Jeudi 19 février 2009
Or donc oui, nous sommes allé voir avec mon ami Tim à 15 heure 55, soit à peu près à l’heure fixée, qui je le rappelle était 16 heure, le nouveau film du réalisateur qui en fait n’est pas marié mais partage la vie de la comédienne dont je suis amoureux depuis le navet à bandelette et sa suite, à qui j’ai pardonné même sa présence dans deux films de sinistre mémoire avec l’insipide Keanu Reeves, nouveau film avec ce comédien à la gueule ravagée, qui dans les années 80 avait une sacrée belle gueule et faisait darder les seins avec des glaçons pour le bonheur de nos libido émoustillée, et qui fait la couverture d’un nombre impressionnant de magazines en ce moment, paraitrait même qu’il serait favori pour recevoir une statuette doré aux courbes féminines et au prénom vintage a consonance germanique qui rime avec Gérard !

Ce réalisateur, celui qui vibre d’amour pour  la comédienne sublime qui fait battre mon cœur à ne pas s’arrêter de mes doigts de pieds à mes sourcils d’un seul regard de ses yeux magnifiques à la caméra, même quand c’est Jean-Jacque Annaud qui la filme (enfin il paraît parce que j’ai jamais vu ce film qui porte le nom, avec «grad» à la fin, d’un dictateur de l’union soviétique), ce réalisateur donc, opère ce qu’on appellera dans la presse spécialisé un virage stylistique à 180 degré. Moi j’appellerai ça un cohérent prolongement à une œuvre en devenir de plus en plus passionnante, parce que c’est pas juste un mec qui a de très bon goût en matière féminine, c’est un immense réalisateur. Si son précédent opus à été un échec, un bide retentissant, ceux qui l’ont aimé, et j’en fais parti et pas à cause de la présence de sa bien aimé, que j’aime aussi, devant la caméra, l’ont aimé pleinement, mais je comprends que ce soit un film dont l’imagerie légèrement new age ait pu en faire gerber plus d’un. En tout les cas, ce précédent film marquait clairement l’aboutissement d’une certaine recherche formelle qu’il était inutile de perpétuer sur son métrage suivant, d’autant que le film dont on parle, le suivant donc, celui qui est sorti hier et que j’ai vu avec mon ami Tim à 16 heure, est dans une thématique qui nécessitait un traitement plus sobre, du moins en apparence. En apparence car sous ses aspect de tournage quasi documentaire, sous ses aspects de prise d’espace improvisé, c’est au contraire maîtrisé de bout en bout et de mains de maître, ces mains qui doivent se promener souvent nonchalamment et délicatement sur la nuque sublime de la comédienne la plus délicieuse au monde !

Aux journalistes qui lui posent tous la question «avez vous été influencé par les frères Dardenne pour réaliser ce film ?» j’ai envie de répondre que les frères Dardenne n’ont pas le monopole de la caméra qui suit un acteur de dos, mais bon un peu quand même c’est vrai ! Mais en tout cas l’influence et assimilé et transcendé.


En fait j’ai pas grand chose à ajouter sur ce film, tout à été dit et répété dans la presse avec des titre énorme comme «la rédemption de … (le nom de l’acteur principal du film, celui qui a déjà eu un Golden Globe pour ce rôle et qui risque l’Oscar s’il ne fait pas gaffe !)». C’est vrai qu’on en a beaucoup parlé au nom de la performance de ce comédien qui il faut bien l’admettre est complètement bouleversant. Ses partenaires féminines sont au diapason, toutes les deux formidable, c’est un grand film oui. D’autant plus grand qu’il ne cherche jamais à nous envahir d’émotions mais au contraire la fait surgir au moment où on s’y attend le moins, sans autre effet que la force d’un silence ou d’un tremblement dans la voix. Je n’ai pas grand chose à ajouter et en plus j’ai déjà dit hier que j’étais très mauvais en analyse de film et que critique de cinéma c’est certainement pas ma vocation alors je ferais mieux d’arrêter d’écrire ce billet avant de me laisser faire par mes phrases à rallonges !

Je me suis toujours demandé à chaque vision de «Barton Fink» des frères Cohen à quoi pouvait ressembler ce scénario que John Turturro doit pondre à contre cœur et qu’il finit par achever (après moult péripéties diaboliques) en y imprégnant toute son humanité, pour se le faire renvoyer par la production en travers de la figure. Hollywood lui demande un film de catch avec du sang et de la sueur, il écrit une comédie humaine sur toile de catch.

Darren Aronofsky vient de me donner une réponse avec «The Wrestler».


B+
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Mercredi 18 février 2009
J’allais m’abstenir d’écrire. J’allais vous épargner ma prose analytique approximative. Oui c’est vrai, ce matin, j’allais vous éviter une énième tentative de critique cinématographique, estimant à juste titre que ma plume est un peu trop lourde pour ce genre d’exercice appelant à une fluidité extrême, ou à une concision toute de clarté ponctuée. Seulement voilà, ce matin en tapant le titre du nouveau film du réalisateur qui est marié à une actrice dont je suis amoureux depuis la première fois que je l’ai vu dans un navet hollywoodien à bandelette, en tapant le titre de ce film qui fait couler beaucoup d’encre parce que son acteur principal revient de loin  et va pas tarder à se prendre un oscar dans la gueule, en tapant ce titre sur allociné pour relever les horaires des séances, parce que oui, cette après midi j’irais voir ce film, parce que d’abord j’ai envie hein, pas parce que tout le monde en parle partout comme du chef d’œuvre essentiel à la survie de nos pupilles mal rincés à la pellicule anorexique, en tapant donc (houla elle commence à être longue cette phrase je vais mettre un point là tiens !). En tapant donc, disais-je, je me suis retrouvé exactement dans la salle où j’avais envie d’aller caller mon cul à la séance de 16 heure, fidèle au petit rituel cinéma que nous nous sommes fixé avec mon ami Tim pour la semaine : tous les jours, un film, même salle (à mi chemin entre chez lui et chez moi), même heure (16 heure donc). Et là horreur ! Le film que nous avons vu hier dans cette même salle n’est plus à l’affiche. Je tapote le nom du film et je constate qu’il ne reste plus qu’une salle sur Paris qui le joue en continu et quelques salles qui le programme une fois ou deux dans la semaine. Là je pleure. Il est sorti il y a 15 jours, c’est un film suédois à petit budget, c’est une pure merveille, il faut se ruer dessus, parce que d’ici une semaine, il ne sera peut-être plus visible et se serait vraiment dommage de rater ça. Oui voilà, ce matin j’écris pour vous dire ce que la presse cinématographique a déjà dit et re dit, je vous écrit pour vous dire d’aller voir «Morse, let the right one in» de Tomas Alfredson.

«Morse» vient de recevoir le grand prix au festival de Gérardmer, mais Gérardmer ce n’est pas comme Avoriaz jadis, Gérardmer tout le monde s’en fout.
«Morse» se ballade de festival en festival depuis un moment et ramasse pleins de prix, mais c’est vrai qu’on s’en cogne tous que «Morse» ait eu le prix du meilleur film à Tribeca et à Göteborg ! C’est vrai que par exemple, quand un film est primé au festival de Neufchâtel, ça ne me précipite pas forcément dans la salle ! Et pourtant… «Morse» est un film d’une beauté incroyable, ce n’est pas un film parfait, mais les limites que certains ont déjà relevé sont plus d’ordre budgétaire, certains effets spéciaux sont un peu ratés, mais ce n’est qu’un détail, l’ambition du film se place bien au delà des critères propres aux films de genre. Il a eu le grand prix de Géradmer, ce qui sous entend qu’il s’agit d’un film fantastique, ou pire (dans la série mettons les choses dans des cases) d’un film d’horreur ! Mais «Morse» est au delà des carcans de styles. Je ne trouve pas les mots pour en décrire la richesse émotionnelle et tant mieux, parce que je n’ai pas envie de gâcher l’expérience de ce film, c’est un film qu’il faut accepter de voir nu de toute connaissances, c’est un film qu’il faut prendre dans le bide en essayant de ne pas lire les 50.000 critiques dans la presse qui détaillent l’histoire et les personnages, même si 80 % de ces critiques sont dithyrambiques. Tout ce qu’on peut savoir à l’avance, si on ne le sait pas déjà, c’est que c’est une énième variation sur le thème des vampires et non, ce n’est pas un film de vampire, même si la plupart des codes dictés par Bram Stocker sont présent. On peut dire aussi que les deux principaux protagonistes ont douze ans et qu’ils sont interprétés avec une justesse tremblante, mais je n’en dirais pas plus, allez voir ce film, se serait dommage de ne pas le voir en salle, ne serait-ce que pour les images incroyables.


J’aimerais dire à ma petite sœur de cesser toute «twilighterie» niaise sur le champ et de se précipiter pour voir ce que c’est qu’une vraie variation sur le thème des vampires, mais ma petite sœur qui est dans sa quinzième année est tout de même un peu jeune pour
«Morse» qui reste assez violent dans son traitement et psychologiquement pas abordable pour tous les publiques. Je ne vais pas comparer «Twilight» et «Morse», l’ambition artistique étant au degré zéro dans le premier, ce serait un peu vain comme comparatif. Disons qu’en 2003, en mettant un point final à «Buffy the vampire slayer» Joss Whedon avait décliné tellement de possibles sur la mythologie vampirique comme métaphore de l’adolescence, qu’il m’est difficile de trouver dans les suffoquements de désirs mièvres de «Twilight» une quelconque consistance humaine, mais peu importe, laissons «Twilight» récolter du dollar par poignée dans les poches des midinettes du monde entier, à quoi bon lutter, la mode est ainsi faite.

Hors mode, hors du temps, dans une dimension que seul le cinéma dit «d’auteur» ou «d’art et essai» peut atteindre, à de rares exceptions près, mais hélas aussi très bientôt hors salle, il y a 
«Morse, let the right one in» de Tomas Alfredson. «Morse», le plus beau film que j’ai vu cette année… Mais bon l’année vient tout juste de commencer !

Je vous ai dit qu’il fallait aller voir
«Morse» ?


B+


Par B+ - Publié dans : Cinéma - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Vendredi 6 février 2009
«Tu ne trouves pas qu’on s’ennui ?». Elle fumait sa cigarette du matin. «Oui, c’est vrai». Mon café refroidissait en touillant. Elle avait raison, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais on s’ennuyait. L’ennui poli qui ose à peine devenir pesant, l’ennui simple qui s’installe au quotidien, rien de terrible, de l’ennui c’est tout. «On devrait partir». Elle a commencé à faire une cascade de fringues sur valise. «Oui partons». J’ai fermé mes yeux et j’ai pointé au hasard une destination sur la carte. Nous sommes parti.

Pas un grand voyage, juste deux cent kilomètres vers l’ouest, un hôtel en bord de mer, une chambre beige avec un lit à fleur jaune. La distance avait opéré un sourire sur ses yeux, elle chantait du bout des seins, elle était follement avec moi, osée de désir, douce et inhabituelle, aimante. Ce n’était plus la même personne. Deux jours plus tard, toujours excitée elle m’a tendu la carte et m’a bandé les yeux : «encore !».

Mon doigt nous a porté huit cent kilomètres au sud, un hôtel en centre ville. Nous sommes resté enfermés trois jours sans rien d’autre que nos chairs à dévorer. C’était bon. Elle avait perdu en tendresse ce qu’elle gagnait en vice et une pointe de violence dansait ses cheveux comme mille pinceaux frénétiques. Ma peau éclaboussée d’encre de chine réclamait le fouet de sa crinière. C’était bon. J’en perdais son prénom tellement  son corps ne lui ressemblait plus. Au quatrième jour elle a ressorti la carte avec impatience, c’était devenu rituel.

Plus loin à l’est, je ne sais plus, c’était encore un hôtel, mais je n’ai conservé aucun souvenir du décorum. Je me souviens que sa tignasse brune est devenue blonde du jour au lendemain, le temps d’un baiser et elle s’est trouvée belle ainsi. Si belle qu’elle a voulu sortir et je l’ai suivi partout. Les hommes se retournaient dans la rue et elle aimait ça, elle aimait tellement qu’elle a voulu tester son attraction dans toute la ville. De belle elle s’est sentie célèbre, reconnue, adulée, unique. Quand elle a commencée a s’imaginer statufiée dans les rêves de tous ses adorateurs elle a voulu rentrer. Dans la chambre elle s’est jetée sur moi comme une ogresse.

Une semaine plus tard nous étions ailleurs. Ailleurs ses cheveux raides étaient devenus ondulés. Ailleurs elle avait perdu quinze kilos et je peinais à retrouver  son prénom. A chaque nouvelle destination quelque chose la transformait. Elle devenait complètement gosse de tout ça et réclamait «demain» de plus en plus vite, si elle avait pu avoir quinze «demain» en une seule journée sa joie aurait retournée le ciel. Mais tandis qu’elle rêvait d’ailleurs et de lendemains, tandis qu’elle désirait la femme du jour d’après, je commençais à regretter la femme d’hier.

Ici, je ne sais pas où nous étions, je ne lui suffisait plus. Elle avait grandi de sept centimètres, sa poitrine était indécente et elle était rousse. D’abord un homme dragué dans le couloir de l’hôtel, puis un autre à la terrasse d’un café, puis peu importe où, la nuit ils faisaient la queue devant notre lit et elle les accueillait un par un, parfois deux par deux. Oui au début j’étais jaloux, mais à quoi bon. Il pouvait se passer n’importe quoi dans notre chambre, j’étais libre de rester, libre de participer, libre de pleurer, libre de souffrir de cette situation ; au final elle revenait toujours vers moi pour lancer le rituel de la carte. A chaque nouvelle étape j’espérais un peu d’intimité. Oui, il y a eu des moments où elle était là juste pour moi, d’autre où elle n’était là pour personne, c’était comme ça. Mais pendant qu’elle rajeunissait de transformation en transformation, moi je prenais un sacré coup de vieux.

Des semaines, des mois, des années, j’en avais perdu la notion du temps et plus le temps défilait plus l’empreinte des lettres de son prénom s’effaçait de ma mémoire. Il me restait à peine le point d’un «i» quand elle m’a tendu la carte avec insistance. Je l’ai regardé tendrement, j’ai froissé calmement la carte en boule et l’ai jetée par la fenêtre.

«Mon amour, aujourd’hui si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien m’ennuyer un peu».


B+
Par B+ - Publié dans : Poussières - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 5 février 2009
J’avais ce truc à finir pour demain, deux semaines que j’aurais eu le temps de le faire six fois, mais c’est tellement meilleur d’attendre la dernière minute histoire de bien bâcler et de bien se stresser. Naturellement, dans ces moments-là, il y a toujours quelque chose qui nous détourne cinq minutes et au lieu de commencer, on flâne et de détournement en détournement, l’heure file et on n’a toujours pas commencé à penser à sortir le nécessaire pour attaquer le truc à finir pour demain. J’allais m’y mettre, j’allais enfin passer à l’action quand je  me suis rendu compte que je n’avais plus de clopes. Impossible d’imaginer démarrer quoique se soit qui ressemble à du travail sans cigarettes. Alors tant pis, j’ai du encore retarder l’heure d’entamer mon truc à finir pour demain et je suis sorti.

Arrivé au tabac, j’ai commandé un café avec mes cigarettes, un café pour me donner du courage, un café pour prendre une pause, c’est important de s’accorder des pauses dans le boulot. J’allais rentrer, m’en griller une en chemin, mais il s’est mis à pleuvoir. A pleuvoir gras, pas la petite bruine romantique, mais des gouttes comme des sceaux d’eau et je n’avais aucune envie de rentrer chez moi à la nage. Alors j’ai commandé un pastis. A trois pastis la pluie a cessé. J’ai marché lentement en regardant mes pieds pour ne pas glisser et, à suivre de trop près le mouvement de mes pas, je me suis perdu. Perdu quelque part dans les cinq cent mètres qui séparent le tabac de mon domicile, j’avais fait fort. J’étais dans une rue, une rue couleur rue, avec des trottoirs de rue, des immeubles de rue, une rue que la pluie avait rendu déserte, une rue sans commerce, une rue vide de sens, une rue inconnue. J’avais beau chercher un indice, une devanture, une affiche, quelque chose de familier, j’étais complètement désorienté. Alors j’ai marché de numéro en numéro pour trouver une plaque avec un nom, un nom de rue. Au premier croisement j’ai été exaucé, mais la plaque était illisible, pas raturée, pas effacée, non, elle était dans une langue inconnue.

J’ai paniqué, cette excursion tabagique était en train de drôlement me retarder dans mon truc à finir pour demain et il fallait vraiment que je le finisse pour demain mon truc à finir, c’était urgent ! J’ai paniqué et j’ai commencé à courir, sans me soucier des flaques qui auraient pu déraper mes semelles, j’ai couru à perdre haleine, j’ai couru jusqu’au point de côté qui m’a avachi sur un banc. Essoufflé, j’ai craché mes poumons à terre pendant une éternité. Quand j’ai relevé la tête j’ai été soulagé. Je ne savais toujours pas où j’étais,  mais il y avait plein de monde autour, une place publique, avec des hommes et des femmes allant et venant, comme c’était rassurant de voir des gens marcher, j’allais pouvoir demander mon chemin à quelqu’un. Curieusement tout était sec, plus aucune trace de l’averse, il y avait même un soleil brûlant, il faisait chaud, très chaud, trop, j’ai enlevé mon manteau et mon pull et me suis retrouvé en t-shirt. Je suis timide, j’ai laissé passer quelques jolies filles en baissant les yeux et j’attendu qu’une vieille dame avec un air sympathiques s’approche de moi. « Excusez-moi madame, pourriez vous me dire où se trouve la rue Gaspard ? » Elle m’a regardé avec un grand sourire et m’a parlé dans une langue inconnue et l’air désolé a poursuivi son chemin. Vieille folle ! J’ai hélé la première personne à porté mais j’ai hérité du même sourire dans la même langue inconnue. J’ai lancé des interrogations géographiques de passant en passant, mais le dénouement était toujours le même, je devais être dans un quartier colonisé. J’étais dans une panique que seul mon stress égalait.

Plus loin il devait bien y avoir un quelque part qui m’aiguillerait sur la route ordinaire de ma vie, un bout de routine pendu à un panneau signalétique, un phare qui pointerait de son aura la bonne direction, il fallait que je me repère d’une manière où d’une autre. Pas une boussole, je ne saurais même pas à quel point cardinal me fier, mais un plan, tout simplement un plan, un abribus avec un plan. J’ai continué à marcher à la recherche d’une carte de la ville, mais impossible d’en dénicher une, j’ai continué à interroger les gens sur mon chemin en vain et au bout d’un moment, épuisé, je me suis laissé porter par la ville, mes jambes ont empruntées naturellement les rues en pente et mon corps est descendu petit à petit sans lutter. Je me suis retrouvé sur une plage et là j’ai été en proie à une terrible crise d’angoisse. Dans ma ville, la mer n’a jamais eu lieu.

Je suis devenu hystérique, j’ai hurlé, j’ai pleuré, je me suis effondré. Les gens ont fuit autour de moi, je leur faisait peur. Je me suis retrouvé seul. J’étais allongé dans le sable, le soir commençait à tomber, la lumière était douce, je me suis calmé. J’ai regardé devant moi, il y avait la mer, de la mer étalée partout, c’était paisible. Je me suis allumé une cigarette et j’ai fumé en regardant l’horizon. Lentement j’ai arrêté de penser à mon truc à finir, lentement j’ai commencé à profiter de l’instant, lentement je me suis laissé faire, laissé faire par l’horizon.


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 29 janvier 2009
Je ne peux pas résister, je suis obligé de vous publier le mail que mon ami Tof m'a envoyé suite a mon article "mon nom sur les seins d'une fille", j'en rigole encore et je crois que je ne vais pas décrocher ma machoire de ce rire jusqu'à la fin du jour, voir jusqu'à la fin du mois !

Le voici, le voilà, dans son entière intégrité, sans censure, sans coupe franche et surtout, sans trucage !

B+



    De : tof@maisouais.com
    Objet : t'en rêvais, je le fais pour toi!
    Date : 29 janvier 2009 15:38:26 HNEC
    À : bplus@laouais.fr

   C'est vrai que t'es un noob de photoshop! Ca se voit trop c'est du faux!

   T'en rêvais, voila, c'est là, sans trucage, cadeau...

   le mec la classe quoi, un vrai pote!

   N'ayant pas la place d'écrire ton nom en entier (quoi que...),
   mais surtout voulant préserver votre anonymat mon cher B+,
   je n'ai mis que vos initiales, hé hé, mais en  anglais...

   prononcez "bissi ouaze iiir", qui veut dire "B.+. ouais mais ouais"!

   Le zouk soit avec toi!




 
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Jeudi 29 janvier 2009
Il est enfin arrivé, il est là, il est tout chaud, il est prêt à voyager sur tous les réseaux dit « sociaux » de l’internet, il va vous faire sourire de Londres à Tokyo en passant par New York et Clermont-Ferrand, raviver votre cœur du ventricule droit au ventricule gauche, soulever votre joie au delà du ciel de votre allégresse en rasant le toit de votre morosité, dégraisser les taches de dépression hivernale sur vos cravates amidonnées, arracher les poils de stress de vos narines enrhumées et faire souffler une tempête de folie douce par vos oreilles attentives.

Alors asseyez-vous devant votre ordi, calez-vous bien dans votre chaise de bureau qui vous pète le dos, cliquez sur le corps en plastique greffé au bout de vos doigts et c’est parti !

Le somptueux clip de mon ami Reno Bistan « L’amour et la cuisine », réalisé par mon ami Mike Guermyet va dilater vos pupilles tel un feu d’artifice  ! Hop !


Rien que du bonheur.

B+

Par B+ - Publié dans : Musique - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Vendredi 23 janvier 2009
Ce qu’il y a de formidable quand on tient un blog, c’est tous les services que vous offrent votre plate forme d’hébergement pour en contrôler la vivacité. Chez over-blog et peut-être partout j’en sais rien, l’indice de santé de votre blog s’appelle le «blog rank», je n’ai pas saisi toutes les subtilités et savants calcules qui permettent d’en établir le chiffre, mais on comprends assez vite que quand notre «blog rank» est à 5, c’est que notre blog est en train de crever dans les abimes de l’anonymat virtuel, à l’inverse quand on grimpe au dessus des 50, qu’on frôle presque les 60, là c’est que franchement le blog il a trop la patate et on se surprend à rêver qu’il ne manque que quelques chiffres pour que le simple fait de taper n’importe quoi sur n’importe quel moteur de recherche du monde redirige des millions de personnes toutes les secondes sur notre blog et qu’avec une telle visibilité les annonceurs de tous l’univers vont s’étriper pour pouvoir mettre de la pub sur notre blog et engranger des milliards de bénéfices grâce à notre blog qui est trop le must du must du top in du moment de l’instant du présent de la tendance à la mode actuelle ! Après chacun fait comme il veut, moi par exemple comme je n’aspire pas du tout à devenir multi milliardaire en bloguant, quand mon «blog rank» est a 58 et que je sens que je vais créer un buzz énorme qui va bouleverser la face d’internet, hop je fais une pause de deux mois sans toucher a mon blog et hop le «blog rank» redescend à 5.

Mais ce qui est encore plus formidable, c’est que outre la possibilité d’analyser chaque jour l’audience de mon blog avec des jolies courbes graphiques et des camemberts, je peux aussi voir dans l’onglet «provenance des visiteurs» non seulement leur provenance effectivement, mais aussi les mots tapés sur google qui redirigent sur mon site (bon ça ne me donne pas les IP et les numéro de téléphone, les fonctionnalités d’espionnages sont encore très amateurs !). Par exemple j’ai constaté avec surprise et étonnement que quelqu’un en tapant «chanson d’andre minvielle» sur Google est tombé en première position sur mon article sur André Minvielle. C’est pas formidable ça ? Et trois lignes plus bas je m’émerveille de me surprendre à trouver ça dingue que quelqu’un soit tombé sur le chapitre 8 de « je vais vous parler d’une fille » en tapant : «mon nom sur les seins d’une fille» !!!  Houbé il a du en avoir pour son argent celui là ! Il n’a pas du être déçu du voyage ! Hahaha !

Voilà qui m’a laissé songeur… Oui c’est vrai ça tiens et pourquoi pas d’abord ! Moi aussi je veux mon nom sur les seins d’une fille bordel ! D’ailleurs je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé avant ? Merci mystérieux internaute, merci de me faire partager ton fantasme et de me permettre de le faire miens. Je le cris haut et fort : «je veux mon nom sur les seins d’une fille» ! Oui je le veux ! Mon nom sur tes seins ! Oui fille, je tutoie tes seins alors que je ne connais pas encore ton prénom, mais peu importe puisque tes seins porteront mon nom ! Allez hop soyons fou !


Internet c’est aussi ça, une grande plaine de poésie infinie où tous les souhaits peuvent être exaucé d’un coup de Photoshop. Ne m’en veut pas mystérieux internaute d’avoir volé ton rêve de calligraphie mammaire mais c’était plus fort que moi, ton désir m’a tellement ému que je n ‘ai pas su résister à l’amour que ça a monté en moi. Pardonne moi et console toi en te disant qu’il existe plein d’autres espaces de chair pour écrire ton nom. Je vais laisser ton imagination faire le reste…

Deux mois d'absence et je reviens pour raconter des conneries et coller des filles à poils pour remonter mon «blog rank», je sais c'est mal,  je sais...


B+


Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Mardi 20 janvier 2009
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… Et les fainéants surtout ! Il y a deux mois, J’étais effectivement bien parti pour tout repeindre, déplacer les meubles, jeter les encombrants, mais je pense que j’ai bien fais d’écouter ma flemme, parce que la nouvelle déco aurait pas été très funky, j’avais des envies de grandes bannières noire abstraites avec des coulures rouges, ou une photo de moi de trois quart dos avec un regard obscure (ouais je fais très bien les regards obscures !), bref à quelques virgules près j’aurais pu rebaptiser le blog : « B moins ! ».

Mais non, finalement j’ai tout laissé en plan et j’ai pensé à autre chose.

J’aurais bien attendu le printemps pour revenir, mais avec le froid il faut maintenir les doigts en mouvements pour ne pas geler des articulations, donc me revoilà, tapoti tapotant sur mon clavier avec une nouvelle devise pour 2009 : « pas de promesse, pas de projet ! ». J’arrête donc de faire des pronostiques sur l’avenir, j’arrête de promettre des changements, d’envisager des grands chantiers d’écritures, je laisse venir. En revanche, je continuerais de râler avec une mauvaise foi sans nom, je continuerais à parler mal de truc bien, je serais triste, drôle, pathétique, chiant, bête, con, noob, je serais moi !

Et pour bien commencer l’année, rien de tel que de se la souhaiter, en image et en musique !


B+2009
envoyé par baltcha


Encore merci à Elodie, Jeanne, Carole, Aline, Ben, Mike, Pouïl et Tim pour leur créative participation.

Allez c’est reparti !


B+
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Mercredi 19 novembre 2008
Je ne blog plus depuis quelques temps, rien de grave, je n’ai pas envie, c’est simple. Pourtant j’ai eu de la matière, autant dans ma vie privé où j’ai collecté quelques émotions, que dans ma vie culturelle où j’ai vu, lu, écouté certaines choses. Mais non, pas envie. On est en droit d’appeler ça de la paresse, c’est effectivement de la paresse de ne plus tenter d’écrire, quelques soit l’écriture, de blog ou d’ailleurs, une paresse que l’on peut justifier par le manque d’inspiration, mais rassurez-vous l’inspiration est toujours là entre deux expirations, je respire bien ma foi, malgré le nombre censuré de clopes que j’aspire chaque jour, de la paresse sans doute oui. On peut penser que de récentes dérives sentimentales ont asséché l’envie, mais riantes ou douloureuse, les histoires d’amour n’entravent pas les émotions créatives, au contraire elle les stimules, disons que ce qui s’écrit dans la tristesse doit rester caché et au mieux ressurgir plus tard, corrigé par le recul. Depuis quelques années j’évite d’écrire en situation immobile, ce qui en ressort est stérile et aucun recul ne peut pardonner certaines phrases écrites sous la colère (mais il m’arrive de céder et de torchonner quand même ma page). De même, dans l’exaltation amoureuse, le sucre sur les mots est écœurant d’autosatisfaction (mais il m’arrive de me laisser aller à dégouliner). Les incertitudes professionnelles pourraient être un sacré frein à la créativité, peut-être bien que je suis un peu chamboulé par ce genre de problématique banale ces derniers temps, mais paradoxalement, le chômage m’offre un espace de possibles relativement vaste, alors quoi ? Bin j’ai pas envie.

Seulement voilà, ce matin, j’écrit quand même pour vous expliquer que je n’ai pas envie de vous écrire et le fait de vous le dire me stimule à vous l’écrire de façon convenable et me revoilà dans le plaisir simple de tapoter sur mon clavier. Je n’avais pas l’intention de vous faire le coup du gars qui gratte un pavé de dix pages pour raconter qu’il n’a pas envie d’écrire. Très honnêtement, je suis venu vers le blog ce matin juste pour taper : «pas envie.stop.en ce moment.stop.reviens bientôt.stop.» Oui bon, j’allais m’étaler quand même un peu, on ne se refait pas, mais si peu en fait. Juste un coucou en passant, pour dire que ça va, mais que là, non. Mais puisque je suis là, il faut que je vous dise…

J’aimerais revoir le foutoir de ce blog sous peu, réorienter mes billets vers une seule direction. Je pense que je vais cesser mes critiques télévisuelles, mes coups de cœurs et de gueules culturel, pour me concentrer sur la partie imaginative et ludique de ce blog, soient les catégories : «bavardage» et «écritoire». J’écrirais moins, mais j’essaierais d’écrire mieux. Moins qu’en ce moment c’est sur que ça fait pas des masses ! Mais il y a eu des périodes ou je l’avoue sans honte, j’écrivais pour écrire, pire j’écrivais pour être lu pour être lu, trop, mal, sur tout et n’importe quoi, juste pour me la raconter au lieu de raconter sincèrement. J’aimerais à l’avenir cesser ces suffisances inutiles. Le but n’est pas de créer un objet littéraire cohérent, c’est et ça doit rester un blog, une empreinte d’un instant à partager, mais me fixer la contrainte de cesser de m’écouter écrire devrait rendre l’espace plus conviviale, du moins je l’espère.

Je vais sans doute, ça va de pair avec l’intention de clarifier le contenu, changer l’interface graphique. Ce sera peut-être juste de nouvelles couleurs, je n’y ai pas vraiment réfléchis, je vais étudier la question sous peu, mais quitte à faire peau neuve, autant travailler la forme comme le fond. Le lecteur deezer va disparaître lui aussi. Je vais arrêter cette auto citation permanente et laisser la musique seulement sur mon myspace. De temps en temps je ne résisterais pas et je vous posterais une nouvelle chanson, mais je le ferais sur un article, pas dans la marge.

Tout ça, tout ça…


Je laisse les choses en l’état encore quelques jours, mais la semaine prochaine je ferais un gros ménage dans ce qui a été, je supprimerais les rubriques obsolètes et les billets que je juge ratés ou trop bavards. Ce n’est pas de la censure, mais changer les meubles de place et jeter les antiquités, ça donne une vague impression de nouveau départ et j’aime bien ça les nouveaux départs.

Merci d’avoir été là à me lire et merci à ceux qui continueront à me suivre.

Des bises, à très vite.

B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Lundi 3 novembre 2008
Alors je tombe. Une tombée de plume, lente et irréelle, comme soufflée par en dessous, pas de ligne droite, une trajectoire courbe entre le tourbillonnant et l’hésitant, une sensation de sur place en mouvement. La première fois c’était passé si vite, le poids sans doute, je n’ai plus le même corps ça doit jouer. Je suis léger, tout est ralenti, tout est doux et pourtant je tombe. Comment avais-je atterri ? Sans douleur oui, il n’y avait pas eu le moindre choc. Je suis rassuré, il ne peut rien m’arriver, je n’ai qu’à me laisser chuter sans crainte, je ne vais pas m’écraser, l’attraction terrestre agit différemment ici, je serais amorti, c’est sans danger. Sereinement je me laisse attirer vers le sol. C’est long. Quelles pensées défiler ? Ma vie ? Non, ma vie ne se rembobine pas, sans promesse de mort, les images ne se projettent pas, j’aurais aimé. J’aurais aimé revoir certaines choses, les choses oubliées, lire dans le marc de mémoire, décrypter une trace et la reconstituer en souvenir. Ce qui me revient est naturel, se sont des traces imprimées récentes, la part d’enfance ne ressurgira pas, tout ce qui manque est perdu, je ne remettrais pas la main dessus aujourd’hui.

Je tombe. Je suis nu. C’est curieux cette nudité dans le vide. Je suis parti la tête la première et je me retrouve les fesses en bas les bras et les jambes écartés. Régulièrement incommodé par la vision de mon sexe qui flotte en l’air, je le cale entre mes jambes, mais je ne parvient pas à les garder longtemps serrés. Avant mon ventre cachait cette vision, debout ou couché, mon ventre était là pour m’épargner l’impudique mais je ne vais pas invoquer la nostalgie des graisses, se serait idiot. Idiot je m’inquiète avec du superflu. Imaginons un instant qu’un désir me chatouille, imaginons une érection dans ce paysage en pente. Hahaha, je pourrais inverser mon corps et plonger la bite en avant, le corps courbé en arrière, quelle splendide virilité ! Telle une flèche de chair, je serais dans un trou géant en train de pénétrer à l’infini. Oui, mais si petit que l’espace ne me sentirais pas. Je n’ai pas la vanité de pouvoir chuchoter un orgasme au vide que je traverse. Puis la position serait trop inconfortable pour se maintenir d’érotisme. Les parois sont tellement lointaines que j’aurais du mal à les caresser ne serait-ce que du bout des doigts et sans tendresse, à quoi bon désirer. Déjà que je vais atterrir dans le plus simple appareil, autant éviter de m’embarrasser plus. Surtout si le hasard me fait arriver aux pieds de Prudence. J’aurais l’air malin en tension sexuelle.

Je tombe, oui. Je ne distingue pas les bords, je suis au néant, ça pourrait être une grotte, un long boyau minéral, mais ça ressemble à un trou noir, une fraction d’air, le centre d’un cyclone, c’est impalpable. Tout est hors de portée, distant et invisible. Ridicule, j’essaie de me mouvoir en esquissant une brasse disgracieuse. J’avance, je nage, c’est certain, mais l’horizon est insaisissable. C’est curieux, je ne suis pas dans l’obscurité, tout à l’air sombre, mais je peux voir mes bouts de moi parfaitement, seulement au delà de mon corps, tout est brouillé. Pas vraiment la brume, rien de flou, juste l’impossibilité de mettre un regard en forme. Si ça se trouve, il y a des milliers de personnes autour de moi, en train de chuter à l’identique, si ça se trouve on est des milliers de solitudes en train de flotter vers l’inconnu. Suis-je la seule solitude motivée par l’espoir ? Combien sommes-nous à sombrer pour une espérance amoureuse ? Parmi tous mes voisins de dégringolades combien sont-ils ceux qui sont sur un chemin chimérique ? Il y a certainement des solitudes qui tombent pour tomber, qui tombent pour rien, pour l’oubli, pour la fuite. Des solitudes doivent probablement espérer la mort et s’inquiéter que leurs souvenirs ne défilent pas, des solitudes condamnées à vivre. Moi, je tombe pour un baiser qui n’a pas eu lieu, est-ce raisonnable ? Est-ce raisonnable de courir pour rattraper des lèvres qui ne m’ont pas embrassés quand des milliers de personnes autour de moi sont en train de tomber pour des raisons plus nobles ou plus douloureuses ?

Cette parenthèse sur la plage, c’est peut-être tout ce qu’elle avait à m’offrir. Peut-être j’aurais du me contenter de cet éphémère, la beauté simple d’un moment vrai. En me lançant dément à sa poursuite je vais peut-être gâcher tout ça. J’aurais du l’attendre. La laisser venir à moi. Oui, c’est ça qu’elle m’a dit sur la scène, son prénom… Prudence ! Prudence, elle n’est pas prête et moi je fonce sur elle pour l’assaillir d’amour. Je fais fausse route, je vais la perdre en la réclamant. Cette insistance sentimentale est de trop.  Laissez-moi remonter ! Il faut faire machine arrière. Inversez le trou noir ! Aspirez-moi en arrière ! Un seau ! Il doit bien y avoir un seau qui tire de l’eau de ce puis sans fond, laissez-moi remonter avec l’eau !

(à suivre…)


B+
Par B+ - Publié dans : Ecritoire - Communauté : L'art et la manière
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