Boulimie.
C’est une boulimie. Arrivé au stade où ce que j’ingurgite ne peux pas être qualifié dans son ensemble de gastronomie, ou ce que j’avale ressemble trop souvent à du mauvais fast food, on peut effectivement commencer à parler de boulimie. D’autant plus qu’il m’arrive, au summum du masochisme, de me forcer à finir la plus insipide des assiettes tout en sifflant entre mes dents :” c’est de la merde, c’est de la merde, c’est de la merde !” Je sais que c’est pathétique mais je ne peux pas faire autrement. Avant d’admettre que je suis en présence de bouse prédigéré, il faut que j’en reprenne plusieurs fois pour être bien sur, parfois à pleine louche, jusqu’à cinq assiettes d’affilées sans broncher. Avant de ressentir la chose comme une torture j’ai la mauvaise fois de penser que toute nourriture est bonne du moment qu’elle me nourrit. Mais l’auto conviction cède très vite le pas à l’indigestion et certains plats sont à la limite de l’intoxication alimentaire. C’est comme ça que je me suis avalé presque d’une traite les 4 saisons de Grey’s anatomy. Au début je regardais les épisodes avec une vrai délectations, avec un plaisir de midinette je savourais les amourettes sucrées salées des internes de l’hôpital de Seattle. Arrivée à la deuxième saison je ne supportais plus Meredith Grey, ce qui est dommage étant donné que c’est l’héroïne qui donne son nom à la série. Arrivée à la troisième saison j’avais envie d’attacher Meredith Grey à un poteau et de la couvrir de gifle pendant au moins deux siècles tellement je ne pouvais plus supporter sa crise d’adolescence tardive ! Je ne sais pas comment j’ai fais mais j’ai quand même regardé la saison 4 jusqu’au bout et pire que tout, je me demande si l’année prochaine je ne vais pas continuer à me faire du mal pour voir jusqu’à quel point je peux encore haïr Meredith Grey ! Je sais c’est nul, mais ça m’a pris pendant la grève des scénaristes, mon supermarché ne pouvant plus m’approvisionner en “Reaper”, en “How I met you’re mother”, ou en “Lost” j’ai du prendre des substitues de repas et je me suis fait une indigestion de Grey’s anatomy.
Heureusement, cette semaine je me suis régalé, j’ai enfin découvert un plat à la hauteur de mes attentes gustatives. J’ai découvert “Skins” une série anglaise racontant la vie de onze adolescents au collège sur un ton très éloigné du traditionnel teen movie consensuel. La série est inégale, mais les personnages sont forts et l’interprétation remarquable. Ce genre de série ne plaira pas à tout le monde sur le fond, mais la forme est remarquable. Le principe qui consiste à découper les épisodes par personnage n’est pas à proprement parlé innovant, mais il offre des possibilités incroyables en terme de narration. Surtout, là où nous sommes habitués avec les séries américaines à des finals sadiques, dans ”Skins” l’usage des cliffhanger est très différent. Le principe d’apothéose est le même, la tension monte au fil de l’épisode mais le plan de cut avant le générique laisse le champs libre à notre imagination, au lieu de nous rendre hystérique de ne pas pouvoir voir la suite. D’autant que l’épidode suivant ne résoud jamais le cliffhanger directement, mais l’amène subtilement en arrière plan d’un détour de caméra alors que notre attention est porté sur l’action principale. Bon raconté comme ça, c’est un peu technique, mais c'est une belle série. Voilà, je vous conseil “Skins”, c’est intelligent, un peu trash, très bien écrit, bien réalisé et les comédiens sont au diapason. Mais…
Mais ce que je cherche est au delà. Ce serait effectivement du domaine de la gastronomie si on devait comparer. Ce que je cherche n’a rien à voir avec la première fois ou Buffy fait l’amour avec Angel, cet unique instant de bonheur où il se transforme de pathétique romantique niais en monstre sadique assoiffé de sang et que Joss Whedon assoit les bases d’une mythologie passionnante malheureusement dénigré par beaucoup, enfin surtout dénigré par ceux qui ont à peine jeté un oeil dessus et ont pris au sérieux le second degré de cette magnifique série qui décrit si bien le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Non, je peux comprendre que mon engouement pour Buffy soit raillé en tout point, ce n’est pas bien grave, je continuerais à défendre Joss Whedon comme un des plus grands créateurs de l’audio visuel du moment et j’espère que son futur bébé “Dollhouse” mettra tout le monde d’accord. Non, rien à voire avec Buffy. Ce que je cherche à retrouver c’est cet instant. Cet instant à la fin de l'épisode 9 de la dernière saison de “Six feet under”. L’épisode “ecotone” de la saison 5 de “Six feet under”. Cet instant à la toute fin de l'épisode. David est habillé en surfeur et il fume un joint avec Nate en rigolant dans un camping car. Je ne peux pas en dire plus pour ceux qui ont encore la chance de n’avoir jamais vu “Six feet under”, ceux qui auront la chance de découvrir ça bientôt. Mais quelques plans plus tard tout bascule et ceux qui l’ont vu savent de quoi je parle. Cet instant où tout bascule où j’ai eu la sensation en quittant l’épisode qu’ une part de ma vie venait d’être touchée. Trois épisodes plus loin j’ai tellement pleuré que je ne me souviens pas avoir autant pleuré ailleurs, autrement. Aucune série ne m’a jamais porté à un tel stade émotionnel. Merci Alan Ball pour “Six feet under”.
Alors je continue à tout goûter, je prends le temps de tout goûter en espérant un nouveau “Six feet under” , je sais que je devrais être plus vigilant et que je risque d’exploser à force de mal bouffe, mais je ne désespère pas de trouver le plat qui ravivera ce goût d’émotion au fond de mon palais.
Bon week-end.
B+
Heureusement, cette semaine je me suis régalé, j’ai enfin découvert un plat à la hauteur de mes attentes gustatives. J’ai découvert “Skins” une série anglaise racontant la vie de onze adolescents au collège sur un ton très éloigné du traditionnel teen movie consensuel. La série est inégale, mais les personnages sont forts et l’interprétation remarquable. Ce genre de série ne plaira pas à tout le monde sur le fond, mais la forme est remarquable. Le principe qui consiste à découper les épisodes par personnage n’est pas à proprement parlé innovant, mais il offre des possibilités incroyables en terme de narration. Surtout, là où nous sommes habitués avec les séries américaines à des finals sadiques, dans ”Skins” l’usage des cliffhanger est très différent. Le principe d’apothéose est le même, la tension monte au fil de l’épisode mais le plan de cut avant le générique laisse le champs libre à notre imagination, au lieu de nous rendre hystérique de ne pas pouvoir voir la suite. D’autant que l’épidode suivant ne résoud jamais le cliffhanger directement, mais l’amène subtilement en arrière plan d’un détour de caméra alors que notre attention est porté sur l’action principale. Bon raconté comme ça, c’est un peu technique, mais c'est une belle série. Voilà, je vous conseil “Skins”, c’est intelligent, un peu trash, très bien écrit, bien réalisé et les comédiens sont au diapason. Mais…
Mais ce que je cherche est au delà. Ce serait effectivement du domaine de la gastronomie si on devait comparer. Ce que je cherche n’a rien à voir avec la première fois ou Buffy fait l’amour avec Angel, cet unique instant de bonheur où il se transforme de pathétique romantique niais en monstre sadique assoiffé de sang et que Joss Whedon assoit les bases d’une mythologie passionnante malheureusement dénigré par beaucoup, enfin surtout dénigré par ceux qui ont à peine jeté un oeil dessus et ont pris au sérieux le second degré de cette magnifique série qui décrit si bien le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Non, je peux comprendre que mon engouement pour Buffy soit raillé en tout point, ce n’est pas bien grave, je continuerais à défendre Joss Whedon comme un des plus grands créateurs de l’audio visuel du moment et j’espère que son futur bébé “Dollhouse” mettra tout le monde d’accord. Non, rien à voire avec Buffy. Ce que je cherche à retrouver c’est cet instant. Cet instant à la fin de l'épisode 9 de la dernière saison de “Six feet under”. L’épisode “ecotone” de la saison 5 de “Six feet under”. Cet instant à la toute fin de l'épisode. David est habillé en surfeur et il fume un joint avec Nate en rigolant dans un camping car. Je ne peux pas en dire plus pour ceux qui ont encore la chance de n’avoir jamais vu “Six feet under”, ceux qui auront la chance de découvrir ça bientôt. Mais quelques plans plus tard tout bascule et ceux qui l’ont vu savent de quoi je parle. Cet instant où tout bascule où j’ai eu la sensation en quittant l’épisode qu’ une part de ma vie venait d’être touchée. Trois épisodes plus loin j’ai tellement pleuré que je ne me souviens pas avoir autant pleuré ailleurs, autrement. Aucune série ne m’a jamais porté à un tel stade émotionnel. Merci Alan Ball pour “Six feet under”.
Alors je continue à tout goûter, je prends le temps de tout goûter en espérant un nouveau “Six feet under” , je sais que je devrais être plus vigilant et que je risque d’exploser à force de mal bouffe, mais je ne désespère pas de trouver le plat qui ravivera ce goût d’émotion au fond de mon palais.
Bon week-end.
B+
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