Lettre à A…

Publié le par B+

On est souvent vachard en amour, avec le temps on se met à l’épreuve et on fini un jour ou l’autre par douter de l’autre, c’est banal, c’est comme ça, je suis bassement humain et j’ai douté de toi. Je t’avais placé tellement haut, j’avais presque dédié un autel à ton nom dans mon cœur, tu m’étais devenu tellement indispensable, tu étais tellement essentiel, tu me nourrissais tant, ça ne pouvait pas durer, il fallait que je brise cette dépendance d’une manière ou d’une autre. Je n’ai même pas eu besoin de me torturer les méninges, je n’ai pas eu besoin de te salir, tu m’as offert sur un plateau l’instrument de ma déception. Naturellement j’ai plongé droit dedans et me suis délecté de te trouver si en dessous de toi, si faible. Quelle chose d'horrible que ce rapport de force inversé, est-ce ça aimer, chercher à rabaisser l’autre pour exister ? Je ne crois pas, mais j’étais dans la confusion et j’ai profité de cet élan de force nouveau pour t’enfoncer et t’écraser bêtement. Je me suis vautré comme une princesse dans cette nouvelle sensation, tu m’avais déçu, c’était trop beau pour être vrai, il fallait que je le cri sur tous les toits, il fallait que j’affirme mon indépendance et que je traîne béatement ton erreur dans la boue. Mais aujourd’hui  je me rends compte que j’avais tort, je me suis laissé emporté par la fougue et l’orgueil, mais j’avais tort. Il n’y avait rien de décevant, tu ne faisais que tester ma fidélité et tu m’as prouvé une fois de plus que tu es bien le demi dieu vivant que je vénère follement. Pardon Alan Ball d’avoir douté de toi.

Oui, c’était au milieu de l’été, ça faisait longtemps que j’attendais, plus de deux ans, depuis l’annonce faite par HBO que  tu  signais  chez eux pour une  nouvelle série, plus de deux ans et enfin, enfin je  pouvais  visionner  le  pilote de «True Blood». Ce que j’ai vu alors ne m’a pas plu, ça allait trop vite, les personnages étaient sur exposés, caricaturaux, la débauche sexuelle me semblait gratuite et vaine, je ne comprenais pas comment quelque chose d’aussi inepte avait pu sortir de ta plume. Mais cette semaine j’ai dépassé mes craintes et j’ai regardé la suite.

Alors, pour être tout à fait honnête, je ne suis pas au degrés d’addiction et de fascination auquel tu m’avais habitué avec « Six Feet Under », non, pas encore, mais je commence à prendre un drôle de plaisir avec cette nouvelle série et les personnages sont en train d’imprimer un chemin de connivence dans mes émotions et puis, même s’il s’agit de l’adaptation d’une série de roman à l’écriture douteuse, la tienne d’écriture arrive sans peine à s’en démarquer. On imagine bien que ta fidélité à l’intrigue originelle de Charlaine Harris commence déjà à décliner, on sent bien que le fil de sa mythologie vampirique ne te sers que d’arrière plan feuilletonant, une intrigue de roman de gare pour servir au mieux tes obsessions, parmi elles : les inégalités raciales et sexuelles et le racisme et la discrimination qui en découle. Le droit à la normalité dans un monde happé par la mort.

J’essaie de faire un résumé pour mon blog, tu me diras si ça te vas comme ça : « l’action de « True Blood » se déroule dans l’ambiance moite de la Nouvelle Orléans. Des japonais ont mis au point un sang synthétique le « True Blood » qui permet au vampires de s’intégrer à notre société humaine. Bien sur tout le monde ne voit pas cette intégration d’un très bon œil et ce des deux côtés, humain ou vampire. On suit la vie de Sookie Stockhaouse jeune serveuse télépathe (oui elle peut lire dans les pensées, ça à l’air tiré par les cheveux, mais dés le deuxième épisode ça semble naturel et essentiel à la caractérisation du personnage) qui après avoir sauvé la vie d’un vampire, Bill Compton commence à éprouver des sentiments pour lui (elle ne peux pas entendre les pensées des vampires et ça la repose de ne plus avoir du vacarme dans sa tête en sa présence). Bill était en danger car, inversement des codes des histoires de vampire, ici les vampires sont traqués pour leur sang qui est une drogue rare aux effets aphrodisiaques incroyable, entre autre. Voilà pour le point de départ de l’intrigue principale, mais d’autres pistes narratives se déroulent en parallèles, je vous en laisse la surprise. »

La seule chose qui me gêne un peu pour le moment, c’est qu’en voulant parler de dérive sexuelle, les portraits féminins que tu dessines sont un peu trop extrêmes pour le moment, hors mis le personnage de Tara qui est un très beau personnage en devenir, les femmes sont soit vierges immaculés naïves et pures soit des salopes intégrales qui ne rêvent que de se faire sauter par des vampires, qui sont semblerait-il de super coup ! Bon, on sait que la sphère féminine n’est pas ta spécialité et d’ailleurs ton goût prononcé pour les hommes est clairement affiché dans la série. Pour l’instant soit la sexualité est bestiale, soit elle est inexistante, j’espère que le contrepoint du personnage de Tara permettra de rendre tout ça un peu plus subtile sexuellement parlant, puisque le sexe semble être un des moteur principaux de l’intrigue.

Voilà Alan, ma confiance en toi est toute renouvelée, j’attends la suite des aventures de Sookie avec impatience, excuse moi encore d’avoir honteusement douté de toi. Je t’interdis de me faire croire à nouveau que tu puisses me décevoir d’une quelquonque manière, je te l’interdis !

Je t’embrasse Alan, merci d’exister, merci.

Tendrement.

B+


Ps : Et merci pour la référence à Buffy, ça m’a particulièrement touché, mais tu le sais.
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Publié dans Séries Télé

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