Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 23:09

En pleine crise de « zooeydiaquie » (maladie de ceux qui sont obsédés par Zooey Deschanel au point de baptiser leur nouvelle guitare « Zooey »!!!) il fallait bien que je fasse un break. Non parce qu'en sortant du concert de She&Him il y a 3 semaines, (vous savez le groupe où Zooey Deschanel chante des chansons qu'elle a écrite avec ses petits doigts si jolies !) j'avais l'impression de faire parti des élus, de ceux qui peuvent dire « j'y étais ! », de ceux qui désormais portent un écusson cousu sur leur poitrine « I saw Zooey Deschanel and I saw the light », de ceux qui depuis ont cessé toute activité pour se consacrer au culte de leur déesse. J'étais de ceux là oui... C'est dans cet état de soumission totale, vautré dans mon lit à me passer en boucle la filmographie de Zooey Deschanel (j'ai même été jusqu'à m'infliger un épisode de « Bones » parce qu'elle joue un petit rôle aux côtés de sa sœur !), que mon ami Tof m'a trouvé. Ni une ni deux, il m'a choppé par le col, m'a trainé jusqu'à la douche et m'a fouetté à grand coup de jet d'eau froide. Quarante cinq minutes et soixante claques dans ma gueule plus tard, j'étais réveillé, mouillé, mais réveillé. Pour être sur que je n'étais pas en train de feinter il m'a passé quinze minutes dans le sèche linge. Juste au cas ou. Une fois sec il m'a dit :  « je joue ce soir avec Nadeah à la Boule noire, je t'ai mis une invitation, tu viens et tu ne discute pas ! ».

 

J'ai bien essayé en sortant d'embrasser la jaquette du dvd de « 500 days of summer » mais il me l'a arraché des mains et l'a immolé par le feu avec tous mes poster, t-shirt, badges, poupées, boîtes de biscuits, pendules, napperons et dessus de lit à l'effigie de Zooey Deschanel. Inutile de protester, de crier, de pleurer, le destin était en route, je devais abandonner Zooey et suivre mon ami Tof contraint et forcé. Plusieurs fois dans le métro j'ai essayé de lui fausser compagnie, si bien qu'il a fini par me tenir en laisse jusqu'à la Boule noire. Une fois à l'intérieur il m'a enchainée à la console de mixage sous la surveillance d'une mexicaine peu commode ! Je ne pouvais plus m'échapper, j'allais devoir regarder un concert avec une chanteuse qui n'était pas Zooey !

 

J'ai passée une excellente soirée. Nadeah c'est un sacré bout de quelque chose d'indéfinissable perchée sur un bord de galaxie loin très loin au delà de la frontière du possible ! Je ne me risquerai pas à l'analyse de style mais je dirais que c'est autre part entre la pop, le rock, le cabaret, le jazz et la chanson. C'est une musique qui craque comme un feu de cheminée, une musique pleine de surprises, de ruptures, mais maîtrisé de mains de maîtres par des musiciens majestueux. Piano, contrebasse, batterie et guitare, rejoint le temps de quelques morceaux par mes amis Tof et Clem à la clarinette et au trombone pour que la fête soit plus belle. C'était magique, bravo.

 

 

 


Mais ce qui m'a séduit au delà de sa musique, c'est la capacité de Nadeah d'arriver sur une scène et d'être simplement là, entière, souriante, vivante, incroyablement proche, d'habiter tout l'espace d'un regard, d'être tellement bien qu'elle nous fait nous sentir bien. C'est assez rare comme sensation, il n'y en a pas tant que ça des artistes qui délivrent une telle vibration. Elle a une réputation de bête de scène, réputation acquise lors des prestations scéniques avec le groupe « The loveGods » ou plus récemment avec « Nouvelle Vague », mais alors que je m'attendais à une punkette déjantée sautillante, j'ai vu quelque chose d'autrement plus classieux. Parce qu'à l'intérieur de cette présence éclatante il y a une maîtrise vocale somptueuse. Elle n'a pas sautée partout, elle n'a pas fait de danses sulfureuses, elle a chanté. Elle a chanté et c'était émouvant. Parce que sa voix est tour à tour cristalline et pleine de grain, parce que ça trébuche, ça perche, ça serpente, c'est envoutant. Pour ne rien gâcher, Nadeah est une très belle femme, mais mon cœur de groupie étant déjà pris, de Nadeah je n'aimerai que la musique !

 

Je ne vous met pas de lien, il suffit de taper « Nadeah » sur google et vous ne pourrez pas la manquer. Elle prépare son premier album solo et vivement qu'il nous parvienne. En tout cas, si vous avez l'occasion de la voire en concert, ne manquez ça sous aucuns prétextes, même si vous êtes atteints de « zooeydiaquie » !!!

 

Bon allez, à dans un mois ou dix !

 


B+

Par B+ - Publié dans : Musique
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 11:22

Voici le mail que j'ai reçu de mon ami Tof en réaction à mon article « J'attends mon kangourou ». Je l'ai fait lire à Buffy, elle boude toujours.

 

 

Cher B+

 

Shame on me, ou plutot "Holly Koala shit" comme y disent ici. 10 putain de jours à chercher un kangou roux pour ta blonde...mais fume, c'est de l'herbe à pipe! Ces rebondis bestiots sont introuvables. Il paraitrait qu'ils fuient la chaleur, et passent leurs journées à jouer à la corde à sauter dans des piscines privés avec les employés d'orange.

Tout tenté, retourné, j'ai même fait appel à un pisteur expérimenté, John Lock, mais y m'a fait faire le tour des caves. Chelou ce type...

Désespéré, j'ai envisagé de ramener un kangou plat. Ca tient moins de place dans un appart et aurait fait joli dans ton salon/cuisine/bureau/chambre d'ami. Et puis t'en trouves des chiés sur les routes ici...Problème: En terme de conversation, ils sont super limités, et Buffy, bien que plus blondasse qu'une 33 export, lui faut un chose qui l'écoute.

A deux doigts de me résigner à perdre bêtement un meilleur ami et mon squatt parisien, je pars, fidèle à mon habitude, noyer ma désoeuvrance dans la photo de mouches. Et c'est lors d'une session au Botanic Garden de Sydney que jaillit l'idée salvatrice...

Alors que je vérifie la netteté d'une drosophyllie ornithorus sur l'écran lcd de mon réflex, je vois une penderie! Croyant à une persistance rétinienne due à mon enfance malheureuse, j'interroge le ciel et tombe sur une paire d'yeux plus attendrissante qu'une colonie de chats Pottés. Mais oui mais c'est bien sur, le cadeau rédempteur, exorcisant, et aussi accrochable qu'un cintre Ikéa: une chauve-souris!

Ah ah ah, Buffy, chasseuse de vampire, la hyper potesse d'une chauve-souris, délectable, lol, mdr, mouhaha! 

Je demande alors à Bob (c'est son nom et c'est un male) si des fois il sait faire des trucs spéciaux, rapport que mon pote B va me casser les couilles si ya pas un gadget + sur son cadeau.

Bob bouffe des guêpes! Mouais, c'est certes pratique, vu qu'il paraitrait que Buffy en ai pleins la culotte, mais bon...

Par bonheur, Bob est en couple avec Betty, et Oh miracle, Betty sait faire des bulles! C'est facile quand on vit la tête en bas, et ça fait chouette pour les soirées dansantes.

Rendez-vous est donc pris pour le grand voyage de retour,et c'est avec l'ame d'un guerrier Maori que je m'envole au pays des Hobbits pour ma conférence sur "la cuisine orque, doit-on flamber les ailes de raie gratinées au camembert avec du pastis?"

Je te joins quelques photos de Betty and Bob pour faire patienter ta nouillasse.

 

2-Bob-la-rencontre.jpg

 

3-Betty-fait-des-bulles.jpg

 

4-Bob-et-Betty.jpg


Voila voila, je rentre bientot sur le vol Oceanic 815.

J'espère qu'il me laisseront prendre mon cadeau en bagage à main.

 

+++.

 

Tof.

 

Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 14:35

Je sais bien que cette ruée soudaine vers la blogouille intensive sonne comme un remplissage inepte, comme si, coupable de silences répétés, d'interruptions glaciales, de grèves du blog tous les sept post, je cherchais à me racheter auprès de mes dix huit lecteurs (c'est le nombre d'abonné à ma newsletter, les fous qui reçoivent un mail quand je commet !) en leur fournissant une dose massive de contenu condensée sur quelques jours ou semaines. Mais ce n'est pas ça. Je ne cherche pas à combler ou masquer un vide quelconque mais il est vrai qu'il y a un petit côté « écrire à tout prix » qui motive ce retour en force. Peu importe l'objectif que je me suis fixé, les objectifs étant ce qu'ils sont, ils finissent toujours par divaguer dans l'imprévu pour le meilleur comme le pire, ce qui compte pour moi en ce moment c'est de passer un moment de ma journée à me concentrer sur la rédaction d'un texte. C'est juste de la pratique pour maintenir le cap, ça n'a rien d'une thérapie, c'est un geste sain de « faire ». Je travaille mon instrument, alors il y a des couacs, des fausses notes, des envolées lyriques, un peu de tout, un peu de rien, mais je travaille. Pourquoi publier mes exercices de solfège alors ? Parce que c'est une façon de me dire « ça c'est fait », je peux passer à autre chose et surtout la publication force une relecture vigilante (oui bon d'accord, l'orthographe c'est pas ça, mais il y a des fautes d'enfance qu'on ne rattrape pas en relisant sa vie) qui pousse à prendre garde au rythme, à la couleur, à la fluidité. J'ai des tics d'écriture, parfois j'essaie de les gommer, parfois je les laisse passer, voir même j'en rajoute une couche pour les amplifier, ce n'est pas toujours facile de faire le deuil d'un adjectif ou d'une métaphore. Oui j'en fais des tonnes souvent, ce n'est pas une volonté de coller à la thématique « plus » que je me suis fixé en créant le blog il y a deux ans, c'est juste dans ma nature, l'excessif est mon domaine de prédilection, j'essaie de vous épargner de temps en temps, mais ce n'est pas simple !

 

Tout ça est quand même relativement égocentrique il faut l'admettre. Ça l'est d'autant plus que je ne suis pas un gros consommateur de blog. Si je peux passer des heures à fouiner sur des blog d'images, dessins, vidéo ou autre, je m'arrête rarement sur des blogs d'écriture. Hors mis « le monde des séries » que je consulte tous les jours sans jamais participer d'un commentaire (mais c'est un blog thématique sur les séries TV passionnant et passionné), hors mis le blog de Martin Winckler « chevalier des touches » que je feuillette une ou deux fois par mois (mais Martin Winckler c'est un peu mon idole !) et le blog de mon ami Eric Ksouri « salutations distinguées » que je suis avec joie (mais c'est un ami), les blog d'écrivants n'attirent jamais mon attention, pire, je passe mon chemin.Quelque part, c'est odieux d'utiliser un médium sans jamais l'avoir vraiment pratiqué, sans en connaître les us et coutumes, ça ressemble à de l'imposture, suis-je un imposteur ? Pour ma défense (enfin pour noyer le poisson !), je dirai que, comme la plupart de mes contemporains, lire sur internet m'ennuie, qu'il est beaucoup plus agréable de naviguer sur un blog d'images, de suivre le travail graphique de quelqu'un, parce que l'image offre de l'instantané, ça nous parle immédiatement, lire un « pavé » sur son navigateur, c'est beaucoup moins sexy. C'est terrible, je suis en train de vous dire que je participe avec mon blog à touiller la boue des mots, ces mots entassés en phrases rédhibitoires, en paragraphes soporifiques, ces mots vains. Mon blog est un « tue l'amour » de plus dans un monde d'images excitantes ! Parce que je ne suis pas partisan de la thèse du mérite, que c'est crétin de dire que lire est une démarche plus noble, plus exigeante et donc méritoire dans le sens où ça demande un investissement supérieur a l'image qui touche le regard, crétin parce que chacun engage sa sensibilité en fonction de ses goûts et si la tendance majoritaire est à l'images, il y a encore beaucoup de gens qui sont plus sensible à l'écrit. Mais ma contradiction est pointé du doigt : je suis un amoureux d'image qui pratique l'écrit. J'écris plus que je ne lis, je ne sais pas si c'est une tare, je ne me sent pas coupable, sans doute si je lisais plus, mon écriture y gagnerai, je ne sais pas, il n'est jamais trop tard pour s'immerger à nouveau dans les influences, mais c'est vrai que la lecture me stérilise, me rend impuissant, je sais qu'à chaque fois que je suis plongé dans un livre, c'est une période où aucun mots ne sort de moi. Donc si j'écris c'est que je suis tourné vers moi même, imperméable à tout, dans l'égo à faire ce que je suis en train de faire présentement, raconter ma vie ! J'essaie de faire en sorte que mes racontars soient suffisamment ouverts pour toucher les gens qui me lisent, mais je n'y parvient pas toujours, c'est ainsi.

 

Si je divague un peu cet après midi, c'est qu'hier j'ai cliqué sur « vous aimerez aussi » dans la barre d'espace « over-blog » qui apparait au dessus de mon blog. En cliquant ça m'a emmené sur une page avec en gros titre : « Blogs reliés à bplus» suivit d'une liste d'une dizaine de blogs divers et variés. Listing fort étrange puisque sur les dix, il y avait deux blogs consacré à l'univers de « Star Wars » ! Je n'ai rien contre l'œuvre de Georges Lucas, mais je ne crois pas faire parti du fan club rapproché de ce monsieur, je me demande même si j'ai déjà prononcé le mot « Star Wars » dans un de mes articles. Bref, l'internet nous réserve encore de folles surprises. Je ne suis pas allé voir ces deux blogs, mais j'ai fais un tour sur tous les autres. Il y avait deux blogs de blagues, blondes et autre trucs d'humour drôle, là encore je me suis interrogés, ma prose pourrait-elle figurer en bonne place un jour sur un emballage de carambar ? Un blog où une jeune fille nous fait l'inventaire des derniers accessoires de mode dont elle rêve ou à fait l'acquisition, oui c'est tout moi ça, absolut fashion victim ! Trois blogs que j'ai fuis sans en relever le contenu à cause d'une mise en page agressive et hideuse. Un blog de critique culturelle ma foi assez bien foutu et généreux autour de la musique et du cinéma, déjà j'ai senti un peu plus l'affiliation. Et un dernier blog, le blog de Dodie, qui m'a touché pour une phrase. Le blog en lui-même est loin d'être honteux, c'est essentiellement des dessins, des notes d'humeurs, des bouts de vies, des coup de foudre culturel, un fourre tout d'émotions un peu comme chez moi. Une phrase m'a interpellé donc : « Niveau news, c'est la routine: j'ai déménagé (encore) pour retourner à la Cité U, et j'ai encore foiré tous mes exams ! Bref rien d'exceptionnel, si ce n'est qu'à 21 ans, j'ai l'impression d'avoir des soucis de "vieux" genre: factures, remplir le frigo, payer le loyer, se battre avec la Sécu ! ». Je ne sais pas pourquoi, j'ai imprimé ça comme une vérité absolue, être vieux c'est avoir des soucis matériels ! Putain mais je suis vieux !!!! Je passe une partie du mois à penser à mes factures, je suis vieux !!! Je suis vieux bordel ! C'est pour ça que je radote sur un blog, c'est parce que je suis vieux ! Fini les rêves adolescents, la promesse de lendemain poétiques, je ne suis plus qu'une vieille chose qui râle en sortant son chéquier ! Mais ? Mais ! C'est ça, c'est pas le temps qui nous fait vieillir, c'est l'argent !!! Ah bin oui puisque le temps c'est de l'argent, suis-je bête !


Je ne suis pas en train de me moquer de Dodie, je moque la nostalgie qu'elle m'a flanqué à la gueule, la nostalgie de mes 21 ans, insouciant étudiant aux beaux arts de Lyon, sponsorisé par mon père, sans ambitions particulières, si ce n'est de vivre en fête des amitiés et des amours. Je moque l'adolescent que j'étais, plein de possible au bout des doigts, qui de possible à perdu les sensations au fur et à mesure que la vie grimpait sa réalité, qui boursoufflé de paresse a perdu le goût des conquêtes. Je me moque de l'image caricaturale que je me suis fait de la somme de mes actes. Je moque le regard défaitiste que j'ai eu tort de poser sur moi-même. Je me moque parce que je n'ai pas envie d'être vieux, pas comme ça, pas un vieux de « soucis », alors j'écris. Oui j'écris tout et rien sur tout et sur rien, je divague, je flâne, du coq à l'âne, du kangourou à Buffy, je branle des phrases à tout va, du bordel, du chaos, un truc qui me ressemble, décousu, imparfait, interrompu. J'écris en amateur, pour le plaisir, à l'envie, un jour peut-être il en sortira quelque chose de plus mûre, de plus construit, mais pour l'instant je m'autorise l'erreur, le tâtonnement, je m'offre cet espace de doute et je le partage ici, dans un grand point d'interrogation. Un blog comme un brouillon d'avenir, un blog à l'incertitude et à l'envie. Mon blog.

 

Courage Dodie, ne te laisse pas vieillir !

 

 

B+

Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:38

J'attends mon kangourou. Enfin pour être tout à fait exact, c'est Buffy qui attends le Kangourou qu'on lui à promit. Bon c'est vrai j'aurai pas du lui en parler, non parce que à la base c'était une surprise, mais vous savez comment c'est une héroïne de série TV, on peut rien lui cacher, comme si elle avait lu le script de nos vies à l'avance. Alors depuis quelques jours, elle boude, elle veut son kangourou ! J'essaie de l'amadouer en la déplaçant, un coup dans la chambre, un coup dans le salon, pour l'aérer, lui changer la vue, mais rien ne marche, elle fait toujours la gueule, elle veut son kangourou ! Déjà qu'elle faisait systématiquement la gueule, le coup du kangourou ça n'arrange rien, elle tire une de ces tronches de porte de chambre froide c'est que du bonheur. Merci vraiment merci, j'avais vraiment besoin de ça en ce moment.

 

Bon oui, depuis quelques temps, il y a eu du changement dans ma vie, je ne vis plus seul, j'ai ma Buffy en carton grandeur nature ! Vous moquez pas ! Avec cette mode des vampires partout à toutes les sauces, bin j'ai commencé à flipper et il a bien fallu que je trouve une solution pour être à l'abri, au cas ou. Donc je me suis mis en ménage avec Buffy, comme ça je ne risque rien. Rigolez, rigolez, vous rigolerez moins si un vampire vient frapper à votre porte en se faisant passer pour un technicien Orange qui vient réparer votre connexion internet qui est encore tombée en panne, non seulement parce que c'est la saison des pannes, mais surtout parce que vous êtes stupide d'être encore chez Orange après toutes les merdes que vous avez eu avec eux, vous rigolerez moins ! Là dés que ça sonne, hop je la déplace dans le couloir en face de la porte d'entrée et j'ouvre. Si c'est un vampire, je peux vous assurer qu'à peine il a commencé son baratin il se souvient instantanément qu'il a piscine et qu'il n'a rien à faire sur mon palier, si ce n'est pas un vampire, c'est simple il éclate de rire et se fout de ma tronche pendant une demi heure et dans la journée qui suit j'ai tout ses potes qui trouvent un prétexte pour passer mon paillasson et se poirer un bon coup ! Bref, je vis avec Buffy. Mais en ce moment c'est l'enfer, parce que Buffy, elle veut son kangourou, et tant qu'elle n'aura pas son kangourou elle va me signifier de façon excessivement limpide toute l'étendue de son mécontentement. Pire encore, elle va être triste, infiniment triste et ça, elle a beau être en carton, je ne suis pas de marbre et ça va me tuer si elle fond en larme. Puis le carton mouillé, ça gondole et je ne veux pas qu'elle gondole ma Buffy !

 

Pourquoi un kangourou ? C'est très simple. Il y a une quinzaine de jour mon ami Tof est venu diner à la maison juste avant de s'envoler pour l'Australie. En partant, il m'a promit qu'il me ramènerait un kangourou pour Buffy. Il est sympa mon ami Tof, c'est vraiment une touchante attention de sa part (quand même je devrai me méfier un peu, dés fois qu'il fricoterait avec Buffy dans mon dos, non parce qu'il est sympa oui, mais il est un peu dragueur sur les bords, léger hein, mais dragueur quand même, faudrait voir à pas me le faire trop souvent le coup du kangourou !), non parce qu'il pourrait promettre des chocolats, des calissons, du nougat, enfin une spécialité australienne quelconque, mais non, il voit les choses en grand mon ami Tof, il nous ramènera pas une tour Eiffel dans une boule qui neige non, il est a un cœur plus grand que ça, il ira dans le désert pêcher un kangourou à main nus, il l'apprivoisera et il le ramènera pour Buffy ! Il est comme ça mon ami Tof, il nous prends pas pour des cons ! Je sais bien qu'il ne faut pas vendre la peau du kangourou avant de l'avoir emballé dans une boîte de chocolat, mais je n'ai pas su garder ça pour moi. Comprenez moi, j'étais tellement heureux que j'ai partagé ma joie avec Buffy. Parce que mon ami Tof, c'est quelqu'un d'important pour moi, je veux que tout se passe bien, qu'ils s'entendent bien avec ma Buffy, je voulais qu'elle sache à quel point c'était un type bien (non parce qu'elle m'a raconté une histoire de main baladeuse et de sourire coquin à laquelle j'ai du mal à croire, mais qu'il faudra quand même que j'éclaircisse !) alors je lui ai dit pour le kangourou. Oh, ça l'a mise dans une de ces joies, vous auriez vu ça, c'était merveilleux. Seulement le temps passe et je n'ai aucune nouvelle de mon ami Tof et sans nouvelles de mon ami Tof, les promesses de kangourou commencent à ressembler à un attrape câlin, un truc que j'aurai inventé pour m'attirer des tendresses. Putain mais Tof bordel t'es où là, tu fais quoi ??? Tu tiens vraiment à ce que je replonge dans la misère sexuelle dans laquelle je pataugeais depuis deux siècles ? C'est comme ça que tu envisage notre amitié à l'avenir, en brisant mon couple ? Je veux mon kangourou !!!!


Alors j'attends mon kangourou et franchement il a intérêt à être bien ce kangourou. J'espère que ça va être « the » kangourou, pas la moitié d'un quart de tiers de wallaby avec du sang d'ornithorynque, un pur kangourou de concours, un fucking motherfucker kangourou sa mère, je veux le kangourou le plus classe du monde, le Georges Abitbol des kangourous, la rolls des kangourou, un kangourou 24 carats, un kangourou qui pond des œufs d'or, un kangourou de chez kangourou, parce que sinon, ça va vraiment très mal se passer et quand je dis que ça va mal se passer, c'est que ça va pas bien se passer !

 

Bon là j'ai mis ma Buffy en carton devant la fenêtre avec vue sur le voisin qui ressemble à Robert Pattinson qui fait de la muscu en string sur son balcon, ça devrait nous faire gagner un peu de temps, mais je t'en supplie Tof, revient vite, je ne vais pas pouvoir continuer à vivre comme ça très longtemps...

 

 

 

B+

Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 19:17

Notice explicative, histoire de bavarder un peu avant le grand "copier coller" !


"Marianne" est une nouvelle que j'ai écrite il y a plusieurs années. Je l'ai donné à lire à très peu de personnes  et je l'ai longtemps gardé en attente. Je voulais à l'époque écrire plusieurs nouvelles en écho avec celle-ci. Mais en avançant sur ce projet, les autres textes étaient trop tristes , tristes de ces choses qu'on écrit quand on est mal et qu'il vaut mieux ne jamais faire lire à personne. Je n'ai plus envie de garder cette nouvelle au fond de la cave, alors je la publie ici, comme pour la libérer de la pression que j'ai posé sur ses épaules depuis tant de temps et surtout, parce que finalement, elle se suffit à elle-même.

 

Bon c'est un peu plus long que d'habitude, mais avec une tisane ça passe tout seul !!!

Marianne, soit la bienvenue sur la blogouillesphère !!

 

 

 

 

Marianne.


Je suis sorti de la chambre doucement. Je voulais profiter de cette première journée pleinement, je voulais prendre mon café en regardant le soleil se lever. Il fallait commencer en même temps que le jour, c’était symbolique, peut-être stupide, mais j’en avais envie. J’ai mis à chauffer ma vieille cafetière italienne et je suis allé surveiller le ciel. Si Marianne s’était levée avant moi, elle nous aurait fait un immonde jus de chaussette électrique ! Je suis méchant, elle l’aime comme ça, c’est tout. Ce n'est pas aujourd’hui qu’on va changer nos vieilles habitudes. Quoique ? En fait, c’est aujourd’hui qu’il va falloir trouver de nouvelles habitudes ! Ça va lui faire bizarre de m’avoir dans les pattes toute la journée. Mais je vais m’occuper, je ne vais pas la gêner, il y a tant de choses à faire. Il y a le jardin. On pourrait planter d’autres arbres. J’irais à la pépinière tout à l’heure. J’en profiterais pour passer au magasin de bricolage, il faut changer cette tondeuse et puis les volets, ils commencent à s’écailler, j’achèterais de la peinture, orange ! Pour changer. Ça suffit tout ce bleu ! Ma vieille complice en aluminium s’est mise à gargouiller dans la cuisine, j’ai coupé le feu, je me suis servi un bol et je suis allé me poser sur la terrasse. C’était parfait. J’ai flâné encore un peu, le temps d’une cigarette. J’ai écrit un mot à Marianne sur l’ardoise du frigo et je suis parti à la boulangerie.

 

C’est mon premier jour de retraite. C’est un peu étrange de se dire qu’une vie est passée, que celle qui reste va filer encore plus vite et que, finalement, je n’ai pas eut le temps de penser à faire autre chose. Je ne regrettes rien, c’est justement ça que je trouve curieux, de ne rien regretter, de m’être senti bien. Pourtant j’ai égaré quelques rêves en traversant, mais rien ne me pèse. Je ne me sent pas aigri, je n’ai pas de culpabilité envers moi-même ou envers ma femme. Nous n’avons pas eut d’enfants c’est vrai, je ne pouvais pas en avoir, mais Marianne est restée et elle est heureuse je crois. Nous avions réfléchit à l’adoption, mais elle s’est résigné, calmement, sans tristesse. Elle m’a dit un jour qu’elle ne voulait pas d’un enfant qui nous rappellerait que nous ne pouvions pas en avoir. C’était juste pour me signifier C'est pas grave, je t’aime. Nous sommes restés complices toutes ces années, petit à petit nous n’éprouvions plus le besoin de nous entourer d’amis, petit à petit nous nous sommes entourés simplement de nos bras, de nos baisers, de nos caresses, de cette tendresse folle qui nous étreints. De toute façon, à soixante trois ans il n’y a pas de raison d’être mélancolique, ils nous reste une vie, c’est beaucoup une vie ! Je suis rentré souriant avec ma baguette et mes croissants. De belles journées se profilaient.

 

Qui êtes vous ? Qu’est-ce que vous faites là ? Une bohémienne était en train de piller mon potager. C’est une propriété privé ici ! Vous n’avez rien à faire là ! Partez ou j’appelle la police ! Elle m’a regardé avec une mine désolée, pas triste, désolée, comme un petit animal qui s’excuse d’avoir fait une bêtise. Elle a reposée par terre les légumes qu’elle avait glané et est partie sans rien dire, avec sa mine désolée comme un sourire gêné. Je grognais encore dans ma tête l’air têtu de la propriété, de l’insécurité et toute sa symphonie aliénante quand j’ai vu son petit tas de légumes. Je me suis senti confus. Quatre courgettes et trois tomates à moitié grignotés par les vers. Sur leurs pieds, mes courgettes et mes tomates étaient toujours fièrement dressés, elle avait juste ramassés celles que j’aurais de toute façon laissés, elle n’avait pas touché aux plants. Quand même elle était entrée chez moi de force ! A bien y regarder, ma pauvre clôture en ruine, ce n’était pas vraiment dissuasif. Ce n’est pas une raison, s’il y a un potager, c’est qu’il appartient à quelqu’un, ça tombe sous le sens qu’on est sur un terrain privé ! Je pourrais peut-être… Non ! Tu ne vas pas commencer à nourrir tous les égarés ! Que va dire Marianne ? Ça va l’empêcher de dormir, elle va avoir peur qu’une armée de gitans viennent assaillir la maison ! J’ai regardé au loin la fenêtre de notre chambre, j’ai ramassé le petit tas de légumes et j’ai courus après la jeune fille. En lui tendant les légumes, je me suis senti encore plus confus. Pardon, j’aurais pu en cueillir des neufs, je veux dire des beaux, ceux-là sont tout misérables, c’est à peine s’il sont comestibles… Elle a sourit évidemment, j’avais l’air bêta avec mes légumes pourris. C’est tellement gentil de votre part, elle m’a dit. Mais non, ne vous inquiétez pas, ceux-la iront très bien. Je suis resté muet. Elle m’a dévisagé avec un regard très doux, sont sourire s’est agrandit, elle avait une expression de reconnaissance incroyable, incroyable pour une poignée de légumes gâtés. C’est à moi de vous demander pardon, elle a ajouté. Je n’aurais pas du me servir, je ne voulais pas vous voler, juste prendre ce que vous n’utilisez pas… Je ne l’ai pas laissé continuer. Non, mais ce n’est pas grave, j’ai largement assez de légumes pour vous en donner un peu, si vous voulez, je ne sais pas, repassez dans quelques jours, il y aura des salades, je vous donnerais des radis et puis des haricots, vous aimez les haricots ? Si elle ne m’avait pas arrêté, je lui aurais récité mon potager. Vous êtes très gentil monsieur, vraiment, mais je ne veux pas abuser, je ne veux plus vous embêter, merci, merci beaucoup. Et elle est partie lentement.

 

J’ai cuisiné. Toute la matinée. Il fallait que ce soit parfait. J’ai dit à Marianne que je voulais m’occuper d’elle, elle m’a dit : Mais qu’est-ce que je vais faire ? Je n’avais pas de réponse, je l’ai rassuré en lui disant que, aujourd’hui était un jour particulier, c’est tout, c’est rien. J’ai senti qu’elle tournait en rond, elle n’aime pas que je la chamboule, ça la perturbe, alors elle s’est mise à faire des trucs étranges et, j’aime bien quand elle fait ça. Au début, c’est un espèce d’acharnement à vouloir être utile à tout prix. Elle commence par analyser tous les produits détergent sous l’évier dans la perspective d’un nettoyage herculéen. Très vite elle doit se dire que si elle commence à faire du ménage maintenant, son après midi sera absurde puisque tout sera déjà propre, alors après avoir sorti son plumeau, ses chiffons, son seau, sa serpillère, après avoir anticipé le branchement de l’aspirateur, elle remet tout en place sans avoir agité un gramme de poussière. Il y a quelques années elle s’est confectionné son coffre de vieille, en prévision. C’est une valise ou elle a empilé toutes les activités clichés, tous les instantanés d’une vie de vieux au coin du feu. Tout un nécessaire à vieillir : mots fléchés ou croisés, aiguilles à tricoter, pelotes de laine, romans à l’eau de cruche, dés à coudre, canevas, fil à broder et curieusement, des livres de coloriage avec une boîte de feutres. Elle s’assoit, ouvre le coffre, sort chaque chose lentement, les disposes sur la table méthodiquement, puis finalement elle se rabat toujours sur le livre de coloriage. Elle remet tout le reste en place et ouvre le cahier. Le premier dessin, un moulin au milieu d’un champs de blé, est resté inachevé depuis tant. Les ailes sont rouges, elle ne suit pas les codes couleurs et tout autour, il n’y a que des numéros dans des cases blanches. Elle prends le feutre rouge et recolorie par dessus, les ailes, toujours les ailes… Puis elle referme et range. Alors elle s’installe dans le salon et soulève le couvercle du piano. Ça ne dure jamais, elle plaque un accord, tente une gamme et referme en grommelant : Il est faux ce “bouzin”, il faudrait s’en occuper tout de même ! Depuis dix ans le piano est désaccordé et il le restera longtemps après nous. Elle allume la télé, mais les jeux matinaux ne la tiennent pas en haleine plus de trente seconde. Elle revient dans la cuisine, Tu crois qu’il faut arroser le jardin ? Elle sait bien qu’il vaut mieux faire ça en fin de journée, alors je réponds d’un sourire. Elle me vole une patate sur la table, vient m’embrasser sur la nuque et, Aïe ! Elle m’arrache un cheveux. Elle le scotche sur le haut de la pomme de terre, attrape une boîte de cure dents sur le buffet et dressée fièrement devant moi, elle fait du vaudou avec un regard démoniaque. J’éclate de rire, je me jette dans ses bras, je lèche son oreille et je retourne à mon épluchage. Elle se frotte l’oreille, Beuh ! Ses yeux sont ardents, elle enlève tous ses vêtements et sort en courant de la cuisine. Le repas attendra.

 

L’été est passé. Très vite j’ai oublié le monde, je ne me considérai plus comme un retraité, mais comme une personne libre, un équilibre nouveau nous réunissait avec Marianne et nous vivions un bonheur agité de tendresse. C’est vrai nous nous sommes un peu cloîtrés, mais nous n’avions tellement besoin de rien, qu’il eut été inutile d’aller s’exposer sur les places du villages. Nous allions aux courses à tour de rôle, personne ne devait nous voir ensemble. Ensemble, c’était notre jardin inachevé, nos quelques murs effrités de lierre, nos volets oranges écaillé de bleu, notre ciel encadrés de tilleuls et de châtaigniers, notre clôture abattue ouvrant sur des champs abandonnés, notre vieux puits avec sa manivelle nue, pointu, où nous nous étions tant de fois écorché un bras, notre terrasse mal cimentés ou la guerre du café faisait rage, ensemble c’était notre amour, recolorié comme les ailes d’un moulin, éternel comme dans un roman à l’eau de cruche. Nous n’avions pas besoin de partager ça avec des inconnus qui se prendraient trop vite pour des amis, auxquels nous serions redevable sans raison de gestes inutiles et d’attentions forcés, par des conventions dans lesquelles nous ne nous reconnaîtrions jamais. Nous étions égoïstement heureux. Nous avions vingt ans et mille ans à échanger devant nous, qui voudrait partager ça ? L’été est passé. Trop vite et fin septembre au premier envol d’hirondelles, Marianne est tombée malade. Ça m’a fait bizarre de ressortir ma mallette, j’avais tellement fait abstraction du travail ces derniers mois, c’était devenu une affaire du passé et je ne pensais plus exercer, jamais et pourtant… Je l’ai ausculté. Rien de grave, mais elle allait être immobilisé au lit un certain temps. Cette bonne vieille grippe, mais à notre âge, même les maladies les plus bénigne assomment d’une fatigue redoutable. Quelque part c’était bien, j’allais pouvoir m’occuper d’elle à temps plein, veiller sa fièvre et panser ses cauchemars. J’aurais dû être prévoyant, mais avec cette cessation d’activité, c’est comme si tous mes réflexes professionnels avaient disparu. Je n’ai jamais pu me l’expliquer de façon rationnel, mais chaque année, à la même période, Marianne tombait malade. Quelques jours de fièvres qui coïncidait toujours avec le départ des hirondelles, comme si leur migration agissait sur ses défenses immunitaires. Marianne avait sûrement été une hirondelle dans une autre vie et regarder les siens partir sans pouvoir les rejoindre devait réveiller en elle une ancienne nostalgie… Non, je suis trop concret pour imaginer pareil chose. Le changement climatique, l’humidité de l’automne, voilà un diagnostique lucide !

 

Je l’ai trouvée sur le bord du chemin, les jambes nues au milieu des ronces, évanouie. Je revenais de la pharmacie, c’est sa robe rouge qui a attiré mon attention, on ne voit pas des couleurs aussi vives en cette saison. Lorsque je me suis approché, au début, j’ai eu peur d’avoir trouvé un cadavre et c’est en constatant qu’elle respirait que je l’ai reconnu, c’était la petite glaneuse de légume que j’avais surprit dans mon potager cet été, la bohémienne. Je ne pouvais pas la laisser ici. Je l’ai porté sur les cinq cent mètres qui nous séparaient de ma maison, je l’ai allongé sur le banc de la terrasse et j’ai couru jusqu’au téléphone pour appeler du secours. Je haletais, essoufflé, le combiné à la main, quand ça m’a traversé l’esprit que peut-être elle avait des ennuis et que si on la transportait à l’hôpital, très vite on viendrait lui poser des questions et… J’avais tout ce qu’il faut pour la soigner ici. Marianne ! Je n’avais jamais évoqué avec elle l’épisode, elle ne comprendrait pas pourquoi je soigne une inconnue chez nous sans prévenir la police. Je vais la mettre dans une pièce très éloigné de notre chambre, le temps d’expliquer à Marianne… Non je ne peux pas la garder… En même temps, Marianne est très faible… Oui, mais si la jeune fille se rétablit vite, elle n’en saura rien. Je l’ai installé sur le canapé dans mon bureau, la seule pièce où Marianne n’entre jamais, non pas que je lui interdise, mais elle estime que c’est mieux ainsi, que j’ai besoin d’un espace d’intimité totale. Pour la deuxième fois cette semaine, je rouvrais ma trousse. Ça n’avait pas l’air bien grave, mais elle est resté inconsciente un long moment.

 

Qu’est-ce que… Ou ? Et… Elle s’est réveillée. Ne vous inquiétez pas, je suis... J’étais… Je suis médecin, je vous ai trouvé évanoui sur le chemin devant chez moi… Vous vous rappelez ? Les légumes… Cet été, je… Son regard s’est apaisé. Je ne savais pas quoi faire, je me suis permis de… Pour vous soigner… Je n’ai appelé personne, je… Elle m’a sourit. Merci, vous êtes très gentil. Je ne me souviens pas bien, j’ai du avoir un malaise. Elle a commencée à se redresser. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. J’ai tiré vivement la couverture sur ses épaules. Vous ne me dérangez pas, reposez vous, je vais vous apporter de quoi manger, ne bougez pas. Son visage s’est agrandie de ce même sourire, le sourire des courgettes et des tomates, doux et lumineux. Merci. Elle s’est senti en sécurité, elle n’a pas cherché à fuir. Je suis parti lui préparer un plateau à la cuisine. Je n’avais pas encore parlé à Marianne, je ne savais pas comment. Pourtant, c’était très simple comme histoire, rien de bien grave, rien d’équivoque, rien de louche, j’avais juste apporté mon aide à quelqu’un dans le besoin, pas de quoi en faire un drame, de quoi avais-je peur ? Elle a mangé volontiers. Des brindilles… J’avais fais une salade sur le pouce, une assiette de fromage, du pain et quelques fruits. Je vous laisse tranquille, il faut que j’aille voir ma femme, elle est malade, une vilaine grippe, restez à distance, il ne faudrait pas que vous choppiez ses microbes en prime… Et restez là, vous ne me… Vous ne nous dérangez absolument pas. Reprenez des forces. Je suis sorti. Merci, vous êtes très gentil. J’ai monté un grog à Marianne et je suis restée près d’elle à lui caresser la main. Elle serait bientôt sur pieds. Si je lui raconte qu’une gitane est installée dans mon bureau, elle va paniquer, c’est sûr, elle va paniquer. Elle va l’imaginer en train de fouiner partout à la recherche d’argent ou de bijou. Mais il n’y a pas lourd à voler chez nous, nous ne nous sommes jamais entouré d’objet précieux, à quoi bon ? Ce n’était pas un salaire de chirurgien, mais médecin de campagne je n’étais pas à plaindre et pourtant… La maison à entretenir, quelques virées en ville pour s’offrir des vêtements, des restaurants en amoureux sans compter, une cave pleine de bons vins et le reste en épargne au cas ou. Quelle cas ou ? Je ne sais pas. Nous n’étions pas avides de voyages, nous n’avions pas la nécessité d’un pied à terre en bord de mer, nous… Je n’étais pas obligé de préciser : “une bohémienne”. Il suffisait de dire : “une jeune fille” et tout rentrait dans l’ordre. C’est moche d’attiser les préjugés. Quels préjugés ? Pourquoi une gitane, une bohémienne, pourquoi cette étiquette “à risque” ? Pourquoi le mal serait obligatoirement gravé sur ces mots ? Je suis resté muet. Je lui ai fait un peu la lecture et elle s’est endormie. En bas la jeune fille dormait aussi. Tout le monde était paisible. J’étais paisible.

 

Je suis resté avec Marianne ce matin. Je m’étais installé un fauteuil à son chevet d’où je lui restituait les nouvelles. Un écho à ma façon. Le monde transpire. De grosses suées de soucis à tous les coins de rues. Des indigestions de guimauves, des grèves de pédalos, des manifestations de lapins, des attentats à la gomme d’arabique... Les parcmètres gerbent des confettis, les téléphone cellulaires captent des messages de Saturne ; à Londres, Big Ben chante “le petit vin blanc” ; un nuage de papillons à perturbé le sénat ; une femme accouche en apesanteur ; les trois cent quatorze versions du célèbre “cri” d’Edward Munch on toutes été volés le même jour à la même heure dans trois cent douze musées (on note cependant, que les trois versions exposés au musée de la peinture sur coquetier de St Rachat-les-Bains se sont volatilisés à trois minutes d'intervalle chacune) ; les coquelicots ne sont plus d’accord, mais on ne leur demande pas leur avis ; Jean Tempête, le célèbre chansonnier à déclaré : “j’ai décidé d’arrêter de pleuvoir” ; la fonction “grille pain” des ordinateurs portables à été mise à jours, les hommes d’affaires ne mangeront plus de tartines brûlés dans le TGV ; à Cloche-sur-Barge, l’amical des designer de siphons d’évier en grès s’est rallié au syndicat des boucheurs de trous, le scandale gronde, mais le pdg de France Robinet est confiant : “nous ne céderont pas à la pression “ à-t-il déclaré ; il n’y aura pas de coupe du monde de Curling à Bogota, les oposant a la glace ont gagné leur combat, on ne sait toujours pas qui d’Alger ou d’Istambul remporteras la licence tant convoité ; la mer était bleu hier à dix sept heure onze ; les huîtres refusent toujours de s’ouvrir, la Nasa planche sur un procédé d’ouverture au laser, à Noirmoutier on pense que la violence ne résoudra rien, on tente de renouveler le dialogue, mais pour l’heure, les huîtres refuse de négocier… J’étais dans le rire de Marianne lorsque la gitane est entrée dans la pièce. J’entendais encore le rire de Marianne quand elle s’est approchée de moi. Le rire de Marianne… J’aimais tellement son rire. Son rire raisonnait et la jeune fille s’est assise sur le lit. Hors de moi, des larmes ont coulés. Au bord d’un rire lointain de Marianne une bohémienne à prit ma main. Il y avait un rire de Marianne dans cette pièce, un jour, je me souviens ; une main serre la mienne. Son rire, Marianne, ma main, gitane, serrer, jeune fille, larme, bohémienne, pleurer, pleurer, pleurer…

 

Elle m’a serré fort dans ses bras le temps que toute l’eau de mes yeux s’efface sous mes pieds. Elle ne m’a rien dit, elle m’ a juste soutenu une éternité. Puis elle m’a sourit et elle a quitté la pièce. Quelque chose comme la réalité était parvenu à briser ma carapace. Je suis resté seul un moment, j’ai laissé sécher les derniers spasmes de tristesses, convoqué la nostalgie un instant et je suis sorti de notre chambre. Dans le salon j’ai ouvert le coffre de vieille, j’ai pris le cahier, les feutres et, dans la cuisine, j’ai finis de colorier le moulin. A la fin, dans le ciel, j’ai ajouté des hirondelles, plein. Toujours souriante, elle est venu s’assoir en face de moi pendant que je dessinais. Ça va aller ? Je l’ai regardé fièrement, comme si mon secret découvert pouvait se traverser d’un trait de couleur et j’ai menti. Oui, ça va aller. Elle s’est levé pour faire du café. Non ! Pas celle-là ! Elle a sursauté. Prenez la cafetière électrique, s’il vous plait. Elle s’est exécuté sans poser de questions. Marianne est morte il y a… Elle m’a interrompu vivement. Chutttt… Elle avait raison, le temps n’était pas en cause, l’absence était la seule plaie, une plaie silencieuse qu’aucune parole ne pourrait jamais atteindre. Je pouvais, longtemps après, tout décorer d’imaginaire, mais aucune illusion ne m’accorderais jamais une caresse. La caresse de sa présence. Nous avons bu tranquillement et je crois qu’un peu du sourire de la jeune fille est parvenu à me réchauffer. Ce café n’était pas si mauvais. Je vais, si vous le permettez, cueillir quelques légumes et je préparerais le repas, d’accord ? J’ai dit oui, simplement oui et elle est parti dans le jardin. Je l’ai suivi du regard, un peu ébêté, je me suis demandé pour la première fois qu’elle était son prénom, d’où elle venait. Pourquoi est-ce que cette inconnu avait troublé mon amour fantôme, pourquoi elle à qui je ne suis attaché en rien. Par la fenêtre je l’ai observé, intrigué, inquiet, apeuré, elle venait de me voler Marianne, cette maudite gitane venait de m’enlever mon seul amour… J’allais bondir hors de moi, exploser une colère monstre, quand elle s’est mise à danser dans le jardin. Elle dansait, simplement, en couple avec l’invisible, une sorte de valse sans contrainte. Ma colère s’est changé en surprise et tout mon corps s’est attendri. Danse petite… Danse. Et dans ma tête un air est monté, une musique inconnue, des notes décalqués sur ses pas. L’orchestre de mes pensée s’est mis à vibrer de sa robe rouge qui tournait dans l’automne. Soudain, mille frottements contre le vent se sont joint à ma mélodie, un son incroyable, surgit du ciel. Puis, plus rien. Elle s’est arrêté de danser et m’a surprit derrière la vitre. Je l’ai rejoint. C’était incroyable. Autour de nous, dans les arbres, sur la pelouse, sur la table de jardin, au loin dans les champs, les poteau électrique, ils y avaient des milliers d’hirondelles. Des milliers d’hirondelles s’étaient posé devant nous. Des milliers d’hirondelles me regardaient en souriant.

 

 

B+

Par B+ - Publié dans : Ecritoire - Communauté : L'art et la manière
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 21:38

Je ne sais pas quel fol espoir m'a agité soudain, mais je me suis surpris à tenter de nager vers le haut ! Dos au vide, mes bras brassaient vers le couvercle de ma chute. Dans une nage d'une esthétique et d'une efficacité douteuse, je m'appliquais, je luttais contre l'attraction avec détermination, rien ne pouvait mettre fin à mon désir de remonter. Rien.

 

- Coupez !!! 

 

A l'instant où ce cri a retentit, une rampe de lumière m'a giclée à la gueule tandis que mon cul s'est ramassé sur une dalle en béton.

 

- Qu'est-ce que c'était que ça ? 

 

En relevant la tête j'ai vu une silhouette s'avancer vers moi et monter de colère au fur et à mesure que j'en distinguais les traits.

 

- A quel moment j'ai demandé à ce crétin d'exécuter la danse des canards ? ! Scriiiiiiiiipt ! 

 

Derrière lui un tas de personnes agglutinées ont rétrécit jusqu'à l'invisibilité.

 

- Script bordel ! 

 

Une jeune fille a accouru vers lui paniqué en tournant frénétiquement les pages d'un gros cahier. Il lui a arraché des mains et me l'a plaqué contre le nez.

 

- Lisez ce qu'il y a écrit là ! A haute et intelligible voix ! 

 

J'ai lu à haute et intelligible voix : « Il tombe lentement. Il tombe pendant des heures. Il tombe pendant des années. Il tombe pendant des siècles. Il tombe pendant une éternité. Plus il tombe, plus il abandonne la lutte, plus ses gestes se font lents, il arrête de bouger, plus rien ne bouge, aucun poil de son corps ne bouge, alors il se fige d'abandon. Désormais, il n'est plus qu'une pierre immobile qui tombe dans un gouffre sans fin... »

 

Il m'a arraché le cahier des mains violemment.

 

- Alors ? Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans le script ?  Hein ! Bordel c'est pas compliqué, tout ce que vous avez à faire c'est de ne pas bouger, c'est simple non ? 

- Heu... oui...

 

J'ai répondu bêtement. Je ne sais pas si je l'ai convaincu mais il est reparti en hurlant :

 

- Jean Mi ! Tu me remontes cet idiot avec la grue et tu le re balances ! Allez bouge toi, on a pas que ça à foutre ! 

 

Dix minutes plus tard, suspendu à un crochet, mon rêve de remontée se réalisait. Harnaché comme un sac de choses un câble me tirait vers la surface. Pendant le voyage, j'ai pu admirer les artifices : un grand échafaudage circulaire avec des pendrillons noirs constituait les parois invisibles et une grande douche de lumière au plafond, l'ouverture de la chute. Tout était faux. Il n'y avait pas vraiment de sortie par en haut, j'étais coincé, j'allais simplement sauter d'un échafaudage jusqu'à ce que la prise soit bonne. La question étant : combien de temps comptaient-t-ils filmer l'éternité ? Mais au moment ou mon ascension prit fin, une sonnerie assourdissante m'a sursautée sur ma corde. D'en haut je ne distinguais rien, mais ça avait déclenché quelque chose. Il y avait de l'agitation, ça courait dans tous les sens, j'entendais des portes claquer, puis la lumière s'est éteinte sur le plateau, puis... Plus rien. J'étais de nouveau seul. De nouveau seul dans le vide. Mais cette fois je ne tombait pas, j'étais juste suspendu au dessus du vide, c'est tellement plus confortable !

 

J'avais beau essayer de me balancer pour atteindre un bord, il n'y avait rien à faire, j'étais coincé. Alors j'ai hurlé, j'ai hurlé après quelqu'un, que quelqu'un me détache, si c'était la pause déjeuner, tant qu'à faire je voulais bien en être ! Si c'était la fin de la journée, je voulais bien qu'elle se finisse pour moi aussi ! Las, j'ai fini par accepter mon rôle et me suis résigné à concourir pour l'oscar du meilleur objet inanimé ! Mais alors que je faisais parfaitement corps avec mon personnage, la voix fourbe de Louis Boguin siffla au dessus de ma tête.

 

- Monsieur Chuchotte, est-ce bien raisonnable ? Tout ces enfantillages ? Il serait tellement plus raisonnable de revenir vous joindre à nous. Tout le monde s'impatiente, pourquoi ne pas simplement donner à votre public ce qu'il désire ?

 

J'ai accepté docilement. Il m'a tendu la main et en une fraction de seconde je me suis retrouvé sur la scène du club 29 devant le piano, au milieu d'une foule qui espérait de moi quelque chose d'obscène. Qui espérait avec insistance. Devant mon hésitation, toute la salle s'est mise à crier : « Chuchotte le piano ! Chuchotte le piano !!! ». J'avais dépassé la panique depuis un moment, j'étais encore dans les vapeur de ma composition mémorable de matière chuté, alors calmement, je me suis assis devant l'instrument. J'ai appuyé sur une touche et toute la salle a hurlé de plaisir.

 

Des heures de concert plus tard, on faisait la queue devant moi pour des autographes. Je signais machinalement en souriant. Je n'avais plus qu'un seul désir, rentrer chez moi, oublier tout ça, oublier Prudence, je voulais dormir, juste dormir. Après avoir fait des centaines de signatures sur des seins, des fesses, des pénis, des joues, des bras, des mains, partout, je me suis dirigé harassé vers la sortie, mais les gorilles nudistes de Louis Boguin m'ont barré le passage.

 

- Les gars, soyez sympa, je voudrai juste rentrer me reposer maintenant.

- Voyons Monsieur Chuchotte !

 

La voix de Louis Boguin, encore la voix sournoise de Louis Boguin !

 

- Monsieur Chuchotte, vous conviendrez qu'il serait imprudent de vous aventurer dehors après ce que vous venez d'accomplir.

- Je conviens que j'ai sommeil Monsieur Boguin, c'est tout, laissez-moi rentrer chez moi.

- Mais Monsieur Chuchotte, vous êtes ici chez vous désormais !

- J'apprécie votre hospitalité, mais il faut vraiment que je rentre.

- Monsieur Chuchotte, nous nous sommes mal compris, désormais vous appartenez au club 29. Vous êtes devenu une de nos principales attractions et vous comprendrez que je vais devoir vous garder près de moi, je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose dehors. Vous n'imaginez pas la horde de fan qui guette votre sortie.

- Assez ! Laissez moi partir !

- Tss tss !

 

Les gorilles m'ont empoigné et entraîné dans les sous sol du club jusqu'à une porte blindée au fond d'un long couloir sombre. Ils m'ont maintenu fermement le temps que mon hôte nous rejoigne et ouvre la serrure.

 

- Nous y voilà Monsieur Chuchotte, vous verrez, vous serez bien. Nous viendrons vous chercher la semaine prochaine pour une nouvelle représentation et ne vous inquiétez pas, d'ici là, nous aurons fait ré accorder le piano !

 

J'étais enfermé dans un immense entrepôt, un bric-à-brac de décors et d'accessoires usés, mais je n'étais pas seul. Il y avait des centaines de personnes installés comme des clochards dans les débris de carton pâtes. Certains agglutinés autour d'un braséro se chauffaient les paumes, d'autres autour d'une table jouaient aux cartes, il y en avait qui erraient sans but, d'autres étaient avachis mi dormant mi agonisant sur des tas de cartons, d'autres vidaient des litres de vins, mais la plupart avaient cessé toute activité et me regardaient sans expression. Un homme s'avança spontanément vers moi pour me questionner.

 

- Bonsoir, de quelle annexe dépendez vous ?

- Pardon ?

- Vous êtes artiste ou technicien ?

- Heu... ?

- Vous êtes quoi ? Musicien ? Jongleur ? Clown ? Peintre ? Comédien ? Éclairagiste ? Régisseur ? Costumier ? C'est quoi votre métier ?

- Heu... Je suis au chômage.

 

Toute l'assemblée éclatât d'un rire gras !

 

- Bien sur que vous êtes au chômage mon ami, tous les intermittents du spectacle sont au chômage !

 

(à suivre...)

 

 

B+

Par B+ - Publié dans : Je vais vous parler d'une fille - Communauté : L'art et la manière
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 11:14

Depuis bientôt un an, à mon travail (quand j'y suis... Enfin quand il y a du boulot !) il y a deux adorables jeunes filles qui occupent le même poste que moi (faudra que je demande l'appellation exacte du poste d'ailleurs, mais en gros on fait du « character design » sur une série d'animation, enfin je fais le mauvais caractère et elles, le bon design !). Je les appelle : « mes girls » !

 

Dit comme ça, vite fait, je vais passer pour un macho libidineux, alors il va falloir que j'explique un peu aux plus narquois, au plus moqueurs aux plus spirituellement mal tournés d'entre vous que non, non je ne suis pas un pervers obsédé qui aime à rabaisser les jeunes filles à la hauteur de sa frustration, non je ne suis pas un gros (enfin si gros je le suis, un peu beaucoup quand même autour du nombril, anatomiquement parlant j'entends hein ! C'est le ventre autour du nombril, n'essayez pas d'étendre le spectre de la circonférence au delà de sa juridiction !) membre de la famille des porcins à la testostérone surdéveloppé, non je ne suis pas un mateur compulsif les yeux aimantés de corsages en fessiers, non, non et non. Je n'irai pas jusqu'à me vanter d'être une personne délicate et sensible, mais quand même si ! Je les appelle « mes girls » tendrement !

 

A l'origine c'est effectivement une blague entre collègues de bureau, blague datant du moment ou mon ami P, qui 39 heures par semaine (quand j'y suis... Enfin quand il y a du boulot !) cesse de devenir mon ami de 20 ans pour se transformer en chef d'équipe (dans le jargon de l'animation on appelle ça un réalisateur), à fait passer des entretiens d'embauches. En toute honnêteté, car il est honnête mon ami P, même avec sa casquette de chef il reste honnête mon ami P, sans aucune forme de sexisme il a recruté celles qui allaient devenir « mes girls ». C'est vraiment pas de chance, les personnes qui correspondaient le mieux au travail à effectuer alors (à l'époque j'y étais... Et il y avait du boulot !) étaient ces deux charmantes jeunes filles. Vraiment pas de chance ! Arf mince alors ! Zut de zut de mince de flûte alors ! Comme j'avais un mois d'ancienneté (ouais ça rigole pas, j'en avais de l'expérience sur ce projet !) la lourde tache de leur expliquer en quoi aller consister leur travail m'est incombé. C'est ainsi, que plusieurs semaines avant leur arrivé, on les appelait déjà, en rigolant, « mes girls ». Rien de bien avilissant, juste un peu de potacherie, pas de quoi nous faire un procès de mauvaises intentions ! En plus pour ma défense, je ne savais même pas à quoi elle ressemblait à ce moment ! Arf je m'enfonce...

 

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est devenue une appellation complice, car je suis sur qu'il y a des jours mes « ça va les girls ? » doivent les agacer un tantinet, mais on va dire que c'est mignon et si le terme n'est pas très juste pour les décrire elles, on peut dire qu'il décrit très bien la « bavardise » coquine de celui qui l'emploie. « Bavardiseur » coquin je suis donc, mais mes intentions comme mon cœur sont purent !!!

 

Bref, c'est mes girls et puis c'est tout ! C'est d'ailleurs tellement mes girls que je suis un peu Bosley, dans « Charlie's Angels », je suis juste le gros qui rigole derrière son bureau en faisant un peu l'intermédiaire avec Charlie (je ne connais d'ailleurs toujours pas l'identité du Charlie de la prod ! Ce doit être le producteur !) tandis qu'elles font le véritable boulot, celui qui nécessite un vrai talent ! (Je vais vous épargner le couplet où je me rabaisse pendant six chapitres en louant le génie des autres, mais en fait je me suis permis cette petite galipette verbale en introduction du vrai pourquoi j'écris une bloggouillerie sur mes girls.) Parce que le plus important avec mes girls, ce n'est pas qu'elles soient charmantes, mais qu'elles sont talentueuses et même si je leur ai jamais dit vraiment, j'aime beaucoup ce qu'elles font. Ce qu'elles font ? Elles dessinent. Oui. Leurs univers sont très différents, on pourrait simplifier en disant que l'une est plus colorée et l'autre plus picturale, mais ce serait un raccourci un peu simpliste. Quand je regarde leur travaux, je trouve que ça leur ressemble beaucoup, même si on sent les influences, mais à une époque où la vie déborde d'images dans tous les sens, il est difficile de se démarquer d'un trait et c'est souvent dans les choses spontanées que tout s'exprime. J'aime les sourires qui me montent en feuilletant leurs blogs. Ce ne sont que des blogs, juste des vitrines avec des échantillons, il y a surement des carnets cachés quelque part dans un tiroirs sous clé, des ratures poétiques que la pudeur tiens à l'écart, mais en attendant, les bouts d'encre éparpillés sur ces pages nous laisse entrevoir mille possibles. Bien sur, sur internet, on perd le geste, le grain, l'odeur du plomb, de la peinture ou des feutres, toutes ces petites choses que photoshop à digéré pour n'en restituer que l'apparence, mais peu importe les outils employés, ce que j'aime ici, c'est que ça vibre.

 

Alors voilà, il y a Jessica et il y a Virginie. Je n'ai pas l'intention de vous faire partager mes appréciations individuelles sur ces deux personnes pour qui j'ai énormément d'affection, mais c'est chouette de faire équipe avec elles. Je ne m'étalerai pas plus en compliments, je vous propose de suivre ces deux liens en cliquant sur les images et de vous laisser promener...

 

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Dés lors je m'éclipse, mes mots on fait assez de bruit par ici pour aujourd'hui.

 

 

B+

Par B+ - Publié dans : Images
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 17:38

J'ai une panne, tout est mou, il n'y a rien à faire, quand ça veut pas, ça veut pas. J'étais plein d'amour pourtant, tourné vers la vie, tendrement souriant, je n'avais plus besoin de dire : « ça va bien se passer » pour m'auto-convaincre d'optimisme béat, ça se passait bien. Une énergie délicate enveloppait mon être dans une aura moelleuse de bon vivre certifié conforme à l'avenir, tout était tellement devant, que regarder derrière n'était qu'une formalité, une assurance confort à laquelle on sait qu'on a souscrit sans s'en soucier plus que ça, le passé à sa place, de beaux lendemains en perspective et un présent plein, que du bonheur. L'inspiration à son comble, j'étais prêt, il n'y avait plus qu'à. Seul et dernier obstacle avant de franchir ce cap, une saloperie d'addiction qui mettait de sérieux coups de freins à toute forme de résolution. Déterminé, j'ai pris cette saloperie d'addiction par les pattes arrières et d'un coup de pied retourné du plus bel effet, je l'ai giclé hors de moi. C'en était fini de cette dépendance douteuse, j'avais enfin fait le pas vers la liberté. Seulement, j'ai frappé un peu fort. Je ne suis pas doué en physique, mais ce doit être une histoire de prise au vent, un appel d'air, où la force motrice, où je ne sais pas, mais hélas mon pied en frappant fort et juste au cul de mon addiction à du chopper une saloperie dans son mouvement concentrique. Trop préoccupé à regarder s'envoler mon addiction à mach 3 par ma fenêtre, je n'ai pas su mesurer sur le moment les conséquences sur l'espace environnant. Espace environnant qui en son centre contenait mon principal outil de travail, mon ordinateur !

 

Mon ordinateur est en panne. Normal il était vieux, un an et cinq mois c'est beaucoup demander à une machine de ce type, vous savez ces machines très chers avec un logo en forme de pomme ! Un an et cinq mois, si on considère qu'au bout de quinze jours d'utilisation il avait déjà été bloqué trois semaines en réparation, je peux m'estimer heureux ! Puis je suis stupide aussi, au lieu de passer mon salaire en choses futiles, comme la bouffe, les factures, les impôts, etc... Je n'ai qu'à acheter un ordi par mois, comme ça plus de soucis ! Bref, comme je refuse de payer 200 euros aux marchands de pommes pour une extension de garantie abusive (on se demande pourquoi l'extension de garantie n'est pas comprise dans le prix d'origine d'ailleurs, il doit y avoir ours sous cailloux !) je me suis offert un devis à 75 euros chez mon revendeur préféré et j'attends de voir combien vont me couter ces 75 euros ! Mais je ne me fait pas d'illusion, le cours de la pomme étant ce qu'il est, ça risque de me couter au moins un pommier ! C'est étrange comme tout ceci fait écho à un reportage vu par mon ami P il y a peu, où l'on voyait comment certains fabricants étudiaient leurs matériaux afin d'être sur qu'ils pètent juste après la fin de la garantie ! Bon mais je ne vais pas m'étendre là dessus plus longtemps, le monde est tel qu'il est, après tout hein ? Le monde, tu l'aimes ou tu le quitte !!!

 

Mais je ne quitterai rien du tout à cause d'une petite panne matérielle. Mes finances ne vont pas me permettre d'investir dans de la pomme neuve avant un moment, eh bien tant pis ! Finalement le plus important, c'est qu'à des années lumières d'ici, dans l'espace intersidéral, par delà les trous noirs les plus béants, flotte à jamais mon addiction.

 

Car oui, depuis des années, une fois par semaine, à l'hôtel de ville de mon arrondissement, au sous sol, dans une salle de réunion aux murs beiges, devant une assemblée de geeks repentis, je prononçais en ouverture de séance, en guise de présentation, cette phrase terrible et monocorde : « bonjour je m'appelle B+ et je suis un mmorpg addict » !

 

Un mmorpg, pour massively multiplayer online role-playing game, en français dans le texte : un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur, c'est à dire un jeu video où l'on se retrouve pour accomplir à plusieurs (parfois juqu'a 25 personnes, voir beaucoup plus) des exploits en pixel époustouflants comme tuer un gros monstre très vilain , ou taper sur d'autres joueurs parce qu'ils sont les gentils et nous les méchants ! La finalité la plupart du temps dans ce genre de jeu étant d'acquérir des objets de plus en plus puissants pour être de plus en plus fort pour aller taper encore plus de gros monstres très vilains où fracasser la tête des joueurs gentils puisqu'on est méchant ! Là je me moque à faire des raccourcis bêta, mais le fait est que c'est assez prenant, très prenant, voir trop prenant ! La preuve, j'ai passé plus de trois ans de ma vie sur un jeu de ce type, et 6 mois sur un autre. Très honnêtement, là où il est coutume de dire qu'on ne regrette pas, en ce qui me concerne, je regrette. Je regrette de m'être réfugié dans ces univers parallèles pour fuir des moments tristes, essentielement des ruptures amoureuses. Ce fut certes efficace, j'ai certes rencontré des gens (en vrai, si si des vrais gens !) avec qui je n'aurai pas pris la peine de chercher des affinités sans le point de départ du jeu, mais... Mais pendant que j'errai dans des plaines de pixels, je me coupais du monde, j'avais toujours un prétexte bidon pour ne pas rejoindre mes amis quelque part et il m'est même arrivé de couper court à une discussion avec une jeune fille qui me plaisait pour vite rentrer chez moi à l'heure du rendez voux “x” avec 25 autres avatars pour taper un gros monstre très vilain (d'ailleurs bien fait pour ma gueule, ce soir là je suis arrivé trop tard pour taper le monstre très vilain et me suis retrouvé loin de la jeune fille adorable à errer seul sur un tapis de pixels insipide, ce jour-là j'avais de quoi avoir honte de moi !). Mais plus grave encore, je me coupais l'envie d'écrire, l'envie de faire de la musique, l'envie de créer. Le mmorpg est le truc parfait pour remettre à demain ce qu'on ne fera jamais. Il suffit de se connecter avec son café dés le levé et la journée passe sans que vous ayez eu besoin de penser. J'ai arrêté plusieurs fois de jouer, mais un peu comme la clope, j'avais toujours une excuse pour y revenir. Impossible de décréter aujourd'hui que plus rien ne me fera replonger, on est jamais à l'abri d'une déconfiture sentimentale (enfin en ce moment si, je suis abrité par mon célibat !), mais je vais tout faire pour, d'autant que quelque chose à changé dans ma perception de ce monde clos. La communauté qui l'anime m'ennuie terriblement, je ne parvient plus à voir autre chose que de la frustration, de la tristesse, de la dépression et surtout une pauvreté culturelle énorme, il y a bien évidemment des exceptions, mais elles sont de plus en plus rares. Ce n'est que mon ressenti personnel, tant mieux si certain trouvent l'épanouissement dans le mmorpg, ça n'a jamais été mon cas et ça ne le sera jamais, j'en ai usé et abusé comme d'un anti dépresseur, point. La seule chose que je ne regrette pas, c'est que c'est grace au mmorpg que j'ai découvert le mot : “noob” ! Franchement ça en vallait la peine non ?

 

Et donc, ironie du sort, en effaçant le jeu de mon ordinateur mercredi soir, ma carte graphique à grillée ! Hahaha bien fait pour ma gueule ! En fait oui, j'ai ri. J'ai ri parce que finalement ça tombe plutôt bien cet ordinateur en panne, ça tombe bien parce que j'avais envie de me recentrer sur l'essentiel : juste écrire. Plus de week end complet à enrregistrer une chanson à peine écrite, juste écrire, prendre le temps de les avoirs en bouches avant de tenter de les imprimer en son. Je n'irai pas jusqu'à remercier Apple de faire des machines de merde, mais presque ! Bon et puis j'ai un ordi de secours qui a à peu près la puissance d'une machine à écrire, ça aussi ça tombe bien, un ordi avec lequel je ne peux pas faire autre chose que du traitement de texte !

 

Voilà voilà, je sais cette panne c'est encore une bonne excuse pour ne pas continuer mes mémoires enchantées puique je ne peux plus rien enregistrer, mais il n'y a pas le feu, ma vie j'ai encore toute une vie pour la raconter et ça fait du bien aussi de retrouver la section bavardage de ce blog pour m'étaler un peu en soliloquerie Bplussiennes !

 

J'ai une panne oui, mais pour une fois ce n'est pas une panne d'inspiration.

 

Allez tcho les noobz !

B+

 

Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 16:24
Et ce promis avant les calendes grecques, avant les hirondelles, avant la fonte des glaces, avant 2012, ma mémoire enchantée sera complétée, rajoutée, amplifiée, cacophoniquée, oui c'est promis. J'ai du marquer une pause pour deux raisons qui se valent plus ou moins sur le terrain du placement dessus l'échelle des excuses un tantinet foireuses, mais néanmoins viables sur le moyen terme !

Le première excuse tirée par les poils marrons noirs du centre du motif du haut de la cuisse droite de la girafe, c'est que je me suis absenté trois semaines, loin de l'internet pour vacancer, reposer, bref dépenser mes points paresses accumulés depuis un tiers de siècle (faut dire que j'ai un crédit paresse illimité, alors forcément j'abuse de tout ces petits rien additionés qui forment un grand souffle comme un ronflement dans le sommeil de l'activité !) avec beaucoup d'application (repas gargantuesque, vin délicat, sieste copieuse, je me suis même fait aggresser un soir par une bouteille de Talisker et un magnum de Jacoulot !), ce qui demande un talent certain, vous en conviendrez,  pour ne jamais se laisser aller à penser à la moindre petite chose qui rime avec le mot "travail".

La deuxième excuse tirée par les cheveux blond de la Vénus de Botticcelli un soir d'hiver noyé dans sa baignoire en coquillage, c'est que j'aimerai avancer un peu les enrregistrements des chansons avant de reprendre la rédaction des mémoires. Ce qui va me prendre un temps certain, d'avance je m'en excuse, d'autant plus que parallélement j'aimerai essayer d'écrire des chansons nouvelles estampillées 2010.

Voilà voilà, mais si tout va bien on devrait se retrouver bientôt de nouveau en 1990... putain vingt ans !

Ah et aussi belle année 2010 comme on dit !

A très vite.


B+
Par B+ - Publié dans : Mémoire enchantée - Communauté : L'art et la manière
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 09:46

Quand j’ai commencé la rédaction de cette « mémoire enchantée », je sortais d’une longue période de « non faire » et je me suis laissé porter par le flot des souvenirs consciencieusement et tranquillement. C’est assez pratique d’avoir la construction d’un projet d’écriture induite par le projet lui-même. Il m’a simplement suffit de dérouler les années de 2009 à 1989 en notant les souvenirs importants, simple oui mais un peu douloureux, certains événements sont remontés et avec le recul ça a failli virer à l’analyse de chaine de réactions, genre effet papillon rétroactif à coup de « et si j’avais pas fait ça je n’en serais pas là aujourd’hui » ! Mais en réalisant les enregistrements des reprises, le « faire » a pris le dessus sur toutes les failles nostalgiques. Un phénomène curieux que la réappropriation, je pensais donner un nouveau souffle à mes vieilleries musicales mais ce sont les chansons qui m’ont redonné du souffle.


Je regarde les longues colonnes de souvenirs des premiers chapitres et quelque chose me gène : tout ce texte et en bas une toute petite case pour jouer la chanson. C’est complètement disproportionné si on compare le temps passé à écrire et le temps passé sur les enregistrements. C’est vrai qu’au départ je pensais juste m’affranchir de cette tâche musicale le plus simplement, voix, guitare et basta, quelque chose de léger, vite fait, une illustration sonore en bas de la page sans plus. Mais je me suis pris au jeu du bidouillage et j’essaie de faire quelque chose de différent à chaque nouveau morceau et c’est drôle parce que je me revois des années en arrière faire de même des jours durant avec le quatre-pistes de François, sans vraiment en maîtriser toute la technologie, à gratter la matière sonore de façon complètement naïve. Je suis de nouveau tout naïf devant l’outil, sauf que la technologie à évolué et le résultat est nettement plus satisfaisant. En tout cas j’essaie d’améliorer mes enregistrements de jour en jour, mais il y aura surement des « couacs », car vous l’avez sans doute remarqué je ne suis pas un technicien du son ! Peu importe, j’apprends, je tâtonne, je cherche, je tournicote les boutons et les effets dans tous les sens et ça finira bien par sonner ! C’est finalement comme ça que je suis venu à la chanson, ce n’était pas un rêve en suspens depuis ma plus tendre enfance, non c’est arrivé par hasard en déconnant et c’est resté parce que c’était amusant, et d’amusant c’est devenu un mode d’expression auquel je suis aujourd’hui encore attaché. Donc oui, beaucoup de texte et un tout petit rectangle pour jouer la chanson, c’est embêtant, mais à moins de mettre chaque chanson en vidéo (ce qui prendrait beaucoup de temps et d’imagination pour ne pas se répéter) je ne vois pas comment rendre la mise en page de la chanson plus attractive. Si vous avez des idées…


Oui bon, je raconte tout ça un peu pour m’excuser de ne pas pouvoir tenir le rythme de deux chansons par semaine que je m’étais fixé, mais c’est que c’est bien de ne pas passer mes journées à ne faire que ça et puis plus c’est rare meilleur c’est !


Revenons à nos chansons.


Passé les premières frasques musicales avec François, il est difficile d’établir une chronologie fidèle de la suite, alors avant de raconter, on va simplement mettre la pièce dans le jukebox à remonter le temps et déployer la chanson. Nous sommes quelque part en 1990 et l’aventure « Schizoïde » a commencé.

 


Amour physique et mathématique

Schizoïde.

« Amour physique et mathématique» 1990.

Texte : Balthazar Chapuis. Musique : Cédric Mallet

 

Intello rabougri caché derrière ses lunettes

Inconditionné à vie des maths et d’la physique

Unité de mesure le cœur dans une éprouvette

Elle l’aime, ce n’est pas algébrique

 

Refrain :

L’amour n’est pas mathématique

Laissez-le donc aux romantiques

Ce n’est pas une formule chimique

Laissez rêver les artistes !

 

Elle est fiancée du bon dieu, des arts et littérature

Cœur ouvert, sociable, aimée de tout le monde

Les idées claires, la tête pleine, sans rature

Elle attend dans ses bras que son cœur fonde

 

Refrain 

 

Rament les amoureux d’amour gratis

Remplissent chacun leur cœur de différences

Hypocrisie grandissante, bonheur factice

Allez savoir à quoi ils pensent

 

Refrain 

 

Elle a déchiré le cahier de mathématiques

Brûlé celui de sciences physiques

Elle lui a dit « je t’aime mon amour »

Elle lui a dit « je t’aime mon amour »

Elle lui a dit, il l’a giflée,

Elle est partie, il s’est mis à pleurer.

 

J’ai beaucoup d’affection pour cette chanson. Premièrement parce que c’est une des rares chansons dont la musique à été composée par Cédric, deuxièmement parce qu’elle est pas trop mal construite et surtout c’est la première chanson de  « Schizoïde » qu’on a enregistré à plus de deux ! Car fidèles aux méthodes rodées par les « Bellegardians’ Angels » et les « Others Bellegardians’ » un « album » de « Schizoïde » s’enregistrait à l’époque en une après-midi ou une soirée avec une guitare, deux trois accessoires et un tas de textes souvent rédigés pendant mes heures de classes dans les matières qui ne me passionnaient guère, comme les maths et la physique par exemple ! Sur l’enregistrement original on peut clairement entendre François au piano, Cédric à la guitare et aux chœurs et moi même chantant presque juste pour une fois ! Sur la cassette album de l’époque, c’est d’ailleurs un des rares morceaux enregistré à plusieurs, voire le seul, si on exclut l’improvisation barbare au titre évocateur « Dégradé d’Humeurs Maladives », le reste des titres ayant été capturé lors d’une soirée avec Tristan à la guitare, à Vaulx-en-Velin, chez son père (souvent absent, heureusement pour ses oreilles !).


A ses débuts « Schizoïde » était donc composé de François au piano, Tristan à la guitare et parfois au chant, Cédric à la guitare et aux chœurs, moi-même au chant et Camille qui ne jouait d’aucun instrument mais qui était toujours là ! Un an plus tard nous serions rejoins par Nelly à la clarinette. Je reviendrai sur chacune de ces personnalités colorées dans des chapitres dédiés. D’ailleurs « Amour physique et mathématique » aurait dû à l’origine être un chapitre dédié à Cédric, mais étant donné qu’elle est la première chanson en trio du groupe, elle était toute indiquée pour présenter « Schizoïde ».


Je ne sais plus très bien comment tout ça à commencé, mais je me souviens qu’on était une bande de potes, enfin que Cédric, Camille, Tristan et François étaient une bande de potes et que François m’a introduit. Plus tard, ils ont parlé de monter un groupe et je me suis imposé comme auteur puis chanteur. Puis un jour on s’est retrouvés avec Tristan tous les deux chez son père autour d’un magnéto à cassettes avec la précieuse touche « rec ». C’est cette première soirée qui a motivé la suite de ce qui allait finalement s’appeler « Schizoïde ». C’est moi qui avais trouvé le nom, on écoutait énormément Hubert Félix Thiéfaine a l’époque (vous verrez par la suite que son influence est palpable sur mes textes) et j’ai décalqué ce mot sans bien en comprendre le sens dans la chanson « Droïde song » de l’album « Eros über alles ». Voici l’extrait concerné :


Droïde, droïde

Machine humanoïde aux chromosomes hybrides

Droïde, droïde

Carlingue anthropoïde, cœur en celluloïd

Droïde, droïde

Regard polaroïd, schizoïde et bifide

Droïde, droïde

Rêvant d’astéroïdes acides et translucides

Libres… Attirés par le vide.

 

Ainsi naquit « Schizoïde », hurlant et vociférant à grands coups de grattouillages frénétiques et de pianocotements hystériques, un cri primal s’élevant dans un brouhaha de matière brute , un apocalypse sonore qui durera plus de quatre ans. C’est dire si on va avoir le temps de décortiquer la chose en chanson !!!

 

Pour en revenir à « Amour physique et mathématique », je pense que la chanson se passe de commentaire, tant de limpidité quant au propos force le respect ! J’étais depuis longtemps destiné à la voie des arts et des lettres et je brandissais fièrement ce blason du bout de mon pénible orgueil adolescent ! Le 21ème siècle serait artistique ou ne serait pas !!! Mais ouais !

 

04/ Amour physique et mathématique


Comme une minuscule tache d’encre, un tout petit player en bas d’une grosse masse de texte va vous jouer ma version 2009 de cet hymne aux émotions et à l’inspiration !

 

Sans doute à la semaine prochaine pour une nouvelle chanson.

 

 

B+

Par B+ - Publié dans : Mémoire enchantée - Communauté : L'art et la manière
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