Roulés par les pierres.
Cette nuit, j’ai rêvé que j’enregistrais un disque avec les Rolling Stones, enfin avec Keith et Mick, mais c’est mieux que rien. Ils étaient de passage au studio par amitié pour le réalisateur de l’album, réalisateur qui s’avérait être le batteur du groupe de rock pas roll dont j’étais le chanteur à 16 ans ! On allait entamer les prises d’un nouveau titre quand ils ont déboulés tous les deux dans la pièce joyeux comme des mômes au macdo. Aussitôt Keith a sorti sa gratte et a commencé à monopoliser l’espace sonore avec un sans gêne anthologique. Mick a jeté un oeil à mon texte et s’est proposé de faire les choeurs. La chanson que j’avais écrite semblait les inspirer au plus haut point, en quelques secondes Keith avait pondu un riff qui tue et Mick faisait des “wap doo waa” enjoués. C’est vrai que ça sonnait mieux que la démo pourrave qui nous servait de référence que j’avais enregistré la veille dans ma salle de bain avec un vieux magnéto à cassettes. Mon manager se frottait les mains en imaginant la campagne publicitaire de l’album. Quel enfoiré ! Comme si j’avais besoin des Rolling Stones pour vendre des disques ! Hors de question de devoir mettre en avant la participation de ces ringards à mon chef d’oeuvre, non non non, ils seraient crédités en tout petit dans les remerciements entre Jean-Pierre le stagiaire qui a roulé les câbles et acheté les bouteilles de Ricard et Marceline la soeur de l’ingé son qui nous a prêté les casseroles parce que le cuisinier incompétent qu’on avait dégoté à la dernière minute n’était pas fichu de ramener son matos ce noob ! (d’ailleurs faudra que je fasse traîner sa paie à celui-là pour lui apprendre le professionnalisme !). Il y en a marre de ce système de starification bidon qui consiste a éclipser la seule force de vente qui devrait être : le talent, au profit d’un copinage abusif ! D’abord c’est pas mes potes à moi, ils étaient là par hasard et je leur ai rien demandé aux deux dinosaures à paillettes. Ils sont quand même gonflés de venir me faire de l’ombre dans mon studio à moi que j’ai loué très cher pour enregistrer mon album à moi que j’ai fais avec mes petits doigts à moi ! Peuvent pas aller taper le boeuf dans leur garage au lieu de venir faire les malins sur mon disque !

C’était l’enfer. Je vous raconte pas l’état de ma gorge au réveil tellement j’ai du batailler au micro pour que ma voix couvre les “wap doo waa” frénétiques de l’autre égosillé. Je me lève donc, quelque part heureux de sortir de ce cauchemar musical, j’avale une cuillère de miel et un doliprane et je regarde l’heure. 7 heure du mat ! Faut pas déconner, je me recouche pour attraper le rêve suivant paisiblement. Saperlipopette ! Je retombe exactement dans le même rêve ! Pire que tout, pendant les quelques minutes où j’étais éveillés, ils en avaient profité pour réarranger tout l’album ! Et Mick qui me prends à part en me suggérant que cette chanson, puis celle-là et encore celle-là seraient bien meilleures si c’est lui qui tenait le lead vocal et moi les “wap doo waa”. J’allais protester, faire un scandale apocalyptique quand Roger, le directeur artistique du label m’a incité avec deux trois potes à lui (un catcheur, un sumo et un patineur artistique) de bien fermer ma gueule et de laisser faire les professionnels. A la fin de la journée, Roger était au téléphone avec le graphiste pour changer le nom sur la pochette. Putain ! Je venais d’écrire le nouvel album des Rolling Stones ! Par contre pour des questions juridiques mon nom ne figurerait pas dans le disque et il vaudrait mieux pour moi que je n’essaie pas trop de faire des vagues pour ma propre sécurité et celle de mes proches ! Avant de me congédier, on m’a poliment demandé de faire un chèque pour régler tous les frais de studio. Impossible de joindre mon avocat qui était parti visionner Indiana Jones 4 en boucle (ça pouvait prendre plusieurs semaines), j’étais cuit. J’ai erré des heures dans Paris à ruminer un plan pour reconquérir mon bien, privé d’alcool par mon médecin j’ai du me bourrer la gueule au jus de tomate et un mal de bide insoutenable m’a convaincu de rentrer chez moi avant d’avoir trouvé une solution miracle. Je grimpe péniblement les six étages, je glisse la clé dans la serrure j’entre et là, je vois Mick Jagger dans mon canapé en train de squatter ma console de jeux ! Il me regarde avec dédain et me lance d’un air détaché : “ On peut savoir ce que tu fous chez moi ?” !
Le réveil sonne, je suis tout transpirant et bien décidé à me lever pour ne pas replonger une troisième fois dans ce cauchemar sans nom. J’attrape la cafetière et la boîte de café et… Merde ! Plus de café ! Je réveil Mick qui dors dans le salon et je hurle : “Espèce de noob t’as encore oublié de racheter du café !”
B+

C’était l’enfer. Je vous raconte pas l’état de ma gorge au réveil tellement j’ai du batailler au micro pour que ma voix couvre les “wap doo waa” frénétiques de l’autre égosillé. Je me lève donc, quelque part heureux de sortir de ce cauchemar musical, j’avale une cuillère de miel et un doliprane et je regarde l’heure. 7 heure du mat ! Faut pas déconner, je me recouche pour attraper le rêve suivant paisiblement. Saperlipopette ! Je retombe exactement dans le même rêve ! Pire que tout, pendant les quelques minutes où j’étais éveillés, ils en avaient profité pour réarranger tout l’album ! Et Mick qui me prends à part en me suggérant que cette chanson, puis celle-là et encore celle-là seraient bien meilleures si c’est lui qui tenait le lead vocal et moi les “wap doo waa”. J’allais protester, faire un scandale apocalyptique quand Roger, le directeur artistique du label m’a incité avec deux trois potes à lui (un catcheur, un sumo et un patineur artistique) de bien fermer ma gueule et de laisser faire les professionnels. A la fin de la journée, Roger était au téléphone avec le graphiste pour changer le nom sur la pochette. Putain ! Je venais d’écrire le nouvel album des Rolling Stones ! Par contre pour des questions juridiques mon nom ne figurerait pas dans le disque et il vaudrait mieux pour moi que je n’essaie pas trop de faire des vagues pour ma propre sécurité et celle de mes proches ! Avant de me congédier, on m’a poliment demandé de faire un chèque pour régler tous les frais de studio. Impossible de joindre mon avocat qui était parti visionner Indiana Jones 4 en boucle (ça pouvait prendre plusieurs semaines), j’étais cuit. J’ai erré des heures dans Paris à ruminer un plan pour reconquérir mon bien, privé d’alcool par mon médecin j’ai du me bourrer la gueule au jus de tomate et un mal de bide insoutenable m’a convaincu de rentrer chez moi avant d’avoir trouvé une solution miracle. Je grimpe péniblement les six étages, je glisse la clé dans la serrure j’entre et là, je vois Mick Jagger dans mon canapé en train de squatter ma console de jeux ! Il me regarde avec dédain et me lance d’un air détaché : “ On peut savoir ce que tu fous chez moi ?” !
Le réveil sonne, je suis tout transpirant et bien décidé à me lever pour ne pas replonger une troisième fois dans ce cauchemar sans nom. J’attrape la cafetière et la boîte de café et… Merde ! Plus de café ! Je réveil Mick qui dors dans le salon et je hurle : “Espèce de noob t’as encore oublié de racheter du café !”
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