Musique

Jeudi 29 janvier 2009
Il est enfin arrivé, il est là, il est tout chaud, il est prêt à voyager sur tous les réseaux dit « sociaux » de l’internet, il va vous faire sourire de Londres à Tokyo en passant par New York et Clermont-Ferrand, raviver votre cœur du ventricule droit au ventricule gauche, soulever votre joie au delà du ciel de votre allégresse en rasant le toit de votre morosité, dégraisser les taches de dépression hivernale sur vos cravates amidonnées, arracher les poils de stress de vos narines enrhumées et faire souffler une tempête de folie douce par vos oreilles attentives.

Alors asseyez-vous devant votre ordi, calez-vous bien dans votre chaise de bureau qui vous pète le dos, cliquez sur le corps en plastique greffé au bout de vos doigts et c’est parti !

Le somptueux clip de mon ami Reno Bistan « L’amour et la cuisine », réalisé par mon ami Mike Guermyet va dilater vos pupilles tel un feu d’artifice  ! Hop !


Rien que du bonheur.

B+

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Jeudi 30 octobre 2008
Certaines personnes m’ont récemment fait don d’inhumanité. Comme je suis un rien masochiste, j’ai accepté ce cadeau avec joie et m’en suis délecté un temps. Je dois être trop vieux pour prendre ça trop à cœur finalement, parce que heureusement, ça m’a glissé dessus, non sans douleur, mais glissé quand même. Cette introduction n’a pas pour but de me rependre sur mes erreurs de jugements, il est des croisements qu’on sait périlleux mais dans lesquels ont prends un malin plaisir à s’engouffrer par goût du risque. J’en étais arrivé à une vision simpliste, tout ce que je redoute dans l’interprétation de l’humain d’ailleurs, moi qui dis toujours que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, j’ai fini par me faire gagner par la destruction un instant. Alors je me disais, œil pour œil, dent pour dent, il y a les gens gentils et les gens méchants, les gens méchants finiront par crever tout seul, les gens gentils s’en sortirons, non sans encombre et finiront par vivre une forme de bonheur, ou deviendront méchants. Le côté obscur de la force ! Le bien et le mal, oui, cette histoire là, simpliste et éternelle. Mais à l’inhumanité j’oppose fièrement mon humanisme fragile et bancal, oui il est plus facile d’avoir de l’assurance dans la destruction que dans la construction. Je ne suis pas en route vers la simplicité, mais je sais que ma route sera belle, c’est l’essentiel. Alors oui, actuellement je suis fatigué de ce que je viens de vivre, épuisé et déçu, mais je garde le cap vers la lumière. Vous l’avez compris, c’est bêtement un rendez-vous manqué avec quelqu’un, une histoire d’amour sans amour, la banalité des corps qui s’usent. Mais assez parlé de moi.

J’ai été tiré ce soir de mon « stand by » par mon ami Reno Bistan. Un coup de fil de dernière urgence pour un remplacement d’ami qui devait l’accompagner ce soir. En temps normal, les appels tardif pour être dans un lieu précis dans l’heure qui suit, je décline poliment en prétextant je ne sais quelle solitude propice à je ne sais quelle inspiration ou je ne sais quelle volonté de glander devant mon ordi à videogamer ou serietéléiser.  «Il y a André Minvielle ce soir, tu veux venir avec moi ?». En commençant à préparer mon «non» ferme, j’ai eu la clairvoyance de demander : «c’est ou ?». Il m’a répondu : «au Limonaire, j’ai réservé pour deux personnes pour manger etc…». Je vous ai déjà parlé du Limonaire, ce petit resto chanson où il fait bon vivre, je vous en ai parlé d’ailleurs à propos de mon ami Reno Bistan lorsqu’il s’y produisait. André Minvielle au Limonaire ! Non mais est-ce qu’il y en a qui se rendent bien compte de la chance que j’ai eu ce soir à 19h15 d’avoir une telle proposition ? Pour vous donner un ordre d’idée, le Limonaire, plein à craquer, je ne sais pas si on peut faire tenir soixante personnes, c’est tout petit. André Minvielle là tout près ce soir oui c’est possible. Il y a un con en moi qui aurait dit non il y a deux ans en période post rupture, mais là faut pas déconner ! André Minvielle quoi ! J’ai donc dit oui. Je me suis emmitouflé dans mes vêtements d’hiver, j’ai sauté dans le métro et à 20h15 j’étais au Limonaire. J’annonce que je suis avec Reno Bistan et je me retrouve à une table au pied de la scène ! On a naturellement très bien mangé (on mange très bien au Limonaire je l’ai déjà dit) et vers 22h00 des myriades de gens sont venu s’engouffrer dans la salle, assis par terre et moi, chanceux parmi les chanceux, j’étais toujours confortablement assis en face de la scène, bientôt à deux mètre d’André Minvielle !

C’est un des chanteurs colporteur de musique inattendus le plus atypique et le plus humain qui soit. C’est la passerelle vibrante entre tous les genres de chants populaires de la musique traditionnelle à la chanson en passant par le jazz et pourtant il fait du Minvielle, de la vocalchimie comme il s’appélationne ! Il vient de la France d’en bas à gauche, de Pau à Toulouse en passant par Uzeste où il a participé activement aux plus belles heures du festival d’Uzeste musical. Il a longtemps été la voix de la compagnie Lubat de Gasconha, groupe protémultéiforme de Bernard Lubat. C’est un passeur d’onomatopées hors paire, un tambouilleur de mots unique, c’est un peu un des parrains spirituel de toute une mouvance en mouvement perpétuel de musiciens de tout horizon communicatif. C’est le chanteur humaniste par excellence, excusez du peu ! Tout ce que vous pourrez entendre sur ses disques n’égalera jamais la magie qu’il est capable de soulever sur une scène. Ce soir, il était tout seul, un micro, une pédale de boucle, quelques percussions et nous voilà parti pour un voyage hors les mots, hors chant, hors champs, hors temps, hors normes, hors bord, mais dirigé à l’intérieur du corps, du cœur au rythme, le « tempo des cerises » comme il dit ! Il faut une sacrée force d’ « émouvance » pour chanter sans filet, j’entends quasiment à capella, avec un sourire agrandi à l’infini, des chansons où la place des mots est ailleurs, par delà la syntaxe, un flot de sons qui transpire des sensations au delà du sens. J’étais aux larmes par moment tellement le partage était palpable, être ému hors des phrases qui bavardent et qui s’écoutent chuchoter du verbe, c’est pas rien. André Minvielle est un magicien vocal, un troubadour dans le sens noble, un transgresseur de monde.

Cette vidéo ne suffira pas à vous faire partager l’essence du bonhomme, mais elle m’a fait rire, alors je vous la colle là hop !


André Minvielle, chanson la langue

Et puis tiens je vous mets à l’écoute cette valse magnifique sur une musique de Marc Perrone qui me bouleverse tout particulièrement. Elle me bouleverse parce qu’elle raconte un peu ce qu’est Marc Perrone et que j’ai l’image de cet homme incroyable qui continu à monter sur scène sur son fauteuil roulant avec son accordéon diatonique et qui joue avec un bonheur tel que l’amour ça doit ressembler un peu à ça. Marc Perrone, un autre humaniste hors paire.


Voilà, je vais faire un peu l’adolescent et citer pour finir ce célèbre poème de Boris Vian :
« Je veux une vie en forme d'arête sur une assiette bleue (…) »
Oui, ce serait pas si mal…

B+

Ps : Rando, merci pour la grippe révisionnelle ! (private joke).
Ps 2 : Merci à toi Renaud surtout, pour tout.
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Mercredi 15 octobre 2008
Juste un tout petit peu de publicité comme ça en passant très vite. Pas de quoi en faire des tartines, c’est juste qu’il faut bien essayer de se vendre un peu alors voilà.

Ce vendredi 17 octobre, je ferais un petit concert de chansons à Lyon au Sixième continent (51 rue St Michel 69007 métro Saxe Gambetta) en première partie de Largo. Je serais pour l’occasion accompagné de David Mansot à l’harmonica et ça me fait vraiment un plaisir immense qu’il ait pu se libérer pour jouer avec moi. Mais vraiment !


L’entrée est à 3 et 5 euros et c’est à 20h30.

Si vous habitez à Tokyo, se sera pour une prochaine fois !

Et un énorme merci à Reno Bistan pour m'avoir proposé cette date.

Voilà voilà

B+

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Mardi 9 septembre 2008
Juste un tout petit mot en passant pour vous dire que je remonte sur une petite scène pour chanter pour la première fois depuis sept ans, demain soir mercredi 10, à Paris au Set de la Butte, 7 rue Pierre Picard dans le 18ème. C'est à 20h30, en première partie de mon amie Cécile Hercule, que je remercie encore au passage pour l'invitation. Voilà je vais jouer 6 ou 7 chansons, on verra bien... L'entrée est à 6 euros.


Du coup avec tout ça, et quelques déplacements ces derniers temps, j'ai pas eu le temps de trop bloguer, mais ça va revenir bientôt, ne serait-ce que pour vous raconter la soirée de demain.

à très vite...


B+
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Mercredi 23 juillet 2008
J’écoute rarement la radio, je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça, j’ai des périodes, parfois ça me prends j’ai envie, mais ce n’est pas une nécessité ponctuelle. Je dois être ce qu’on appelle communément un enfant de la télé, bien que la télé ait perdu son droit à l’image il y a plus d’un an dans mon appartement, mais bon vu ce que je me goinfre comme séries télé en tout genre, même si c’est par le biais d’autres support, ça reste de la télé. Pendant des années j’ai acheté Télérama, puis j’ai arrêté, lassé sans doute, je les empilait sans les lire, ça n’avait plus de sens. Ce week-end j’étais chez des amis dans le Jura et je me suis retrouvé nez à nez avec un Télérama, ça faisait longtemps, c’était pas désagréable, c’est un des rares journal à retranscrire les programmes radio et c’est comme ça que j’ai découvert l’existence de ce dont je vais vous parler. Vous avez vu, je cite patiemment mes sources, qu’est-ce que je suis bien éduqué ! En fait ça va me servir d’alibi, parce que j’ai un ami la semaine dernière qui m’a récité dans tous les sens et en travers sa haine profonde de France Inter, je ne voudrais pas qu’il croit que je collabore, parce que l’émission dont je vais vous parler est diffusé sur France Inter. Mais au vu du titre de mon article, vous vous doutez bien que je ne vais pas être très expansif sur la radio elle-même.

Hors donc, figurez-vous ladies & gentlemen, noobz & roxxor, amis & ennemis de France Inter, que sur les ondes de la dite radio tous les samedi à 16h05 depuis le 28 juin et tout l’été durant, Dominick Martinot-Lagarde nous fait voyager une heure en compagnie de Jacques Higelin. Oui c’est une excellente nouvelle, parce qu’une heure entière à écouter Higelin nous raconter son enfance, sa carrière, ponctué de témoignages des gens qui l’ont côtoyé, croyez-moi ça vaut le détour. Même si aujourd’hui à l’ère de Youtube et de Myspace, Higelin n’est certainement pas la valeur montante de la scène musicale française, il serait négligent de contourner tout ce qu’il a apporté à la liberté musicale aujourd’hui acquise.  Ce n’est pas à l’approche de ses soixante huit printemps que Jacquot va donner un coup de pied dans la fourmilière, mais longtemps il continuera à trimballer sa curiosité et son rire généreux sur notre paysage sonore. Il ne s ‘agit pas d’un témoignage de fin de carrière, celle qui éteindra Higelin est sans doute comme moi, beaucoup trop ému pour gâcher cette joie de vivre communicative d’un coup de faux. L’éternel tête en l’air va zig-zaguer encore longtemps sa dégaine d’elfe ébouriffé de désir, ses doigts de criquet vont chatouiller encore longtemps les pianos de l'envie, je ne l’espère pas, je le sais, c’est tout.

Pourtant entre Jacques et moi, ça avait plutôt mal commencé. Je devais avoir onze ou douze ans et mes investissements musicaux de l’époque se résumaient à une compilation du top 50 où cohabitaient Madonna et Peter Gabriel entre autre chose. Mon tube de l’année, c’était « La isla bonita » que je me passais en boucle sur mon walkman dans le bus sur le trajet de l’école. Je n’avais pas encore le goût des choses qui sortent de l’ordinaire et d’ailleurs je n’aspirais qu’à une chose : être ordinaire, avoir le même sweet que tout le monde, le même sac à la mode, le même jean, etc… Mais mes efforts de mimétisme étaient voués à l’échec, avec mes cheveux long, j’étais de toute façon juste « la tapette ». Pas sportif, pas play boy, la tapette dessinait et rêvait de normalité dans son coin à ce paradoxe près que je n’étais pas près à me couper les cheveux pour me fondre totalement dans le moule. Bien sur j’ai fini par craquer et supplié ma mère de me tailler cette tignasse féminisante mais à regret. Une fois avec le bon sweet, le bon sac, le bon jean et la bonne coupe en brosse une évidence s’imposait, ça ne me rendait pas plus heureux. Bref passons, je ferais mon autobiographie passé la soixantaine plutôt ! A cette époque je fouillais un peu dans les cassettes de mon père, j’essayais pour voir, je lui demandais conseil et il me refourguait toujours des trucs ignobles ! C’est comme ça que l’album « Caviar pour les autres » à atterri dans mon walkman pour en être éjecté six notes plus tard. Quelle horreur ! Aaaaaah ! Mais c’est naze Higelin ! Hop aux oubliettes le père Higelin, poubelle beurk ! Avec un fond d’honnêteté compatissante envers le morveux inculte que j’étais, j’admet que « Caviar… » n’est pas forcément le disque le plus évident pour découvrir Higelin.

Une ou deux années passèrent, je ne sais plus bien ce que j’écoutais à l’époque, les Beatles sans doute, nous étions en vacances avec mon père à Sault, un village dans le Lubéron avec sa compagne du moment Elisabeth et sa fille Claire. Grace à Claire, j’ai découvert Renaud (mais c’est hors sujet) et je dois à Elisabeth ma deuxième tentative Higelinesque. C’était une amoureuse d’Higelin, c’était d’ailleurs et c’est sans doute toujours une amoureuse de la chanson française, nous nous sommes recroisés bien des années plus tard lorsque moi-même je faisais des concerts. Désireuse de me faire partager sa passion pour Higelin elle m’a tendu « Alertez les bébés » que je me suis empressé d’enfouir dans mon walkman impatient envoûté par la description qu’elle m’en avait faite. J’aimais beaucoup Elisabeth, je l’aime toujours beaucoup même si ça fait bien longtemps que je ne l’ai vu, j’étais confiant. Aaaaaaaaaah ! Mais c’est inaudible ! J’étais tombé pile poile sur le morceau titre « Alertez les bébés » et ce que j’érige aujourd’hui au rang de chef d’œuvre intemporel, de model de chanson ultime et parfaite m’apparaissait à l’époque comme la pire bouillie sonore jamais vomit sur un disque ! Petit con va !

J’aurais du en rester là. Mais j’étais curieux. Quelques années plus tard je suis revenu tout seul vers le tas de cassettes de mon père au rayon « Higelin », j’ai écarté tout de suite « Champagne pour tout le monde… » dont la pochette indiquait clairement une filiation avec « Caviar pour les autres » souvenir encore tenace et pénible et j’ai inséré « Crabouif » dans mon walkman. Là, une voix d’enfant qui fait le couillon (Arthur H n’avait pas encore mué !) attise ma curiosité et dés le premier morceau « I love the Queen » je suis sous le charme, à « Tiens, j’ai dit tiens » je cris au génie, arrivé à « Je suis mort qui, qui dit mieux » je suis en larme, bouleversé et le serait à jamais à l’écoute de cette chanson magnifique et unique en son genre. Higelin n’allait plus me quitter.

Plus tard, chez mon copain Thomas à Sisteron je suis tombé sur une cassette sobrement intitulée « inédits 70 » dont je ne me suis jamais tout à fait remis. Cet enregistrement est longtemps resté un mystère pour moi car dans le commerce je ne trouvais pas les mêmes versions des « inédits 70 » que celles de la cassette. Naturellement c’était les versions de la cassette que je préférais. En fait il existe deux disques différents et je ne sais pas lequel est antérieur à l’autre : « Higelin, inédits 70 » et « Higelin, inédits 70 remasterisé » c’est la deuxième la bonne, les chansons semblent plus libres, plus aériennes. Tout ça pour dire que « Nini » troisième chanson du disque à longtemps été pour moi un modèle de chanson  exalté comme je les aimes. Jacques qui susurre « je t’aime » avec une fougue telle que j’en tremble encore. Higelin m’a donné envie de chanter. (Maintenant que vous connaissez le responsable, vous savez ou adresser vos plaintes !)

Voilà, j’ai préféré vous parler de mon amour pour Higelin à travers ces petites anecdotes plutôt que de vous vanter l’homme terriblement attachant, cet amoureux toujours sur le fil, amoureux de tout, curieux de tout, cet indescriptible animal sautillant en fait. Il y a une phrase de Jacques A Bertrand dans son essaie biographique sobrement intitulé « Higelin » qui dit : «  Quand Higelin entre dans un trois étoiles, le restaurant perd une étoile mais change de galaxie », ça résume pas mal de chose. J’espère que tout ça poussera votre curiosité à balader votre souris du côté du site de France Inter où les quatre premières émissions sont toujours disponibles à l’écoute. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le musicien, on ne peut pas ne pas aimer l’homme. J’avais emmené à un concert d’Higelin des amis qui n’aimaient pas, ils en sont ressortis avec un sourire incroyable. Higelin sur une scène c’est indescriptible et surtout, on est sur qu’un soir sur l’autre, ce ne sera jamais pareil. J’aurais tant et tant à dire sur Higelin, mais il vaut mieux aller l’écouter raconter sa vie tendrement à la radio, c’est passionnant et passionné, c’est magique.

Hop le lien :
Jacques... Jacques Higelin.


A très vite (oui bon oui je sais mais bon !)


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Samedi 5 juillet 2008
Hier soir j’ai traîné de force mon ami M (il est tellement dévoué à la cause de son travail que j’ai du aller le chercher dans son bureau où il s’était enchaîné à son ordinateur) au Limonaire, petit bistro resto chanson du 9ème arrondissement. Ce qui vraisemblablement était un calvaire pour mon ami M (non mais il ne voulait pas me donner la clé de la chaîne j’ai du trouver une scie à métaux pour en venir à bout) était une grande joie pour moi. Non seulement j’allais enfin voir Jeanne Garraud et en prime mon ami Reno Bistan en concert. Ce n’est certainement pas la mine usée par la dévotion travailleuse de mon ami M qui allait gâcher ma joie, oh il pouvait bien me faire ses yeux de cocker neurasthénique, qu’il le veuille ou non il cesserait toute activité rémunérée sur le champ pour m’accompagner. J’ai bien tenté d’appuyer sur la corde affective en lui rappelant qu’autrefois lui aussi il était chanteur et que ça lui aurait fait plaisir que ses amis viennent l’écouter, mais il a beau faire toujours plus jeune que son âge, dans sa tête les rêves de paillettes ont vieillit et se sont changés en désir de possession matériel, piscine, jacuzzi, villa, yacht, jet privé et tutti quanti… Ah il est loin le temps ou il participait à la finale inter régional des sosies de Jean Jacques Goldman ; sa Gibson ne le fait plus trop saigner ! J’ai du céder et lui promettre qu’on irait faire un tour au Virgin des Grands Boulevard pour qu’il puisse user sa CB sur une avalanche de DVD avant d’aller au Limonaire. A 20h30, après avoir retourné tout Virgin, nous y étions enfin !

Je n’étais jamais venu au Limonaire et j’ai été particulièrement séduit par le lieu. C’est une des choses que j’aime le plus à Paris : le temps de traverser une rue on peut glisser d’un monde à l’autre sans s’en rendre compte. A deux pas des Grands Boulevards, là où l’agitation brûle, au cœur de la citée Bergère, on traverse une arche et on se retrouve dans une rue aux allures de cour isolée où se tient paisiblement une terrasse pleines de gens souriants. La bise à l’ami Reno et nous demandons à une des charmantes serveuses si nous pouvons manger dehors. Tout a l’air pris mais elle nous installe à une table où un monsieur tout seul accepte notre présence. Nous faisons alors connaissance avec David, juriste américain qui travaille pour une entreprise nucléaire Française, de passage à Paris pour le boulot et véritable amoureux de la France (il habite dans la banlieue de Washington, c’est à dire à 400 km de DC !). Ce n’est pas tous les jours qu’on croise un américain nucléaire dans un bistro à chanson ! Passé un excellent gaspacho et un délicieux confit de porc aux petits légumes, passé des choses et d’autres et des bribes de discutions à droite à gauche, passé le sourire radieux de notre serveuse, le Limonaire va pouvoir se transformer. La formule est simple, le Limonaire est un restaurant, mais à 22h00, le service s’arrête et ça devient un lieu d’écoute, un lieu de concert. Ce soir il y aura trois artistes qui se succéderont sur scène : Sabine Drabowitch, mon ami Reno Bistan et Jeanne Garraud.

Je n’ai pas été touché par Sabine Drabowitch, mais je n’ai rien de désagréable à dire sur son travail, elle vit pleinement ses chansons et sa sincérité est palpable. A la fin de son set, mon ami Reno est arrivé sur scène avec son petit accordéon et sa guitare…

Flash back : Avant de s’appeler Reno Bistan, Reno s’appelait Renaud Pierre, nom et prénom qui figure d’ailleurs toujours à son état civil pour ce que j’en sais ! Renaud était le chanteur auteur compositeur d’un groupe Croix Roussiens (pas Lyonnais hein, Croix Roussiens !), le groupe Bistanclaque. Oui j’ai déjà évoqué ce nom dans mon article sur
Martin et ses antécédents*, le monde est petit ! J’ai du assister à toutes les modulations et transformations de Bistanclaque depuis tant d’année que j’aurais du mal à compter (il y a eu Bistanclaque 2, Bistanclaque 3, Bistanclaque 4, puis Bistanclaque 3 bis, Bistanclaque 2 bis et enfin Reno Bistan, Bistan one quoi !), de l’enregistrement du premier album « Pan ! » (Où j’ai poussé quelques chœurs sur le tube de l’époque « bienvenue à la Croix Rousse »), en passant par la naissance du festival des nuits de la pierre bleue (festival dont il faudra que je parle un jour, mais cette année je l’ai encore raté lamentablement), en passant par l’enregistrement de l’album de mon groupe de l’époque « La petite bande » (où Renaud m’avait prêté sa voix pour un duo et ses musiciens pour quelques chansons), en passant par de nombreux concerts partagés, de nombreuses parties de coinches, des rires, des larmes, des engueulades, des joies, de bonheur, en passant par leur dernier et magnifique album « longtemps nous nous sommes couchés tard… » (dont j’ai réalisé la pochette et n’en déplaise à ses détracteur, j’en suis très fier !), jusqu’à la séparation du groupe lors du deuxième tour des élections présidentielle de 2007 (il n’y a aucun lien de causes à effet, mais le dernier concert de Bistanclaque que j’ai vu de ma vie s’est terminé par une victoire de Sarkozy, c’est dire si c’était un triste jour !). Bref, je pourrais presque écrire un roman sur Bistanclaque en toute modestie ! Les Bistanclaque séparés, Renaud à décidé de poursuivre l’aventure en solo et il a bien fait.

Bien que je connaisse son répertoire par cœur, Reno Bistan m’a profondément ému ce soir. C’est la première fois que je le voyais seul sur scène et cette solitude lui va bien. Renaud a toujours été très attaché à la tradition orale, à la mémoire des langues, au principe de partage simple entre convive d’une musique à voyager. Il a un don pour rendre unique un instant de partage avec le public et libéré des contraintes de groupes et de son, a capela avec sa guitare ou son accordéon, l’échange est instantané. Qu’il raconte ses amours contrariés avec la distance de l’autodérision où qu’il sème une graine de mémoire (il sait combien j’aime «
l’ancienne » sans doute sa plus belle chanson) ou une pincée d’acidité il nous touche instantanément.  Bien sur, je manque un tantinet d’objectivité, je suis et aime son travail depuis tant d’années que je ne vais certainement pas en dire du mal, ou alors en privé en face de lui, personne n’est parfait et personne n’écrit des chef d’œuvres à tous les coups, mais justement, je pourrais être usé de les avoir trop écouté ces chansons et il n’en est rien. Ce soir je les ais entendu comme la première fois, attendri avec un rire au bord des yeux. Il revêt enfin un véritable habit de troubadour du présent, colporteur d’histoires nécessaires, résistant de l’oralité, poète tout simplement. Alors qu’il continu à transformer ses doutes en chansons et qu’elle nous parviennent vite.

Un petit tour sur son myspace pour vous faire une idée :
Reno Bistan en espérant qu'il ajoute bientôt d'autres enregistrements.

Puis Jeanne Garraud est arrivée…

Flash back : Je l’ai découverte lors des derniers concerts de mon ami Martin à Lyon où elle partageait la scène avec lui offrant à « histoire en forme d’infini » quelques duos inédits impressionnants. Pour en avoir fait l’expérience, je vous assure que chanter en duo avec Martin sur une scène n’est pas forcément de tout repos, c’est qu’il prend de la place le Martin ! Jeanne était arrivée à une sorte d’osmose quasi parfaite et j’ai encore des tremblements en pensant à leur duo canonique sur « Jean misère » à tel point que je suis retourné voir le spectacle une deuxième fois (ce n'est pas tout à fait vrai si on considère le nombre de fois où j’ai vu ce spectacle dans ma vie, une deuxième fois avec Jeanne donc !). Ce deuxième soir, il y avait la percussionniste de Jeanne, Vanessa Garcia sur scène avec eux et c’est une sacré musicienne. C’est dire si j’étais impatient de voir le duo Jeanne Vanessa sur scène avec leur propre répertoire.

Il y a quelque chose d’instantanément acquit chez Jeanne Garraud lorsqu’elle monte sur une scène, sa beauté simple et son sourire sincère qui illumine d’un regard. Quand elle a demandé à l’assemblée : « Est-ce que quelqu’un comprend quelque chose à l’amour ? », j’avais envie que ses yeux cherchent un bout de réponse dans les miens ! Non, je ne vais pas me faire tatouer « JG » sur le cœur, il n’y aura pas de poster de Jeanne Garraud au dessus de mon lit, ce ne sera pas une icône pop à fantasmer, je sais que je m’emballe pour un oui ou pour un non mais les frissons qui me parcourt à sa vue son clairement dans un rapport de spectateur à artiste. Ce que sa voix chante, les mots qui nous parviennent, la musique qui les danse, sont les coups de pinceau du tableau qu’elle nous présente : sa présence lumineuse. Mais le tableau serait inachevé sans les touches de couleur qu’apporte Vanessa Garcia aux compositions.  Ses percussions sont d’un autre monde, d’une autre saveur et elles soulèvent le phrasé de Jeanne avec une subtilité rare. Il y a quelque chose de magique dans son jeu, elle aussi vibre d’une présence lumineuse à tel point qu’il est difficile de les imaginer l’une sans l’autre, les voir jouer dos contre dos Jeanne au piano, Vanessa à la batterie est une douce image poétique de complicité et de partage échangé avec le public tendrement.

Allez poser une oreille par ici :
Jeanne Garraud personnellement je suis fou de "Boulevard" et de "La vie nous malmène".

J’ai passé une excellente soirée et s’il y en a qui ne savent pas trop quoi faire ce soir, réjouissez-vous, le Limonaire propose exactement la même affiche, samedi 5 juillet à 22h00 (Le Limonaire, 21 rue Bergère 75009 Paris, métro Grand Boulevard) et si vous arrivez plus tôt, vous pourrez profiter des qualités gastronomiques du lieu.

Bon j’ai été très bavard et vous me direz ce n’est que justice après une semaine de silence, mais en ce moment je suis investi dans un boulot qui me tiens à cœur et je n’ai pas le courage d’écrire en sortant du bureau, mais bon je ne suis pas non plus accroc à mon travail comme mon incurable ami M !

Allez bon week-end et belle soirée à ceux qui pousseront la curiosité jusqu’au Limonaire.


B+

* Au joie ! Sur son myspace :
Martin & ses antécedents Martin à eu l'excellente idée de mettre à l'écoute l'intro du concert à l'Arbresle "Comme un chien" dont je vous parlait il y a peu. Oui Martin, je fais clairement parti des émus !
Par B+
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Mercredi 4 juin 2008
Ma guitare a des migraines tous les jours depuis plus d’un mois, ça commence à être louche. Je n’ai pas non plus des besoins immenses, deux ou trois fois par jour par tranche de 10 à 20 mn, rien d’extraordinaire, mais en ce moment c’est niet, à peine je la prends sur mes genoux qu’elle commence à avoir mal quelque part. Au début j’étais confiant et je lui ai suggéré d’aller consulter, mais comme elle déteste aller chez le luthier se faire regarder l’intérieur de la rosace elle m’a dit que ce n’était pas grave et que ça allait passer. Mais ça ne passe pas. Je ne peux plus la toucher sans qu’elle me sorte cinquante excuses pour m’empêcher de l’accorder, elle refuse les préliminaires c’est pas bon. Alors je me gratte tout seul et je commence sérieusement à songer à la tromper avec ma basse. Oui je sais, c’est pas comme ça que ça va s’arranger, mais mettez vous à ma place, vous arriveriez à tenir plus d’un mois sans lui effleurer ne serais-ce que le dos ?

J’ai essayé de l’amadouer avec des cadeaux, de nouvelles cordes, une nouvelle housse, un sillet tout neuf, des médiators à la vanille et à la fraise, mais c’est toujours le même refrain. Une fois elle s’est laissée faire, rien qu’une fois. J’y suis allé calmement en masquant mon impatience, je l’ai installé sur mes jambes en lui chuchotant des mots doux, lentement j’ai commencé à lui titiller les mécaniques en pinçant légèrement une corde pour que le LA frisonne de plaisir. Elle s’est laissé accorder comme avant et sa respiration commençait à monter une gamme de désir. Mais je ne sais pas ce qui m’a pris, au lieu d’y aller Bossa, soft et langoureux je me suis excité à grand coup de Ska sur un MI majeur et elle s’est mise à crier, je lui faisais mal, tellement mal que je lui ai pété deux cordes. Autant dire que je prolongeais ma peine d’au moins une semaine. A force je me suis demandé si elle n’était pas lassé de ma manière de faire depuis le temps, peut-être qu’un peu de nouveauté la rendrait câline à nouveaux. Mais je suis tellement en manque que j’en deviens furieusement bourrin et au rayon nouveauté on ne peut pas dire que j’ai énormément innové. Je l’ai prise par surprise sans préliminaire en lui grattant direct un mauvais zouc crasseux, bin ça lui a pas plu, mais alors pas plu du tout ! En ce moment, on en est au stade ou on se dit à peine bonjour au petit déjeuner.

J’en peux plus. C’est d’autant plus une torture que mon ami Tof loge souvent à la maison à cause de son travail. Chez moi, c’est pas bien grand et surtout c’est mal insonorisé et la nuit, pendant que ma belle me tourne le dos superbement, j’entends Tof fricoter avec sa clarinette avec virtuosité. Toute la nuit ils improvisent et il n’y a pas à dire, ils connaissent la musique ! Il faut dire qu’il a trouvé une clarinette en or. Ils ne se disputent jamais, ils vivent chacun leur vie sans jalouser l’autre de quoi que se soit. Mais Tof, c’est un musicien, un vrai. Il a étudié les bases depuis sa tendre enfance et il sait comment rendre un instrument heureux. Il peut bien faire les pires conneries à côté, rien n’entachera  jamais son bonheur tant il maîtrise parfaitement l’harmonie. Moi je ne suis qu’un amateur, comme j’ai de l’imagination j’arrive à faire croire que je suis bon, mais je suis un imposteur et ma guitare me le fait bien sentir en ce moment. Je les soupçonne de faire des trucs à trois dans mon dos, ça expliquerait qu’elle ne veuille plus de moi, un virtuose et une clarinette, je peux difficilement la combler après ça. Va falloir que je fasse le ménage dans mes amitiés tiens ! Traître ! Moi qui te considérais comme mon frère !

Demain j’irais traîner à Pigalle. Je sais c’est pathétique d’aller à Pigalle gratter une guitare d’occasion dans une cabine sordide, mais il faut bien que le corps exulte ! Si quelqu’un à une solution, si quelqu’un peut m’aider à retrouver un rythme régulier dans nos rapports, si ce quelqu’un existe, qu’il se manifeste, je vous en supplie, je suis au bord du gouffre là, j’en suis au point d’acheter des partitions de Francis Cabrel pour essayer d’attirer son attention, sauvez-moi !


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Jeudi 29 mai 2008
La première fois que j’ai vu Martin c’était sur une scène en plein air dans les monts du Lyonnais. Je ne me rappelle plus du nom du village où le concert avait lieu, mais je me souviens que l’attraction principale de la soirée était les Têtes Raides. Pas moins de six ou sept groupes assuraient la première parti de soirée, dont mes amis de Bistanclaque qu’en bon fan Croix Roussiens, je venais soutenir avec entrain. Lors d’une pause entre deux prestations, je croise dans le public mon amie Nelly que je n’avais pas vu depuis belle lurette. A peine avons nous eu le temps d’échanger quelques “ça va ?” que je la vois courir vers la scène en hurlant : “Haaaaaaaaaaaa c’est mon pote Martiiiiiiiiin !!!!!!”  à demi hystérique. C’est, je crois, la dernière fois que j’ai vu Nelly de ma vie, à jamais perdue aspiré par la foule. En bon spectateur docile, je me tourne vers la scène et c’est parti pour trois quarts d’heure de claque totale ! Ils sont trois, un pianiste, un clarinettiste et Martin au micro, on les appelle “Martin et ses antécédents”. C’est indescriptible, ça commence dans un chaos sonore tel qu’on a du mal à croire qu’ils ne sont que trois, le pianiste fait sautiller ses doigts en zig zag sur son clavier, le clarinettiste à deux clarinettes dans la bouche et Martin, recourbé, avance vers nous comme un petit animal malicieux et entame d’une voix riante : “je vais chanter pour les paumés…” C’est le début de “Comme un chien”, une chanson qui se terminera naturellement dans un déluge d’aboiements. Le reste du concert est à la hauteur de son introduction, démesuré, excessif, barge, musicalement impressionnant, faut dire que les deux musiciens ont le dérapage jazzy facile et l’improvisation leur démange fortement les zygomatiques, bref un excellent show mené de main de maître par Martin, elfe sautillant aux yeux pétillants. Les Têtes Raides ont fait pâles figures après ça.

La deuxième fois que j’ai vu Martin c’était à Horlieu, petite salle des pentes de la Croix Rousse, qui depuis, hélas, comme énormément de petits lieux vivants et vibrants à Lyon, à fermés à défaut d’avoir les aides nécessaires pour assurer sa programmation dans des conditions décentes. A l’époque, j’étais moi-même chanteur dans un groupe qui s’appelait “La Petite Bande” et mes amis de Bistanclaque nous avaient demandé à Martin et moi-même d’assurer leur première partie. Martin avait alors fait une prestation très différente avec des projections de diapo et une chanteuse au doux prénom de Liberté. A ce moment-là, pris dans l’atmosphère plus posé d’Horlieu (Horlieu était avant tout une salle dont la programmation s’axait autour de l’improvisation musicale, littéraire, dansé ou picturale, un vrai lieu d’écoute à l’acoustique superbe, nous n’étions pas programmé, nous avions loué la salle, mais c’est une autre histoire…) j’ai pu profiter pleinement de la voix de Martin et porter une plus grande attention à ses textes. Un univers unique, poétique et drolatique qui à tout moment pouvait partir en vrille et nous télétransporter dix galaxies plus loin dans un autre univers.


Depuis, Martin et moi nous sommes croisés à plusieurs reprises lors de concerts partagés ou lors de soirées folles. Puis nous sommes devenus amis. Je ne vais pas détailler toutes les aventures trépidantes de cette amitiés et si je vous parle de Martin aujourd’hui, c’est qu’il est de retour ! Il n’est jamais vraiment parti, c’est un demi come back on va dire, mais je tenais à marquer l’événement d’une pierre orange et verte. Car Martin bourlingue d’envie en envie avec dextérité et laisse rarement le doute l’emprisonner d’hésitation. Martin est créatif, en ébullition permanente et une idée, la plus infime soit-elle, vaut la peine d’être mise en scène quelque soit la scène. Martin pour assurer à sa descendance joie, allégresse et équilibre, exerce le beau métier de tapissier.  Ainsi, au détour d’un jeudi soir, l’atelier de tapisserie peut se transformer en petit lieu de spectacle vivant où Martin expérimente toutes formes de représentations de la lecture, au théâtre, au débat en passant naturellement par la chanson. C’est ici, dans le fourrage et les fauteuils éventrés, sur un tapis de clous dominé par des chaises suspendues au plafond, qu’est né “Histoire en forme d’infini”.

"Histoire en forme d’infini" à l’origine a été créé avec son clarinettiste fétiche (clarinettiste, qui depuis saxophonise, accordéonise et flûtise dans un groupe de rock à la célébrité grimpante dont je tairais le nom. Clarinettiste que j’ai d’ailleurs détourné de son café il y a quelques jours pour lui faire faire les photographies qui ornent mon blog, mais vous parler plus amplement de ce clarinettiste, qui est devenu plus que mon frère, serait un peu long aujourd’hui…) et joué dans l’atelier de tapisserie avec Martin himself au piano. Depuis le spectacle à drôlement voyagé et au hasard d’une rencontre dont j’ai oublié les détails le clarinettiste (qui d’ailleurs sur ce spectacle jouait principalement de l’accordéon !) à été remplacé par un quatuor à cordes ! Sans dénigrer la forme première du spectacle, il faut bien reconnaître que l’arrivée d’un quatuor à cordes à soulevé “histoire en forme d’infini” au rang de chef d’oeuvre ! Oui un chef d’oeuvre et je pèse mes mots tout excessif exalté que je suis, un chef d’oeuvre tout simplement chef d’oeuvresque.

La bonne nouvelle, c’est que ce chef d’oeuvre lumineux et généreux sera disponible sur CD dés ce mois de juin 2008. La deuxième bonne nouvelle c’est que vous pouvez en écouter quatre extraits ici :

http://www.myspace.com/martinetsesantecedents

La troisième bonne nouvelle c’est qu’il y aura quatre représentations du spectacle les 5,6,7 et 8 juin avec plein d’invités à Acte 2 Théâtre 69009 Lyon, mais tout ça est indiqué sur le myspace sus linké. Bien sûr la troisième bonne nouvelle touchera plus facilement le public Lyonnais que le public Hong Kongais mais bon…

Oui Martin m’a payé très très cher pour que je fasse de la com sur mon blog, parce qu’en fait tout ce que je vous ai raconté avant est faux et archi faux, je ne connais pas ce Martin, j’en ai jamais entendu parlé, ça n’a jamais été mon ami, mais alors jamais ! D’ailleurs son spectacle est nul et si Martin n’étais pas le neveux de mon patron et si je n’avais besoin de cette promotion pour justifier auprès de ma banque le prêt pour ma villa à Biarritz, bin franchement je me serais pas cassé le cul à pondre cet article !


Sur ce, bonne journée.


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Vendredi 23 mai 2008
Cette nuit, j’ai rêvé que j’enregistrais un disque avec les Rolling Stones, enfin avec Keith et Mick, mais c’est mieux que rien. Ils étaient de passage au studio par amitié pour le réalisateur de l’album, réalisateur qui s’avérait être le batteur du groupe de rock pas roll dont j’étais le chanteur à 16 ans ! On allait entamer les prises d’un nouveau titre quand ils ont déboulés tous les deux dans la pièce joyeux comme des mômes au macdo. Aussitôt Keith a sorti sa gratte et a commencé à monopoliser l’espace sonore avec un sans gêne anthologique. Mick a jeté un oeil à mon texte et s’est proposé de faire les choeurs. La chanson que j’avais écrite semblait les inspirer au plus haut point, en quelques secondes Keith avait pondu un riff qui tue et Mick faisait des “wap doo waa” enjoués. C’est vrai que ça sonnait mieux que la démo pourrave qui nous servait de référence que j’avais enregistré la veille dans ma salle de bain avec un vieux magnéto à cassettes. Mon manager se frottait les mains en imaginant la campagne publicitaire de l’album. Quel enfoiré ! Comme si j’avais besoin des Rolling Stones pour vendre des disques ! Hors de question de devoir mettre en avant la participation de ces ringards à mon chef d’oeuvre, non non non, ils seraient crédités en tout petit dans les remerciements entre Jean-Pierre le stagiaire qui a roulé les câbles et acheté les bouteilles de Ricard et Marceline la soeur de l’ingé son qui nous a prêté les casseroles parce que le cuisinier incompétent qu’on avait dégoté à la dernière minute n’était pas fichu de ramener son matos ce noob ! (d’ailleurs faudra que je fasse traîner sa paie à celui-là pour lui apprendre le professionnalisme !).  Il y en a marre de ce système de starification bidon qui consiste a éclipser la seule force de vente qui devrait être : le talent, au profit d’un copinage abusif ! D’abord c’est pas mes potes à moi, ils étaient là par hasard et je leur ai rien demandé aux deux dinosaures à paillettes. Ils sont quand même gonflés de venir me faire de l’ombre dans mon studio à moi que j’ai loué très cher pour enregistrer mon album à moi que j’ai fais avec mes petits doigts à moi ! Peuvent pas aller taper le boeuf dans leur garage au lieu de venir faire les malins sur mon disque !


C’était l’enfer. Je vous raconte pas l’état de ma gorge au réveil tellement j’ai du batailler au micro pour que ma voix couvre les “wap doo waa” frénétiques de l’autre égosillé. Je me lève donc, quelque part heureux de sortir de ce cauchemar musical, j’avale une cuillère de miel et un doliprane et je regarde l’heure. 7 heure du mat ! Faut pas déconner, je me recouche pour attraper le rêve suivant paisiblement. Saperlipopette ! Je retombe exactement dans le même rêve ! Pire que tout, pendant les quelques minutes où j’étais éveillés, ils en avaient profité pour réarranger tout l’album ! Et Mick qui me prends à part en me suggérant que cette chanson, puis celle-là et encore celle-là seraient bien meilleures si c’est lui qui tenait le lead vocal et moi les “wap doo waa”. J’allais protester, faire un scandale apocalyptique quand Roger, le directeur artistique du label m’a incité avec deux trois potes à lui (un catcheur, un sumo et un patineur artistique) de bien fermer ma gueule et de laisser faire les professionnels. A la fin de la journée, Roger était au téléphone avec le graphiste pour changer le nom sur la pochette. Putain ! Je venais d’écrire le nouvel album des Rolling Stones !  Par contre pour des questions juridiques mon nom ne figurerait pas dans  le disque et il vaudrait mieux pour moi que je n’essaie pas trop de faire des vagues pour ma propre sécurité et celle de mes proches ! Avant de me congédier, on m’a poliment demandé de faire un chèque pour régler tous les frais de studio. Impossible de joindre mon avocat qui était parti visionner Indiana Jones 4 en boucle (ça pouvait prendre plusieurs semaines), j’étais cuit. J’ai erré des heures dans Paris à ruminer un plan pour reconquérir mon bien, privé d’alcool par mon médecin j’ai du me bourrer la gueule au jus de tomate et un mal de bide insoutenable m’a convaincu de rentrer chez moi avant d’avoir trouvé une solution miracle. Je grimpe péniblement les six étages, je glisse la clé dans la serrure j’entre et là, je vois Mick Jagger dans mon canapé en train de squatter ma console de jeux ! Il me regarde avec dédain et me lance d’un air détaché : “ On peut savoir ce que tu fous chez moi ?” !

Le réveil sonne, je suis tout transpirant et bien décidé à me lever pour ne pas replonger une troisième fois dans ce cauchemar sans nom. J’attrape la cafetière et la boîte de café et… Merde ! Plus de café ! Je réveil Mick qui dors dans le salon et je hurle : “Espèce de noob t’as encore oublié de racheter du café !”


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Mercredi 21 mai 2008
Oh ça oui ceux qui me connaissent dans la vie vraie pourront témoigner que je l’ai  déjà fait cent fois le coup de l’actrice trop elle est plus belle que jolie que je l’aime et que je collectionne toute sa filmographie en dvd sur une étagère avec un autel consacré à son culte ! Je ne sais pas à quand remonte ce fétichisme, mais je me souviens que quand j’avais onze ou douze ans je vouais ce genre de culte acharné à Garfield. Oui Garfiel le gros chat orange rayé qui hait les lundi. Tout mon argent de poche y passait en peluches, cartes postales, mugs et autres bibelots stupides. Allez comprendre pourquoi, je suis passé de Garfield à Michelle Pfeiffer ! Mais à l’époque c’était difficile de se procurer une peluche Michelle Pfeiffer ! J’ai du comme ça avoir des centaines d’idyles cinématographiques. J’ai même fait des “rétro-idyles” en remontant le temps à la recherche de Katharine ou Audrey Hepburn, de Nathalie Wood (haaaaaa Nathalie Wood dans “la fièvre dans le sang” d’Elia Kazan ! Soupir !) ou encore Lauren Bacall. Il n’y a quelques temps j’avais entammé une collection de “Lindsay Lohan movies” ! Attention avec des monuments du cinéma contemporain comme “Journal intime d’une future star”, “Dans la peau de ma mère” ou encore “La coccinelle revient” ! Bref, je suis bien conscient qu’avec un tel pédigré, personne ne va prendre au sérieux ce qui va suivre. Mais je m’en fout !

La première fois que j’ai vraiment fais attention à Zooey Deschanel c’était dans un (de mon point de vu) très mauvais film adapté d’un surement très bon livre (que je n’ai pas lu) lui-même (si ma mémoire est bonne) adapté d’une émission de radio anglaise (que je n’ai pas écouté, j’écoute rarement les radios anglaise). Bref c’était dans “H2G2 : le guide du voyageur galactique” de Garth Jennings. Son visage rond, ses yeux ronds… Haaaaa Zooey… Je l’avais pourtant déjà entre apperçut dans “presque célèbre” de Cameron Crow et je l’ai revu dernièrement dans le très beau “L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford” de Andrew Dominik. Pour les accrocs de séries télé de M6, sachez que Zooey est la vraie soeur dans la vie vraie du docteur Temperance Brennan (la fausse pas la vraie !). Puis c’est bon hein ! Vous faites comme moi, vous allez vérifier sur IMDB.com !


Je ne vais pas vous faire une apogée de la plastique superbe de Zooey Deschanel, surtout que tout le monde sait que je préfère les blondes à fortes poitrines et que ça risque de sonner faux à force d’éxaltation. Haaaa… Son visage rond, ses yeux ronds… Haaaaa Zooey…

Venons-en au fait. J’ai découvert cette semaine que mademoiselle chantait. Si si ! Certes Lindsay Lohan aussi chante, mais comment dire, je préfère passer sous silence ce moment pénible de mon existence ! Zooey Deschanel chante et sa voix est belle, sa voix est ronde, comme son visage, comme ses yeux… Haaaa Zooey… Alors oui j’aurais pu vous mettre le liens myspace et simplement vous dire : “c’est chanmé, trop ça drop le ienche, ça déchire la vieille pute sa mère, ça défonce à mort la mort de la mort qui tue trop, faut qu’t’écoute ça mon frère, ça va purifier tes tympans comme de te rincer les oreilles avec deux moutons trempés dans de la vodka à l’eau de javel !” Mais bon j’estime que ça aurait été malhonnête de vous faire croire que j’aurais autant insisté si la voix qui chante rondement n’était pas celle de la sublime Zooey Deschanel que je connaissais déjà physiquement dans sa parfaite beauté gracieuse, si je n’avais pu coller un visage rond et des yeux ronds sur ce timbre délicieux. Haaaa… Son visage rond, ses yeux ronds… Si ronde partout et pourtant si fine ! Haaaaa Zooey…

Voilà, le groupe s’appelle She&Him (mais him on s’en fout hein !) l’album s’appelle “volume one” et on le trouve sur itunes par exemple. Mais allez déjà vous faire une idée par ici :

http://www.myspace.com/sheandhim

Mon morceaux en ce moment c’est “take it back”
mais attention c’est une ballade alors ça groove pas du tout velu !

Bon allez bonne nuit !


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