Jeudi 19 novembre 2009

Avant de démarrer, histoire d’être parfaitement objectif, je me dois d’admettre, en relisant mes premiers textes de chansons, que rien ne me prédestinait à devenir le nouveau Gainsbourg, d’ailleurs l’histoire l’a prouvé, je ne suis pas le nouveau Gainsbourg, même pas le nouveau Guy Béart ! Oui je sais, ça fout un sacré coup aux illusions ce fouet de réalité soudain !


A l’époque, jamais je n’aurais pensé que la chanson ferait à ce point parti de ma vie, parce qu’avant de chanter, je dessinais, je dessinais beaucoup, tout le temps, partout, mais dés que j’ai commencé à écrire plus sérieusement, vers l’âge de 19 ou 20 ans, j’ai petit à petit cessé de dessiner. Peut-être qu’écrire me permettait de mieux m’exprimer, peut-être je me suis lassé de mes propres images, peut-être j’ai perdu confiance, sans doute je n’avais pas assez travaillé mon dessin pour avoir un sentiment de liberté total avec les perspectives et la lumière, peu importe. Aujourd’hui je me sens plus à l’aise avec les mots, mais il m’arrive encore de sortir des pinceaux et de barbouiller des feuilles avec plus ou moins de bonheur.


Allez, c’est parti ! Une petite pièce dans le jukebox à remonter le temps et nous voilà quelque part le premier trimestre de l’année scolaire 1989/90 au lycée de Notre Dame de Bellegarde de Neuville sur Saône. Je suis à l’internat pour la deuxième année consécutive (l’internat n’était pas obligatoire pour suivre sa scolarité dans l’établissement, c’était un plus pour les élèves qui habitaient loin, ou pour mes parents qui pensaient qu’un cadre d’étude stricte permettrait à leur fils de mieux se concentrer sur ses études !), je suis en seconde, j’ai 16 ans et présentement, je suis dans la chambre de Thomas (pension de luxe on avait des chambres individuelles !) Il a un texte manuscrit sur ses genoux et gratte quelques accords sur sa guitare sèche. Je suis à côté de lui, je cherche un semblant de mélodie en fredonnant, le magnétophone à cassette est sur la table… Ok ? C’est bon ? J’appuie sur « rec », ça joue !


Avoir 80 ans à 16 ans

The Bellegardian’s Angels.

« Bellegarde mon amour » 1989.

Texte : Balthazar Chapuis. Musique : Thomas Louichon.

 

J’ai troqué mon blue jean contre un pantalon velours

J’ai cassé avec Karine fini les histoires d’amour

J’ai laissé mon coca contre une tasse de chicoré

Contre une bonne pipe en bois mes cigarettes sur la table laissées

Ma Vespa au garage vive la bicyclette

Non ce n’est pas l’âge ne me croyez pas bête


Refrain :

Il n’y a rien de mieux

Que d’avoir 80 ans à 16 ans

Être un petit vieux

En demeurant toujours un enfant

 

Les lunettes de soleil ça donne du genre

Moi je les préfère vieilles avec des verres transparents

Se faire pousser la barbe et la faire blanchir

Avoir l’air d’un vieil arbre plein de branche à saisir

Bas les chiottes modernes un bon pot de chambre

Fini le visage terne il faut rester tendre

 

Refrain

 

La pop music contre Georges Brassens

Compter les tiques sur mon pauvre chien

Attendre le dernier Tom Cruise vaut pas un feuilleton télé

Patauger dans la bouse de la nature rester près

Prendre très tôt la retraite laisser d’avance son école

Ça évite les jours traitres et de prendre des heures de colles

 

Refrain

 

C’est fini la zone le bitume de la cité

Moi ma couche d’ozone à la campagne elle est

Non je ne regrette pas de m’être fait virer

De Bellegarde ce jour là maintenant je vis une vie vraie

Au moins je n’ai pas d’affreux rhumatismes

Puisque comme toi j’ai 16 ans aujourd’hui !

 

Refrain

 

 

C’est goûtu non ? Je ne vais pas me moquer. Si j’avais devant moi cet adolescent de 16 ans en train de me jouer sa chanson, mon premier réflexe serait sans doute « mon pauvre petit comme tout cela est niais ! », si j’étais enseignant dans le lycée où la chose à été commise, je ramènerais l’enregistrement en salle des profs et je me gausserais grassement avec mes collègues sur les vocalise de l’élève B+ ! Mais ce serait une erreur. D’une part parce qu’il est évident que cette « œuvre » n’a jamais eu pour vocation d’entrer au panthéon de la chanson française, d’autre part parce qu’il est préférable d’encourager la création, quelle qu’elle soit (sauf si on a affaire à du contenu douteux et encore, on tenterai d’excuser la jeunesse de l’auteur et son manque de repère, etc…), quelle que soit sa qualité, plutôt que de la tuer dans l’œuf. Bon je ne suis pas un grand pédagogue, mais je crois que j’aurais saisi l’humour subtile de la chose, peut être pas à sa juste valeur, mais si je me croisais aujourd’hui à 16 ans, je dirais simplement : « c’est bien continue ».


Oui nous avons continué. « Avoir 80 ans à 16 ans » n’était d’ailleurs pas notre premier coup d’essaie. C’était un joyeux défouloir, j’écrivais l’après midi pendant les heures de permanence (ces heures entre deux cours où l’on est sensé avancer dans nos devoir, réviser, toussa toussa…) et on se retrouvait le soir pendant le temps libre avant l’étude pour enregistrer ma prose toute fraiche avec ou sans guitare, en tapant dans nos mains ou en mimant un rythme à la bouche ! La thématique était toujours la même : les profs où les surveillant, nos vies de martyres de l’éducation nationale. Notre proie favorite de l’époque était Hervé Lassablière, le surveillant général qu’on surnommait à juste titre : « le barbu » ! La chambre de Thomas était recouverte de fausses affiches de cinéma que j’avais dessiné à l’effigie de notre barbu préféré « les griffes du couloir » et ses nombreuses suite, ainsi qu’une multitude de planches de bande dessinées narrant ses aventures rocambolesque à Notre Dame de Bellegarde ! C’était mignonnement subversif à y repenser, d’autant que j’ai appris plus tard, qu’entre midi et deux le barbu faisait visiter la chambre de Thomas au directeur ou à des profs et ils se tapaient sur le ventre joyeusement devant ces caricatures ! Une fois il m’a même commandé en personne une bande dessinée sur lui !!! Alors on chantait. Sur l’air de « Hey Jude » des Beatles on chantait gaiement « hey barbu fiche moi la paix ! ». Sur l’air de « Yesterday » monsieur Jabouley le prof d’économie : « Jabouley, tes cours ratés nous font bien marrer… » Ou encore le surveillant de l’internat qui devait s’appeler monsieur Gascard, qu’on surnommait « Cassegniard » sur un air de « Gaston » de Nino Ferrer, etc…


Au bout d’un moment nous avions une cassette pleine, j’avais dessiné une pochette à notre effigie et tout le monde dans l’internat se passait sous le manteau l’album « Bellegarde mon amour » des « Bellegardians’ Angels » ! Je ne sais pas si une des poches du manteau a été troué et si le top des charts du moment a atterri sur la platine du barbu, si c’est le cas, j’aurais aimé l’entendre rire !


On avait des journées bien remplies ! Tellement remplies que mon carnet de notes dégringolait au fur et à mesure que notre œuvre s’amplifiait ! Dégringolait si bien que mes parents m’ont retiré de l’internat. Ironie du sort, ils m’avaient mis en pension pour que je me mette à travailler et ils m’en ont retiré pour que je me mette à travailler ! Mes parents sont donc les seuls responsables de la fin de la carrière des « Bellegardians’ Angels », puisse l’histoire de la musique leur pardonner un jour !


Thomas n’était pas dans ma classe et à la fin de l’année scolaire il a changé d’établissement. On s’est revu une fois, un an après à Lyon, je voulais le présenter à mes nouveaux amis, ceux avec qui j’ai poursuivi l’aventure musicale, ils étaient tout excités de rencontrer le mythe fondateur ! (Ont-ils été déçus ?) Puis plus de nouvelles. Peut-être qu’un jour il retrouvera dans son grenier une de ces affiches où le barbu, pull rayé, chapeau et gant griffu à la Freddy Krueger, réduit en charpie quelques cancres dans les couloirs de l’internat de Notre Dame de Bellegarde…


01/ Avoir 80 ans à 16 ans



Pour m’excuser de ne pas m’être livré à une analyse poussée de ces premiers vers acnéiques (notez quand même que faire rimer Tom Cruise avec bouse témoignait d’une audace certaine !) je vous offre en supplément spécial ma version 2009 de cette merveille afin que vous puissiez en apprécier la savoureuse mélodie printanière ! Et je suis certain que vous me remercierez de l’avoir amputé de la moitié de ses couplets !

 

La suite lundi 23 novembre…

 


B+

Par B+ - Publié dans : Mémoire enchantée - Communauté : L'art et la manière
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Lundi 16 novembre 2009

C’est comme une remontée au grenier. Comme un coin de cartons allongés les uns sur les autres sous un tas de couvertures, là où croupissent les souvenirs en attente d’incendie. Comme l’image lointaine de la maison de mes grands parents en Normandie, à l’étage, cette  porte qui séparait la chambre de ma grand-mère du grenier. Pas d’échelle branlante ou de trappe mystérieuse au plafond non, une simple porte. Il me semble qu’il y avait un accès par le garage ou la cave, mais je ne l’ai jamais emprunté. La chambre de ma grand-mère donnait sur ce cimetière de meubles, de cartons, de valises, de boîtes et d’objets hétéroclites. Je rentrais là en cachette et je restais immobile au milieu des choses de peur d’être découvert (ça ne rigolait pas les punitions chez mes grands parents, une fois comme j’avais innocemment fait remarquer à ma grand mère qu’elle me « gueulait » après, elle m’avait fait copier cent fois « mamie ne gueule pas, elle me gronde quand je fais des bêtises » !). De nombreuses fois, ma curiosité m’a conduit dans cet espace mystérieux, dans ce repère de secrets où il y avait tant à farfouiller. Aujourd’hui, lorsque je prononce le mot « grenier » ce sont ces images qui reviennent, c’est le grenier originel, la matrice de mes souvenirs en quelque sorte.


Il n’y a plus de grenier dans ma vie, j’ai abandonné mon passé en boîte chez ma mère, il y a quelques années. Depuis les cartons ont mystérieusement disparu les uns après les autres, comme avalés par la maison, ou détruits par un beau-père agacé de cohabiter avec mes épluchures, peu importe. Je n’ai pas souvent éprouvé le besoin de me replonger dans ce qui a été, mais c’est vrai que j’ai laissé derrière moi une grande quantité de textes jamais tapés sur un ordinateur et un gros tas de cassettes audio où ont été enregistrées des centaines de chansons entre 1989 et 1996. Heureusement, comme je ne m’adonnais pas seul  au balbutiement chansonesque, j’ai récupéré, grâce à mon vieil ami François (et oui vingt ans !) la quasi intégralité de ces enregistrements de jeunesse, qu’il a pris soin de numériser et d’archiver, morceau par morceau, au format mp3 sur un disque dur. Alors je me suis installé, j’ai déroulé la longue liste de chansons et j’ai remué la poussière, comme une remontée au grenier.


Dire que j’ai écrit entre 1989 et 1996 plus de deux cents chansons serait présomptueux, appeler ces brouillons sonores « chanson » relève de la plaisanterie potache. Pourtant à l’époque j’y croyais fort et je me promenais partout guitare en bandoulière, fier de partager la création du jour ! Alors oui, j’ai d’abord été navré en redécouvrant ces morceaux. Il faut dire que les premiers enregistrements de 1989 à 1993 (date à laquelle François s’est offert un enregistreur 4 pistes) ont tous été capturés sur un magnétophone à cassettes à même le micro de l’appareil en « live » total. La qualité est en dessous de l’inaudible : il y a un souffle à faire trembler le mistral, je chante comme un canard asthmatique et c’est souvent faux, très faux ! Néanmoins, cette technologie précaire offrait une souplesse créative incroyable. Un texte, une guitare, trois accords, on appuyait sur « rec » et l’improvisation faisait le reste, seulement nous n’étions pas vraiment ce qu’on appelle en jazz des improvisateurs, plutôt des « imposturateurs » ! Nos notions de musicalité étaient relativement barbares, mais rien ne nous faisait peur, nous mettions nos émotions et nos « scouteries »* en chanson en permanence, pour le meilleur et pour le pire. Au moins nous étions créatifs, créatifs et drôlement prolifiques. Oui j’ai d’abord été navré en redéployant ce bordel devant moi, mais la nostalgie à fait effet.


L’affectif à repris le dessus, le charme émanant de ces petites pièces tendrement honteuses à agit. Je me suis rendu compte de quelle chance c’était d’avoir à disposition cette mémoire « musicale ». Vingt ans de chansons, des centaines de petits interrupteurs à souvenir, il suffit d’appuyer sur « play » et de se laisser faire. Je me suis laissé faire. Je me suis tellement laissé faire que j’ai envie de partager ce jukebox à travers le temps et de raconter des bouts de vie au travers de ces chansons, j’ai envie de me souvenir plus fort, d’écrire pour ne pas oublier, ne pas oublier ce que j’ai été, ce qui m’a construit, ce que j’ai construit. Il est sans doute trop tôt à 35 ans pour écrire mes mémoires, mais pour une fois j’ai envie d’utiliser la matière de mon passé sans tricher, sans l’enrober d’imagination, sans la mélanger d’inspiration et d’influence. Juste la matière brute, des textes plus ou moins heureux, maladroits souvent, incompréhensibles parfois, stupides par moments, voire complètement débiles. Mais au détour de certains, des phrases me ressemblent toujours, des mots frappent juste, vibrent encore, m’atteignent et me bouleversent.


Alors je vais voyager de chanson en chanson (j’ai plus ou moins une idée de la fourchette temporelle que je voudrais explorer, mais je préfère me laisser la liberté de l’agrandir ou de la rétrécir en fonction du déroulement de l’écriture, en tout cas ça commence en 1989.), et picorer les bouts de souvenirs suspendus entre les mots. Ce sera l’occasion de retrouver sur le papier de vieux amis, des amours, des figures importantes (professeurs, parents), des rencontres, des croisements. Toutes les personnes qui ont motivé ou participé de près ou de loin à cette mémoire enchantée.


Je ne vous donnerai pas à écouter les enregistrements originaux, je n’en ai pas envie, je préfère qu’ils dorment paisiblement au grenier. Mais pour chaque nouvelle chanson, je vous proposerai un enregistrement tout frais en direct de ma cuisine. Ce ne sera pas des superproductions, je n’aurais pas le temps d’inviter de vrais musiciens à m’accompagner (ça va gratouiller sec à grand renfort de boîtes à rythmes !), mais je ferai au mieux pour que vous ayez un rendu sonore appréciable en conservant les mélodies originales.


On se retrouve jeudi 19 novembre avec une première chanson…

 


B+

 

 

 

 

*terme employé par mon père en écoutant une de ces chansons potaches dont nous avions le secret, qui nous faisait hurler de rire mais le navrait profondément ! A bien y réfléchir, le côté « feu de camp » de certaines de nos œuvres y est sûrement pour quelque chose.

Par B+ - Publié dans : Mémoire enchantée - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 12 novembre 2009
Très chers amis, c'est avec grand plaisir que j'ai la joie de vous annoncer qu'après plus de sept mois de silence, mon blog réouvrira ses portes à partir de la semaine prochaine, peut-être lundi, peut-être mardi, mais le mercredi 18 novembre au plus tard (enfin si ma connexion internet est revenu d'ici là, parce que ça fait 15 jours qu'Orange me fait poireauter mon dégroupage et que je suis privé d'internet) ! Voilà c'est dit, c'est écrit, je ne vais pas pouvoir me défiler, sinon je serais obligé d'écraser le blog pour faire disparaître toute les traces de cette promesse !

A la semaine prochaine donc...

Voilà voilà

B+

(Ouéééé je viens d'écrire le post le plus court de l'histoire de ce blog !!!!)
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Jeudi 19 février 2009
Or donc oui, nous sommes allé voir avec mon ami Tim à 15 heure 55, soit à peu près à l’heure fixée, qui je le rappelle était 16 heure, le nouveau film du réalisateur qui en fait n’est pas marié mais partage la vie de la comédienne dont je suis amoureux depuis le navet à bandelette et sa suite, à qui j’ai pardonné même sa présence dans deux films de sinistre mémoire avec l’insipide Keanu Reeves, nouveau film avec ce comédien à la gueule ravagée, qui dans les années 80 avait une sacrée belle gueule et faisait darder les seins avec des glaçons pour le bonheur de nos libido émoustillée, et qui fait la couverture d’un nombre impressionnant de magazines en ce moment, paraitrait même qu’il serait favori pour recevoir une statuette doré aux courbes féminines et au prénom vintage a consonance germanique qui rime avec Gérard !

Ce réalisateur, celui qui vibre d’amour pour  la comédienne sublime qui fait battre mon cœur à ne pas s’arrêter de mes doigts de pieds à mes sourcils d’un seul regard de ses yeux magnifiques à la caméra, même quand c’est Jean-Jacque Annaud qui la filme (enfin il paraît parce que j’ai jamais vu ce film qui porte le nom, avec «grad» à la fin, d’un dictateur de l’union soviétique), ce réalisateur donc, opère ce qu’on appellera dans la presse spécialisé un virage stylistique à 180 degré. Moi j’appellerai ça un cohérent prolongement à une œuvre en devenir de plus en plus passionnante, parce que c’est pas juste un mec qui a de très bon goût en matière féminine, c’est un immense réalisateur. Si son précédent opus à été un échec, un bide retentissant, ceux qui l’ont aimé, et j’en fais parti et pas à cause de la présence de sa bien aimé, que j’aime aussi, devant la caméra, l’ont aimé pleinement, mais je comprends que ce soit un film dont l’imagerie légèrement new age ait pu en faire gerber plus d’un. En tout les cas, ce précédent film marquait clairement l’aboutissement d’une certaine recherche formelle qu’il était inutile de perpétuer sur son métrage suivant, d’autant que le film dont on parle, le suivant donc, celui qui est sorti hier et que j’ai vu avec mon ami Tim à 16 heure, est dans une thématique qui nécessitait un traitement plus sobre, du moins en apparence. En apparence car sous ses aspect de tournage quasi documentaire, sous ses aspects de prise d’espace improvisé, c’est au contraire maîtrisé de bout en bout et de mains de maître, ces mains qui doivent se promener souvent nonchalamment et délicatement sur la nuque sublime de la comédienne la plus délicieuse au monde !

Aux journalistes qui lui posent tous la question «avez vous été influencé par les frères Dardenne pour réaliser ce film ?» j’ai envie de répondre que les frères Dardenne n’ont pas le monopole de la caméra qui suit un acteur de dos, mais bon un peu quand même c’est vrai ! Mais en tout cas l’influence et assimilé et transcendé.


En fait j’ai pas grand chose à ajouter sur ce film, tout à été dit et répété dans la presse avec des titre énorme comme «la rédemption de … (le nom de l’acteur principal du film, celui qui a déjà eu un Golden Globe pour ce rôle et qui risque l’Oscar s’il ne fait pas gaffe !)». C’est vrai qu’on en a beaucoup parlé au nom de la performance de ce comédien qui il faut bien l’admettre est complètement bouleversant. Ses partenaires féminines sont au diapason, toutes les deux formidable, c’est un grand film oui. D’autant plus grand qu’il ne cherche jamais à nous envahir d’émotions mais au contraire la fait surgir au moment où on s’y attend le moins, sans autre effet que la force d’un silence ou d’un tremblement dans la voix. Je n’ai pas grand chose à ajouter et en plus j’ai déjà dit hier que j’étais très mauvais en analyse de film et que critique de cinéma c’est certainement pas ma vocation alors je ferais mieux d’arrêter d’écrire ce billet avant de me laisser faire par mes phrases à rallonges !

Je me suis toujours demandé à chaque vision de «Barton Fink» des frères Cohen à quoi pouvait ressembler ce scénario que John Turturro doit pondre à contre cœur et qu’il finit par achever (après moult péripéties diaboliques) en y imprégnant toute son humanité, pour se le faire renvoyer par la production en travers de la figure. Hollywood lui demande un film de catch avec du sang et de la sueur, il écrit une comédie humaine sur toile de catch.

Darren Aronofsky vient de me donner une réponse avec «The Wrestler».


B+
Par B+ - Publié dans : Cinéma - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Mercredi 18 février 2009
J’allais m’abstenir d’écrire. J’allais vous épargner ma prose analytique approximative. Oui c’est vrai, ce matin, j’allais vous éviter une énième tentative de critique cinématographique, estimant à juste titre que ma plume est un peu trop lourde pour ce genre d’exercice appelant à une fluidité extrême, ou à une concision toute de clarté ponctuée. Seulement voilà, ce matin en tapant le titre du nouveau film du réalisateur qui est marié à une actrice dont je suis amoureux depuis la première fois que je l’ai vu dans un navet hollywoodien à bandelette, en tapant le titre de ce film qui fait couler beaucoup d’encre parce que son acteur principal revient de loin  et va pas tarder à se prendre un oscar dans la gueule, en tapant ce titre sur allociné pour relever les horaires des séances, parce que oui, cette après midi j’irais voir ce film, parce que d’abord j’ai envie hein, pas parce que tout le monde en parle partout comme du chef d’œuvre essentiel à la survie de nos pupilles mal rincés à la pellicule anorexique, en tapant donc (houla elle commence à être longue cette phrase je vais mettre un point là tiens !). En tapant donc, disais-je, je me suis retrouvé exactement dans la salle où j’avais envie d’aller caller mon cul à la séance de 16 heure, fidèle au petit rituel cinéma que nous nous sommes fixé avec mon ami Tim pour la semaine : tous les jours, un film, même salle (à mi chemin entre chez lui et chez moi), même heure (16 heure donc). Et là horreur ! Le film que nous avons vu hier dans cette même salle n’est plus à l’affiche. Je tapote le nom du film et je constate qu’il ne reste plus qu’une salle sur Paris qui le joue en continu et quelques salles qui le programme une fois ou deux dans la semaine. Là je pleure. Il est sorti il y a 15 jours, c’est un film suédois à petit budget, c’est une pure merveille, il faut se ruer dessus, parce que d’ici une semaine, il ne sera peut-être plus visible et se serait vraiment dommage de rater ça. Oui voilà, ce matin j’écris pour vous dire ce que la presse cinématographique a déjà dit et re dit, je vous écrit pour vous dire d’aller voir «Morse, let the right one in» de Tomas Alfredson.

«Morse» vient de recevoir le grand prix au festival de Gérardmer, mais Gérardmer ce n’est pas comme Avoriaz jadis, Gérardmer tout le monde s’en fout.
«Morse» se ballade de festival en festival depuis un moment et ramasse pleins de prix, mais c’est vrai qu’on s’en cogne tous que «Morse» ait eu le prix du meilleur film à Tribeca et à Göteborg ! C’est vrai que par exemple, quand un film est primé au festival de Neufchâtel, ça ne me précipite pas forcément dans la salle ! Et pourtant… «Morse» est un film d’une beauté incroyable, ce n’est pas un film parfait, mais les limites que certains ont déjà relevé sont plus d’ordre budgétaire, certains effets spéciaux sont un peu ratés, mais ce n’est qu’un détail, l’ambition du film se place bien au delà des critères propres aux films de genre. Il a eu le grand prix de Géradmer, ce qui sous entend qu’il s’agit d’un film fantastique, ou pire (dans la série mettons les choses dans des cases) d’un film d’horreur ! Mais «Morse» est au delà des carcans de styles. Je ne trouve pas les mots pour en décrire la richesse émotionnelle et tant mieux, parce que je n’ai pas envie de gâcher l’expérience de ce film, c’est un film qu’il faut accepter de voir nu de toute connaissances, c’est un film qu’il faut prendre dans le bide en essayant de ne pas lire les 50.000 critiques dans la presse qui détaillent l’histoire et les personnages, même si 80 % de ces critiques sont dithyrambiques. Tout ce qu’on peut savoir à l’avance, si on ne le sait pas déjà, c’est que c’est une énième variation sur le thème des vampires et non, ce n’est pas un film de vampire, même si la plupart des codes dictés par Bram Stocker sont présent. On peut dire aussi que les deux principaux protagonistes ont douze ans et qu’ils sont interprétés avec une justesse tremblante, mais je n’en dirais pas plus, allez voir ce film, se serait dommage de ne pas le voir en salle, ne serait-ce que pour les images incroyables.


J’aimerais dire à ma petite sœur de cesser toute «twilighterie» niaise sur le champ et de se précipiter pour voir ce que c’est qu’une vraie variation sur le thème des vampires, mais ma petite sœur qui est dans sa quinzième année est tout de même un peu jeune pour
«Morse» qui reste assez violent dans son traitement et psychologiquement pas abordable pour tous les publiques. Je ne vais pas comparer «Twilight» et «Morse», l’ambition artistique étant au degré zéro dans le premier, ce serait un peu vain comme comparatif. Disons qu’en 2003, en mettant un point final à «Buffy the vampire slayer» Joss Whedon avait décliné tellement de possibles sur la mythologie vampirique comme métaphore de l’adolescence, qu’il m’est difficile de trouver dans les suffoquements de désirs mièvres de «Twilight» une quelconque consistance humaine, mais peu importe, laissons «Twilight» récolter du dollar par poignée dans les poches des midinettes du monde entier, à quoi bon lutter, la mode est ainsi faite.

Hors mode, hors du temps, dans une dimension que seul le cinéma dit «d’auteur» ou «d’art et essai» peut atteindre, à de rares exceptions près, mais hélas aussi très bientôt hors salle, il y a 
«Morse, let the right one in» de Tomas Alfredson. «Morse», le plus beau film que j’ai vu cette année… Mais bon l’année vient tout juste de commencer !

Je vous ai dit qu’il fallait aller voir
«Morse» ?


B+


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Vendredi 6 février 2009
«Tu ne trouves pas qu’on s’ennui ?». Elle fumait sa cigarette du matin. «Oui, c’est vrai». Mon café refroidissait en touillant. Elle avait raison, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais on s’ennuyait. L’ennui poli qui ose à peine devenir pesant, l’ennui simple qui s’installe au quotidien, rien de terrible, de l’ennui c’est tout. «On devrait partir». Elle a commencé à faire une cascade de fringues sur valise. «Oui partons». J’ai fermé mes yeux et j’ai pointé au hasard une destination sur la carte. Nous sommes parti.

Pas un grand voyage, juste deux cent kilomètres vers l’ouest, un hôtel en bord de mer, une chambre beige avec un lit à fleur jaune. La distance avait opéré un sourire sur ses yeux, elle chantait du bout des seins, elle était follement avec moi, osée de désir, douce et inhabituelle, aimante. Ce n’était plus la même personne. Deux jours plus tard, toujours excitée elle m’a tendu la carte et m’a bandé les yeux : «encore !».

Mon doigt nous a porté huit cent kilomètres au sud, un hôtel en centre ville. Nous sommes resté enfermés trois jours sans rien d’autre que nos chairs à dévorer. C’était bon. Elle avait perdu en tendresse ce qu’elle gagnait en vice et une pointe de violence dansait ses cheveux comme mille pinceaux frénétiques. Ma peau éclaboussée d’encre de chine réclamait le fouet de sa crinière. C’était bon. J’en perdais son prénom tellement  son corps ne lui ressemblait plus. Au quatrième jour elle a ressorti la carte avec impatience, c’était devenu rituel.

Plus loin à l’est, je ne sais plus, c’était encore un hôtel, mais je n’ai conservé aucun souvenir du décorum. Je me souviens que sa tignasse brune est devenue blonde du jour au lendemain, le temps d’un baiser et elle s’est trouvée belle ainsi. Si belle qu’elle a voulu sortir et je l’ai suivi partout. Les hommes se retournaient dans la rue et elle aimait ça, elle aimait tellement qu’elle a voulu tester son attraction dans toute la ville. De belle elle s’est sentie célèbre, reconnue, adulée, unique. Quand elle a commencée a s’imaginer statufiée dans les rêves de tous ses adorateurs elle a voulu rentrer. Dans la chambre elle s’est jetée sur moi comme une ogresse.

Une semaine plus tard nous étions ailleurs. Ailleurs ses cheveux raides étaient devenus ondulés. Ailleurs elle avait perdu quinze kilos et je peinais à retrouver  son prénom. A chaque nouvelle destination quelque chose la transformait. Elle devenait complètement gosse de tout ça et réclamait «demain» de plus en plus vite, si elle avait pu avoir quinze «demain» en une seule journée sa joie aurait retournée le ciel. Mais tandis qu’elle rêvait d’ailleurs et de lendemains, tandis qu’elle désirait la femme du jour d’après, je commençais à regretter la femme d’hier.

Ici, je ne sais pas où nous étions, je ne lui suffisait plus. Elle avait grandi de sept centimètres, sa poitrine était indécente et elle était rousse. D’abord un homme dragué dans le couloir de l’hôtel, puis un autre à la terrasse d’un café, puis peu importe où, la nuit ils faisaient la queue devant notre lit et elle les accueillait un par un, parfois deux par deux. Oui au début j’étais jaloux, mais à quoi bon. Il pouvait se passer n’importe quoi dans notre chambre, j’étais libre de rester, libre de participer, libre de pleurer, libre de souffrir de cette situation ; au final elle revenait toujours vers moi pour lancer le rituel de la carte. A chaque nouvelle étape j’espérais un peu d’intimité. Oui, il y a eu des moments où elle était là juste pour moi, d’autre où elle n’était là pour personne, c’était comme ça. Mais pendant qu’elle rajeunissait de transformation en transformation, moi je prenais un sacré coup de vieux.

Des semaines, des mois, des années, j’en avais perdu la notion du temps et plus le temps défilait plus l’empreinte des lettres de son prénom s’effaçait de ma mémoire. Il me restait à peine le point d’un «i» quand elle m’a tendu la carte avec insistance. Je l’ai regardé tendrement, j’ai froissé calmement la carte en boule et l’ai jetée par la fenêtre.

«Mon amour, aujourd’hui si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien m’ennuyer un peu».


B+
Par B+ - Publié dans : Poussières - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 5 février 2009
J’avais ce truc à finir pour demain, deux semaines que j’aurais eu le temps de le faire six fois, mais c’est tellement meilleur d’attendre la dernière minute histoire de bien bâcler et de bien se stresser. Naturellement, dans ces moments-là, il y a toujours quelque chose qui nous détourne cinq minutes et au lieu de commencer, on flâne et de détournement en détournement, l’heure file et on n’a toujours pas commencé à penser à sortir le nécessaire pour attaquer le truc à finir pour demain. J’allais m’y mettre, j’allais enfin passer à l’action quand je  me suis rendu compte que je n’avais plus de clopes. Impossible d’imaginer démarrer quoique se soit qui ressemble à du travail sans cigarettes. Alors tant pis, j’ai du encore retarder l’heure d’entamer mon truc à finir pour demain et je suis sorti.

Arrivé au tabac, j’ai commandé un café avec mes cigarettes, un café pour me donner du courage, un café pour prendre une pause, c’est important de s’accorder des pauses dans le boulot. J’allais rentrer, m’en griller une en chemin, mais il s’est mis à pleuvoir. A pleuvoir gras, pas la petite bruine romantique, mais des gouttes comme des sceaux d’eau et je n’avais aucune envie de rentrer chez moi à la nage. Alors j’ai commandé un pastis. A trois pastis la pluie a cessé. J’ai marché lentement en regardant mes pieds pour ne pas glisser et, à suivre de trop près le mouvement de mes pas, je me suis perdu. Perdu quelque part dans les cinq cent mètres qui séparent le tabac de mon domicile, j’avais fait fort. J’étais dans une rue, une rue couleur rue, avec des trottoirs de rue, des immeubles de rue, une rue que la pluie avait rendu déserte, une rue sans commerce, une rue vide de sens, une rue inconnue. J’avais beau chercher un indice, une devanture, une affiche, quelque chose de familier, j’étais complètement désorienté. Alors j’ai marché de numéro en numéro pour trouver une plaque avec un nom, un nom de rue. Au premier croisement j’ai été exaucé, mais la plaque était illisible, pas raturée, pas effacée, non, elle était dans une langue inconnue.

J’ai paniqué, cette excursion tabagique était en train de drôlement me retarder dans mon truc à finir pour demain et il fallait vraiment que je le finisse pour demain mon truc à finir, c’était urgent ! J’ai paniqué et j’ai commencé à courir, sans me soucier des flaques qui auraient pu déraper mes semelles, j’ai couru à perdre haleine, j’ai couru jusqu’au point de côté qui m’a avachi sur un banc. Essoufflé, j’ai craché mes poumons à terre pendant une éternité. Quand j’ai relevé la tête j’ai été soulagé. Je ne savais toujours pas où j’étais,  mais il y avait plein de monde autour, une place publique, avec des hommes et des femmes allant et venant, comme c’était rassurant de voir des gens marcher, j’allais pouvoir demander mon chemin à quelqu’un. Curieusement tout était sec, plus aucune trace de l’averse, il y avait même un soleil brûlant, il faisait chaud, très chaud, trop, j’ai enlevé mon manteau et mon pull et me suis retrouvé en t-shirt. Je suis timide, j’ai laissé passer quelques jolies filles en baissant les yeux et j’attendu qu’une vieille dame avec un air sympathiques s’approche de moi. « Excusez-moi madame, pourriez vous me dire où se trouve la rue Gaspard ? » Elle m’a regardé avec un grand sourire et m’a parlé dans une langue inconnue et l’air désolé a poursuivi son chemin. Vieille folle ! J’ai hélé la première personne à porté mais j’ai hérité du même sourire dans la même langue inconnue. J’ai lancé des interrogations géographiques de passant en passant, mais le dénouement était toujours le même, je devais être dans un quartier colonisé. J’étais dans une panique que seul mon stress égalait.

Plus loin il devait bien y avoir un quelque part qui m’aiguillerait sur la route ordinaire de ma vie, un bout de routine pendu à un panneau signalétique, un phare qui pointerait de son aura la bonne direction, il fallait que je me repère d’une manière où d’une autre. Pas une boussole, je ne saurais même pas à quel point cardinal me fier, mais un plan, tout simplement un plan, un abribus avec un plan. J’ai continué à marcher à la recherche d’une carte de la ville, mais impossible d’en dénicher une, j’ai continué à interroger les gens sur mon chemin en vain et au bout d’un moment, épuisé, je me suis laissé porter par la ville, mes jambes ont empruntées naturellement les rues en pente et mon corps est descendu petit à petit sans lutter. Je me suis retrouvé sur une plage et là j’ai été en proie à une terrible crise d’angoisse. Dans ma ville, la mer n’a jamais eu lieu.

Je suis devenu hystérique, j’ai hurlé, j’ai pleuré, je me suis effondré. Les gens ont fuit autour de moi, je leur faisait peur. Je me suis retrouvé seul. J’étais allongé dans le sable, le soir commençait à tomber, la lumière était douce, je me suis calmé. J’ai regardé devant moi, il y avait la mer, de la mer étalée partout, c’était paisible. Je me suis allumé une cigarette et j’ai fumé en regardant l’horizon. Lentement j’ai arrêté de penser à mon truc à finir, lentement j’ai commencé à profiter de l’instant, lentement je me suis laissé faire, laissé faire par l’horizon.


B+
Par B+ - Publié dans : Bavardage - Communauté : L'art et la manière
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Jeudi 29 janvier 2009
Je ne peux pas résister, je suis obligé de vous publier le mail que mon ami Tof m'a envoyé suite a mon article "mon nom sur les seins d'une fille", j'en rigole encore et je crois que je ne vais pas décrocher ma machoire de ce rire jusqu'à la fin du jour, voir jusqu'à la fin du mois !

Le voici, le voilà, dans son entière intégrité, sans censure, sans coupe franche et surtout, sans trucage !

B+



    De : tof@maisouais.com
    Objet : t'en rêvais, je le fais pour toi!
    Date : 29 janvier 2009 15:38:26 HNEC
    À : bplus@laouais.fr

   C'est vrai que t'es un noob de photoshop! Ca se voit trop c'est du faux!

   T'en rêvais, voila, c'est là, sans trucage, cadeau...

   le mec la classe quoi, un vrai pote!

   N'ayant pas la place d'écrire ton nom en entier (quoi que...),
   mais surtout voulant préserver votre anonymat mon cher B+,
   je n'ai mis que vos initiales, hé hé, mais en  anglais...

   prononcez "bissi ouaze iiir", qui veut dire "B.+. ouais mais ouais"!

   Le zouk soit avec toi!




 
Par B+ - Publié dans : Bavardage
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Jeudi 29 janvier 2009
Il est enfin arrivé, il est là, il est tout chaud, il est prêt à voyager sur tous les réseaux dit « sociaux » de l’internet, il va vous faire sourire de Londres à Tokyo en passant par New York et Clermont-Ferrand, raviver votre cœur du ventricule droit au ventricule gauche, soulever votre joie au delà du ciel de votre allégresse en rasant le toit de votre morosité, dégraisser les taches de dépression hivernale sur vos cravates amidonnées, arracher les poils de stress de vos narines enrhumées et faire souffler une tempête de folie douce par vos oreilles attentives.

Alors asseyez-vous devant votre ordi, calez-vous bien dans votre chaise de bureau qui vous pète le dos, cliquez sur le corps en plastique greffé au bout de vos doigts et c’est parti !

Le somptueux clip de mon ami Reno Bistan « L’amour et la cuisine », réalisé par mon ami Mike Guermyet va dilater vos pupilles tel un feu d’artifice  ! Hop !


Rien que du bonheur.

B+

Par B+ - Publié dans : Musique - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Vendredi 23 janvier 2009
Ce qu’il y a de formidable quand on tient un blog, c’est tous les services que vous offrent votre plate forme d’hébergement pour en contrôler la vivacité. Chez over-blog et peut-être partout j’en sais rien, l’indice de santé de votre blog s’appelle le «blog rank», je n’ai pas saisi toutes les subtilités et savants calcules qui permettent d’en établir le chiffre, mais on comprends assez vite que quand notre «blog rank» est à 5, c’est que notre blog est en train de crever dans les abimes de l’anonymat virtuel, à l’inverse quand on grimpe au dessus des 50, qu’on frôle presque les 60, là c’est que franchement le blog il a trop la patate et on se surprend à rêver qu’il ne manque que quelques chiffres pour que le simple fait de taper n’importe quoi sur n’importe quel moteur de recherche du monde redirige des millions de personnes toutes les secondes sur notre blog et qu’avec une telle visibilité les annonceurs de tous l’univers vont s’étriper pour pouvoir mettre de la pub sur notre blog et engranger des milliards de bénéfices grâce à notre blog qui est trop le must du must du top in du moment de l’instant du présent de la tendance à la mode actuelle ! Après chacun fait comme il veut, moi par exemple comme je n’aspire pas du tout à devenir multi milliardaire en bloguant, quand mon «blog rank» est a 58 et que je sens que je vais créer un buzz énorme qui va bouleverser la face d’internet, hop je fais une pause de deux mois sans toucher a mon blog et hop le «blog rank» redescend à 5.

Mais ce qui est encore plus formidable, c’est que outre la possibilité d’analyser chaque jour l’audience de mon blog avec des jolies courbes graphiques et des camemberts, je peux aussi voir dans l’onglet «provenance des visiteurs» non seulement leur provenance effectivement, mais aussi les mots tapés sur google qui redirigent sur mon site (bon ça ne me donne pas les IP et les numéro de téléphone, les fonctionnalités d’espionnages sont encore très amateurs !). Par exemple j’ai constaté avec surprise et étonnement que quelqu’un en tapant «chanson d’andre minvielle» sur Google est tombé en première position sur mon article sur André Minvielle. C’est pas formidable ça ? Et trois lignes plus bas je m’émerveille de me surprendre à trouver ça dingue que quelqu’un soit tombé sur le chapitre 8 de « je vais vous parler d’une fille » en tapant : «mon nom sur les seins d’une fille» !!!  Houbé il a du en avoir pour son argent celui là ! Il n’a pas du être déçu du voyage ! Hahaha !

Voilà qui m’a laissé songeur… Oui c’est vrai ça tiens et pourquoi pas d’abord ! Moi aussi je veux mon nom sur les seins d’une fille bordel ! D’ailleurs je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé avant ? Merci mystérieux internaute, merci de me faire partager ton fantasme et de me permettre de le faire miens. Je le cris haut et fort : «je veux mon nom sur les seins d’une fille» ! Oui je le veux ! Mon nom sur tes seins ! Oui fille, je tutoie tes seins alors que je ne connais pas encore ton prénom, mais peu importe puisque tes seins porteront mon nom ! Allez hop soyons fou !


Internet c’est aussi ça, une grande plaine de poésie infinie où tous les souhaits peuvent être exaucé d’un coup de Photoshop. Ne m’en veut pas mystérieux internaute d’avoir volé ton rêve de calligraphie mammaire mais c’était plus fort que moi, ton désir m’a tellement ému que je n ‘ai pas su résister à l’amour que ça a monté en moi. Pardonne moi et console toi en te disant qu’il existe plein d’autres espaces de chair pour écrire ton nom. Je vais laisser ton imagination faire le reste…

Deux mois d'absence et je reviens pour raconter des conneries et coller des filles à poils pour remonter mon «blog rank», je sais c'est mal,  je sais...


B+


Par B+ - Publié dans : Bavardage
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