4 minutes...
Dans la série « les mystères de la distribution », je m’interroge sur la très brève visibilité du film « 4 minutes » de l’Allemand Chris Kraus, sorti en France en janvier 2008 dans une sorte d’indifférence étrange pour un film de cette qualité. Je m’interroge d’autant plus que le distributeur est Europacorp Distribution, réseau de distribution de la société de production de Luc Besson (non, je ne ferais pas de zig zag verbaux sur la personne de Luc Besson, d’autres en ont fait leur spécialité depuis fort longtemps et j’avoue ne plus savoir trop quoi penser de ce monsieur). Bien sur la critique à la sortie du film n’a pas vraiment été dithyrambique, mais quand je lis ça : « Sous les sonates et les fugues aériennes, rien de moins que la relecture en Z mineur des pires Van-Damme-films des années 1980. » dans Les cahiers du cinéma , je comprends pourquoi je déteste ce torchon élitiste garant de la qualité cinémathèque et de la mention chef d’œuvre intemporel vu et approuvé par l’intelligentsia cinématographique française. Je n’ai pas trouvé la critique de Libération de l’époque, mais je suis sûr qu’elle m’aurait conforté elle aussi tant Libé est un parfait baromètre cinématographique, en gros si Libé descend un film et crache dessus, c’est que c’est sûrement un chef d’œuvre ! C’est bien d’avoir des repères comme dirait mon ami P. Les autres critiques sont plutôt mollasones dans l’ensemble, en dehors de l’unanimité reconnu à la performance des deux actrices et au choc émotionnel de l’incroyable final, rien ne semble les convaincre. Quelque part, c’est drôle de dire ça, mais ça me fait un peu penser à l’accueil de « Nikita » à l’époque, aujourd’hui salué par tous comme le seul film viable de Besson. J’exagère un peu, l’accueil de « 4 minutes » a été tiède, celui de « Nikita » était une volée de vomi gluant et haineux. Si je pense à « Nikita », ce n’est pas à cause de la mention « Luc Besson producteur », mais à cause d’un des personnages centraux du film, en effet la performance d’Hannah Herzsprung n’est pas sans rappeler celle d’Anne Parillaud à l’époque, même si les sujets sont très différents. Une autre analogie avec le film de Besson est la volonté d’une mise en scène avec beaucoup d’effet et la volonté permanente de désamorcer le drame avec un trait d’humour. La comparaison s’arrête là. Sinon on va dire que j’encense le scénariste de «Taxi », loin de moi cette idée, mais je maintiens, au milieu d’une carrière certes chaotique et très contestable tant sur le fond que sur la forme, que Luc Besson peut se vanter d’avoir réaliser un chef d’œuvre : « Nikita ».

Voici le resumé collecté sur le site d’allociné : « Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu'elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d'entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas. » Je ne vous en dit pas plus, mais j’insiste, ce film est formidable. Oui il y a effectivement des soit disants défauts formels et quelques seconds rôles un peu caricaturaux, mais je préfère parler d’une forme d’expressionnisme volontaire plutôt que de maladresses « esbroufiques ». Car oui, les décors sont repeints pour donner une unité plastique à l’image que la photographie magnifie, oui la caméra fait de grands mouvements amples autour des corps et des objets, mais ce n’est jamais gratuit, contrairement à ce qui a pu être écrit. J’ai ressenti ça comme une véritable recherche formelle et créative qui n’a eu d’autres effet sur moi que de me cueillir d’émotion à chaque chute de plan. Certes je ne suis pas un grand expert de la grammaire cinématographique, mais il serait idiot de croire qu’un film repose juste sur une direction d’acteur parfaite, la caméra écrit dans l’espace ce que les mots ne peuvent pas signifier seul. Que la mise en scène soit « trop voyante » ne dérangeait personne sur « Les ailes du désir » de Wim Wenders. Encore un nom que je ne prononce pas au hasard, il y a chez Chris Kraus un travail de la lumière et de la couleur qui évoque un peu le Wenders période américaine. Pour un réalisateur allemand, répondre de l’héritage de Wim Wenders ne doit pas être honteux.
Bon mais je m’égare, je ne veux pas vraiment faire d’analyse filmique, ça ne m’intéresse pas, j’ai juste pris ce film dans la gueule hier soir sur mon canapé avec mon ami Tim qui se l’est vraisemblablement pris, lui aussi dans la gueule. C’est vrai, avec Tim on a plus ou moins les mêmes goûts, mais quand même quelle claque ! Après une petite pause, on a fait l’erreur de regarder « Paris » de Cédric Klapisch… Heu comment dire sans être trop méchant ? Inepte, tout simplement inepte, inutile, vain, souvent stupide, je préfère ne pas en parler, d’autant que je suis certain que Klapisch est sincère, mais disons que sa sincérité est d’une ringardise sans nom, hors du temps. Prévoyez une soirée dvd avec « 4 minutes », mais ne louez surtout pas « Paris », tout est dans le titre d’ailleurs : « Paris », c’est voué à l’échec et quel échec ! Mais bon, vous faites bien comme vous voulez, moi je dis ça, je ne dis rien hein !
Allez bon film.
B+

Voici le resumé collecté sur le site d’allociné : « Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu'elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d'entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas. » Je ne vous en dit pas plus, mais j’insiste, ce film est formidable. Oui il y a effectivement des soit disants défauts formels et quelques seconds rôles un peu caricaturaux, mais je préfère parler d’une forme d’expressionnisme volontaire plutôt que de maladresses « esbroufiques ». Car oui, les décors sont repeints pour donner une unité plastique à l’image que la photographie magnifie, oui la caméra fait de grands mouvements amples autour des corps et des objets, mais ce n’est jamais gratuit, contrairement à ce qui a pu être écrit. J’ai ressenti ça comme une véritable recherche formelle et créative qui n’a eu d’autres effet sur moi que de me cueillir d’émotion à chaque chute de plan. Certes je ne suis pas un grand expert de la grammaire cinématographique, mais il serait idiot de croire qu’un film repose juste sur une direction d’acteur parfaite, la caméra écrit dans l’espace ce que les mots ne peuvent pas signifier seul. Que la mise en scène soit « trop voyante » ne dérangeait personne sur « Les ailes du désir » de Wim Wenders. Encore un nom que je ne prononce pas au hasard, il y a chez Chris Kraus un travail de la lumière et de la couleur qui évoque un peu le Wenders période américaine. Pour un réalisateur allemand, répondre de l’héritage de Wim Wenders ne doit pas être honteux.
Bon mais je m’égare, je ne veux pas vraiment faire d’analyse filmique, ça ne m’intéresse pas, j’ai juste pris ce film dans la gueule hier soir sur mon canapé avec mon ami Tim qui se l’est vraisemblablement pris, lui aussi dans la gueule. C’est vrai, avec Tim on a plus ou moins les mêmes goûts, mais quand même quelle claque ! Après une petite pause, on a fait l’erreur de regarder « Paris » de Cédric Klapisch… Heu comment dire sans être trop méchant ? Inepte, tout simplement inepte, inutile, vain, souvent stupide, je préfère ne pas en parler, d’autant que je suis certain que Klapisch est sincère, mais disons que sa sincérité est d’une ringardise sans nom, hors du temps. Prévoyez une soirée dvd avec « 4 minutes », mais ne louez surtout pas « Paris », tout est dans le titre d’ailleurs : « Paris », c’est voué à l’échec et quel échec ! Mais bon, vous faites bien comme vous voulez, moi je dis ça, je ne dis rien hein !
Allez bon film.
B+
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