BXL.

Publié le par B+

La vie est ainsi faite. On cherche à comprendre des trucs, des attitudes, des gestes que certaines personnes ont faits, on cherche un sens à une rupture, à un amour, une amitié et l’on se torture jusqu’à l’angoisse de ne pas parvenir à comprendre, alors que c’est simple, si simple, c’est tout simplement qu’il n’y a rien à comprendre. Évidemment c’est plus facile de l’écrire que de le vivre. J’ai essayé il y a peu de vivre une histoire, j’ai échoué, il ne devrait pas y avoir grand chose d’autre à ajouter. Mais c’est difficile d’enterrer le questionnement qui tord la tête. À un moment je me suis auto convaincue que cette personne ne me voulait que du mal, que la destruction était la seule chose qu’elle voulait imprimer en moi et aujourd’hui je ne peux pas m’empêcher de lui trouver des excuses, même si je ne comprends toujours pas pourquoi elle me voulait du mal. Attention réponse : il n’y a rien à comprendre ! Hop la vie continue et tutti quanti ! Ce qui était inquiétant dans cette relation, c’est que cette personne commençait à me contaminer de sa façon de regarder le monde et que j’en suis arrivé par moment à le voir comme elle, tout devenait laid autour, rien de beau ne pouvait se détacher de l’ombre grouillante de la bêtise humaine, tout était désespérément laid. J’exagère un peu, j’arrivais, il me semble à une certaine réserve d’optimisme salvateur (de même de son côté, il lui arrivait d’imprimer de la tendresse dans ses yeux, rien n’est jamais ni tout noir ni tout blanc mais bon…), mais des conséquences à ces visions brouillés ont pointées. Tout devenait impossible. Impossible d’écrire surtout, impossible de transformer mes émotions en création quelle qu’elle soit, ou alors en masse informe de noirceur indigeste. J’aime pas ça, ce qui me stérilise m’angoisse, ce qui m’angoisse coupe ma respiration, si je respire mal, je me sent mal et je commence à me poser mille questions alors que je connais le remède bordel : IL N’Y A RIEN A COMPRENDRE !!!!!

Alors je suis parti prendre l’air, retrouver des amis à Bruxelles et réfléchir à tout ce remugle motivé de distance. Arrivé à Bruxelles il a fallu quitter mes yeux noirs et l’appréhension qui me faisait dire que j’allais trouver Bruxelles plus laide que tout. Heureusement, Bruxelles est plus forte que moi. Bruxelles est belle, incroyablement belle, ne laissez jamais personne vous dire que Bruxelles c’est Marseille sans la mer, inquiétez-vous si quelqu’un vous dis que Bruxelles est laide. Bruxelles est magnifique, tremblante, grouillante, imparfaite comme toute, tentaculaire et tendre à la fois, sale et poétique, mais pour moi aujourd’hui, Bruxelles est surtout celle dans laquelle j’ai si peu de repères que je peux me laisser porter par ses rues au hasard, sans avoir rien d’autre à faire que de marcher et me laisser surprendre. De la pluie, du soleil, tout vibre, tout est parfait. J’ai connement marché une heure sous la pluie hier sans capuche et sans parapluie, j’étais trempé à attraper la mort, mais j’étais tellement bien. De librairie en librairie (oui à Bruxelles c’est difficile de ne pas trouver de librairie quand il faut une heure pour espérer un bureau de poste !), de baraque à frites en marchand de gaufres, ému à la vision d’un compteur électrique déraciné, surpris qu’on me dise bonjour en souriant dans les magasins et puis moi qui adore les briques rouges, je suis architecturalement servie ! Dès mon arrivée jeudi après midi, en visite aux « Brigittines » (une ancienne chapelle réinvestit en salle de spectacle vivant) l’accueil des techniciens, des gens croisés dans les escaliers, les ascenseurs, était tellement chaleureux que mes petits soucis personnels n’avaient plus vraiment d’importance et puis hein, il n’y a rien à comprendre dediou on te l’a déjà dit ! Bien sûr il serait caricatural d’enfoncer le lieu commun : « à Bruxelles les gens sont sympa » parce que c’est comme partout, il y a sûrement des milliers de cons, d’orgueilleux, de pédants, de violents, de malheureux, d’abrutis, de racistes, de mielleux, etc… Mais voilà, à chaque fois que je viens ici, j’ai toujours l’impression que les gens sont plus gentils, c’est bête mais c’est comme ça, non non il n’y a rien à comprendre je vous assure !

Pour le reste, c’est l’amitié qui fait la différence. J’aime mes amis, tous mes amis, mais il y en a certain que j’aime d’une façon compliquée, que j’aime avec une exigence que j’estime légitime au nom de cette amitié justement. J’attends quelque chose d’eux, j’attends qu’ils se réalisent, qu’ils se dépassent, alors que je ne devrais même pas attendre d’eux qu’ils soient heureux, puisqu’on ne peut pas exiger de quelqu’un qu’il le soit, on peut juste lui souhaiter et le laisser faire. Il en va naturellement de même pour moi, des amis attendent des choses de moi et il y a des moments, ça me fatigue terriblement et je n’aspire qu’à une profonde solitude, une solitude qui ne résout rien, mais qui apaise, juste un calmant. À Bruxelles, je suis chez Céline et Sam, Céline et Sam ils m’aiment tout simplement, sans attente, sans exigence, ils savent que je les aime en retour, même si dans le passé j’ai été injuste et exigeant avec Sam. On est au présent, un présent aussi simple que : « on va se faire une frite » et de marcher la nuit Bruxelloise avec Céline jusqu’à la baraque à frite. Bien sûr la vie ne se contentera pas d’un empilement de petits riens savoureux, mais il suffit d’être toujours capable d’apprécier ces moments-là pour les rendre unique. C’est sûr qu’aller se faire une frite à Bruxelles ça fait partie du circuit touristique de base, et alors ? Puisqu’on te dit qu’il n’y a rien à comprendre ! D’ailleurs tout à l’heure, j’irais vers le centre au milieu des touristes et je ferais un truc complètement déraisonnable, j’irais me taper une grosse gaufre avec des fraises et de la chantilly ! Puis à Bruxelles j’ai retrouvé Cyril. Cyril c’est mon ami nomade, il travaille dans un cirque et ce n’est pas toujours facile de le croiser, mais c’est quelqu’un de tellement essentiel à mon équilibre (je sais c’est égoïste de dire ça mais j’assume mes contradictions !)  que même si on ne se croise pas pendant deux ans, ce n’est pas très grave. La pudeur me dicte de ne rien partager avec vous de ce moment passé avec lui, mais c’était un bien beau moment. Ce soir, j’irais voir mon amie Cécile de Marseille qui fait un spectacle aux Brigittines pour les nuits blanches de Bruxelles, je vous en reparlerais parce que je pense que ça va être très beau, pas parce que c’est mon amie, parce que son travail est formidable. En amitié non plus, il n’y a rien à comprendre.

La compréhension et l’analyse ont de toute façon toujours été exclues de mon processus d’existence, j’aime ressentir, me laisser porter, je n’aime pas interpréter, je préfère me laisser traduire en sensations. Seulement voilà, il y a des moments où l’incompréhension est telle qu’on se sent obligé d’essayer de décrypter. J’arrête d’essayer de comprendre donc, je reprends ma route de mots et me revoilà, bloguouillant comme au premier jour, un peu bavard certes, mais je n’allais pas revenir après un mois d’absence avec un simple : « coucou me revoilà, excusez-moi mais je n’avais pas envie de bloguer ! » C’est juste que je ne parvenais pas à trier mes émotions et l’impossibilité d’écrire quoi que ce soit m’a paralysé. Je ne suis certainement pas tout à fait remis, j’avoue je suis un peu en vrac, mais si je viens partager tout ça avec vous, c’est que quelque part je commence à dépasser ce qui me retient de mélancolie pour aller de l’avant, vers ce qui me sourit et me danse. Comme je l’ai déjà dit, écrire les choses m’aide aussi à les dissoudre. Je blog donc je suis ! Hahaha ! Allez ne faisons point de psychologie de comptoir, de toute façon il n’y a rien à comprendre, ça va bien se passer !

Céline, merci.

B+
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Publié dans Bavardage

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C
il est 11 h 23 et j'ai faim
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T
Mais ouais...<br /> Pis ramène la recette du lapin à la gueuse, c'est à se faire naturaliser!!!
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B
Tof,<br /> j'y croyais pas moi-même, c'est tout revenu d'un coup<br /> après deux crises d'angoisses tentaculaires, comme quoi la vie c'est que du bonheur !<br /> <br /> Céline,<br /> le Moleskine tout neuf marqué du sceau Bruxellois<br /> s'est rempli d'encre entre deux bières et 5 clopes<br /> dans un petit bar sympathique. Finalement, le papier<br /> c'est dingue ce que ça écrit.<br /> <br /> Camille,<br /> ça me fait très plaisir d'apprendre que je croiserais<br /> ta bouille le 17.<br /> <br /> Mon ami P,<br /> il en manquait quand même un ce soir de noob dans<br /> la magnifique chapelle où nous nous sommes recueilli<br /> au son de Terry Riley.<br /> <br /> Sinon les gaufres liégeoise avec des fraises et de la chantilly c'est une tuerie atomique sans équivalent !
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L
Ca fait plaisir de lire ça ! C'est mieux fait !<br /> <br /> (Néanmoins, j'ai ouï-dire qu'il y a une bonne proportion de noobs à Bruxelles. Ce qui pourrait expliquer que tu t'y sentes bien.)
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C
Rien ne sert de chercher le chemin du bonheur, le bonheur EST le chemin...<br /> Alors, si le chemin est jalonné de frites, tant mieux !<br /> Bises et au 17 à Lyon !
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