Manque.
Chaque année j’ai ce même problème à l’approche du troisième week-end de mai. C’est toujours au même moment, comme un traumatisme qui resurgit sempiternellement. La mémoire du corps sans doute. Mais chaque année je crois que je suis fort et que je vais résister à l’appel du plaisir, résister alors que je sais que c’est si bon, oui mais je résiste parce que ça me détruit et c’est mal de s’auto détruire. Raaaaaaaaaaaaaaaahhhhhh ! Il m’en faut une ! Là maintenant ! Tout de suite ! Viiiiite !!!!!! J’ai lutté toute l’année, j’ai pris des substituts, j’ai été fort ! Cette année plus que l’année dernière je vous jure ! Pas une seule fois, je suis prêt à témoigner avec une bible dans le gosier et la tête de mon ami P dans une guillotine, à jurer devant tous les prophètes que vous voudrez, je jure sous sermon que je n’y ai pas touchée une seule fois. Pas la moindre petite dose de rien du tout, que dalle niet ! Mais là je sent que je vais craquer.
Chaque année j’ai ce même problème à l’approche du troisième week-end de mai. Chaque année pendant une heure, le dimanche du troisième week-end de mai, la sensation de manque est intolérable. Au début de la semaine les symptômes sont encore confus, de brèves démangeaisons, des rougeurs puis en milieu de semaine mon cerveau commence à débloquer, je fais tout à l’envers, je ne contrôle plus mon corps, je fais cuire ma viande à point, je met des chaussettes dans mes tongs, je lit le Figaro madame, j’écoute les disques de Manu Chao et je vais voire les Ch’tis en boucle au cinéma avec la volonté sadique de faire couler le Titanic. Arrivée à la fin de la semaine je ne peux plus me supporter et c’est là que la sensation de manque commence à grimper pour atteindre son point culminant le dimanche soir vers 19h00. Raaaaaaaaaaaaaaaahhhhhh ! Il m’en faut une ! Là maintenant ! Tout de suite ! Viiiiite !!!!!! Sinon je vais y passer, je sent que je ne vais pas survivre si je ne m’injecte pas ne serait-ce qu’une demi dose !

Chaque année j’ai ce même et éternel problème à l’approche du troisième week-end de mai. Chaque année pendant une heure, le dimanche du troisième week-end de mai, la sensation de manque commence à grimper. Chaque année à partir de 19h00, pendant une heure, le troisième week-end de mai il m’en faut une, il m’en faut une à tout prix ! Des spasmes, des convulsions, tous les tremblements aigus de mon corps vont me secouer jusqu’à la mort si je n’agit pas. Je me maudit en pensant au jour où j’ai touché à cette saloperie la première fois, je savais que ça allait m’entraîner dans une spirale de débauches, je le savais mais je l’ai fait quand même, comme un défi, par orgueil, l’orgueil de croire que j’étais au dessus de tout ça, plus fort que tout. Mais je ne suis qu’une merde. Une merde pathétique qui ne reculera devant aucune humiliation pour assouvir son besoin. Je vais le faire, je sais que je vais le faire, dimanche à 19h00 je vais le faire, je vais allumer la télé !
Je vais prendre mon shoot télévisuel comme un junkie que je suis parce que ce n’est pas possible, je ne pourrais pas supporter de ne pas voire la cérémonie de cloture du festival de Cannes en direct. Pardon à tout ceux qui ont cru en moi, pardon.
B+
Chaque année j’ai ce même problème à l’approche du troisième week-end de mai. Chaque année pendant une heure, le dimanche du troisième week-end de mai, la sensation de manque est intolérable. Au début de la semaine les symptômes sont encore confus, de brèves démangeaisons, des rougeurs puis en milieu de semaine mon cerveau commence à débloquer, je fais tout à l’envers, je ne contrôle plus mon corps, je fais cuire ma viande à point, je met des chaussettes dans mes tongs, je lit le Figaro madame, j’écoute les disques de Manu Chao et je vais voire les Ch’tis en boucle au cinéma avec la volonté sadique de faire couler le Titanic. Arrivée à la fin de la semaine je ne peux plus me supporter et c’est là que la sensation de manque commence à grimper pour atteindre son point culminant le dimanche soir vers 19h00. Raaaaaaaaaaaaaaaahhhhhh ! Il m’en faut une ! Là maintenant ! Tout de suite ! Viiiiite !!!!!! Sinon je vais y passer, je sent que je ne vais pas survivre si je ne m’injecte pas ne serait-ce qu’une demi dose !

Chaque année j’ai ce même et éternel problème à l’approche du troisième week-end de mai. Chaque année pendant une heure, le dimanche du troisième week-end de mai, la sensation de manque commence à grimper. Chaque année à partir de 19h00, pendant une heure, le troisième week-end de mai il m’en faut une, il m’en faut une à tout prix ! Des spasmes, des convulsions, tous les tremblements aigus de mon corps vont me secouer jusqu’à la mort si je n’agit pas. Je me maudit en pensant au jour où j’ai touché à cette saloperie la première fois, je savais que ça allait m’entraîner dans une spirale de débauches, je le savais mais je l’ai fait quand même, comme un défi, par orgueil, l’orgueil de croire que j’étais au dessus de tout ça, plus fort que tout. Mais je ne suis qu’une merde. Une merde pathétique qui ne reculera devant aucune humiliation pour assouvir son besoin. Je vais le faire, je sais que je vais le faire, dimanche à 19h00 je vais le faire, je vais allumer la télé !
Je vais prendre mon shoot télévisuel comme un junkie que je suis parce que ce n’est pas possible, je ne pourrais pas supporter de ne pas voire la cérémonie de cloture du festival de Cannes en direct. Pardon à tout ceux qui ont cru en moi, pardon.
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