J’ai dit à Marianne que je voulais m’occuper d’elle, elle m’a dit : Mais qu’est-ce que je vais faire ? Je n’avais pas de réponse, je l’ai rassuré en lui disant que, aujourd’hui était un jour particulier, c’est tout, c’est rien. J’ai senti qu’elle tournait en rond, elle n’aime pas que je la chamboule, ça la perturbe, alors elle s’est mise à faire des trucs étranges et, j’aime bien quand elle fait ça. Au début, c’est un espèce d’acharnement à vouloir être utile à tout prix. Elle commence par analyser tous les produits détergent sous l’évier dans la perspective d’un nettoyage herculéen. Très vite elle doit se dire que si elle commence à faire du ménage maintenant, son après midi sera absurde puisque tout sera déjà propre, alors après avoir sorti son plumeau, ses chiffons, son seau, sa serpillère, après avoir anticipé le branchement de l’aspirateur, elle remet tout en place sans avoir agité un gramme de poussière. Il y a quelques années elle s’est confectionné son coffre de vieille, en prévision. C’est une valise ou elle a empilé toutes les activités clichés, tous les instantanés d’une vie de vieux au coin du feu. Tout un nécessaire à vieillir : mots fléchés ou croisés, aiguilles à tricoter, pelotes de laine, romans à l’eau de cruche, dés à coudre, canevas, fil à broder et curieusement, des livres de coloriage avec une boîte de feutres. Elle s’assoit, ouvre le coffre, sort chaque chose lentement, les disposes sur la table méthodiquement, puis finalement elle se rabat toujours sur le livre de coloriage. Elle remet tout le reste en place et ouvre le cahier. Le premier dessin, un moulin au milieu d’un champs de blé, est resté inachevé depuis tant. Les ailes sont rouges, elle ne suit pas les codes couleurs et tout autour, il n’y a que des numéros dans des cases blanches. Elle prends le feutre rouge et recolorie par dessus, les ailes, toujours les ailes… Puis elle referme et range. Alors elle s’installe dans le salon et soulève le couvercle du piano. Ça ne dure jamais, elle plaque un accord, tente une gamme et referme en grommelant : Il est faux ce “bouzin”, il faudrait s’en occuper tout de même ! Depuis dix ans le piano est désaccordé et il le restera longtemps après nous. Elle allume la télé, mais les jeux matinaux ne la tiennent pas en haleine plus de trente seconde. Elle revient dans la cuisine, Tu crois qu’il faut arroser le jardin ? Elle sait bien qu’il vaut mieux faire ça en fin de journée, alors je réponds d’un sourire. Elle me vole une patate sur la table, vient m’embrasser sur la nuque et, Aïe ! Elle m’arrache un cheveux. Elle le scotche sur le haut de la pomme de terre, attrape une boîte de cure dents sur le buffet et dressée fièrement devant moi, elle fait du vaudou avec un regard démoniaque. J’éclate de rire, je me jette dans ses bras, je lèche son oreille et je retourne à mon épluchage. Elle se frotte l’oreille, Beuh ! Ses yeux sont ardents, elle enlève tous ses vêtements et sort en courant de la cuisine. Le repas attendra.

 

L’été est passé. Très vite j’ai oublié le monde, je ne me considérai plus comme un retraité, mais comme une personne libre, un équilibre nouveau nous réunissait avec Marianne et nous vivions un bonheur agité de tendresse. C’est vrai nous nous sommes un peu cloîtrés, mais nous n’avions tellement besoin de rien, qu’il eut été inutile d’aller s’exposer sur les places du villages. Nous allions aux courses à tour de rôle, personne ne devait nous voir ensemble. Ensemble, c’était notre jardin inachevé, nos quelques murs effrités de lierre, nos volets oranges écaillé de bleu, notre ciel encadrés de tilleuls et de châtaigniers, notre clôture abattue ouvrant sur des champs abandonnés, notre vieux puits avec sa manivelle nue, pointu, où nous nous étions tant de fois écorché un bras, notre terrasse mal cimentés ou la guerre du café faisait rage, ensemble c’était notre amour, recolorié comme les ailes d’un moulin, éternel comme dans un roman à l’eau de cruche. Nous n’avions pas besoin de partager ça avec des inconnus qui se prendraient trop vite pour des amis, auxquels nous serions redevable sans raison de gestes inutiles et d’attentions forcés, par des conventions dans lesquelles nous ne nous reconnaîtrions jamais. Nous étions égoïstement heureux. Nous avions vingt ans et mille ans à échanger devant nous, qui voudrait partager ça ? L’été est passé. Trop vite et fin septembre au premier envol d’hirondelles, Marianne est tombée malade. Ça m’a fait bizarre de ressortir ma mallette, j’avais tellement fait abstraction du travail ces derniers mois, c’était devenu une affaire du passé et je ne pensais plus exercer, jamais et pourtant… Je l’ai ausculté. Rien de grave, mais elle allait être immobilisé au lit un certain temps. Cette bonne vieille grippe, mais à notre âge, même les maladies les plus bénigne assomment d’une fatigue redoutable. Quelque part c’était bien, j’allais pouvoir m’occuper d’elle à temps plein, veiller sa fièvre et panser ses cauchemars. J’aurais dû être prévoyant, mais avec cette cessation d’activité, c’est comme si tous mes réflexes professionnels avaient disparu. Je n’ai jamais pu me l’expliquer de façon rationnel, mais chaque année, à la même période, Marianne tombait malade. Quelques jours de fièvres qui coïncidait toujours avec le départ des hirondelles, comme si leur migration agissait sur ses défenses immunitaires. Marianne avait sûrement été une hirondelle dans une autre vie et regarder les siens partir sans pouvoir les rejoindre devait réveiller en elle une ancienne nostalgie… Non, je suis trop concret pour imaginer pareil chose. Le changement climatique, l’humidité de l’automne, voilà un diagnostique lucide !

 

Je l’ai trouvée sur le bord du chemin, les jambes nues au milieu des ronces, évanouie. Je revenais de la pharmacie, c’est sa robe rouge qui a attiré mon attention, on ne voit pas des couleurs aussi vives en cette saison. Lorsque je me suis approché, au début, j’ai eu peur d’avoir trouvé un cadavre et c’est en constatant qu’elle respirait que je l’ai reconnu, c’était la petite glaneuse de légume que j’avais surprit dans mon potager cet été, la bohémienne. Je ne pouvais pas la laisser ici. Je l’ai porté sur les cinq cent mètres qui nous séparaient de ma maison, je l’ai allongé sur le banc de la terrasse et j’ai couru jusqu’au téléphone pour appeler du secours. Je haletais, essoufflé, le combiné à la main, quand ça m’a traversé l’esprit que peut-être elle avait des ennuis et que si on la transportait à l’hôpital, très vite on viendrait lui poser des questions et… J’avais tout ce qu’il faut pour la soigner ici. Marianne ! Je n’avais jamais évoqué avec elle l’épisode, elle ne comprendrait pas pourquoi je soigne une inconnue chez nous sans prévenir la police. Je vais la mettre dans une pièce très éloigné de notre chambre, le temps d’expliquer à Marianne… Non je ne peux pas la garder… En même temps, Marianne est très faible… Oui, mais si la jeune fille se rétablit vite, elle n’en saura rien. Je l’ai installé sur le canapé dans mon bureau, la seule pièce où Marianne n’entre jamais, non pas que je lui interdise, mais elle estime que c’est mieux ainsi, que j’ai besoin d’un espace d’intimité totale. Pour la deuxième fois cette semaine, je rouvrais ma trousse. Ça n’avait pas l’air bien grave, mais elle est resté inconsciente un long moment.

 

Qu’est-ce que… Ou ? Et… Elle s’est réveillée. Ne vous inquiétez pas, je suis... J’étais… Je suis médecin, je vous ai trouvé évanoui sur le chemin devant chez moi… Vous vous rappelez ? Les légumes… Cet été, je… Son regard s’est apaisé. Je ne savais pas quoi faire, je me suis permis de… Pour vous soigner… Je n’ai appelé personne, je… Elle m’a sourit. Merci, vous êtes très gentil. Je ne me souviens pas bien, j’ai du avoir un malaise. Elle a commencée à se redresser. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. J’ai tiré vivement la couverture sur ses épaules. Vous ne me dérangez pas, reposez vous, je vais vous apporter de quoi manger, ne bougez pas. Son visage s’est agrandie de ce même sourire, le sourire des courgettes et des tomates, doux et lumineux. Merci. Elle s’est senti en sécurité, elle n’a pas cherché à fuir. Je suis parti lui préparer un plateau à la cuisine. Je n’avais pas encore parlé à Marianne, je ne savais pas comment. Pourtant, c’était très simple comme histoire, rien de bien grave, rien d’équivoque, rien de louche, j’avais juste apporté mon aide à quelqu’un dans le besoin, pas de quoi en faire un drame, de quoi avais-je peur ? Elle a mangé volontiers. Des brindilles… J’avais fais une salade sur le pouce, une assiette de fromage, du pain et quelques fruits. Je vous laisse tranquille, il faut que j’aille voir ma femme, elle est malade, une vilaine grippe, restez à distance, il ne faudrait pas que vous choppiez ses microbes en prime… Et restez là, vous ne me… Vous ne nous dérangez absolument pas. Reprenez des forces. Je suis sorti. Merci, vous êtes très gentil. J’ai monté un grog à Marianne et je suis restée près d’elle à lui caresser la main. Elle serait bientôt sur pieds. Si je lui raconte qu’une gitane est installée dans mon bureau, elle va paniquer, c’est sûr, elle va paniquer. Elle va l’imaginer en train de fouiner partout à la recherche d’argent ou de bijou. Mais il n’y a pas lourd à voler chez nous, nous ne nous sommes jamais entouré d’objet précieux, à quoi bon ? Ce n’était pas un salaire de chirurgien, mais médecin de campagne je n’étais pas à plaindre et pourtant… La maison à entretenir, quelques virées en ville pour s’offrir des vêtements, des restaurants en amoureux sans compter, une cave pleine de bons vins et le reste en épargne au cas ou. Quelle cas ou ? Je ne sais pas. Nous n’étions pas avides de voyages, nous n’avions pas la nécessité d’un pied à terre en bord de mer, nous… Je n’étais pas obligé de préciser : “une bohémienne”. Il suffisait de dire : “une jeune fille” et tout rentrait dans l’ordre. C’est moche d’attiser les préjugés. Quels préjugés ? Pourquoi une gitane, une bohémienne, pourquoi cette étiquette “à risque” ? Pourquoi le mal serait obligatoirement gravé sur ces mots ? Je suis resté muet. Je lui ai fait un peu la lecture et elle s’est endormie. En bas la jeune fille dormait aussi. Tout le monde était paisible. J’étais paisible.

 

Je suis resté avec Marianne ce matin. Je m’étais installé un fauteuil à son chevet d’où je lui restituait les nouvelles. Un écho à ma façon. Le monde transpire. De grosses suées de soucis à tous les coins de rues. Des indigestions de guimauves, des grèves de pédalos, des manifestations de lapins, des attentats à la gomme d’arabique... Les parcmètres gerbent des confettis, les téléphone cellulaires captent des messages de Saturne ; à Londres, Big Ben chante “le petit vin blanc” ; un nuage de papillons à perturbé le sénat ; une femme accouche en apesanteur ; les trois cent quatorze versions du célèbre “cri” d’Edward Munch on toutes été volés le même jour à la même heure dans trois cent douze musées (on note cependant, que les trois versions exposés au musée de la peinture sur coquetier de St Rachat-les-Bains se sont volatilisés à trois minutes d'intervalle chacune) ; les coquelicots ne sont plus d’accord, mais on ne leur demande pas leur avis ; Jean Tempête, le célèbre chansonnier à déclaré : “j’ai décidé d’arrêter de pleuvoir” ; la fonction “grille pain” des ordinateurs portables à été mise à jours, les hommes d’affaires ne mangeront plus de tartines brûlés dans le TGV ; à Cloche-sur-Barge, l’amical des designer de siphons d’évier en grès s’est rallié au syndicat des boucheurs de trous, le scandale gronde, mais le pdg de France Robinet est confiant : “nous ne céderont pas à la pression “ à-t-il déclaré ; il n’y aura pas de coupe du monde de Curling à Bogota, les oposant a la glace ont gagné leur combat, on ne sait toujours pas qui d’Alger ou d’Istambul remporteras la licence tant convoité ; la mer était bleu hier à dix sept heure onze ; les huîtres refusent toujours de s’ouvrir, la Nasa planche sur un procédé d’ouverture au laser, à Noirmoutier on pense que la violence ne résoudra rien, on tente de renouveler le dialogue, mais pour l’heure, les huîtres refuse de négocier… J’étais dans le rire de Marianne lorsque la gitane est entrée dans la pièce. J’entendais encore le rire de Marianne quand elle s’est approchée de moi. Le rire de Marianne… J’aimais tellement son rire. Son rire raisonnait et la jeune fille s’est assise sur le lit. Hors de moi, des larmes ont coulés. Au bord d’un rire lointain de Marianne une bohémienne à prit ma main. Il y avait un rire de Marianne dans cette pièce, un jour, je me souviens ; une main serre la mienne. Son rire, Marianne, ma main, gitane, serrer, jeune fille, larme, bohémienne, pleurer, pleurer, pleurer…

 

Elle m’a serré fort dans ses bras le temps que toute l’eau de mes yeux s’efface sous mes pieds. Elle ne m’a rien dit, elle m’ a juste soutenu une éternité. Puis elle m’a sourit et elle a quitté la pièce. Quelque chose comme la réalité était parvenu à briser ma carapace. Je suis resté seul un moment, j’ai laissé sécher les derniers spasmes de tristesses, convoqué la nostalgie un instant et je suis sorti de notre chambre. Dans le salon j’ai ouvert le coffre de vieille, j’ai pris le cahier, les feutres et, dans la cuisine, j’ai finis de colorier le moulin. A la fin, dans le ciel, j’ai ajouté des hirondelles, plein. Toujours souriante, elle est venu s’assoir en face de moi pendant que je dessinais. Ça va aller ? Je l’ai regardé fièrement, comme si mon secret découvert pouvait se traverser d’un trait de couleur et j’ai menti. Oui, ça va aller. Elle s’est levé pour faire du café. Non ! Pas celle-là ! Elle a sursauté. Prenez la cafetière électrique, s’il vous plait. Elle s’est exécuté sans poser de questions. Marianne est morte il y a… Elle m’a interrompu vivement. Chutttt… Elle avait raison, le temps n’était pas en cause, l’absence était la seule plaie, une plaie silencieuse qu’aucune parole ne pourrait jamais atteindre. Je pouvais, longtemps après, tout décorer d’imaginaire, mais aucune illusion ne m’accorderais jamais une caresse. La caresse de sa présence. Nous avons bu tranquillement et je crois qu’un peu du sourire de la jeune fille est parvenu à me réchauffer. Ce café n’était pas si mauvais. Je vais, si vous le permettez, cueillir quelques légumes et je préparerais le repas, d’accord ? J’ai dit oui, simplement oui et elle est parti dans le jardin. Je l’ai suivi du regard, un peu ébêté, je me suis demandé pour la première fois qu’elle était son prénom, d’où elle venait. Pourquoi est-ce que cette inconnu avait troublé mon amour fantôme, pourquoi elle à qui je ne suis attaché en rien. Par la fenêtre je l’ai observé, intrigué, inquiet, apeuré, elle venait de me voler Marianne, cette maudite gitane venait de m’enlever mon seul amour… J’allais bondir hors de moi, exploser une colère monstre, quand elle s’est mise à danser dans le jardin. Elle dansait, simplement, en couple avec l’invisible, une sorte de valse sans contrainte. Ma colère s’est changé en surprise et tout mon corps s’est attendri. Danse petite… Danse. Et dans ma tête un air est monté, une musique inconnue, des notes décalqués sur ses pas. L’orchestre de mes pensée s’est mis à vibrer de sa robe rouge qui tournait dans l’automne. Soudain, mille frottements contre le vent se sont joint à ma mélodie, un son incroyable, surgit du ciel. Puis, plus rien. Elle s’est arrêté de danser et m’a surprit derrière la vitre. Je l’ai rejoint. C’était incroyable. Autour de nous, dans les arbres, sur la pelouse, sur la table de jardin, au loin dans les champs, les poteau électrique, ils y avaient des milliers d’hirondelles. Des milliers d’hirondelles s’étaient posé devant nous. Des milliers d’hirondelles me regardaient en souriant.

 

 

B+

Publié dans Ecritoire

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M
<br /> OUi ! J'arrête pas de le dire ......<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Haaa Marie, heureusement que tu es là !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Et ben voilà, c'est fait... ça c'est passé avec un petit café, à la place d'un boulot à terminer sur Illustrator ... ça ne m'a pas fait mal ! C'est fait, je suis devenue lectrice de ta nouvelle<br /> !!!! C'était agréable !<br /> <br /> <br />
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