Chute.

Publié le par B+

Ce vendredi matin, à l’ouverture de mes yeux, alors que je me croyais à l’abri de la dépression, je me suis effondré. C’est la crise, j’en accuse les prémices depuis plusieurs jours, je savais que ça finirait par m’atteindre, j’ai essayé de prévenir le krach, mais je le savais irrémédiable. Tout à commencé avec une mauvaise manipulation de sentiments qui à eu des répercutions catastrophiques sur le cours de l’amour, là où en temps normal une injection d’optimisme suffirait à renforcer l’action et à remettre le cœur à flot, rien n’a pu redresser la situation et ce fut la dégringolade. Depuis c’est la panique, chaque cellule de mon cerveau lutte pour engager un processus de revalorisation de moi, mais tout est descendu si vite, si bas, que je ne vois pas comment je vais me relever. Si la crise était contenu dans ma tête, la fierté aurait pu l’absorber en deux temps trois mouvements, seulement voilà, le cœur à été touché et de là ça a commencé à paralyser les sensations dans tous les secteurs organiques du ventre à la gorge. Les émotions sont à la dérive, tout le système immunitaire est en phase de dérèglement, c’est le chaos. On peut pour se rassurer, noter que seul les départements concernés par l’amour sont touchés, mais pour combien de temps ? Il serait alarmant de penser qu’une contamination à plus grande échelle est en marche, mais je recommande une prudence accrue, même s’il n’y a pas de précédent historique d’une telle ampleur, le pire est à envisager.

Les petits porteurs de tendresse éphémère n’ont pas à s’inquiéter pour le moment. Tant qu’il n’y a pas d’amour, le danger est écarté. De la même manière, tous les échanges motivés uniquement par le charnel, sont pour l’instant immunisés. En revanche, si par malheur un sentiment se glisse dans la transaction, se sera la chute inéluctable. Une solution serait de racheter tous les sentiments à la baisse avant explosion, mais ça demanderait une aide extérieur considérable et sept cent milliard de renforts amicaux ne suffiraient pas à tout absorber. D’autant qu’à long terme, ça mènerait à une privatisation de l’amour, ce qui à l’heure de l’individualisme à outrance, serait une catastrophe  sans nom. Pourquoi s’inquiéter de ça alors que tout est au plus mal ? Parce que malgré tout, même en constatant dans cet extrême que l’amour ne sauvera pas mon monde, j’ai envie de continuer, sinon d’y croire, de le savoir libre, libre du regard d’autrui, libre de tout jugement, libre d’exister simplement.

Alors voilà, j’attends que la crise se résorbe, les yeux fixés sur les prompteurs du temps, je guette un signe, j’espère un indice à la hausse, je me contenterai de deux pour cent de confiance pour renflouer l’action, agir même à un pourcentage moindre, c’est déjà agir. Je suis inquiet, la lumière est faible en bord d’horizon, l’amour à entrainé dans sa chute d’autres valeurs et toute idée de reconstruction est proscrite tant que la destruction n’a pas terminé sa marche vicieuse. J’attends, ça va passer, il faut que ça passe, sans quoi mon monde ne se relèvera jamais et se serait tout de même dommage. Etre courageux, être fort, oui bien sûr, mais seul c’est tellement difficile que parfois ça semble impossible. Heureusement pour moi, j’ai beaucoup plus investi dans la solitude que dans l’amour ces dernières années, à défaut de mener au bonheur, ça garantira la survie. En revanche, toujours aucune montée de larme en perspective, cette mauvaise manipulation de sentiment aura décidemment eu de curieuses répercutions sur tout mon être.


B+
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Publié dans Bavardage

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N
les oeufs d'or: caresser la poule?<br /> <br /> j'm bien quand on t'appelle misérable
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A
Je déteste le cliché éculé de l'artiste maudit, mais voilà… Tu es misérable, mais tu ponds du grand. Bien vu, bien cynique, avec le poil d'humour qui faut…Bravo ET Courage
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